Addendum au billet précédent sur l’activité solaire, mise au point.

Dans ce billet (voir le lien) je me risquais à échafauder des hypothèses sur les effets de marée des deux plus grosses planètes, Jupiter et Saturne, sur le Soleil. Le Soleil ne suit pas une trajectoire rectiligne en première approximation, puisque la trajectoire du Soleil autour du centre galactique est une ellipse, mais il tourne en réalité autour du centre de gravité du système solaire sur son chemin qui, lui, suit justement cette trajectoire :

463px-Solar_system_barycenter.svg

De plus le Soleil tourne sur lui-même en 25 jours et l’axe de rotation n’est pas perpendiculaire à l’écliptique, le plan sur lequel transitent les planètes, et est incliné de 7 degrés environ par rapport à une perpendiculaire élevée sur ce plan. De cette rotation résulte la présence d’une puissante dynamo magnétique à l’origine du champ magnétique solaire qui protège aussi la Terre des radiations d’origine galactique. En effet la vitesse angulaire de rotation de la matière solaire, essentiellement de l’hydrogène, est plus rapide au niveau de l’équateur et entraine des transferts de matière des pôles vers l’équateur. Cette dynamo est donc constituée de deux tores prenant naissance aux pôles et retournant dans la profondeur de la zone convective du Soleil au niveau de l’équateur solaire. Voilà pour la description rapide de ce qui se passe au niveau de notre étoile.

Capture d’écran 2014-08-21 à 16.39.51

Compte tenu de la différence de masse entre le Soleil et même la plus grosse planète, Jupiter, difficile d’imaginer un quelconque effet de celle-ci, y compris associée à Saturne qui s’aligne avec elle tous les 200 ans environ, vues toutes deux du Soleil. C’est pourtant ce qu’ont montré avec un certain brio des géophysiciens du Polytechnikum de Zürich reprenant des résultats des proxys exposés dans le précédent billet de ce blog. L’équipe dirigée par le Docteur José Abreu a réalisé des calculs à partir des éphémérides de la position passée des planètes pour simuler l’effet gravitationnel de ces dernières sur la zone très fine, 4 % seulement du rayon solaire, de transition entre la zone radiative du Soleil et la couche externe, si l’on peut dire les choses ainsi, dite convective c’est-à-dire précisément là où une instabilité mineure peut dérégler la dynamo solaire. Cette zone est appelée tachocline par analogie avec le mot thermocline qui décrit la distribution des températures dans l’océan en fonction de la profondeur, le préfixe tacho se référant ici à la vitesse. La masse solaire est également équilibrée par la gravité, comme d’ailleurs l’atmosphère terrestre, par ce qu’on appelle un gradient adiabatique. Or au niveau du tachocline tout instabilité induite perturbe fortement la dynamo solaire et donc par voie de conséquence affecte le nombre de taches solaires, ces remontées d’énergie vers la surface du Soleil qui modulent l’activité solaire. L’équipe suisse a parfaitement réussi à établir une corrélation indéniable entre l’activité solaire des quelques dix mille dernières années avec le mouvement des planètes, faisant apparaître divers cycles solaires induits par ces planètes, aussi inimaginable que cela puisse paraître a priori. En calculant la somme des vecteurs de moment de force gravitationnelle de toutes les planètes, c’est sur le tachocline, la zone du gradient adiabatique de l’intérieur solaire où celui-ci a de manière incroyable le plus grand effet amplificateur sur les mouvements de convection de matière que cet effet est le plus marqué.

