Billet d’humeur politique

 

À qui profite la chute spectaculaire du brut ? Voilà une question qui agite les neurones de bien des journalistes mais personne ne trouve de réponse satisfaisante. Le Brent à 59 dollars n’arrange pas les affaires des frackers nord-américains et encore moins les chercheurs d’or noir en eaux profondes. La récession économique généralisée peut être une explication mais l’économie européenne tirera en partie son épingle du jeu puisque l’euro n’a pas autant chuté par rapport au dollar que le baril de pétrole. L’Arabie Saoudite se moque de cette situation puisqu’elle brûle plus de la moitié du pétrole qu’elle pompe pour ses besoins domestiques … Restent donc les trois bêtes noires des USA : l’Iran, la Russie et le Vénézuela qui sont les première victimes de cette chute du prix du pétrole. On pourrait aussi mentionner l’ « Etat Islamique » qui tire une grande partie de ses revenus du marché occulte du pétrole depuis les gisements tant irakiens que syriens qu’il a mis sous sa coupe.

La réponse à la question n’ayant pas de réponse claire, on peut alors se demander si cette situation n’est pas tout simplement orchestrée par les Américains avec l’appui des Saoudiens pour satisfaire leur dessein d’hégémonie mondiale …

Réchauffement global : on calcule, on calcule, on calcule …

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C’est maintenant admis puisque des milliers de « scientifiques » l’ont affirmé, l’eau chaude descend dans les profondeurs des océans. Il s’agit encore de la violation d’une loi physique fondamentale relative à la dilatation des corps sous l’effet de la chaleur, la densité de ces derniers diminuant quand la température augmente en provoquant cette dilatation. Mais qu’à cela ne tienne puisque ça arrange les adeptes de l’Eglise de Scientologie Climatique qui peuvent ainsi affirmer tout et n’importe quoi pourvu que les travaux relatés soient conformes aux principes fondateurs de cette confrérie dont les agissements deviennent de plus en plus sujets à caution.

L’exemple illustrant mon propos vient de l’Université de Washington qui a organisé à grands renforts de « grants » (crédits de recherche) des expéditions au large des côtes de cet Etat du Pacifique Nord jouxtant la Colombie Britannique canadienne. Il paraît que l’eau se réchauffe dangereusement jusqu’à une profondeur de 500 mètres et que ça devient alarmant car les calculs « auraient tendance » à montrer que « si » ce phénomène dû au réchauffement global « s’intensifiait » il y « aurait » alors libération d’immenses quantités de méthane, un gaz notoirement connu pour son « effet de serre ». Pour bien prouver que c’est vraiment alarmant et qu’il faut vite faire quelque chose pour que les océans ne se réchauffent plus (on en a discuté à Lima), les « calculs » ont montré que la quantité de méthane relâchée par ce phénomène de réchauffement entre 1970 et 2013 est supérieure à tout le méthane émis dans la mer et l’atmosphère par l’accident de la plate-forme de forage Deep Water Horizon en 2010. D’après l’un des auteurs de l’article paru dans Geophysical Research Letters du 5 décembre de cette année « les hydrates de méthane sont un immense et fragile réservoir de carbone qui peut être libéré si les températures changent ». Il faut admirer la tournure grammaticale de cette phrase qui utilise au conditionnel des tournures introduisant une ambiguité : « qui peut » … « si ». Ça s’appelle de la science ou plutôt non, c’est de l’intoxication idéologique car tout scientifique vivant de la manne distribuée ad libitum par les comités d’attribution de crédits de recherches dans le domaine du climat et de ses changements se doit d’être en conformité avec les résultats attendus par ces mêmes comités.

On ne reste pas sur sa faim en continuant à lire le communiqué de presse de l’Université (voir le lien en fin de billet) en découvrant cette perle réthorique d’un des auteurs de l’étude : « Même si les observations étaient brutes et plutôt désordonnées, on pourrait discerner une tendance, ça a sauté aux yeux ». Lisez par vous-même en allant sur le lien car l’anglais est une langue plutôt précise. Une mauvaise traduction en français ferait abstraction du conditionnel et transformerait cette fausse affirmation en une vérité, erreur que tout journaliste inféodé à l’idéologie climatique très « tendance » et politiquement correcte s’empressera de faire. L’association de « on pourrait discerner » et « ça a sauté aux yeux » est un joyau d’endoctrinement verbal digne des plus grands orateurs de l’ère de la Troisième Internationale Communiste.

