Histoire de vaccins : où l’imbécillité prend le dessus sur la raison !

 

L’un des membres de ma famille proche a développé une phobie de l’aluminium. Il n’y a pas de « papier alu » dans la cuisine, c’est mauvais pour la santé parce que l’aluminium déclenche des maladies neurodégénératives. J’ignore quels sont les arguments avancés pour persister dans une telle conviction, sans doute la désinformation que l’on peut lire dans la presse de caniveau destinée en particuliers aux femmes au foyer du genre « Femme Actuelle » ou « Elle » en France pour ne citer que ces titres pour lesquels il est difficile de trouver l’adjectif correspondant à leur médiocrité. Mais dans de nombreux autres pays, la désinformation bat son plein quotidiennement et plus c’est sensationnel plus les tirages des quotidiens sont élevés. À croire que certains lecteurs sont avides de nouvelles, fausses pour la plupart d’entre elles, qui vont alimenter leur peur. C’est d’ailleurs une excellente thérapeutique pour ne pas penser aux vrais problèmes qui pourraient réellement faire très peur.

L’aluminium est le deuxième métal le plus abondant de la croute terrestre après le silicium, il y en a de partout, le moindre grain de sable ou la moindre parcelle de terre en contient. Une tasse à café, une assiette, un verre contiennent de l’aluminium. Il y a de l’aluminium dans le béton, les cailloux, le sable des plages, beaucoup d’huisseries modernes, bref, un monde sans aluminium est impossible à imaginer.

Et pourtant la polémique à propos des effets néfastes de l’aluminium resurgit périodiquement tel le monstre du Loch Ness et pas plus tard qu’il y a une dizaine de jours en une du Toronto Star, journal de langue anglaise canadien au plus fort tirage, au sujet du Gardasil :

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Le Gardasil est un vaccin protégeant contre le virus du papillome qui est un virus cancérigène au même titre que la cigarette ! Sa formulation contient un adjuvant à base d’hydroxyde d’aluminium et il a suffi pour que cette crainte de l’aluminium réapparaisse une nouvelle fois et affole la populace perméable à n’importe quelle désinformation. Je cite un passage de l’article du Toronto Star : « Des centaines de milliers d’adolescentes au Canada ont pris sans problème le Gardasil, un vaccin montré comme protégeant du HPV. Mais une enquête du « Star » a trouvé que depuis 2008 au moins 60 Canadiennes ont fait l’expérience d’une maladie débilitante après inoculation du vaccin. Les patientes et leurs parents déclarent que ces incidents pointent l’importance d’une révélation entière des risques (du vaccin) ». Le journal s’est focalisé sur le cas de Kaitlyn Armstrong une ado férue de danse et de sports en tous genres qui, plusieurs semaines après le deuxième rappel du vaccin, se mit à souffrir de douleurs articulaires lui interdisant de danser ou de pratiquer un quelconque exercice physique. Il n’en fallut pas plus pour que des associations telles que Age of Autism, SafeMinds ou Vaxtruth s’emparent de l’évènement et en diffusent une large information servant leur propagande à point nommé. Naturellement cette jeune fille relia tout de suite l’administration du vaccin au mal dont elle souffrait soudainement compte tenu de la concomitance, à quelques semaines près, entre les deux évènements. Rien de plus facile dans ces conditions que de faire un tel rapprochement qui fut repris par les associations anti-vaccins. Cet événement aboutit finalement à établir une relation de cause à effet qui fut alors reprise par les médias dont le Toronto Star.

Il s’avéra par la suite que cette jeune fille fut diagnostiquée comme souffrant de fibromyalgie. Cette maladie dont les causes sont inconnues est une hypersensibilité à la douleur, pour résumer. Elle concerne près de 5 % de la population et il n’existe pas de traitement totalement efficace. Comme les causes de la fibromyalgie se trouvent dans le cerveau, en particulier au niveau de l’hippocampe, autant dire que les anti-vaxxers s’en sont donné à cœur joie pour incriminer encore une fois l’adjuvant à base d’hydroxyde d’aluminium du vaccin, de presque tous les vaccins … un argument pour ces obscurantistes qui ont tout simplement fait fi du principe de relation de cause à effet. Il s’est tout simplement agi d’une fâcheuse coïncidence, d’un pur effet du hasard que cette jeune fille, en cours de vaccination contre le HPV, développe une fibromyalgie.

