La controverse de Wei-Hock « Willie » Soon ou la délation « verte »

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Ce n’est pas un scoop d’apprendre que certains scientifiques universitaires émargent pour financer leur laboratoire sur des crédits accordés par des entreprises privées. Une de mes anciennes collègues de travail sévissant à UCLA a financé pendant trente années une très grande partie des travaux du laboratoire qu’elle dirigeait à l’aide de financements provenant de grands laboratoires pharmaceutiques car ses recherches étaient susceptibles de déboucher sur des applications cliniques. Où est le mal ? J’ai moi-même travaillé en tant qu’agent de l’Etat pendant près de 13 années dans un laboratoire privé et je n’ai jamais eu d’angoisse existentielle, en d’autres termes je ne me suis jamais senti vendu au grand capital alors que mes collègues universitaires purs et durs, pétris d’idéaux surannés, m’ont qualifié de traitre à la grande cause du service public. Si j’avais poursuivi mes travaux au sein de l’Université en étant financé par cette même entreprise privée, où j’avais choisi d’aller travailler, la situation aurait été encore plus intenable. Bref, au cours de ces quelques années de ma carrière j’ai compris que l’Université allait se stérilisant au fil des années, déconnectée de la réalité du monde de l’industrie pour rester fidèle à je ne sais quel idéal d’indépendance dont l’aliénation ne pouvait être qu’une attitude mercantile entrainant par voie de conséquence une qualité amoindrie des recherches puisque ces dernières correspondaient forcément aux projets du grand capital. C’est ainsi que la production scientifique de l’Université française, à de très rares exceptions près, a régressé année après année et n’est plus maintenant que l’ombre d’elle-même. Franchement, si je devais aujourd’hui refaire carrière dans la recherche je n’irais certainement pas à l’Université, un univers clos et idéologiquement corrompu. Aux USA comme en Allemagne, en Grande-Bretagne ou au Japon, les Universités ont depuis toujours tissé des liens étroits avec le milieu industriel. Dans le cadre de contrats bien définis, l’éventuelle propriété industrielle d’une découverte est exploitée conjointement par l’Université et l’industriel qui a financé, toujours en partie, les travaux de recherche.

Pour en venir à Wei-Hock « Willie » Soon, astrophysicien au Harvard-Smithsonian Center for Astrophysics, ce n’est donc pas un scoop d’apprendre que ses travaux ont été financés par l’industrie privée comme très probablement beaucoup d’autres laboratoires de la même Université d’Harvard. Or il se trouve que Willie Soon (voir le lien) est un « climatosceptique » dérangeant et qu’en d’autres temps il aurait été proprement brûlé vif au milieu d’une foule hurlante et fanatique du réchauffement, sans faire ici de jeu de mots. Les agissements réprouvés par l’Église de Scientologie Climatique de ce triste sire, empêcheur notoire de tourner en rond, ont été dénoncés par Greenpeace, le bras armé de l’IPCC. Pour Greenpeace il est intolérable qu’un climatologue soit financé par le cartel des pétroliers et des charbonniers. D’après cette organisation terroriste Soon a publié pas moins de onze articles depuis 2008 sans mentionner ses liens avec l’industrie des énergies fossiles. Le dernier en date, paru dans Science Bulletin, un périodique publié par la Chinese Academy of Sciences et propriété de Springer ( DOI 10.1007/s11434-014-0699-2 ), relate la pauvreté des modèles de prédiction de l’évolution du climat selon l’IPCC. Il n’en fallut pas plus pour énerver Greenpeace qui a donc mené une enquête approfondie (voir le lien en fin de billet) sur les agissements de Soon réprouvés par la morale ipécécienne. On n’a pas le droit de contredire les affirmations de l’IPCC, surtout quand on est un scientifique vendu au grand capital pétrolier, surtout quand ces financements deviennent occultes lorsqu’ils transitent par des fondations comme la Charles G. Koch Foundation. Selon Greenpeace : « De tous ceux qui sont dans le déni du changement climatique, un scientifique a été particulièrement impliqué dans la campagne contre le consensus climatique durant toute sa carrière : Willie Soon ». D’après l’enquête inquisitoriale de Greenpeace, Soon a été très tôt déformé par ses professeurs, dont David Legates, professeur de géographie à l’Université du Delaware et farouche climatosceptique, normal, ses travaux de recherche sont financés essentiellement par Exxon-Mobile. Bonjour l’ambiance …

