Réflexions sur le TTP, le TTIP et le TiSA

Barack Obama, asservi par l’aristocratie industrielle et financière américaine, a entrepris depuis le début de son premier mandat de négocier avec les pays européens et asiatiques des ententes commerciales dans le seul but d’étendre la main-mise de cette aristocratie sur le monde entier. Ces négociations n’ont jamais pris en compte la Chine et la Russie et il est important de le souligner. Il s’agit du TTP, du TTIP et du TISA (voir les notes). Personne ou presque n’en parle dans les médias comme si on n’était pas autorisé à le faire. Or ces négociations ont pour objectif d’encore mieux asservir les nations qui y participent en les privant de fait d’importants aspects de leur souveraineté.

Le but ultime de ces négociations scélérates, car il faut utiliser ce mot approprié pour les qualifier, est de mettre en place une sorte d’assemblée ayant pour mission de contrôler leur fonctionnement. Comme il s’agit de favoriser les grandes multinationales, essentiellement américaines, des hommes de loi mandatés par ces mêmes multinationales auront pour mission d’arbitrer, et le mot est pour le moins ironique, dans le cas où un pays violerait les accords commerciaux et au final de condamner ce pays à des pénalités pour comportement frauduleux. Par exemple, selon ces accords, un pays pourra être condamné car sa propre législation autorise l’usage d’un additif alimentaire non autorisé aux USA. Et comme Obama est un écologiste qui ne veut pas annoncer sa couleur, ces accords imposeront aussi un certain pourcentage d’énergie « verte » aux pays signataires, non pas pour respecter un quelconque protocole du genre Kyoto, mais pour affaiblir l’économie du pays contrevenant aux accords. Pire encore toute décision sociale prise par une société risquant de nuire aux intérêts des actionnaires off-shore dans le but de favoriser les employés sera condamnable et donc condamnée.

Ces dispositions d’ors et déjà sur la table des négociations constituent l’ « Investor State Dispute Resolution » en quelque sorte un mécanisme judiciaire qui veillera à ce que les actionnaires des multinationales ne soient jamais spoliés de quelque manière que ce soit, ces actionnaires rétribuant une myriade d’avocats, eux-mêmes juges et parties ! Si j’osais donner un conseil à mes petits-enfants je leur dirais d’étudier le droit commercial international, c’est un filon d’avenir juteux.

Dans le processus de ces accords, il n’y a strictement rien de démocratique, c’est exactement le contraire, une conquête organisée par les USA et les multinationales américaines à l’échelle mondiale de la démocratie et des règles de ces démocraties aux échelles nationales. Les actionnaires des grandes multinationales pourront décider à discrétion de rançonner les contribuables nationaux lors de toute entorse aux règlements issus de ces accords. L’aspect le plus inquiétant de ce processus judiciaire est qu’il sera impossible ni aux nations ni aux sociétés industrielles, de service ou financières de pouvoir faire appel des décisions de cette juridiction au dessus des autres juridictions nationales. On peut ainsi dire que les Constitutions des Etats signataires seront purement et simplement bafouées et ignorées.

L’idée de ce genre de négociation est née à la fin de la seconde guerre mondiale, guerre qui fut considérée par les Américains comme un sain (saint) combat des démocraties contre le fascisme (Allemagne, Italie, Japon) et fut dévoyée idéologiquement par l’intelligentsia américaine néo-conservatrice : le concept de la toute-puissance des corporations : une idéologie appelée par Mussolini le « corporationisme » ayant la main-mise sur l’économie et les milices et le Conseil fasciste ayant la main mise sur le reste de la population. C’est exactement ce qu’Obama veut reproduire avec la mise en place de ces accords et le complexe militaro-sécuritaire nord-américain ! Et il est opportun de mentionner également que ce projet d’accords provient des directives du groupe dit de Bilderberg. Ce groupe créé en 1954 sous l’égide des Etats-Unis est constitué des leaders et des conseillers des leaders des grandes corporations internationales. D’une manière générale, et ce n’est pas du tout un hasard, il se réunit dans une localité proche de celle où se réunit le G7 périodiquement. Ainsi, les chefs d’Etat et leurs conseillers peuvent aller à leur guise se retrouver « entre amis » à la réunion du Groupe de Bilderberg et deviser de l’avenir du monde en toute quiétude à l’abri des médias pour mettre au point leurs visées fascistes ou par exemple décider quel candidat aux prochaines élections il sera opportun de soutenir. Obama, malléable de par son aura d’afro-américain et nobélisé pour cette raison, fut justement le candidat idéal pour la Maison-Blanche afin d’être l’acteur et le décideur de ces accords de « libre » échange qui n’ont de libre que le nom qu’on leur donne, car il s’agit d’instituer un gouvernement supra-national discrétionnaire ayant la main-mise sur les gouvernements nationaux.

