Le diabète, ça se passe aussi dans le cerveau

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Il y a au niveau des carotides des terminaisons nerveuses qui détectent très précisément la pression artérielle et les taux d’oxygène et de gaz carbonique dans le sang. Ces neurones transmettent un signal au cerveau, précisément à l’hypothalamus qui enverra ses instructions au système nerveux sympathique contribuant donc à l’équilibre homéostatique du cerveau qui ne peut supporter un déficit en oxygène. C’est un peu schématique mais c’est à peu près comme ça que ça se passe. Dans le cerveau lui-même, au niveau de l’hypothalamus, cette région du cerveau qui constitue un lien physique avec l’hypophyse, il existe toute une panoplie de neurones spécialisés qui détectent toutes sortes de signaux en provenance de l’ensemble de l’organisme. Pêle-mêle on peut citer la détection de la soif et de la faim, la thermorégulation, le déclenchement de la sueur (pour refroidir le corps) et des frissons (pour le réchauffer), l’alternance jour-nuit ou rythme circadien, la satiété, la pression artérielle, signal en provenance des carotides, le rythme cardiaque ou encore la dilatation des pupilles …

Mais ce qu’on ignorait jusqu’à une étude parue il y a quelques jours dans les PNAS c’est que l’hypothalamus régule également le taux de glucose dans le sang.

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Comme l’une des fonctions de l’hypothalamus est de sécréter des hormones variées et de contrôler la production d’hormones par l’hypophyse ou encore la thyroïde par l’intermédiaire de signaux chimiques appelés des facteurs (ou hormones) de sécrétion, on aurait pu imaginer aussi que l’hypothalamus pouvait mettre de l’ordre dans la régulation hormonale du taux de glucose dans le sang par le pancréas puisque justement ce même hypothalamus contrôle la faim et la satiété. Avancer une hypothèse aussi floue était séduisant, encore fallait-il la prouver expérimentalement. Pour ce qui concerne les deux hormones du pancréas impliquées dans la régulation du glucose sanguin, l’insuline et le glucagon, on s’était arrêté sur le fait que le pancréas répondait lui-même à ce taux de glucose sans aucune intervention de l’hypothalamus, le « chef d’orchestre de tout l’organisme ».

Pas du tout, il existe aussi dans ce petit bout de cerveau (voir l’illustration tirée de Wikipedia) des neurones détectant justement ce taux de glucose sanguin mais on ignorait complètement leur fonction. Le Docteur Sabrina Diano de la faculté de médecine de l’Université de Yale a mis au point des souris transgéniques auxquelles il manque une activité enzymatique provenant également de l’hypothalamus essentielle pour contrôler la quantité de ces petits peptides signaux sécrétés par ce même hypothalamus afin de jouer son rôle de « chef d’orchestre » le plus finement possible. Il s’agit d’une prolyl-endopeptidase, excusez du peu, qui a pour mission de détruire le surplus d’hormones et autres facteurs, appelés génériquement des neuropeptides, stimulant la sécrétion de diverses hormones agissant sur toute une série de fonctions essentielles à l’organisme. Ces souris développaient invariablement un diabète sévère inexpliqué. Or, très curieusement, la sécrétion de cet enzyme particulier se trouve être située dans la même région de l’hypothalamus qui est riche en neurones capables de réagir aux taux de glucose sanguin. Il est utile de rappeler encore que le glucose est la principale source d’énergie du cerveau et qu’il est bien normal que cet organe particulier (le cerveau) soit muni de tout un ensemble d’alarmes et de détecteurs afin de maintenir ce taux de glucose optimal pour son bon fonctionnement. Or il n’est donc pas non plus invraisemblable que le cerveau, via l’hypothalamus, puisse agir directement sur le pancréas pour maintenir l’apport en glucose vers le cerveau à un niveau optimal. Reste à déterminer comment ce mécanisme enzymatique nouvellement découvert intervient sur les fonctions pancréatiques.

Le pancréas est soumis aux signaux du système nerveux autonome aussi dénommé système sympathique ou encore adrénergique et c’est probablement par ce canal que l’hypothalamus transmet ses signaux puisque l’étude citée ici fait mention d’un effet positif de la noradrénaline sur la restauration de la tolérance au glucose des souris transgéniques utilisées. Reste à préciser ce mécanisme afin de trouver des outils d’approche conduisant vers d’éventuels traitements des diabètes de type 1 et 2. On n’en est pas encore là car intervenir directement sur les fonctions cérébrales n’est pas une mince affaire. Néanmoins cette étude a le mérite de révéler la complexité des mécanismes relatifs à l’équilibre du taux de glucose dans le sang et peut-être que quelque part on démasquera pour quelle raison certaines maladies neurodégénératives comme la maladie d’Alzheimer sont liées à une insuffisance en la disponibilité en glucose, ce que l’on a appelé le diabète de type 3 (voir : https://jacqueshenry.wordpress.com/2013/11/15/alzheimer-un-diabete-de-type-3/).

Source : PNAS, article aimablement communiqué par l’auteur principal de l’article le Docteur Sabrina Diano, DOI :10.1073/pnas.1406000111

2 réflexions au sujet de « Le diabète, ça se passe aussi dans le cerveau »

  1. L’hypothalamus est notre cerveau primitif. Il gère pour nous tout ce qui demanderait des mois d’analyse au cortex pour savoir comment faire. C’est bien de le savoir pour abandonner toutes les pensées inutiles. A lire mon article  » la privation pour soigner la dépression. » En pratiquant la privation on s’adresse directement à l’hypothalamus qui régénère corps et esprit.

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