Bientôt de la truffe noire du Kwazulu Natal

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Neuf ans après les premières inoculations de mycélium au pied de ses chênes vert, avec le support du Département de l’Agriculture du KwaZulu Natal, Cameron Anderson a finalement découvert sa première truffe noire, aidé il faut l’avouer par son chien. C’est une première en Afrique du Sud. Anderson a planté une centaine de chênes importés d’Europe avec des racines sur lesquelles la société Mushrush avait inoculé du mycélium de truffe noire en provenance de France. L’Afrique du Sud suit donc la Nouvelle-Zélande et l’Australie qui virent leurs premières truffes noires (ou blanches, l’histoire ne le dit pas) respectivement en 1993 et 1999. Si la truffe noire qu’on trouve surtout en France et également en Espagne se négocie à des prix légèrement inférieurs à ceux de la truffe blanche qu’on trouve essentiellement en Italie, son arôme unique n’est pas détruit par la cuisson contrairement à son homologue blanche. C’est l’un des raisons pour lesquelles la truffe noire a été choisie par les planteurs d’Afrique du Sud. Certes, la truffe noire n’atteint que très rarement les tailles exceptionnelles des truffes blanches – une truffe blanche récoltée près de Pise et pesant 1500 grammes a été acquise par Stanley Ho, le propriétaire d’un casino de Macao, pour 330000 dollars en 2007.

Quand Anderson a trouvé se première truffe au mois d’août dernier (ce serait en février en Europe), un morceau a été envoyé en Italie pour identification génétique et le résultat a confirmé qu’il s’agissait bien d’une Tuber melanosporum, en d’autre termes « truffe du Périgord » car c’est ainsi que les grands chefs cuisiniers l’appellent. La production française de truffe noire est en déclin depuis la fin des années 1930 passant de près de 1000 tonnes à une petite vingtaine de tonnes en 2012. Toutes sortes de raisons ont été évoquées pour expliquer ce déclin depuis la mauvaise maîtrise de la population de sangliers qui ravagent les truffières jusqu’à l’usage de pesticides ou même le changement climatique (selon Wikipedia, mais on n’est pas obligé d’adhérer à cette dernière évocation qui ne fait l’objet d’aucune référence). C’est surtout le mauvais entretien des truffières qui explique le déclin de la production de truffes noires françaises … Difficile de comprendre qu’aucun effort ne soit consenti dans ce sens alors que le prix des truffes noires reste relativement stable à 1500 euros le kg.

Source et illustration : Business Day Live, South Africa et http://mushrush.co.za :

Here at our MUSHRUSH HOME in the Natal Midlands, we are uber delighted, to announce that the first ever ‘Black Diamond’ truffle mushroom found in SOUTH AFRICA has been confirmed. For those intrepid truffle entrepreneurs who have been following the Mushrush truffle journey, we are so pleased with this fantastic breaking news. Although this particular delicacy was discovered in August 2014, we have been biting our tongues and holding our thumbs, while doing the DNA analysis. After sending the sample to a well known truffle expert and author in Italy, at the end of November, we received news at the end of December,  that this mushroom is unequivocally Tuber melanosporum!

Naturally this will have a profound and distinct advantage for those who have already started their truffle plantations (truffieres) and we are so excited for them and of course for our own truffiere in Nottingham Road, Natal Midlands.

Besides this, the gourmet ‘foodies’ in South Africa will soon have access to this locally grown delicacy. 

– See more at: http://mushrush.co.za/#sthash.9hdzpj7X.dpuf

Une réflexion au sujet de « Bientôt de la truffe noire du Kwazulu Natal »

  1. A Jacques Henry,
    Note très intéressante, mais je suis obligé d’apporter quelques corrections.
    La tuber melanosporum « Diamant noir », ne supporte pas du tout la chaleur comme la truffe blanche d’Italie qui ne lui ressemble en rien. Le prix de cette dernière est au moins trois fois celui de la « melano », soit de 3000 € à 5000 € le kilo. La « melano » se négocie selon le moment dans la saison de 500 € à 1200 € le kilo. (Pour le client « parisien » le prix est de 3500 €, Hediard, Fauchon…)
    La « tuber melanosporum » a bénéficié d’un label obtenu au XIXème siècle par le Périgord, mais les 85% de la production française se situent dans le triangle formé par les Alpes à l’est, le Massif Central à l’ouest et la Méditerranée au sud. En 1910, la production avoisinait les 2000 tonnes, en 2013 la production totale intégrant la vente directe, est de 80/100 tonnes.
    Les raisons de ce recul sont:
    – Le passage d’une agriculture ancestrale à la grande agriculture industrielle qui a vidé les campagnes de sa main d’œuvre.
    – La saignée de la guerre de 14/18 qui a décimé nos petits paysans et mit fin aux petites exploitations polyculturales, riches de biodiversité.
    – Ces exodes ruraux ont provoqué un enfrichement par délaissement de nombreux lopins où poussait la truffe noire. (La forêt française est passée de 10 millions d’ha en 1950 à 16 millions d’ha en 2000 !)
    – La frénésie des remembrements d’après-guerre, a détruit nombre de bordures plantées, constituant des haies truffières.
    .
    Par contre les sangliers pas plus que le supposé réchauffement climatique ne sont pour rien dans ce déclin.
    Les Sangliers, omnivores, recherchent racines tendres et lombrics, éventuellement ils bousculent quelques truffes.
    L’augmentation de 0.8 °C depuis 1850 des températures n’a rien à voir avec la décroissance de la production de truffes noires. Rappelons que depuis 1998, les températures ne montent plus et que la production à partir de plants truffiers mycorhizés ne cesse de progresser depuis 20 ans. La part de truffes récoltées en milieu sauvage serait de l’ordre de 10%. Quant aux pesticides, je ne vois pas pourquoi, un trufficulteur les utiliserait alors qu’il sait les conditions requises pour obtenir de la belle et bonne truffe et que les pesticides coûtent très chers ???
    Simple autre rappel, en 2013, la « Truffe de Bourgogne » ou tuber aestivum, qui se récolte dans le Nord-est de France a fourni 80 tonnes d’un produit excellent et très bien valorisé.
    Très amicalement

    Jean-Louis BLARD
    Président de la Fédération Rhône-Alpes des Trufficulteurs

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