D’autant plus que la fondation Koch, du nom du père des deux frères Charles et David, à la tête d’un immense empire industriel entièrement privé, est mal vue par Greenpeace puisqu’elle est l’émanation du Mal dont les ramifications vont du pétrole aux forêts en passant par les engrais et les ressources minérales … Que des domaines qui hérissent Greenpeace et bien sûr aussi le WWF. De plus, comme pour enfoncer le clou, les frères Koch sont des libertariens qui ne rechignent pas à financer certains membres du Parti Républicain ou encore l’Institut Cato, la bête noire des écolos. Une occasion pour Greenpeace de faire coup double et de descendre ces mécréants qui ne croient pas au Credo de l’Eglise de Scientologie Climatique. Toujours est-il que cette histoire révèle au grand jour les agissements de Greenpeace, dignes de la Gestapo ou de la Stasi ou encore de l’Inquisition.

Note : quand on entre Willie Soon dans Wikipedia on ouvre un article de toute évidence caviardé par Greenpeace. Voilà un autre agissement souterrain de cette organisation terroriste qui méprise toute espèce d’honnêteté, piégée par son idéologie malthusienne reposant sur des mensonges et des hypothèses défiant le bon sens scientifique le plus basique. Quand on pense que ces gens dictent leurs volontés aux politiciens, c’est vraiment très inquiétant …

http://www.greenpeace.org/usa/en/campaigns/global-warming-and-energy/polluterwatch/koch-industries/CASE-STUDY-Dr-Willie-Soon-a-Career-Fueled-by-Big-Oil-and-Coal/

http://en.wikipedia.org/wiki/Willie_Soon

Illustration : Fred C. Koch

3 réflexions au sujet de « La controverse de Wei-Hock « Willie » Soon ou la délation « verte » »

  1. Cessez de jouer les persécutés.
    La « scientologie » climatique est en réalité une science. Toutes les académies de sciences s’accordent pour dire que 1- le climat se réchauffe 2-le principal facteur en est l’activité humaine 3-c’est inquiétant pour la biodiversité, les ressources en eau, les écosystèmes etc.

    Que quelques voix s’élèvent, meme parmi des scientifiques n’est pas vraiment nouveau: toute science a sa minorité de contradicteurs (97% vs 3%), et la climatologie n’y échappe pas. Cette opposition n’est ni muselée, ni brûlée vive comme vous dites. Elle a autant le droit de s’exprimer dans les revues scientifiques. Si elle ne le fait pas, c’est parce que les thèses avancées ne passent pas le filtre de rigueur et d’honnêteté. Alors les négateurs s’expriment sur internet pour rallier l’opinion publique que l’on peut plus facilement tromper avec des courbes tronquées ou du cherry-picking.

    Quant au financement, il s’agit de conflit d’intérêt. Si le financement privé est acceptable, pourquoi les Soon et compagnie le cachent-ils systématiquement ? Rappel : la norme dans la presse est une note en bas de page comme « le groupe Dassault est propriétaire du Figaro »
    La norme dans les banques d’investissement: éviter tout conflit d’intérêt, et si jamais vous y tombez, le porter immédiatement à la connaissance de l’employeur.
    La norme des climatonégateurs: ne rien dire.

    Trouvez-vous vraiment cette posture crédible et honnête?

      • Vous dites « Inversez votre prose »

        Essayons. Cela donne:
        « les arguments des negateurs sont de nature scientifique. Toutes les aca… »
        Mince alors, y a-t-il un quelconque organisme de recherche qui relaie les theses des negateurs ? Je ne connais que des blogs et des bouquins. Y a aussi plein de blogs et de bouquins sur l’astrologie, la numerologie ou les vertus des bains de siege.

        Reprenons:
        « les arguments des negateurs sont de nature scientifique. Toutes les medias negateurs s’accordent pour dire que 1-… »
        Zut encore ! Certains disent que la terre ne se rechauffe pas [les mesures seraient faussees par l’urbanisme, le hockeystick serait truque etc.], d’autres disent qu’elle se rechauffe mais c’est le soleil, enfin d’autres disent que l’homme la rechauffe mais que c’est pas dangereux.

        Desole, je n’y arrive pas. Pouvez-vous inverser ma prose pour moi ?

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