Les crèmes à la caféine pour résorber la cellulite ? Un gros canular !

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Il existe pour maigrir des crèmes et autres onguents contenant de la caféine. Ces produits, vendus parfois une petite fortune en parapharmacie à des femmes crédules soucieuses de conserver une ligne svelte, sont tout simplement une pompe à fric organisée par les cosméticiens qui font d’ailleurs preuve d’une imagination étonnamment fertile dans le domaine de la beauté féminine leur permettant de réaliser des plus-values extravagantes. Surtout quand il s’agit de la caféine comme on va le voir. La caféine appliquée sur la peau aurait, je dis bien « aurait », un effet sur les tissus adipeux sous-jacents et favoriserait leur régression. Certes la caféine est une petite molécule qui peut parfaitement pénétrer dans le derme et ainsi se répandre éventuellement dans les tissus adipeux mais de là à affirmer qu’elle favorise la résorption des dits tissus est tout simplement un non-sens scientifique. Et je me permets ici de franchir un pas en clamant que les cosméticiens sont tous des escrocs sans exception.

En effet, un très récent travail réalisé à l’Université de Bonn en Allemagne vient infirmer cette hypothèse totalement farfelue de l’effet de la caféine sur les poignées d’amour et autres accumulations indésirables de corps gras. Pour bien comprendre la suite il faut faire un petit rappel sur le rôle physiologique de la caféine. C’est fondamentalement un antagoniste d’un modulateur métabolique très important pour l’organisme appelé adénosine :

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L’adénosine est la forme non phosphatée de l’ATP, le fournisseur d’énergie produit par les mitochondries, ces petits organites subcellulaires essentiels à la vie cellulaire. L’adénosine n’est pas un produit de dégradation mais circule partout et présente des effets essentiels dans l’ensemble de l’organisme y compris au niveau du cerveau, du cœur et … des tissus adipeux. Et c’est sur ce dernier point qu’a travaillé l’équipe de biologistes dirigée par le Docteur Alexander Pfeifer. Sans entrer dans des détail fastidieux l’adénosine circulant se fixe sur un récepteur spécifique, le récepteur A2A, qui stimule très fortement la consommation de graisses dans les tissus adipeux aussi bien dans les adipocytes bruns que dans une bien moindre mesure dans leur contre-partie « blanche » moins riches en mitochondries. Or la caféine est un puissant antagoniste de l’adénosine et pas seulement au niveau du récepteur A2A comme on va le voir. Le rôle des tissus adipeux est de constituer une réserve considérable en énergie car les adipocytes brûlent carrément les graisses stockées pour produire un peu d’ATP à la demande mais surtout de la chaleur pour maintenir la température du corps. Tout est lié car l’adénosine stimule donc cette production d’énergie et de chaleur mais présente également des propriétés diverses sur le rythme cardiaque et la vasodilatation, donc un rôle important dans le maintien aux alentours de 37 degrés de la température corporelle optimale pour les fonctions physiologiques. La différence entre les tissus adipeux brun et blanc est la quasi absence de récepteur A2A dans ce dernier et l’effet de l’adénosine y est environ 1000 fois moins marqué. Le tissu adipeux blanc possède aussi un récepteur de l’adénosine (A1A) dont la caféine est également un antagoniste mais l’abondance de ce récepteur est très inférieure à sa contre-partie A2A du tissu adipeux brun et la population de mitochondries susceptibles de brûler les graisses y est également beaucoup moins élevée. Cependant les travaux dirigés par le Docteur Pfeifer ont montré sans ambiguité que l’adénosine avait tout de même un effet sur les adipocytes « blancs ».

Si un traitement de l’obésité avec des stimulants de ces récepteurs de l’adénosine peut être envisagé, il n’en demeure pas moins que de multiples effets secondaires pourraient apparaître en particulier au niveau cardiovasculaire. S’attaquer à la résorption thérapeutique des poignées d’amour n’est donc certainement pas pour demain ni après-demain. Quoiqu’il en soit, ces élégants travaux montrent sans ambiguité que l’adénosine joue un rôle central dans l’activité des adipocytes bruns et qu’il est dès lors tout à fait hors de question que la caféine puisse avoir un effet bénéfique sur l’embonpoint localisé dans certaines parties de l’anatomie féminine, que les cosméticiens en prennent bonne note.