Les projections réalisées à la suite de calculs probablement très « savants » permettent d’estimer que d’ici la fin du présent siècle, tout le méthane mobilisé sous forme d’hydrate pourrait tout simplement disparaître jusqu’à des fonds marins éloignés de trois kilomètres des côtes alors que le phénomène observé se limite pour le moment à une frange éloignée d’un kilomètre de ces dernières, sous-entendu, tout le méthane qui se trouve actuellement près des côtes serait massivement libéré. Les « calculs » indiquent que seulement au large des côtes de l’Orégon et de l’Etat de Washington la quantité de méthane libéré « pourrait » atteindre 400000 tonnes par an ! Comme pour en rajouter une couche à la panique qui envahit le lecteur de cette News, si par un malencontreux hasard des bactéries « se mettaient » à consommer ce gaz, il en « résulterait » une acidification de l’eau avec un apauvrissement concommitent en oxygène. En définitive, tout pour plaire, plus de king-crabs, plus de poissons, une désertification de l’océan à cause du réchauffement climatique !

En conclusion de ces propos déclinés avec un usage inconditionnel du conditionnel, il « faudrait » encore plus de crédits de recherche pour réaliser de nouvelles mesures « qui confirmeraient » alors les calculs et les prédictions. Voilà comment fonctionne la recherche climatique et ça coûte des dizaines de milliards de dollars aux contribuables de tous les pays qui se sont engagé à combattre le réchauffement climatique qui n’arrive toujours pas … Où est passée l’honnêteté scientifique ?

Source et illustration (dégagement de méthane détecté par sonar, on ne sait pas s’il s’agit réellement de méthane puisque ce cliché sonar a été pris par un marin pêcheur … vraiment surréaliste !) :

http://www.washington.edu/news/2014/12/09/warmer-pacific-ocean-could-release-millions-of-tons-of-seafloor-methane/

Le fructose de la junk-food (malbouffe) responsable de l’obésité !

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Une brève communication de l’American College of Neuropsychopharmacology vient de jeter un gros pavé dans la mare bien glauque de l’industrie agro-alimentaire malgré le fait que l’étude réalisée à l’Université de Californie du Sud ne portait que sur 24 personnes, femmes et hommes âgés de 16 à 25 ans. On a fait boire à ces volontaires un grand verre d’eau sucrée mais pas sucrée n’importe comment : soit avec du glucose soit avec du fructose. Puis on leur a montré des images de mets appétissants tout en suivant l’activité de leur cerveau par imagerie fonctionnelle en résonance magnétique. Le résultat est tombé presque comme un couperet : le glucose provoque une sensation de satiété alors qu’il n’en est pas de même pour le fructose. Cette sensation a été suivie par imagerie au niveau du noyau accumbens, une partie essentielle du circuit cérébral de la récompense. Non seulement le fructose diminue le taux de circulation de la leptine, l’hormone de la satiété, mais il accroit la réponse du cerveau au désir de se nourrir tel que l’imagerie fonctionnelle a pu le montrer avec l’activation de ce noyau accumbens ce qui n’est pas le cas pour le glucose.

Le glucose est la première source d’énergie du cerveau et si l’organisme n’a pas le temps de prendre en charge le fructose ajouté à de nombreux aliments sous forme de sirop de maïs enrichi en ce sucre, car son pouvoir sucrant est supérieur à celui du glucose, alors il atteint le cerveau. En effet, le processus de métabolisation du fructose n’est pas immédiat et son ingestion massive et artificielle va perturber la réponse du cerveau et l’envie de se nourrir devient alors compulsive et incontrôlable. Depuis l’introduction de cet « additif » alimentaire peu coûteux, moins taxé que le sucre de betterave ou de canne et qui fait la joie des sociétés impliquées dans la production d’aliments industriels en tous genres, depuis les plats pré-cuisinés jusqu’à toutes sortes de pâtisseries qu’il est inutile d’énumérer ici à nouveau a tout simplement résulté en une véritable épidémie de surpoids et d’obésité. Ces industriels de l’alimentation, de la « junk-food » ou de la confiserie industrielle sont des criminels qui sont entièrement responsables de ces fléaux que constituent le surpoids et l’obésité avec leurs cortèges de pathologies associées.