Le dernier G7 qui eut lieu dans les Alpes Bavaroises jusqu’au 8 juin 2015 fut l’occasion d’une réunion du groupe de Bilderberg à une vingtaine de kilomètres de là. Ce fut un raout de dirigeants de l’industrie de la défense, de ministres des affaires étrangères notoirement asphyxiés par la propagande américaine anti-russe et anti-chinoise comme Anne Applebaum pour ne citer qu’un de ces personnages hauts en couleur. La liste ( http://www.telegraph.co.uk/news/worldnews/europe/11659892/Bilderberg-members-2015-Whos-going-to-this-years-secret-summit.html ) est éloquente et on comprend que nous allons tous devenir à brève échéance des esclaves !

Le groupe de Bilderberg a depuis sa création été opposé au fédéralisme global des démocraties tel qu’on en a constaté l’échec en ce qui concerne l’Union Européenne et a prôné depuis sa création un gouvernement mondial dictatorial imposé et contrôlé par les multinationales. Ces multinationales sont elles-mêmes contrôlées par moins d’une centaine de personnes ! Ces mêmes personnes vont pouvoir décider à l’aide de leurs « serviteurs », des hommes de loi, les « arbitres » selon les termes des accords en préparation, de décider au dessus des lois nationales ou locales et rançonner le bas-peuple car de toutes les façons ce seront les contribuables qui devront acquitter les amendes ou les pénalités imposées par cet organisme supra-national en cas d’entorse aux accords ignominieusement appelés en anglais « partnership » ou partenariat ou encore solidarité, on croit rêver.

Parmi les tout premiers participants du Groupe de Bilderberg on retrouvait des « Wallstreeters » comme David Rockefeller dont l’idéologie, car il faut appeler les choses par leur nom, était de soutenir que les standards internationaux devaient supplanter les pendants nationaux sans aucune allusion à une quelconque intention hégémonique fascisante alors que la défaite récente du fascisme – on était au milieu des années 50, c’est-à-dire au début du durcissement de la Guerre Froide et de la fin de la guerre de Corée – supposait au contraire qu’il n’y aurait plus dans le monde que des nations démocratiques. En réalité ce n’était pas du tout ce que le Groupe de Bilderberg avait à l’esprit. Entre le Kennedy Round jusqu’en 1967 qui était censé mettre progressivement en place un accord commercial international et la mise en place du WTO, l’Organisation Mondiale du Commerce sous les auspices de l’ONU mais en réalité le résultat de ce que désiraient les multinationales sous couvert de libre échange, d’économie de marché et de démocratie, l’idée d’un pouvoir supranational germa. Et ce que les corporations supranationales désiraient et veulent maintenant mettre définitivement en place c’est un gouvernement mondial dirigé par le 1 % des 1 % les plus riches c’est-à-dire les 100 personnalités à la tête des grandes corporations multinationales. David Rockefeller le disait en ces termes en 1999 : « Ces dernières années on a assisté à une tendance vers des économies de marché démocratiques qui a réduit l’influence des gouvernements nationaux et selon mon analyse, ce sont les corporations qui doivent prendre la place des gouvernements ». On peut réécrire ce que dit Rockefeller différemment et ça peut donner ce genre de principe conduisant directement aux négociations TTIP (Transatlantic Trade & Investment Partnership) actuellement en cours : les gouvernement nationaux sont un problème et un régime démocratique n’est pas la solution. Cette solution est exactement le contraire de ce que à quoi on pense : procurer une autorité suprême aux corporations multinationales au dessus de toutes les démocraties et de toutes les nations.

Avec ce genre de principe on atteint très rapidement les limites de l’imaginable : par exemple n’importe quelle banque pourra favoriser l’enrichissement de ses clients déjà richissimes en se hasardant dans des opérations spéculatives et si ces dernières n’atteignent pas le but espéré, alors ce seront les contribuables qui financeront les pertes des établissements bancaires. Mais comme il est de bon ton d’affirmer le contraire pour ne pas fragiliser la tenue de ces négociations, Obama s’est même payé le luxe de déclarer, droit dans ses bottes, que « mentir au cours d’une campagne électorale c’est constitutionnellement protégé par la loi sur la libre expression » et partant de ce principe politique de base, il a battu très largement le record du nombre de mensonges proférés par n’importe lequel de ses prédécesseurs ! Quand Obama, Merkel, Hollande, Cameron, Rajoy, et j’en passe, parlent de démocratie, ils mentent. Ils n’ont déjà plus de pouvoir, ce sont les banques et les très gros conglomérats industriels et de service qui dictent leurs volontés et ratissent largement tout ce qui peut représenter un profit. Par exemple, la planche à billet des QE successifs, politique qu’ont choisi aussi l’Europe et le Japon, n’a profité qu’au 1 % supérieur du Top 1 %. Les milliardaires les plus aisés, à peine une centaine – et il est bon de le rappeler encore une fois – contrôlant l’ensemble des grandes corporations occidentales, obtiennent tout ce qu’ils désirent.