Source : Nature, DOI: 10.1038/nature13816. Je tiens à la disposition de mes lecteurs curieux cet article aimablement communiqué par le Dr Pfeifer qui est ici chaleureusement remercié. Illustration : tissu adipeux brun (Dr Pfeifer).

La cyber-médecine c’est pour très bientôt

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Puisqu’il faut des mois pour obtenir un rendez-vous avec un ophtalmologue, en France comme ici en Espagne et ailleurs, la parade a été trouvée … Plus besoin d’attendre un rendez-vous qui ne viendra pas, il suffit d’adapter à un iPhone un appareil qui peut faire le cliché d’un fond d’oeil sans utiliser d’atropine et de l’envoyer par mail à son ophtalmologue qui répondra par mail, s’il a le temps naturellement, et pourra prescrire également par mail quelles dispositions prendre … Aussi simple que cela. Ce produit commercialisé par la société Welch Allyn comprend également un logiciel d’analyse qui peut diagnostiquer une pathologie sérieuse en quelques secondes, que ce soit une rétinopathie ou par exemple une hypertension due à un diabète insoupçonné.

Il y a beaucoup à parier que dans peu de mois on ira dans n’importe quelle pharmacie louer pour quelques euros l’accessoire en question et procéder soi-même à un examen rétinien en quelques secondes comme on paie un euro pour prendre sa tension ou deux euros pour évaluer son indice pondéral corporel. Mais ce genre de service se trouvera dans quelques années dans n’importe quel supermarché parce que les pharmacies auront disparu (voir infra) …

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Il s’agit du début de l’utilisation des smartphones dans le domaine de la santé et les applications sont multiples. Sous peu, on mettra dans la poche gauche de sa chemise une carte genre carte de crédit qui procédera à un électrocardiogramme détaillé envoyé par wi-fi à un smartphone lequel analysera le résultat et donnera la marche à suivre : aller d’urgence consulter un cardiologue, préparer son testament ou rester calme et continuer à vivre normalement.

Durant la décennie qui vient notre corps sera connecté au même titre que notre maison, notre voiture et toutes sortes d’instruments domestiques et professionnels. Il suffira d’avaler une gélule spéciale (récupérable) qui traversera la totalité de notre tube digestif pour fournir en temps réel notre état de santé. Une puce insérée sous l’épiderme permettra de réaliser des analyses complexes d’une centaine de paramètres également en temps réel et n’importe quel smartphone déclenchera une alarme au cas où il y ait un problème grave. Comme notre génome complet sera disponible pour quelques centaines d’euros sur un site « cloud », une application disponible sur n’importe quel smartphone aura accès à cette donnée personnalisée et après une brève analyse, payante naturellement, le verdict sera lisible sur l’écran préconisant la marche à suivre indépendamment de n’importe quel diagnostic réalisé par un praticien. Ce sera la cyber-médecine pour le prix d’une simple communication téléphonique avec quelques extras s’il faut procéder à des analyses complexes. On peut imaginer que le même smartphone se connectera à une borne de distribution des médicaments requis pour soigner une pathologie particulière. Il n’y aura même plus besoin de pharmacien, cette réminiscence des alchimistes du XVe siècle qui sera devenue totalement obsolète en quelques années. Le ciblage du médicament le mieux adapté sera effectué en quelques secondes avec un smartphone en tenant compte de plusieurs centaines de paramètres ainsi que du statut génétique de l’utilisateur. En chirurgie, seules les interventions complexes seront encore réalisées manuellement car toutes les opérations bénignes seront largement robotisées, de l’ablation de l’appendice à la cataracte, d’une hystérectomie à la pose d’une prothèse de hanche.

À n’en pas douter les smartphones vont révolutionner notre rapport avec la santé et le devenir du corps médical pour qui il serait urgent d’envisager une adaptation à toutes les nouvelles technologies qui ne vont que se multiplier exponentiellement. La santé représente en effet un fardeau insoutenable pour la société et tous les moyens seront rapidement acceptés et mis en place afin d’en réduire le poids économique et financier et le smartphone en est un outil promis à un immense avenir. En conclusion et pour ne citer qu’un exemple parmi beaucoup d’autres, on peut imaginer une analyseur d’haleine permettant de situer instantanément les états de santé aux niveaux digestif, hépatique, buccal et dentaire … que de surprises en perspective ! Restez connecté.