Capture d’écran 2014-08-21 à 17.21.07

Comme les scientifiques (dignes de ce nom) ne croient pas aux coïncidences, tout a été vérifié à plusieurs reprises et l’illustration ci-dessous met en regard les cycles du moment de force gravitationnelle induits par le mouvement des planètes avec des zones bleues sans cohérence et des zones rouges à forte certitude de cohérence. La partie haute de l’illustration est l’activité solaire telle qu’elle a été reconstituée à partir des carottes glaciaires et dendrochronologie (Be-10 et C-14). La partie inférieure est un « filtre » axé sur le cycle d’environ 200 ans dit de « De Vries ». La durée de ces cycles peut être visualisée d’une autre manière peut-être plus parlante :

Capture d’écran 2014-08-21 à 19.00.01

En haut une analyse par transformées de Fourier des harmoniques des cycles d’activité solaire reconstitués par analyse isotopique avec le béryllium-10 de carottes glaciaires (GRIP), le même type d’analyse par dendrologie (carbone-14), le flux solaire tel que reconstitué par les données précédentes et enfin, « torque », la même analyse déduite de la somme de tous les moments de force (torque en anglais) gravitationnelle des planètes dont les mouvements sont disponibles auprès de la NASA et de bien d’autres organismes comme l’Observatoire de Paris (NASA-JPL Ephemerides DE-408 J2000). Indéniablement, les planètes ont un effet non négligeable sur les variations de l’activité solaire. Les spécialistes du Soleil, se basant sur les mouvements à venir des planètes, ont déjà prédit une chute spectaculaire de l’activité solaire lors du prochain cycle de 11 ans, car le ralentissement de la dynamo solaire est d’ors et déjà observé par extrapolation de l’ensemble des données disponibles sur l’évolution des taches solaires et de leur nombre, et enfin le Soleil entre dans une phase de mouvements autour du centre de gravité du système solaire pour le moins erratique, ressemblant à celle calculée avec les mêmes éphémérides pour le minimum de Maunder, « le petit âge glaciaire » qui dura presque 100 ans et culmina durant le règne de Louis XIV.

Certes, les adeptes du réchauffement climatique n’apprécieront pas mes remarques, les adeptes du changement climatique non plus puisqu’on dit désormais changement climatique, une modification sémantique qui en dit long, mais les faits sont là et continuer à les nier fait tout simplement preuve d’obscurantisme borné avec une forte connotation idéologique sous-jacente car il n’est pas politiquement correct d’aller à contre-sens de dogmes tels que celui de l’effet de serre encore jamais prouvé ou de la contribution de l’activité humaine sur le climat jamais prouvée non plus.

Pour enfin répondre à mes détracteurs je dirai encore une fois que je ne fais qu’analyser des articles scientifiques internationalement reconnus pour leur valeur et que je n’ai aucune intention de créer une polémique quelle qu’elle soit. Mon blog a pour mission d’informer et non de faire de la propagande, je ne suis payé par personne et je suis jaloux de ma liberté intellectuelle. Cependant, et je ne m’en cache pas, je suis toujours prêt à combattre les colporteurs de fausses nouvelles et je ne m’en prive pas comme les lecteurs de mon blog ont pu s’en apercevoir quand je parle des médicaments, des pesticides, des OGM, de l’énergie nucléaire ou encore de la malbouffe. Je ne considère pas du tout Internet comme un fourre-tout mais au contraire comme un privilège offert à ceux qui ont choisi objectivement pour mission d’informer des lecteurs anonymes avec le maximum de rigueur.

Source : J.A Abreu et al. Astronomy & Astrophysics, 23 novembre 2012, manuscrit AbreuEtA1100102012, aimablement communiqué par le Docteur Raimund Muscheler de l’Université de Lund

https://jacqueshenry.wordpress.com/2014/08/21/changement-climatique-finalement-cest-bien-le-soleil/

11 réflexions au sujet de « Addendum au billet précédent sur l’activité solaire, mise au point. »

  1. Bonjour,

    Je suis on ne plus reconnaissant et en phase avec nombre de vos articles et en particulier celui-ci, je m’intéresse depuis peu à tout ce qui touche à la nature extra terrienne, en quelque sorte l’Univers.

    Cependant je note un point que je ne saisis pas.

    Je suis bien conscient que des changements climatiques il en existe depuis plus de 4 milliards d’années sur Terre, évidemment donc avec ou sans l’Homme. Je suis aussi conscient qu’il y a environs 252 millions d’années 95% de la vie a disparu certainement à cause d’un volcanisme extrêmement intensif.

