Billet d’humeur politique : à propos de ce qui se passe en Europe

J’ai déjà mis en ligne un court billet relatif au projet de gazoduc entre la Russie, premier producteur de gaz du monde, et l’Europe via la Turquie et la Grèce, la Macédoine et enfin les autres pays qui ont émergé à la suite du démantèlement de la Yougoslavie. Pour payer ses dettes la Grèce n’a plus le choix, vendre le Parthénon au plus offrant, le port du Pirée (c’est déjà en grande partie le cas) et quelques dizaines d’îles à de richissimes sexagénaires quelle que soit leur nationalité. Mais pour les débouchés du gaz naturel russe vers l’Europe ça pose problème, non pas aux pays concernés par le tracé du tuyau en question mais à Washington ! Inutile de revenir sur le fait que Coca-Cola Co possède des milliers d’hectares de vignobles en Macédoine et qu’il ne s’est strictement jamais rien passé durant les évènements relatifs au démantèlement de l’ex-Yougoslavie pour cette raison comme il ne s’est rien passé non plus en Albanie, pays stratégiquement important aux yeux de Washington pour sa richesse en chrome.

Bref, cette entrée en matière était destinée à situer les enjeux stratégiques de Washington afin de priver la Russie de débouchés vers le sud de l’Europe de son gaz naturel. On ne peut qu’être admiratif sur la constance des visée hégémoniques des USA sur l’Europe et aucun leader d’aucun pays d’Europe ne semble s’inquiéter de cette situation. Si les intérêts des USA – les vignobles de Coca-Cola ne sont devenus qu’un épiphénomène dans la stratégie actuelle des néoconservateurs américains – sont de barrer les débouchés vers l’Europe du gazoduc que la Russie projète très sérieusement de construire, alors on comprend aisément que les USA avec leurs ONGs et filiales de la CIA omniprésentes en Europe en profitent pour fomenter, un peu comme à Hong-Kong (mais ça n’a pas fonctionné au grand dam de Washington) ou sur la place Maiden à Kiev (ça a vraiment bien fonctionné), des mouvements « populaires » opposés à ce projet. À tel point que les USA préparent en ce moment même une partition pure et simple de la Macédoine entre la Bulgarie, acquise à l’hégémonie de Washington et l’Albanie qui n’a rien d’autre à faire que de la fermer, les Américains sont très bien installés au Kosovo. Les limiers de la CIA reposent leurs agissements souterrains sur le fait, qui peut être mis facilement en doute d’ailleurs, que l’ouest du pays, je parle de la Macédoine, est peuplé d’une forte minorité « albanaise », c’est-à-dire musulmane, et que la partie orientale est majoritairement chrétienne orthodoxe. Dans l’opinion des politiciens qui gravitent autour de la Maison-Blanche être chrétien orthodoxe est équivalent à faire aveu d’allégeance à Moscou, au Pope de l’Eglise orthodoxe et à Poutine, comme c’est le cas en Serbie ou dans l’est de l’Ukraine. Sauf que si certains pays ont été déjà bien pris en main par la CIA comme la Roumanie ou la Bulgarie le simple business d’un transit de gaz russe vers l’Europe pourrait remettre en question les visées de Washington.

Il n’empêche que l’on ne peut pas exclure « un événement fortuit » pouvant déclencher des troubles locaux tels que cette partition puisse être l’occasion pour la Bulgarie, maintenant pieds et poings liés à Washington et à l’OTAN, de provoquer un conflit régional, un autre – pas si loin de l’Ukraine – qui affaiblirait encore plus le pouvoir de Moscou. La situation est telle aujourd’hui que la Bulgarie attend que l’Albanie fasse le premier geste agressif et ça ne saurait tarder, les ONGs américaines financées par la CIA et le Département d’Etat sont sur le qui-vive ! Le Kosovo est virtuellement occupé par les Américains, on oublie de le mentionner car ce n’est pas politiquement correct. Mais pour la Maison-Blanche ce mini-Etat revêtait une importance stratégique indéniable (qui justifiait les massacres organisés par les Américains lors de la dite « guerre du Kosovo » mais ça ne figurera jamais dans les livres d’histoire) dans la mesure où la présence américaine permettait (et permet toujours) de contrôler l’état des lieux dans la région. Le changement politique récent en Grèce, un gouvernement communiste – il ne faut masquer la réalité – qui n’a pas d’autre choix que de se vendre à la Chine et à la Russie pour honorer ses dettes auprès du FMI ou de l’Allemagne, vassale notoire depuis la fin de la seconde guerre mondiale des USA (jamais l’armée américaine n’a quitté le sol allemand comme au Japon d’ailleurs) et principal pays concerné par la dette grecque, ce changement est une source de préoccupations indescriptibles pour le Département d’Etat américain. Car en effet Tsipras n’a plus vraiment d’autre choix que de brader ce qui reste encore à négocier au plus offrant et le droit de passage d’un gazoduc en Grèce serait une gigantesque source pérenne de revenus.

Les USA, non contents d’avoir semé un foutoir invraisemblable en Ukraine, pays où les retraités, les anciens combattants (dans l’armée soviétique), les sinistrés de Tchernobyl et les invalides civils ne touchent plus aucun subside de l’Etat depuis plus de trois mois car le pays n’a plus une tune en poche, ont décidé maintenant de s’attaquer à la Grèce en créant un nouveau front anti-russe, cette fois en Macédoine. Encore une fois, et il est opportun de le rappeler, les USA, vis-à-vis des médias occidentaux, n’agissent jamais directement mais par Nations interposées afin de se dédouaner de leurs ignominies.

Et pendant ce temps-là, en France, on pense déjà aux vacances après un mois de mai harassant, mises à part une petite chute de la bourse qui ne saurait que s’aggraver – tout de même près de 8 % en une semaine – et une petite canicule certainement provoquée par le changement climatique, tout roule mais est-ce que les citoyens lambda ont conscience qu’ils vont devoir chacun payer 600 euros, tous âges confondus, pour apurer la dette grecque que détient la France ? Bien sûr que non ! Ce sont les Américains qui en ont décidé ainsi et si ça ne suffit pas, eh bien il y aura une nouvelle guerre pour le plus grand bien de l’industrie de l’armement américaine avec peut-être plein d’ogives nucléaires comme pour commémorer les deux bombes lâchées sur deux paisibles villes japonaises les 6 et 9 août 1945.

Voilà très schématiquement où en sont les Européens, marionnettes lascives et totalement putifiées par Washington, mais ils vont sentir très bientôt le vent de la misère, 70 ans après la fin de la deuxième guerre mondiale il en faut une autre, et il est déjà trop tard pour se ressaisir, les bruits de bottes se font de plus en plus pressants et sur deux fronts différents, aux portes de l’Europe et dans bien d’autres endroits de la planète. Affligeant …

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