Dans le genre malbouffe avec le saumon on ne ne peut pas faire mieux !

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Depuis que je me suis approché en Islande d’un élevage de saumons, je n’ai mangé que très rarement de ce poisson. L’odeur insupportable se dégageant de l’entrepôt de nourriture destinée à ces petites bêtes est restée gravée à jamais dans mes neurones. Il y a quelques jours un ami restaurateur venait de se faire livrer du saumon fumé prédécoupé et emballé sous vide en provenance du Chili. Je lui ai demandé de me découper non pas un morceau de saumon mais l’étiquette qui comme pour toute denrée alimentaire est censée préciser peu ou prou les ingrédients du truc en question. Je traduis pour les non hispanophones dont je fais partie les ingrédients qui ne sont pas du saumon :

sel de table, sucre, essence de graines d’aneth, huile de table, huile essentielle de poivre rouge, E551. Fumé avec des bois nobles. Jusque là rien de très alarmant encore que si on cherche la petite bête, pas le saumon mais ce qu’on a ajouté pour qu’il se conserve, on peut avoir des surprises. D’abord pourquoi ajoute-t-on du sucre, mes recherches se sont révélées infructueuses. Ensuite il n’y a aucune indication quant à la composition de l’huile de table. Il s’agit très probablement d’une huile de composition variée contenant un certain pourcentage d’huile de coton et également très probablement hydrogénée pour éviter tout phénomène de rancissement qui serait préjudiciable au goût recherché du saumon. Pour l’agent anti-agglomérant E 551 dit de « libération » si on traduit l’espagnol, il s’agit de nanoparticules d’oxyde de silicium produites industriellement et largement utilisées dans l’industrie agroalimentaire jusqu’à 15 mg par kilo de toutes sortes de denrées. Ce n’est pas beaucoup mais ce n’est pas très naturel non plus surtout quand on sait qu’une récente étude parue dans le périodique Cell Biology and Toxicology ( doi: 10.1007/s10565-014-9271-8 ) indique clairement que même à faibles doses les nanoparticules d’oxyde de silicium sont toxiques pour les cellules en culture et pas n’importe lesquelles, des fibroblastes humains d’origine pulmonaire foetale bien connus des biologistes, les WI-38. Certes il n’y a pas vraiment de danger pour les poumons quand on mange du saumon mais n’importe quel grincheux peut se préoccuper de l’effet de ces nanoparticules sur les fibroblastes et autres cellules buccales ou de l’oesophage … Reste le boucanage, autrement dit le fumage, avec de la fumée de bois nobles. C’est un procédé de conservation comme un autre qui n’a d’autre raison d’être que de stériliser la viande, les constituants de la fumée étant toxiques pour la plupart des bactéries. Est-ce que les industriels de l’aquaculture se préoccupent des bactéricides, des fongicides et des produits anti-parasites déversés par seaux entiers dans les cages emprisonnant les saumons ? Pas vraiment. Pas vraiment non plus pour ce qui entre dans le conditionnement des filets de saumon car le business est tellement immense que tous les coups tordus sont permis.

Conclusion : cette fois c’est définitif, je ne mangerai plus jamais de saumon !

3 réflexions au sujet de « Dans le genre malbouffe avec le saumon on ne ne peut pas faire mieux ! »

  1. En suivant votre raisonnement, vous ne mangerez donc plus jamais rien qui fut un animal vivant puis mort, c’est bien ça ? Il suffit de s’approcher de n’importe quel lieu d’élevage ou abattage pour être dégoûté à jamais de la viande qui y est traitée. Êtes-vous végétarien ? Ou prônez-vous une consommation réduite de protéine animale ?

  2. Travaillant dans les produits de la mer pour les restaurateurs, votre article me fait doucement rire.
    Plusieurs problèmes se posent, le premier est que votre « ami » restaurateur a tout bonnement acheter le saumon le moins cher du marché, « le bas de gamme du bas gamme » alors comme tout si on préfère l’aspect économique à la qualité et bien le gout et les composants en pâtissent…

    Dans un second temps, quel restaurateur donne l’étiquette des ces produits???
    Tout bon restaurateur sait qu’il doit conserver les étiquettes en cas de problèmes sanitaires ou de contaminations. mais bon passons…

    De trois, de grave problèmes sur les saumons d’aquaculture chiliens ont été détecté en 2013. c’est pas pour rien que 80% de notre consommation de saumon frais et fumé vient de Norvège.

    Et bien évidemment au mauvaise langue qui parle du saumon d’élevage c’est toxique, faites de vrai recherche avant de crier au scandale. Les trois quart des sites font de la désinformation, une vrai recherche s’impose.

    En prenant un exemple, lisez cette article si vous êtes vraiment intéresser de savoir autre chose que le points des vue des écolos.
    http://www.huffingtonpost.fr/jeanfrancois-narbonne/saumon-danger-sante_b_3495809.html

    Cordialement,

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