Les animaux de compagnie importés, mais aussi les plantes : une calamité !

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Je garde en mémoire un effrayant spectacle, celui d’un varan de près d’un mètre et demi de long sortant d’une sorte de conduite d’égout dans un parc de Bangkok dont j’ai oublié le nom, peut-être pas très loin de Chinatown. Il y a tellement de canaux, de petits lacs et de rivières dans cette ville qu’on ne peut pas tous les mémoriser. Cette anecdote pour introduire ce qui arrive en ce moment en Floride. Des amateurs d’animaux exotiques ont acquis quelque part lors de leurs voyages des petits animaux de compagnie, par exemple des serpents ou des lézards, ça ne fait pas de bruit, ça dort presque tout le temps et ça ne mange pas beaucoup. Encore qu’avec un strict minimum de nourriture, un petit lézard peut atteindre une taille respectable et quand il lui prend l’envie de sortir dans la nature pour se ravitailler le résultat peut devenir surprenant.

Et en Floride, Etat au climat tropical humide, toutes les conditions sont réunies pour que petit lézard ou petit python deviennent grands, très grands ! C’est le cas du varan du Nil (Varanus niloticus) qui se trouve sur les marchés africains en vente comme spécimen adulte quand il pèse à peine un kilo. Ce lézard a la particularité d’avoir un poids variant entre 800 grammes et 20 kilos voire plus. La marge est donc impressionnante et dépend des conditions climatiques et de l’abondance en nourriture. Depuis plus de 25 ans on a pu observer ces varans en liberté en Floride après avoir été abandonnés par leurs propriétaires dans la nature car devenus trop encombrants dans une maison. Il faut reconnaître qu’un petit varan devenu grand possède des dents pointues et ses morsures sont redoutables. Le varan du Nil est un proche cousin du dragon de Komodo qui peut sans peine couper une chèvre en deux pour satisfaire son insatiable appétit.

Là où ça devient inquiétant c’est l’agressivité de cet animal qui n’hésite pas à chasser des chats et des petits chiens dans la banlieue de Palm Beach. On les retrouve dans les nombreux canaux alentour et des escouades de chasseurs, trop heureux de l’aubaine, en ont déjà exterminé une bonne vingtaine aux alentours du canal C-51 (45 kilomètres de long) dans le centre du comté de Palm Beach, mandatés par la commission locale de conservation de la faune sauvage. Car tout est bon à manger pour ces gros lézards, depuis les rats musqués, les oiseaux, les petits serpents, les poissons et même quelques chats même si ce dernier cas n’a pas été confirmé formellement. L’ « invasion » de varans du Nil a fait la une du Sun Sentinel ( http://www.sun-sentinel.com/local/palm-beach/fl-nile-monitors-20150410-story.html ).

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Le biotope naturel de la Floride est également mis en danger par les pythons (devenus grands) et d’autres poissons invasifs délaissés par leur propriétaires en pleine nature. Le cas de la Floride n’est pas une exception, les lapins introduits en Australie, les chèvres dans de nombreuses îles, les rats, les serpents à Okinawa, autant d’espèces étrangères qui firent et font encore des ravages sans qu’on n’ait jamais réussi à les éliminer totalement. Dans l’île de Chichi Jima des chats devenus sauvages sont systématiquement piégés afin de préserver l’habitat fragile de certaines espèces d’oiseaux qu’on ne trouve nulle part ailleurs. Des chèvres sont pourchassées car elle détruisent un biotope fragile …

Mais il y a pire, cette fois pour la survie des forêts tropicales. Il s’agit d’une liane à croissance très rapide répandue durant la deuxième guerre mondiale par l’armée américaine dans de nombreuses îles du Pacifique de manière délibérée. Il s’agit du Kudzu, de la famille du petit pois (Pueraria montana) dont la croissance est tellement rapide qu’il suffit de quelques jours pour qu’un tapis verdoyant recouvre une armature de bambou pour dissimuler des avions sur un aéroport militaire. Cette plante est devenue un vrai problème aux Fiji, au Vanuatu et aux Salomon, détruisant les forêts et toute forme de vie derrière elle. Il n’existe pas de prédateurs ni de parasites pour cette plante, l’une des pires introductions délibérées d’espèces étrangères par l’homme.

Kudzu_on_trees_in_Atlanta,_Georgia

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