Billet de libre inspiration après connexion au site ci-après :

http://www.welchallyn.com/en/microsites/iexaminer.html

Obésité : estradiol, cerveau et acide palmitique, un curieux mélange …

 

Bien que l’obésité affecte aussi bien les hommes que les femmes parmi les quelques deux milliards de personnes en surpoids dont un demi-milliard d’obèses pathologiques sur la planète (alors que deux autres milliards de personnes ne mangent pas à leur faim tous les jours) on s’est rendu compte que les femmes obèses ou en surpoids supportaient mieux leur embonpoint que les hommes en termes d’effets secondaires comme la résistance à l’insuline (diabète de type 2) ou les maladies cardiovasculaires. Cette différence qui va à l’encontre de la théorie du genre s’estompe après la ménopause, ouf ! La théorie du genre est respectée in extremis : les femmes ménopausées sont tout aussi sensible que les hommes aux effets dévastateurs du surpoids sur la santé.

Cette observation a conduit un groupe de biologistes du Cedar-Sinai Institute de Los Angeles à se pencher sur les possibles causes de cette différence entre hommes et femmes en utilisant des souris. Les médecins déconseillent fortement aux hommes en surpoids souffrant de diabète et présentant des risques au niveau cardiovasculaire d’abuser de plats trop riches en sucres et en graisses alors qu’ils considèrent que les femmes également en surpoids peuvent s’offrir de temps en temps un hamburger bien dégoulinant de gras, bien salé et humecté de sirop de maïs. Énoncé autrement il y a là une évidente discrimination entre hommes et femmes en termes de conseils nutritionnels. Or comme cette violation évidente de la théorie du genre disparaît lorsque la femme est ménopausée, il y avait une direction de recherche toute trouvée : la modification du statut hormonal chez la femme au cours de la ménopause.

Durant cette période, les ovaires s’endorment progressivement car ils ne sont plus stimulés par l’hypophyse et non seulement il n’y a plus d’ovulation mais également la synthèse ovarienne d’estradiol chute progressivement pour atteindre un niveau basal correspondant à la faible production de cette hormone par les vaisseaux sanguins et quelques autres organes dont en particulier les tissus adipeux atteignant finalement la production d’estradiol de l’homme, pardon, du mâle. Mais tout se passe initialement dans le cerveau, en particulier au niveau de l’hypothalamus. Or on sait que la composition en acides gras du cerveau diffère légèrement entre hommes et femmes, disons désormais entre mâles et femelles puisque les travaux relatés ici ont été réalisés avec des souris.

Si on manipule génétiquement un mâle (de souris) pour qu’il atteigne une composition en acides gras cérébraux identique à celle de la femelle, quand on le gave d’aliments riches en graisses il ne présente plus les symptômes secondaires caractéristiques de l’obésité comme un diabète de type 2 ou des troubles cardiovasculaires alors qu’il devient tout aussi obèse. Cette différence en acides gras, en particulier en acide palmitique, favorise l’apparition de phénomènes inflammatoires qui vont perturber l’expression des récepteurs de l’estradiol dans le sens d’une diminution entrainant une propagation de l’inflammation non seulement à l’hypothalamus mais aussi à plusieurs régions du cerveau et également dans le tissu adipeux. Les mâles sont, en raison de cette composition en acides gras de leur cerveau, beaucoup plus sensibles aux effets délétères d’une nourriture riche en graisses. L’estradiol est connu pour ses propriétés anti-inflammatoires et sa relative protection aux problèmes cardiovasculaires, la relation était donc assez assez bien établie entre cet estradiol et une certaine protection dont bénéficient les femelles grâce aux doses massives de cette hormone d’origine ovarienne.