Les résultats de cette étude corroborent ceux obtenus avec des rats à qui on injectait directement au niveau du cerveau du fructose et dont on observait ensuite le comportement alimentaire. Outre son effet sur le noyau accumbens le glucose réduit l’activité de l’hypothalamus alors que ce n’est pas le cas du fructose. Tous ces éléments concourent à désigner le fructose comme le principal responsable de l’obésité, phénomène préoccupant dans de nombreux pays de l’OCDE et par voie de conséquent à désigner les industriels de l’alimentation comme coupables d’intoxiquer des centaines de millions de personnes. Il est inutile de chercher plus avant d’autres causes à l’obésité et au surpoids comme par exemple une flore intestinale modifiée ou une origine génétique, ce ne sera qu’une perte de temps …

Source : acpn.org, illustration : nucleus accumbens (Wikipedia)

Nouvelles chroniques japonaises # 7

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Des fonctionnaires payés à ne rien faire (ou presque) à Tokyo …

La mairie de Tokyo, un gigantesque building d’une cinquantaine d’étages ressemblant à Notre-Dame de Paris avec un peu d’imagination comporte une annexe un peu plus petite, 35 étages tout de même, dans le même style architectural où se trouvent divers services comme le renouvellement des permis de conduire, la gestion de l’eau ou encore le Centre des Actions pour le Changement Climatique. Le Japon a quitté de facto les engagements définis par le protocole de Kyoto après le grand tremblement de terre du 11 mars 2011 en raison de l’arrêt total de la production électro-nucléaire mais ce centre existe toujours et des fonctionnaires sont payés à ne pas faire grand-chose puisqu’il n’a plus lieu d’exister.

Illustration : indications figurant dans le hall du bâtiment N° 2 de la mairie de Tokyo jouxtant le Hyatt Hotel à Shinjuku

Les anti-inflammatoires non stéroïdiens affectent les plantes

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Trente millions de personnes de par le monde se traitent quotidiennement le plus souvent par auto-médication avec des anti-inflammatoires non stéroïdiens. Ces molécules représentent un marché considérable « over-the-counter » puisqu’ils ne nécessitent pas de prescription et il est donc tout à fait compréhensible que leur usage soit aussi répandu. La population vieillissante en constante augmentation en raison de l’amélioration de l’espérance de vie et souffrant d’arthrite, d’arthrose et d’autres maux nombreux et variés ne peut plus se passer de ces médicaments loin d’être anodins. Les anti-inflammatoires les plus communément utilisés sont le diclofenac, l’ibuprofen et le naproxen, respectivement appelés aussi Voltarene, Paracetamol et Antalgine. Ce sont des inhibiteurs d’un classe d’enzymes impliqués dans les processus inflammatoires appelées COX pour faire court. Or trente millions de personnes s’administrant jusqu’à un gramme par jour de ces substances ça fait beaucoup !

Les stations d’épuration des eaux usées n’éliminent pas ces produits et ils se retrouvent naturellement dans les boues d’égout épandues dans les champs comme engrais et les eaux retraitées parfois utilisées pour l’irrigation. C’est ainsi qu’on a étudié l’effet de ces produits sur les lombrics et la faune aquatique mais ces travaux se sont limité à l’évaluation de la teneur en ces diverses molécules dans ces organismes vivants. Quant à un effet direct sur les végétaux la rareté des travaux a conduit l’équipe du Docteur Wiebke Schmidt de l’Université d’Exeter à se pencher sur l’interaction de ces produits sur la germination, la croissance et la physiologie de deux plantes potagères, le radis et la laitue.

Il ressort de cette étude que les anti-inflammatoires étudiés ont des effets systémiques sur la croissance des racines, retard et teneur en eau élevée, et retardent l’ouverture des cotylédons. Cependant ces effets dépendent de la nature des produits étudiés ainsi que de celle des plantes. Il est donc nécessaire devant les résultats obtenus de prendre en considération le fait que l’usage de ces médicaments ne fera qu’augmenter avec le vieillissement de la population et l’utilisation en agriculture des boues et des eaux résiduaires pourrait conduire à une perturbation des cultures en particulier maraîchères et à une accumulation indésirable de ces produits dans les tissus végétaux.

Cette première étude détaillée de l’effet de médicaments massivement utilisés dans le monde sur les cultures arrive donc opportunément pour que l’on se penche en détail sur ce réel problème.

Sources : University of Exeter News desk et Ecotoxicology and Environmental Safety ( doi:10.1016/j.ecoenv.2014.11.008 ) aimablement communiqué par le Docteur W. Schmidt. Illustration tirée de l’article cité.