    Bref, ce que je ne saisis pas c’est cette phrase :
    « tels que celui de l’effet de serre encore jamais prouvé »
    Le C02 est un gaz reconnu par je pense l’ensemble des scientifiques comme étant un gaz à effet de serre. L’atmosphère de notre planète en est la preuve, l’effet de serre existe. Ou alors il y a quelque chose qui m’échappe mais Mars pour ne citer qu’elle possède une très faible atmosphère et une tempéraure en surface largement négative …

    La tectonique et d’autres phénomènes limitent peut-être l’effet de serre sur Terre mais cet effet semble prouvé non ?

  2. La théorie de l’effet de serre est en contradiction avec le deuxième principe de la thermodynamique : il semblerait que depuis une vingtaine d’années ce principe soit nié par 2500 scientifiques ! Le CO2 ne peut pas être un gaz « à effet de serre » puisqu’il est très peu excité par les radiations électromagnétiques provenant du soleil, dont les infra-rouges, contrairement à l’eau. Ces deux théories ou plutôt dogmes ne pourront jamais être prouvés car ils ne reposent sur aucune base scientifique solide. L’ensemble des dires de l’IPCC sont donc à jeter purement et simplement aux oubliettes. Il s’agit de la plus grande imposture scientifique jamais construite de toute pièce à des fins idéologiques. C’est un coûteux scandale planétaire !

    • L’effet de serre est un phénomène radiatif. On le modélise par des corps noirs. Le soleil émet des photons qui chauffent la Terre. La Terre, en bon corps noir, en émet à son tour, vers le cosmos, la refroidissant. Un équilibre se crée. Le hic, c’est que la composition chimique de l’atmosphère changeant (CO2 CH4 O3 H2O et plein d’autres), l’atmosphère absorbe de mieux en mieux le rayonnement venant de la Terre, et cela réduit l’énergie rayonnée vers le cosmos. L’énergie reste piégée sur Terre, ça en augmente la température.

      Que selon vous, 2500 scientifiques ignorent le 2nd principe devrait susciter quelques interrogations, et une simple recherche sur Wiki vous aurait éclairé. Le diagramme du bilan radiatif est assez bien fait.

      Ou bien expliquez-nous en quoi le 2nd principe serait violé. Personnellement je ne vois aucune faille dans l’explication standard de l’effet de serre.

  3. Le CO2 a un spectre d’absorption dans l’infra rouge qui explique bien l’effet de serre dont il peut être la cause. Il est en effet peu excité par les radiations électro magnétiques du soleil qui sont majoritairement dans des longueurs d’onde plus petites. Mais ces radiations, on s’en fiche un peu, ce qui importe ce sont les radiations émises par la Terre (majoritairement dans l’infra rouge) et dont une partie est abordée par l’atmosphère permettant de maintenir la température actuelle.

    Démontrer que le CO2 seul peut provoquer un réchauffement climatique est autre chose je vous l’accorde.

  4. Dans tous les cas, il faut savoir partir des faits avant d’élaborer des théories fumeuses, comme le fait que l’Homme soit un poison pour la Vie, c’est un scandale de penser celà. Nier l’effet de serre l’est pour moi aussi quelque part …
    Ce n’est que mon modeste point de vue avec des arguments uniquement basés sur les faits.

    Je m’explique, je constate qu’il fait beaucoup plus chaud sur Vénus que sur Mercure et je sais que Mercure n’est quasiment qu’un noyau solide et est dépourvue d’atmosphère. Mes connaissances s’appuient sur des relevés de la NASA et autre scientifiques, je leur fais confiance sur ce point.