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Pour mieux comprendre le rôle de l’estradiol dans cette histoire il faut préciser que le récepteur de l’hormone (ER-alpha) commande une multitude de facteurs d’activation (PGC1-alpha) de transcription et au final l’amplification, si on peut dire les choses ainsi, d’une série de voies métaboliques. Il semble donc que l’estradiol protège la femelle des effets secondaires de l’obésité et du surpoids induits par une nourriture trop riche en graisses (HFD, high fat diet) en diminuant la propriété inflammatoire de l’acide palmitique au niveau de l’hypothalamus. Enfin, à la vue de ces résultats disponibles en ligne (voir le DOI) il n’y a aussi qu’un petit pas à franchir pour déclarer que l’acide palmitique est nocif pour l’organisme et accuser l’huile de palme de méfaits sur la santé serait un peu un raccourci car on trouve aussi le même acide gras dans le beurre, le fromage et le lait. Il est vrai que l’huile de palme contient 44 % d’acide palmitique mais ce billet n’avait pas pour objectif d’alimenter la controverse sur l’huile de palme …

Source : Cell Reports en accès libre DOI: 10.1016/j.celrep.2014.09.025

Les ongles incarnés ? C’est du ressort des mathématiques !

Que mes lecteurs soient pour une fois indulgents car il m’arrive souvent de les ennuyer avec des billets un peu difficiles à digérer surtout quand il s’agit de processus biologiques complexes qui le sont aussi pour moi.

Bref, je suis tombé par hasard sur une étude réalisée à la faculté de médecine vétérinaire de l’Université de Nottingham qui comme chacun sait se trouve au Royaume-Uni. C’est fou comme les scientifiques sont créatifs surtout quand ils se grattent le sommet du crâne pour trouver des sujets de recherche ou plutôt quand ils se tripotent les doigts de pied parce que l’inspiration n’est pas au rendez-vous. Jugez par vous même quand il s’agit d’expliquer pourquoi l’ongle du gros orteil a tendance à s’incarner.

Ce n’est pas du tout parce qu’on se coupe mal les ongles mais tout simplement à cause de « l’équation de l’ongle incarné » et je n’invente rien, la voici :

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Vous pouvez aller consulter l’article en question, il est disponible en ligne ( doi:10.1088/1478-3975/11/6/066004 ). Un ongle suit des lois physiques complexes dont voici un aperçu :

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Maintenant quand vous vous coupez les ongles des orteils, faites attention, il faut respecter ces équations mathématiques admirables. Au mieux faites en sorte de ne pas y penser et ignorez-les vous aurez moins de risques de vous couper un morceau de chair …

Comme quoi un mathématicien égaré chez un podologue peut aussi prendre son pied !

L’invraisemblable croisière du Carnival Magic

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Décidément la fièvre hémorragique Ebola n’en finit pas d’agiter les médias et pour cause, il vaut mieux faire peur, c’est toujours payant ! Ce bateau de croisière, sorte d’hôtel flottant transportant jusqu’à 4000 figues sèches, je veux parler des clients de ce genre d’excursion en mer, se devait de « faire visiter » aux dites figues sèches quelques îles paradisiaques de la Caraïbe et quelques lieux offrant éventuellement des sites archéologiques à découvrir en moins d’une heure, les contraintes horaires aidant. Or il s’est trouvé par un hasard qui a alimenté l’avidité des journalistes et autres gogos qu’avait embarqué sur ce bateau la directrice du laboratoire d’analyse de l’hôpital texan où fut soigné le ressortissant libérien qui mourut de la fièvre Ebola il y a quelques jours. Par un malheureux autre hasard cette femme avait effectué (ou supervisé, on n’en sait rien) des analyses sur les fluides du malade en question. Autant dire que quand le CDC a divulgué l’information, le bateau a été condamné à faire des ronds dans l’eau en attendant que la personne en question, en quarantaine comme son époux et son enfant dans des cabines calfeutrées, développe éventuellement des signes fébriles. C’est vraiment du grand n’importe quoi !

Quiconque est allé musarder dans un laboratoire d’analyse hospitalier aura pu constater que toutes les précautions élémentaires sont prises par le personnel pour se prémunir contre une quelconque contamination par n’importe quel agent pathogène, que ce soit un virus ou une bactérie. La psychose est organisée par les sphères gouvernementales américaines pour faire diversion auprès du public car il y a bien d’autres sujets hautement préoccupants qu’il faut oublier !

Toujours est-il que plus de 5000 personnes sont en quasi quarantaine au milieu du Golfe du Mexique et aucune escale prévue n’a pu être effectuée. Le navire va revenir tranquillement à Galveston, son port d’attache où il sera probablement soumis à une désinfection des cales aux superstructures, on ne sait jamais.

