Billet d’humeur politique

Guerre ou pas guerre : tout va se décider dans les Balkans, encore une fois.

Les conflits européens ont souvent débuté par des troubles dans les Balkans. On a évité le pire avec le démantèlement de la Yougoslavie au prix d’un certain nombre de massacres et de ruines de villages millénaires. Les intérêts stratégiques en jeu étaient tels que les USA, qui mettent leur nez partour depuis la fin de la deuxième guerre mondiale, en ont profité pour imposer leurs vues expansionnistes et hégémoniques. La guerre du Kosovo a été organisée par les Américains, les meurtres, les pillages, les viols et les tortures n’ont jamais ému qui que ce soit puisque cette guerre, c’était pour la bonne cause, la pax americana et l’instauration de « démocraties » dans cette région des Balkans, lieu de passage et de fusion de peuples divers, assemblages de miettes du passé où on toujours cohabité des chrétiens et des musulmans dans un morcellement de minuscules régions que Tito avait réussi à fédérer dans une paix relative. La Grèce fait partie des Balkans. C’est un pays de religion orthodoxe et la religion en Grèce a beaucoup plus d’importance que tous les pouvoirs politiques qui se sont succédé à Athènes. L’Église orthodoxe grecque est liée à celle de Moscou, je le rappellais dans un précédent billet, et il n’y a qu’un pas facile à franchir pour donner une nouvelle signification à l’intervention de la banque Goldman-Sachs en Grèce pour « mettre de l’ordre » dans le dossier d’adhésion de la Grèce à l’Union Monétaire Européenne, sur ordre du Département d’Etat Américain. Cette hypothèse est tout à fait plausible.

La Grèce est donc – depuis qu’elle est gouvernée par des communistes – la mêche reliée à la grosse bombe dont l’explosion prochaine risque non seulement de secouer les marchés financiers mais aussi et surtout d’attiser les tensions entre le bloc USA-OTAN-Union Européenne et la Russie. En effet, Tsipras n’a pas dissimulé ses allées et venues à Moscou pour solliciter une aide financière de Poutine et ce dernier aurait répondu favorablement avec en contre-partie (rien n’est gratuit) le passage sur le sol grec d’un gazoduc avec de confortables royalties à la clé. Tout ça c’est très bien pour la Grèce mais les dirigeants américains pourraient devenir nerveux car la Grèce fait partie de l’OTAN et un rapprochement de ce pays avec la Russie pourrait donner des idées à l’Espagne et au Portugal. Mais ce n’est pas tout, le gazoduc russe passant par la Turquie et devant déboucher sur la Grèce est une excellente occasion pour la Turquie de se rapprocher de la Grèce, son voisin et ennemi juré. On peut parier que Poutine pousse ces deux pays à s’entendre – dans l’intérêt de la Russie, naturellement – alors il n’y a aucune surprise à avoir quand la Turquie propose son aide financière à la Grèce (voir le lien trouvé sur le blog LeContrarien de Charles Sannat) !

Dans un sens ce serait une façon élégante de dénouer la crise russo-américaine et un nouveau conflit européen, voire mondial, pourrait ainsi être évité. Reste à savoir ce que les stratèges américains vont décider. Pourquoi ne pas assassiner Tsipras, un accident d’avion ou de voiture, ça arrive tellement facilement ! Une fois encore le sort de l’Europe et peut-être du monde entier est suspendu aux événements en cours dans les Balkans. Restons optimistes : il suffirait que les Européens se réveillent et disent une bonne fois pour toute aux Américains que cette fois ça suffit …

Lien : http://fr.sputniknews.com/international/20150630/1016786692.html#ixzz3eZ9Z3Usq

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