Axel Kahn fait de la sémantique à propos de la détection de la trisomie 21 (syndrome de Down)

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Je voudrais ici commenter une interview d’Axel Kahn parue dans Le Temps (Genève, voir le lien en fin de billet, s’il est toujours opérationnel) à propos du dépistage par simple prise de sang de la mère de la trisomie 21 de l’enfant qu’elle attend. J’ai connu plusieurs familles dont le troisième ou le quatrième enfant, conçu par des mères ayant dépassé la quarantaine, était trisomique. La perturbation subséquente de la cellule familiale était inévitable et il est bien logique, compte tenu de l’avancée relativement récente des moyens de détection par analyse de l’ADN du fœtus présent dans le sang de la mère à des coûts abordables, que celle-ci se pose la question tout à fait opportune de savoir si son enfant est en « bon état ». Interviewé par le quotidien suisse, Kahn insiste sur le fait que plus de 95 % des femmes enceintes découvrant que leur enfant à venir est trisomique décident de se faire avorter, d’autant plus que l’avortement est dépénalisé en Suisse (comme en France) mais d’après lui cette attitude, facilitée par les progrès récents de la biologie, présente des risques non nuls.

Axel Kahn, se positionnant en tant qu’éthicien, considère que ces progrès technologiques immenses de la biologie et de la génétique peuvent ouvrir la voie à l’eugénisme. Après tout les parents ne souhaitent qu’une chose, concevoir des enfants en bonne santé, beaux et intelligents. C’est leur droit le plus strict et si la science moderne permet d’atteindre ce but, pourquoi pas ? Cependant Kahn considère que ce sujet doit faire l’objet, je le cite, « d’un débat social et moral ». On revient donc aux vieux démons de la démocratie égalitaire dont le fonctionnement doit faire l’objet de débats, de consultations, de création de comités « théodule » ad hoc pour encadrer les désirs des citoyens à la suite desquels une « loi » sera pondue par des députés totalement ignorants des tenants et aboutissants de la question mais qui doivent justifier leur émoluments pharaoniques par la multiplicité des lois dont ils accouchent à longueur de législature.

Ma deuxième remarque concerne le souci qu’exprime Axel Kahn de l’aspect mercantile des tests ADN de détection de la trisomie 21. Ça a l’air de le choquer, comme si tout devait être gratuit ! Je le cite : « Nous vivons dans une société de libéralisation totale des biens et des techniques. Donc à partir du moment où il y a une pulsion, il y a une demande, et si une possibilité technique existe, il y aura un marché ». Je ne vois pas comment, même si la comparaison est éloignée, on aurait pu empêcher Henry Ford de vendre ses modèles T. Ford a créé un besoin et ses voitures se sont vendues comme des petits pains. Les tests de dépistage d’anomalies génétiques, dès lors que leur prix est abordable, doivent être naturellement à la portée de toutes les femmes et les IVGs conséquentes également, il s’agit non seulement d’un confort familial mais également un atout pour la société car les trisomiques représentent un réel fardeau pour l’assurance maladie compte tenu de leur susceptibilité à toutes sortes de pathologies. Alex Kahn souligne d’ailleurs ce dernier point …

En conclusion de ce commentaire, Kahn cultive savamment l’ambiguité, tout généticien et éthicien qu’il est, sans prendre trop de risques dans sa prise de position. J’avoue personnellement que j’ai été surpris par son attitude. On comprend dès lors que le comité d’éthique puisse prendre des décisions aussi extravagantes que l’interdiction des OGMs parce que les semences enrichissent telle ou telle société américaine alors qu’aucun argument « non éthique » ne vient étayer ces décisions ou que le même comité affiche sa frilosité au sujet de l’utilisation de cellules souches pour certaines thérapies et quand je dis frilosité je pèse mes mots. Si le but des comités d’éthique est de tout régenter et de tout légiférer, alors oui on se trouvera dans un Etat totalitaire proscrivant toute espèce d’initiative personnelle. Triste avenir que semble proner Axel Kahn !

Illustration Wikipedia, source :

http://www.letemps.ch/Page/Uuid/7be7bafe-7ef1-11e4-9a92-1e037d8e04b7/Vers_une_politique_publique_eug%C3%A9nique