Autre nouvelle hautement médiatisée localement, l’infirmier (ou infirmière ? J’avoue n’avoir pas trop suivi cette histoire) hospitalisé sous haute précaution à l’hôpital Candelaria de Santa Cruz de Tenerife souffrait tout simplement d’une crise de paludisme qu’il (elle) avait contracté en Sierra-Leone. C’est bien connu, ce pays n’est pas exempt de paludisme mais les médecins avaient semble-t-il oublié qu’il en était ainsi.

Pour rappel :

Ebola en Afrique de l’Ouest : 5500 morts en 7 mois soit 26 par jour.

Paludisme dans le monde : 2000 morts par jour.

Feux ouverts des cuisines dans les cases : 20000 morts par jour.

On marche sur la tête et c’est proprement scandaleux. Ce ne sont ni la Sierra-Leone, ni le Liberia, ni la Guinée Conakry qui importent, ce sont au contraire les quelques cas importés dans les pays occidentaux et aussi et surtout l’évolution du cours du cacao au cas où cette fièvre venait atteindre la Côte-d’Ivoire …

Statistiques : OMS

Billet de mauvaise humeur politique

L’omerta des médias occidentaux et français en particulier est affligeante et écoeurante.

Quand Obama a pris la parole à la tribune des Nations-Unies, il a nommé trois menaces pour le monde actuellement préoccupantes, dans l’ordre, Ebola, La Russie et en troisième lieu l’Etat Islamique. Mon opinion à propos d’Obama est en dessous du niveau du ras des pâquerettes mais lancer une telle diatribe à l’Assemblée Générale des Nations-Unies relève, selon Medvedev devant les caméras de la chaine américaine CNBC, d’un dérangement mental et je suis tout à fait d’accord avec lui.

Curieusement aucun média français n’a relevé l’incroyable assertion de ce président finalement incompétent, corrompu et imbu de lui-même, manipulé par les néocons sans même qu’il s’en rende vraiment compte.

C’est quand que l’Europe se désolidarise des USA ? Ça commence à devenir dangereux … Mais les médias à la botte du pouvoir, tant en Allemagne qu’en France, je ne parle même pas de la Grande-Bretagne, n’en diront pas un mot.

Pendant ce temps-là Thevenoud est toujours député ! Mais les médias français n’en parlent plus …

La peur ancestrale du rat est bien justifiée !

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On a coutume de dire qu’à Paris, Londres, Bangkok ou New-York … il y a autant de rats que d’habitants et c’est la vérité. Certes les puces des rats ne nous sautent plus dessus pour nous transmettre la peste mais tous ces rats représentent un réel risque sanitaire mal connu du grand public car les médias s’abstiennent de parler de sujets qui dérangent, le climat, la transition énergétique ou l’effondrement du prix du pétrole sont plus payants en terme d’audimat ou de lecteurs assidus. Parler des rats, vous n’y pensez pas ! Et pourtant partout où il y a des hommes il y a des rats et dans certains pays le rat est même un mets de choix. Séjournant au Cameroun il y a quelques années, j’ai réussi après un gros effort mental à manger un morceau de viande de rat de brousse à peine plus gros que la dernière phalange de mon petit doigt, un pays où la chair de cet animal est considérée comme excellente. Mais les rats vivant partout dans les grandes villes sont plutôt repoussants. Des biologistes de l’Université Columbia à New-York ont voulu en savoir plus sur les microorganismes pathogènes que véhiculent les rats de la ville de New-York et ils n’ont pas été déçus, loin de là !

C’est un véritable cauchemar qu’ont découvert ces limiers de la microbiologie avec les moyens modernes d’investigation au niveau de l’ADN que la police utilise de plus en plus pour retrouver d’horribles violeurs de petites filles des années après leur forfait. Pour ces rats new-yorkais il y a vraiment de quoi avoir peur parce qu’ils sont tous porteurs de virus vraiment bizarres transmissibles à l’homme et encore inconnus avant cette étude auxquels il a fallu donner des noms parfois poétiques : Flavivirus, Pestivirus, Pegivirus, Salepovirus Parechovirus ou Hepacivirus dont certains sont retrouvés aussi chez les chauve-souris, l’un des principaux vecteurs soupçonnés du virus de la fièvre d’Ebola. Pire encore, sur les 133 rats capturés et étudiés, 8 d’entre eux étaient porteurs du redoutable Hantavirus dit de Seoul découvert durant la guerre de Corée et qui provoque une fièvre hémorragique aussi mortelle qu’Ebola avec une attaque des reins et des poumons le plus souvent fatale. Pas vraiment de quoi être rassuré. Tous ces nouveaux virus sont potentiellement mortels pour l’homme, c’est bien connu le rat est un commensal de l’homme depuis la nuit des temps et ce n’est pas surprenant puisque le rat est le seul animal avec l’homme à s’entretuer sans raison apparente, « qui se ressemble s’assemble » comme on dit dans les chaumières.

