Allergies alimentaires … peut-être une piste sérieuse

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J’ai déjà écrit dans ce blog à propos des effets néfastes des antibiotiques et des produits sanitaires et hygiéniques communs dans une maison qui perturbent le système immunitaire des enfants et en particulier les antibiotiques administrés dès la première année en ce qui concerne l’apparition d’asthme et d’eczéma chez les enfants (billets des 20 mai et 10 juin de cette année). On commence à se faire une petite idée de ce qui se passe et où ça se passe selon une étude réalisée à l’Université de Chicago sur des souris, certes, mais les résultats obtenus sont parfaitement transposables à l’homme. Cette étude avait pour but de trouver une explication à l’augmentation alarmante des allergies alimentaires chez les enfants puisqu’on estime qu’entre 1997 et 2011 le nombre de cas a augmenté de 10 % par an et près d’un enfant sur 13 souffre d’allergies alimentaires avec comme symptômes des diarrhées, de l’eczéma, des éternuements à répétition et de la fièvre. On sait que l’usage abusif d’antibiotiques est l’une des causes de ces allergies et la relation avec les bactéries intestinales a tout de suite été suspectée, encore fallait-il apporter une explication validant cette hypothèse.

Le Docteur Cathryn Nagler, coordinatrice de cette étude parue dans PNAS ( DOI: 10.1073/pnas.1412008111 ), a comparé des souris élevées stérilement, donc sans flore intestinale, des souris normales et des souris normales traitées à la naissance avec des antibiotiques quant à la susceptibilité aux allergènes contenus dans les cacahuètes en mesurant le taux d’immunoglobulines E (IgE) dans le sang, un bon marqueur des réactions allergiques. Tous les résultats ont indiqué une forte corrélation entre le développement de l’allergie et l’appauvrissement relatif en une population particulière de bactéries intestinales appartenant à la superfamille des Clostridia. En introduisant en effet ces bactéries particulières soit chez les souris élevées stérilement, soit chez les souris traitées avec des antibiotiques, le taux d’immunoglobulines E diminuait rapidement alors que la réintroduction d’une autre famille de bactéries intestinales, les Bacteroides, n’était pas suivie d’effet notoire.

Pour qu’une allergie se développe, il faut que l’allergène puisse traverser la barrière intestinale et se retrouver dans le sang entrainant alors la réaction du système immunitaire. Une analyse génétique détaillée de ce qui se passe au niveau intestinal a montré que les Clostridium et seulement eux induisaient une forte production d’une interleukine particulière (IL-22) qui provoque une réduction de la perméabilité de la paroi intestinale. CQFD ? Pas tout à fait. Une preuve supplémentaire de cette intervention de l’IL-22 a été apportée en injectant des anticorps dirigés contre cette interleukine aux souris élevées stérilement à qui on avait inoculé les Clostridium et chez qui on avait observé une baisse spectaculaire du taux d’IgE. Comme on pouvait s’y attendre, ce taux d’IgE augmentait à nouveau indiquant donc que c’est bien cette interleukine qui est directement concernée dans le développement de l’allergie alimentaire. Les Clostridiums provoquent donc l’augmentation de la production d’IL-22 et diminuent la perméabilité de l’épithélium intestinal et ils ont été identifiés grâce à leur ADN ribosomaux 16S et pour les curieux on peut citer dans le désordre C. colinum, C.propionicum, C.nexile ou encore C.xylanolyticum. Pour l’anecdote, ces bactéries très communes dans l’intestin sont strictement anaérobies et le moindre contact avec l’oxygène leur est fatal. Elles sont aussi largement utilisées dans l’industrie pour de nombreuses productions. Les auteurs de cette étude ne cachent pas leur projet de mise au point d’une supplémentation directe sous forme de gélules pour rétablir une flore intestinale dégradée chez les sujets, en particulier les enfants, présentant des signes d’allergies alimentaires évidents. En effet, il n’existe actuellement aucun traitement satisfaisant pour soigner ces allergies qui se manifestent par des eczémas géants, des troubles respiratoires, des éternuements, de la fièvre et bien d’autres symptômes comme mentionné plus haut. Encore une fois, cette étude met le doigt sur l’usage abusif des antibiotiques et de leur effet destructeur sur la santé en général. Et pourtant les médecins qui semblent avoir perdu toute conscience professionnelle vont continuer à prescrire à tort et à travers des antibiotiques pour justement se donner bonne conscience et ne surtout pas ressentir de problèmes professionnels au cas où la « non-prescription » d’antibiotiques pourrait être considérée le cas échéant comme une faute professionnelle par les « clients ». Et cette attitude inconsidérée constitue un gouffre financier pour les organismes étatiques de protection sociale car non seulement le corps médical est complice mais les grandes compagnies pharmaceutiques sont aussi parties prenantes dans ce désastre sanitaire ! Il ne faut plus rembourser les antibiotiques sauf en cas de force majeure, cela mettra un terme à tous les abus du corps médical nuisibles à la santé de nos enfants …

Source : University of Chicago Medical Center

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