    Venus possède donc une atmosphère, qui de fait retient la chaleur. On peut appeler cela comme l’on veut mais l’atmosphère a une incidence sur les températures.
    Je veux bien que lon remette en question le CO2 mais on ne peut nier que l’effet de serre existe, l’atmosphère a bien une influence sur les températures ou alors comment expliquer la différence si importante entre Mercure (160 degrés de moyenne environ) et Venus (autour de 450 degrés de moyenne environ) et 2 fois plus loin du Soleil que Mercure ?

    • Et j’ajouterai aussi, naïvement peut-être mais vous me corrigerez au besoin si le raccourci n’est pas bon, que ce n’est pas parce que 2 théories s’opposent que l’une n’est pas valable.
      La preuve avec la mécanique quantique et la théorie de la relativité … C’est peut-être simplement qu’il nous manque un lien entre les 2 théories qui s’opposent, trouvons ce lien 😉

      • Vous faites la même erreur que James Hansen, spécialiste à la NASA de l’atmosphère de Vénus, qui pour dieu sait quelle raison a fait une transposition fausse de ce qui se passe sur Vénus avec l’atmosphère terrestre. Lisez le passage suivant traduit en français d’un document disponible sur le Net qui contre-argumente parfaitement la supercherie de la théorie de l’effet de serre telle qu’Hansen l’a échafaudé et démontrant que cette théorie est contraire aux lois fondamentales de la thermodynamique.
        «  » La thermodynamique dit qu’à cause du très fort albédo de Vénus, il n’y a simplement pas assez de radiation absorbée au départ qui pourrait peut-être expliquer la température très élevée de sa surface. Quelle pourrait être la source chauffante radiative à la surface de Vénus si la radiation initiale est insuffisante en premier lieu ? Bien entendu, tout comme sur la Terre, les Lois de la Thermodynamique requièrent que la radiation de surface de Vénus soit le résultat de la température trouvée, non la cause. La cause de la température trouvée à la surface de Vénus est la même que sur celle de la Terre : compression adiabatique et chauffage, après qu’un équilibre radiatif se soit établi avec le Soleil, dans l’atmosphère, quelque part en altitude. Mais avec une atmosphère quatre-vingt dix fois plus dense que celle de la Terre, Vénus a une profondeur atmosphérique beaucoup plus épaisse et donc un réchauffement de compression adiabatique beaucoup plus fort. En fait, le cas de Vénus est la preuve la plus forte que l’on peut présenter en réfutation de la théorie de la serre, plutôt qu’un support pour elle. Si Vénus réfléchit autant de radiation solaire incidente en raison de son albédo, il n’est simplement pas possible pour la petite quantité de radiation réellement absorbée de produire la température, et la quantité de radiation thermique qui en résulte à la surface de Vénus. Ce serait une violation évidente de la loi de conservation de l’énergie de la thermodynamique, et même un cours introductif de physique du lycée montrerait que c’est impossible. Aussi, encore une fois nous voyons que la théorie de l’effet de serre est basée sur une idée à laquelle les autres atmosphères planétaires, en fait, n’obéissent pas. » »
        Source :

        Cliquer pour accéder à Understanding_the_Atmosphere_Effect.pdf

      • Merci Jacques pour vos réponses.
        Je vais essayer d’enrichir un peu mes connaissances en me penchant de plus près sur la thermodynamique.
        C’est quand même dur de se dire que l’effet de serre n’existe pas alors que de supposés grands scientifiques en parlent …
        Je regarde notamment une série documentaire intitulée « The Universe », la thermodynamique y est abordée mais l’effet de serre aussi.
        Les intervenants sont entre autre des persones comme Alexei Filippenko, Clifford Johnson, Michio Kaku … je ne les connais pas en dehors de cette série.

        Je me rappelle d’un épisode où il était question de rendre viable Mars en en libérant du C02 présent qui créerait ce fameux effet de serre … 😉

  5. Comme argument supplémentaire anecdotique mais bien réel, les doubles parois des bouteilles « thermos » ne sont plus sous vide mais remplies avec du CO2. On s’est rendu compte que ce gaz était un parfait isolant thermique puisque justement il ne piège pratiquement pas les infra-rouges …

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