Le Toronto Star s’est fendu d’un long article sur l’évolution de la maladie de cette jeune fille dont l’intensité à fini par diminuer et éventuellement disparaître. Ce journal insista sur les traitement charlatanesques auxquels se soumit Kaitlyn, suivant les conseils d’obscurs organismes prônant le respect de la nature, auprès d’un naturopathe réputé de Toronto, convaincu que sa patiente était allergique aux métaux. Il décida qu’il fallait désintoxiquer son sang à l’aide d’agents chélatants par injection intraveineuse, rien que ça ! Pour la petite histoire les agents chélatants sont des composés chimiques qui séquestrent les métaux et une fois complexés à un métal celui-ci est éliminé par les reins. Ces molécules chimiques peuvent occasionner de graves dommages au foie et aux reins, mais qu’à cela ne tienne il était urgent de procéder à un tel traitement pour la jeune Kaitlyn.

Le sorcier ou plutôt l’escroc proposant ses services dans le cadre d’une médecine alternative a suggéré à Kaitlyn qu’il fallait qu’elle se débarrasse du surplus d’aluminium suspecté être la cause de sa fibromyalgie et provenant des doses de vaccin qu’on lui avait administré plusieurs semaines avant l’apparition des premiers symptômes de sa maladie. Autant dire que la relation de cause à effet était bien établi dans la tête du dénommé Jaconello ( http://www.jaconello.com/chelation-therapy-a-treatment-for-blocked-arteries.html ) qui sévit à Toronto dans toutes sortes de rubriques thérapeutiques entrant d’après lui dans le domaine de la détoxification. Ce médecin fait dans l’anti-science et abuse de la crédulité de ses clients jusqu’au jour où l’un d’entre eux passera de vie à trépas à la suite des traitements invraisemblables et inefficaces qu’il leur suggère comme par exemple injecter de l’eau oxygénée par voie intraveineuse, certes très diluée, pour détoxifier l’organisme, mais pourquoi pas de l’eau de Javel ?

Les activistes anti-vaccins sont à l’affut de toute information macabre susceptible d’alimenter leur idéologie insensée. Par exemple, une jeune fille de Laval, Québec, deux semaines après la deuxième injection de Gardasil, se noya dans sa baignoire. Sa mère, plusieurs mois plus tard, établit une relation de cause à effet entre le vaccin et le décès de sa fille et alla jusqu’à intenter un procès à Merck, le fabricant du Gardasil. Il apparut que cette jeune fille souffrait de céphalées récurrentes selon son médecin traitant et qu’elle avait probablement eu un malaise en prenant son bain mais l’affaire fut reprise par les activistes anti-vaccins et le mal était fait. Les études sérieuses relatives à l’inocuité du Gardasil et concernant maintenant des millions de jeunes filles dans le monde sont mises en doute par ces activistes car elle sont, selon eux, en partie financées par Merck pour le Gardasil ou GSK pour le Cervarix, ce qui est loin d’être prouvé : au Danemark et en Suède le suivi post-vaccination est effectué par les agences nationales de santé. Dans ce mouvement anti-vaccins on retrouve les idées du Tea Party qui a coutume d’alarmer plutôt que de rationaliser. L’esprit humain a une fâcheuse tendance à confondre corrélation et causalité car il arrive souvent que ces deux notions soient contre-intuitives. Quand cette confusion est « arrangeante » pour conforter une cause idéologique alors toute espèce d’esprit critique disparaît. Curieux comportement qui défie les règles basiques de la logique et de la science. Mais les rédacteurs des journaux à sensation, les réalisateurs de programmes de télévision en mal d’audience et les éditeurs de pamphlets, des ONG que je ne nommerai pas ici et des politiciens le savent bien, alimenter la peur est toujours payant …

Pour conclure cette lamentable histoire, le Los Angeles Times a trouvé opportun de démolir l’argumentation du Toronto Star dont le rédacteur en chef a finalement présenté ses excuses auprès de ses lecteurs en publiant un autre article titrant : « Les familles veulent plus de transparence au sujet du vaccin contre l’HPV » et l’éditeur en chef s’est fendu du commentaire suivant : « Cet article a été globalement critiqué par le milieu médical et les organismes de santé publique pour ne pas montrer clairement les évidences scientifiques de l’innocuité du vaccin ant-HPV Gardasil. Il n’existe aucune évidence scientifique ou médicale d’une quelconque face cachée de ce vaccin ». On est rassuré, certes, mais le mal est fait !