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Donc, les Londoniens, les Parisiens et bien d’autres citadins vivent en étroit contact avec des réservoirs indicibles de ces animaux nous côtoyant insidieusement et porteurs de toute une panoplie de virus mortels. Pour les bactéries, le tableau est tout aussi sombre puisque les rats charrient des salmonelles, des Clostridium, y compris la bactérie responsable de la peste, mais oui c’est vrai, et bien d’autres bactéries toutes dangereuses pour l’homme avec des conséquences sur la santé dont aucun promeneur avec son chien n’a la moindre notion. Si vous promenez votre chien dans les rues de Paris, de Berlin, Londres, Singapour, Shanghai, Sydney ou Tokyo vous êtes tout simplement en danger de mort ! En effet, tous les virus et autres bactéries qu’hébergent ces rats peuvent être transmis à l’homme par l’intermédiaire de leur animal de compagnie préféré, leur teckel ou leur cocker chéris qui hument les défécations ou encore mieux l’urine des rats et deviennent la meilleure courroie de transmission de ces maladies pour la plupart encore inconnues et contre lesquelles il n’existe aucune parade. Par exemple il y a de bonnes raisons de penser que de nombreuses personnes souffrant de l’hépatite non A non B ont contracté le virus par l’intermédiaire de leur animal de compagnie favori, en l’occurrence leur chien, qui a reniflé les crottes d’un rat porteur (sain) du virus. Trois pour cent de la population est porteuse du virus de l’hépatite C et un cinquième de ces personnes en mourra dans les 20 années qui suivront leur premier contact avec le virus. Le rat new-yorkais a l’air d’affectionner plus particulièrement ce type de virus puisqu’à l’issue de cette étude il est sérieusement envisagé de l’utiliser comme animal de laboratoire pour étudier justement ce dernier agent pathogène pour lequel il n’existe pas d’animal modèle, les résultats avec les chimpanzés comme animaux modèles s’étant avérés décevants. C’est à peu près le seul point positif de cette étude, tous les autres résultats font carrément peur !

Source : mBio ( doi:10.1128/mBio.01933-14. ) en accès libre et Columbia University Mailman School of Public Health news. Illustration : arbre phylogénétique de quelques virus trouvés chez les rats new-yorkais.

Les probiotiques : un net bénéfice pour la santé ? Oui, mais …

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La FAO et l’OMS ont défini les probiotiques, par opposition aux antibiotiques, comme des microorganismes vivants qui sont bénéfiques pour la santé quand ils sont ingérés en quantité raisonnable. Les probiotiques les plus connus du grand public sont les lactobacilles dont la promotion est incessante en termes d’effets sur la santé. La Communauté Européenne n’a pourtant pas approuvé la classification de la FAO qui date de 2002 car il n’existe pas suffisamment d’évidences scientifiques concernant les effets bénéfiques des probiotiques sur la santé en général et intestinale en particulier. Après tout, est-ce que les consommateurs de yaourts se portent mieux que les autres ? Une question qui fait débat mais à laquelle les grandes sociétés impliquées dans l’agro-alimentaire comme Danone, Nestlé ou encore Yakult, pour ne citer que les trois qui me viennent à l’esprit, se sont bien gardé d’apporter des éléments de réponse scientifiquement prouvés. Si j’ai cité Yakult, une société japonaise qui commercialise un lait fermenté en petites bouteilles et dont Danone détient 20 % du capital c’est tout simplement parce que cette société existe depuis les années 1930 et qu’elle fut pionnière dans le domaine des probiotiques en commercialisant dès 1935 le lait fermenté par le Lactobacille, souche Shirota. Mais le concept de probiotique valut à son inventeur le prix Nobel. En effet c’est Élie Metchnikoff qui émit cette idée en 1907 alors qu’il travaillait à l’Institut Pasteur de Paris après avoir constaté que les habitants des steppes russes vivaient très vieux car ils buvaient du lait fermenté. Metchnikoff isola d’ailleurs le Lactobacillus bulgaricus mais il s’avéra que cette bactérie ne pouvait pas survivre dans l’intestin contrairement à sa cousine le Lactobacillus acidophilus qui se révéla bénéfique pour la constipation, mais sans plus …

