Suisse et Japon : même combat !

 

Il est très difficile d’émigrer au Japon et je connait en détail les arcanes de l’administration japonaise à ce sujet. Je suis allé plusieurs fois consulter les services de l’immigration pour tenter de trouver un moyen élégant et non réprouvé par la morale shinto-chrétienne afin d’obtenir le sésame que constitue le fameux visa de résident. Il y a environ deux années, une charmante fonctionnaire m’a, tout sourire, déclaré qu’une des façons d’obtenir ce permis était d’épouser une Japonaise. Où la trouver ? Dans les bars à entraineuses de Ginza que fréquentait assidûment l’ancien Président Jacques Chirac, pas vraiment mon style d’autant plus que je ne suis nullement un oiseau nocturne.

J’ai perdu le fil de mon propos … Ça me revient maintenant. Le Japon est confronté à une grave pénurie de main-d’oeuvre en particulier dans le secteur du bâtiment, ce qui n’est pas le cas de la France où cette activité économique essentielle a été profondément mise à mal par des lois inénarrables concoctées par la Miss Duflot. Dans les chantiers de construction, petits et discrets ou les grands chantiers comme celui, immense, en face du Palais Impérial, à Ginza, et dans une multitude d’autres endroits de cette immense ville, il y a des septuagénaires grassement payés pour réaliser des tâches au dessus de leurs forces car il n’y a plus de bras disponibles.

Ce problème de main-d’oeuvre n’est pas une exception japonaise, un pays dont on sait que la population vieillit, il en est de même tout près des frontières de l’Hexagone, tout simplement en Suisse. Outre-Jura on n’est tout de même pas encore arrivé au stade de la Thaïlande ou des mères de famille transportent au milieu de la nuit des seaux de béton en effectuant des acrobaties sur des échafaudages en bambou pour nourrir leurs enfants, j’ai vu ce genre de spectacle. La Suisse est un pays (comme le Japon) où on respecte l’individu quitte à l’allécher avec des émoluments confortables pour le convaincre malgré son statut déjà enviable de retraité officiel à continuer à exercer son activité professionnelle afin de transmettre son savoir comme il l’entend avec une flexibilité dans les horaires, pas de pression sur la performance, un respect de la part de la hiérarchie, etc.

C’est ainsi que la Suisse a de facto opté pour un départ à la retraite à la carte, une conséquence directe du vieillissement alarmant de la population, sans pour autant aggraver le chômage qui reste de toutes les façons négligeable dans ce pays, comme d’ailleurs au Japon. Les restrictions récentes relatives à l’immigration ont en quelque sorte aggravé la situation économique. Il est certain que le renchérissement de la valeur du franc suisse va favoriser l’afflux de candidats frontaliers, Français, Italiens ou même Allemands vers le pays, mais la culture et les principes nationaux suisses que ne maîtrisent pas forcément les candidats frontaliers constituera toujours un handicap.

Il en est exactement de même au Japon, un pays avec une population vieillissante qui devrait en toute logique ouvrir ses frontières et accueillir une main-d’oeuvre qualifiée ou encore de simples agriculteurs susceptibles de remettre en exploitation des rizières à l’abandon. Les économies de la Suisse comme du Japon seraient largement bénéficiaires si les gouvernements de ces deux pays ouvraient plus largement leurs frontières. Il en va presque de leur survie.

Billet inspiré d’une dépêche d’ATS (ats / 27.01.2015 21H53)

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