On comprend dès lors pourquoi Washington exerce une pression sur les négociateurs en ce moment. Les incertitudes géopolitiques doivent être l’occasion de « boucler » ces négociations car les circonstances sont très favorables. Et quoi que puissent en penser les gouvernements en place actuellement, tous ces régimes dérivent vers le fascisme et l’extrémisme, en particulier en Europe, et le plan des grandes corporations peut leur être imposé maintenant car il n’y aura peut-être jamais d’autre occasion aussi favorable. On est donc prévenu, on sait ce qui nous attend, mais il est déjà trop tard pour réagir …

Notes.

TTIP ou Transatlantic Trade & Investment Partnership, partenarait transatlantique sur le commerce et l’investissement. Ce projet découle de la période suivant immédiatement l’effondrement du bloc soviétique avec la création du Transatlantic Business Dialogue en 1995 suivie de celle du Transatlantic Economic Council. Il est intéressant de noter qu’Angela Merkel, actuelle chancelière allemande, participa activement à la genèse de ces groupes de travail ayant pour but de faciliter la main-mise des USA sur les affaires économiques européennes. On a aujourd’hui un exemple sous les yeux des effets dévastateurs consécutifs au travail souterrain des banques américaines dont Goldman-Sachs qui promut l’adhésion de la Grèce à l’Union Européenne tout en plaçant des capitaux vautours en Grèce afin de dissimuler les dysfonctionnements de l’économie grecque. Les acquisitions de firmes européennes par des sociétés américaines constituent un autre aspect des agissements du grand capital américain sur l’Europe. Le TTIP, dont certaines rubriques ont été rendues publiques, mais pas les plus fondamentales, a pour but de faciliter encore plus profondément la main-mise des USA sur l’ensemble de l’économie européenne. Les projets hégémoniques américains ne sont pas clairement annoncés mais quand on examine soigneusement les sujets abordés dans certaines des rubriques rendues publiques, textiles, chimie, cosmétiques, équipement médical ou encore pesticides et mesures phytosanitaires, on comprend que tout sera fait pour assurer la suprématie américaine dans tous les domaines économiques y compris dans les secteurs de l’information et de la propriété intellectuelle. Au TTIP est adjoint l’ISDS ou Investor-State Dispute Settlement, une entité juridique financée par les grandes corporations qui statuera à l’avantage de ces dernières au sujet de différends pouvant apparaître lors de négociations d’investissement dans un secteur économique particulier. Les gouvernement nationaux n’auront donc pas droit au chapitre. On a vu jusqu’à quel point de cynisme les USA ont condamné à de fortes amendes les banques européennes qui avaient commercé avec les pays inclus dans la liste noire américaine. Ce type de comportement se retrouvera à l’identique dans un futur proche pour n’importe quelle PMI européenne qui refusera de collaborer avec une grande corporation américaine. Le TTIP comprend l’ensemble de l’Union Européenne et les USA

TPP ou Trans-Pacific Partnership, pendant du TTIP côté Pacifique a strictement les mêmes visées hégémoniques que ce dernier et comprend les pays suivants, « amis des USA » – quelle ironie – Australie, Brunei, Canada, Chili, Japon, Malaisie, Mexique, Nouvelle-Zélande, Pérou, Singapour, Viet-Nam et USA. D’autres pays on manifesté leur intérêt pour participer à ces négociations. Il s’agit du Laos, de la Colombie, de la Thaïlande et de l’Indonésie. Le TPP est présenté comme une suite de l’APEC, organisme mis en place par le l’OMC avec l’appui de la Banque Mondiale, deux entités largement contrôlées par le Département d’Etat américain.

TISA ou encore TiSA, Trade in Services Agreement concerne spécifiquement un partenariat approfondi entre les USA et l’Union Européenne dans le cadre du TTIP. Il s’agit d’un traité concernant les services, en tous genres, qui seront rendus accessibles sans restriction aux compagnies américaines désireuses de s’implanter dans un pays souverain en directe concurrence avec les structures étatiques ou privées existantes. Le plus grand secret entoure les négociations en cours, ce qui est pour le moins inquiétant car qui dit service sous-entend non pas seulement les services bancaires ou financiers mais également la distribution et le traitement de l’eau, l’assurance maladie, l’hôpital ou encore l’éducation et l’audiovisuel. Autant dire que si l’Union Européenne dit oui aux prétentions américaines, l’idée même de démocratie aura vite disparu de nos livres d’histoire.

Sources : diverses dont aussi Wikipedia pour les notes

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