Les probiotiques lactés étaient donc en usage bien avant qu’on en fit la promotion commerciale et ils acquirent leur lettre de noblesse par un savant marketing indépendamment de toute preuve scientifique ! Ce n’est que tout récemment qu’on commence à se faire une toute petite idée des bienfaits réels des lactobacilles à la suite de travaux réalisés au Japon à l’Institut du Bétail de Tsukuba dans la préfecture d’Ibaraki. Dans une étude en double aveugle pour évaluer les effets du lait fermenté sur la santé en général, un Lactococcus lactis H61 largement utilisé au Japon dans la production de lait fermenté fut utilisé et comparé aux effets du Lactobacille bulgaricus (Lactobacillus delbrueckii bulgaricus de son vrai nom) additionné de Streptocoque thermophylus (yaourt normal) ingérés à population égale, c’est-à-dire 10 milliards de bactéries par jour pendant un mois. En début et fin de test des analyses sanguines ont été effectuées et des mesures de l’hydratation, de la teneur en mélanine, de la souplesse et de la richesse en sébum de la peau ont été également effectuées en début et fin du test. Vingt-trois étudiantes en bonne santé et pratiquant toutes un sport furent enrôlées pour ce test. Le seul paramètre qui fut significativement différent entre la souche H61 et le bulgaricus après un mois de test s’est trouvé être l’abondance en sébum au niveau des joues, sécrétion naturelle qui confère une certaine souplesse à la peau. C’est à peu près tout car le nombre de sujets ayant participé au test n’a pas permis d’affirmer une quelconque modification des paramètres sanguins convaincante.

On se trouve, malgré cette étude détaillée, qui n’a pas été financée par Yakult faut-il le rappeler, dans la quasi incapacité de promouvoir l’une ou l’autre des souches de lactobacilles utilisées dans l’industrie laitière. Est-il d’ailleurs vraiment bénéfique d’utiliser des bactéries hyper-sélectionnées, aucune raison claire ne peut être invoquée. Les bifidus, bulgaricus, Shirota et autres H61 sont donc de purs arguments de marketing. Il reste néanmoins vrai que ces produits ne nuisent en rien à la santé. Bon appétit !

http://www.yakult.co.jp/english/company/profile.html

http://www.journalofdairyscience.org/article/S0022-0302(14)00490-1/fulltext ( DOI: http://dx.doi.org/10.3168/jds.2014-7980) en libre accès.

 

Nouvelles locales du jour (Tenerife) : Ebola

Un cas d’Ebola à Tenerife : Un ressortissant espagnol en provenance de Sierra-Leone a été hospitalisé en urgence et en isolement total dans l’un des hôpitaux publics de Santa Cruz de `Tenerife souffrant de fortes fièvres. Deux autres personnes ont été placées en observation et isolées.

Les hispanophones peuvent aller sur ce site :

http://eldia.es/sociedad/2014-10-16/13-Sanidad-canaria-ve-alto-riesgo-caso-Tenerife-ingresa-dos-personas.htm

 

 

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Une origine intestinale (et virale ?) de la maladie de Parkinson ?