Sources : http://www.sciencebasedmedicine.org et http://www.latimes.com/business/hiltzik/la-fi-mh-how-a-major-newspaper-20150213-column.html#page=1

2 réflexions au sujet de « Histoire de vaccins : où l’imbécillité prend le dessus sur la raison ! »

  1. Monsieur Henry
    J’aimerai connaître, en tant que lecteur, ce qui étaye réellement vos propos si assurés.
    Tout d’abord, traiter les potentielles victimes de l’aluminium vaccinal « d’imbéciles » ne relève pas d’une bien grande perspicacité scientifique, et il va sans dire que l’insulte reste généralement le dernier argumentaire, une fois que tous les autres soient tombés.

    Car effectivement, ce que vous dénoncez comme affabulation, est en train, malheureusement pour vos positions assez rétrogrades, de représenter un danger certain vis à vis des négationnistes de votre trempe, qui n’ont peur de rien (et c’est même à ça qu’on les reconnait…).
    Savez-vous par exemple, puisque vous évoquez l’omniprésence de l’aluminium sur notre planète, que, sans les vaccins et l’industrie alimentaire ou cosmétique hyper utilisatrice, que vous n’en possédez pas le moindre microgramme dans votre corps. L’aluminium fait partie des métaux complètement absents de l’organisme. Et c’est bien là le problème.
    Depuis toujours, on pensait — et ça arrangeait bien les géants de l’industrie — que l’aluminium, s’il était introduit dans le corps pour une raison ou une autre, était éliminé dans les jours ou les semaines qui suivaient l’inoculation.
    C’est vrai pour la plupart des individus, Mais pas pour d’autres et pour des raisons encore inconnues. Et c’est vrai aussi pour des souris sur qui a été mis en évidence que le l’hydroxide d’aluminium finissait sa course morbide dans leur cerveau, et pour n’en plus ressortir.
    Il ne sert à rien de nier cet état de fait qui, au bout de près d’une centaine d’années d’utilisation d’adjuvants vaccinaux sue base aluminique, met en évidence que le corps ne peut pas tout éliminer de lui-même, et dont les progrès de la science contemporaine nous en donnent chaque jour les preuves.

    Et vous mélangez, c’est bien regrettable, les anti-vaccins et les victimes de l’aluminium vaccinal, ce qui n’est absolument pas la même chose. Car, il existe une alternative à l’aluminium que les personnes susceptibles d’avoir contracté une des maladies provoquées par l’aluminium stocké bien trop longtemps dans le corps aimeraient bien voir mise en service sur le marché des vaccins, au nom du principe de précaution justement. Mais il n’en est rien et chaque jour, des biopsies musculaires font apparaitre la présence de sels d’aluminium dans les corps souffrants.
    Votre argumentaire verra ses fondements s’effriter les uns après les autres au fur et à mesure que les découvertes se feront, en France, au Canada, en Israël et partout où on découvrira des cas de victimes de ce métal. Cela prendra encore quelques années, mais il est maintenant inéluctable que le scandale de l’aluminium vaccinal est en train de naître, ce qui représentera probablement le plus grand scandale sanitaire de tous les temps, puisque les laboratoires utilisent cet adjuvant impunément depuis toujours, bien que sa nocivité fut mise en évidence par le directeur des laboratoires Pasteur lui-même et qu’il ait retiré le-dit adjuvant des vaccin jusqu’en 2008, date à laquelle les repreneurs ont, pour de basses raisons financières, ré-introduit l’adjuvant aluminique dans tous quasiment les vaccins fabriqués.

    Renseignez-vous, ça vaut la peine, histoire de ne pas hurler inutilement avec des loups moribonds.

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