L’Inde préfigure l’ère post-antibiotiques

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En 2013 58000 nouveaux-nés sont morts dans les hôpitaux indiens d’infections intraitables par tous les antibiotiques connus y compris les molécules de « dernier ressort » comme les carbapenems. On ne peut qu’à moitié se rassurer quand on sait que près de 800000 nouveaux-nés meurent pour diverses raisons dans ce pays. Mais ces morts par infections bactériennes contrecarrent les efforts constants pour diminuer ce nombre de décès de la part du corps médical indien qui n’est pas et de loin le moins expérimenté dans le monde. Ce phénomène est nouveau, il n’existait pas il y a encore 5 ans et près de la totalité des enfants nouveaux-nés en consultation car gravement malades sont porteurs de germes bactériens multi-résistants. Ces bactéries sont le plus souvent transmises par la mère qui méconnait les risques auxquels elle expose son enfant mais aussi l’eau souvent dangereusement polluée, les animaux variés et les poussières provenant des allées des bidon-villes qui sont construits à même les flancs des décharges innommables d’ordures ménagères et industrielles. En Inde, à la périphérie des grandes villes « occidentalisées » des millions de gens vivent en exploitant les ordures et en y vivant à proximité. Autant dire qu’il n’est pas difficile de comprendre que des germes hautement pathogènes apparaissent dans des environnements où l’eau potable, les toilettes et l’hygiène basique, personne ne sait ce que c’est ! Les adultes sont plus ou moins immunisés ce qui n’est pas du tout le cas des nouveaux-nés qui passent à la trappe à peine venus au monde.

L’autre aspect de la situation qu’on peut qualifier de pathétique en Inde est le penchant inconsidéré des médecins à prescrire des antibiotiques pour tout et n’importe quoi, y compris pour une diarrhée qui le plus souvent (dans plus de 70 % des cas) est d’origine virale. Cette situation alarmante est aggravée par la disponibilité de toutes sortes de remèdes dans n’importe quelle boutique au coin de la rue y compris des antibiotiques qui viennent de sortir ! En effet l’Inde n’a jamais ratifié les accords internationaux relatifs à la protection industrielle et la production d’antibiotiques est un business répandu au point qu’on trouve n’importe quelle molécule active partout, sans contrôle et surtout sans que l’on soit obligé d’être muni d’une prescription pour acquérir l’antibiotique censé traiter un symptôme qui justement ne nécessite pas d’antibiotique.Cette situation assez paradoxale pour un immense pays globalement en voie de développement en dehors des grands centres industriels et commerciaux comme Mumbai, New-Delhi ou Bangalore fait que l’usage d’antibiotiques est totalement hors de contrôle. Les infections bactériennes sont devenues un phénomène rampant et les docteurs, s’il y en a, ont baissé les bras et prescrivent des antibiotiques les yeux fermés. Un exemple parmi d’autres illustre parfaitement cet état de fait alarmant. Près de 70 % des adultes consultant pour une diarrhée persistante se voient prescrire des antibiotiques et pour ce même symptôme plus de la moitié des enfants repartent avec une ordonnance comportant un antibiotique alors que les médecins ne sont pas sans ignorer que plus des trois quarts des diarrhées sont d’origine virale :

( http://www.thelancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736(04)15599-2/fulltext ) !

Parler de l’Inde semble anecdotique mais la situation est tout aussi alarmante dans les pays dits « développés » avec de surcroit l’utilisation quasiment quotidienne d’antibiotiques variés dans les élevages de porcs, de bovins, de poulets et même de poissons. L’élevage constitue un réservoir de bactéries résistantes à tous les antibiotiques connus et celles-ci sont parfaitement transmissibles à l’homme. Cette situation ne fait qu’empirer quand on sait que la consommation d’antibiotiques est en constante augmentation aussi bien dans les pays d’Europe qu’aux USA ou encore dans les « BRICS » avec des taux d’augmentation de cette consommation de l’ordre de 3,5 % par an ! Vraiment de quoi s’alarmer car il n’existe plus aucune arme efficace pour combattre le fléau des infections bactériennes. En quelque sorte on a tout simplement régressé de cent ans et les mouvements colportant des idées totalement fausses au sujet de la vaccination qui serait parait-il dangereuse ne font que contribuer insidieusement à cette situation terrifiante. La désaffection de facto pour la vaccination contre la tuberculose a tout simplement favorisé l’apparition de souches du bacille de Koch résistantes à tous les antibiotiques connus et aucun pays n’est à l’abri d’une recrudescence de cette maladie en dehors de ceux où le BCG est obligatoire pour des raisons faciles à comprendre de santé publique, sans parler d’autres affections comme la blennorragie – 100 millions de nouveaux cas par an dans le monde – alors qu’on ne sait plus traiter cette maladie hautement transmissible, la bactérie responsable ayant acquis la résistance à tous les antibiotiques connus. On est entré dans un scénario apocalyptique et ce n’est que le triste début …

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Source : The Times, illustration : décharge d’ordure Dharavi à Mumbai (Getty Images) et Bacille de Koch (CDC)