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Il ne s’agit que d’un modèle expérimental mais c’est aussi surprenant qu’effrayant d’apprendre que la maladie de Parkinson puisse avoir une origine intestinale induite éventuellement par un virus. Heiko Braak, un physio-pathologiste allemand depuis longtemps impliqué dans l’étude du cerveau humain, a établi notamment une classification des différentes formes évolutives de la maladie d’Alzheimer et il a également proposé une classification des divers stades de la maladie de Parkinson. Récemment (2007) ce même Braak a avancé une hypothèse audacieuse pour expliquer l’origine de ces maladies neuro-dégénératives sus-nommées. Pour Braak, le cerveau est envahi via les nerfs olfactifs et le nerf vague (nerf cranial X), dont les fibres parasympathiques innervent l’intestin, par des métabolites et éventuellement des virus. D’après Braak, les sécrétions nasales avalées arrivent aussi jusqu’à l’intestin et les deux voies d’invasion du cerveau doivent être considérées de concert, que ce soient le nerf cranial X ou les nerfs olfactifs (voir le lien sur ce blog). Ses observations ont montré que dans le cas de la maladie de Parkinson, le centre olfactif du cerveau et les régions du bulbe rachidien commandant les centres moteurs étaient le plus souvent les première régions affectées.

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Toujours selon Braak ces maladies neuro-dégénératives seraient dues à un virus lent ou encore à l’arrivée via ces nerfs d’une forme anormale d’une protéine, dans le cas des fibres nerveuses parasympathiques, appelée alpha-synucléine très abondante dans les mitochondries des neurones qui perturberait progressivement les dits neurones. Toutes les hypothèses doivent être examinées comme ce fut le cas pour la maladie de la vache folle (Creutzfeldt-Jakob) avec le prion alors qu’on était très loin d’imaginer qu’une protéine mal repliée puisse avoir un effet pathogène.

Pour Braak, l’alpha-synucléine mal conformée, qui constitue un marqueur de la maladie de Parkinson car elle s’accumule dans des inclusions (corps de Lewy, voir l’illustration en début de billet) qui causent la mort des neurones, pourrait acquérir cette mauvaise conformation en raison de la présence éventuelle d’un virus présent dans l’intestin. Soit le virus lui-même soit cette protéine mal conformée remonteraient par un processus très lent jusqu’au cerveau via le nerf cranial X.

Depuis que cette hypothèse a été formulée au début des années 80 personne n’a été vraiment capable de la confirmer jusqu’à des travaux réalisés à l’Université de Lund qui viennent d’être publiés dans le journal Acta Neuropathologica ( DOI: 10.1007/s00401-014-1343-6 ).

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Cette équipe de neurobiologistes s’est concentrée depuis plusieurs années sur le processus d’envahissement du cerveau par la maladie de Parkinson et elle a montré, ce qui est maintenant acquis, que cette progression est le fait d’un mauvais repliement de l’alpha-synucléine qui « infecte » les neurones de proche en proche à la manière des prions. En utilisant des rats et en injectant dans leur intestin cette protéine sous sa forme « toxique » isolée de cerveaux de malades morts à la suite de la maladie de Parkinson, l’équipe de l’Université de Lund a montré sans ambiguité qu’elle remontait jusqu’au cerveau de proche en proche via les nerfs parasympathiques issus du nerf cranial X pour atteindre les centres moteurs du cerveau (voir l’illustration ci-dessus) en provoquant les symptômes de la maladie dont en particulier les désordres moteurs caractéristiques.

Une direction thérapeutique pourrait donc être d’arriver à stopper l’invasion de cette protéine au cours des communications inter-neuronales. Par contre cette étude ne dit rien de l’hypothèse virale mentionnée par Braak qui pourrait être le point de départ des maladies neuro-dégénératives. Les candidats à l’hypothèse virale tant de la maladie de Parkinson que de la maladie d’Alzheimer sont le cytomégalovirus, apparenté au virus de l’herpès et le virus d’Epstein-Barr également de la même famille. Ces virus sont connus pour « se promener » le long des nerfs. Une direction de recherche avec les modèles utilisés dans le cadre des recherches mentionnées ici serait de tenter de montrer une relation entre ces virus et l’apparition des alpha-synucléines déficientes voire des protéines amyloïdes mal conformées, mais c’est un vaste programme d’investigation. On ne peut donc pas exclure que les maladies de Parkinson et d’Alzheimer puissent être d’origine virale et si tel est le cas, c’est assez effrayant car plus de 70 % de la population est porteuse de l’un et de l’autre de ces virus …

Source : University of Lund Press Releases. Je tiens à la disposition de mes lecteurs l’article mentionné ci-dessus par son DOI. Voir aussi :

https://jacqueshenry.wordpress.com/2014/10/07/si-vous-perdez-lodorat-anosmie-preparez-votre-testament/