L’espérance de vie (aux USA) va-t-elle diminuer ? Bonne question !

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Plus on cumule de maladies chroniques passé un certain âge, plus notre espérance de vie diminue. C’est une lapalissade que d’écrire cela encore qu’aucune étude sérieuse n’a jamais pu quantifier précisément l’effet d’une accumulation de maladies comme le diabète, l’obésité ou encore les troubles cardio-vasculaires sur l’espérance de vie. C’est maintenant chose faite grâce à l’open data médical qui est constitutionnellement institué aux USA. Pour la France, on attendra la fin des tergiversations stupides du ministère concerné. Une équipe de médecins de la Johns Hopkins University a dépouillé 1 372 272 dossiers de suivi médical de personnes âgées de 67 et plus depuis le premier janvier 2008 jusqu’à ce jour. Cet échantillon ne représente que 5 % du total des personnes bénéficiant du « Medicare », un genre de sécurité sociale réservé aux troisième et quatrième âges. Pour de multiples raisons dont l’augmentation de l’obésité alarmante aux USA, l’espérance de vie croît dans ce pays beaucoup plus lentement que dans tous les autres pays de l’OCDE. Mais il n’y a pas que l’obésité maintenant reconnue comme une maladie, l’accumulation d’autres pathologies réduit cette espérance de vie au risque de me répéter.

Statistiquement une femme âgée de 75 ans ne souffrant d’aucune maladie chronique vivra 17,3 années de plus, soit jusqu’à 92 ans. Mais une femme du même âge, souffrant de 5 maladies chroniques ne vivra « que » jusqu’à 87 ans et si les pathologies réunies atteignent le nombre record de 10, son espérance de vie ne sera que de 5 ans, elle aura toutes les chances de ne pas survivre au delà de l’anniversaire de ses 80 ans ! La nature des maladies a son importance, par exemple une personne ayant des problèmes cardiaques à 67 ans vivra encore, toujours statistiquement, 21,2 années supplémentaires alors qu’au même âge un sujet souffrant de la maladie d’Alzheimer déclarée ne vivra pas plus de 12 années supplémentaires.

En moyenne, chaque pathologie chronique considérée individuellement réduit l’espérance de vie 1,8 années mais l’effet de leur addition n’est pas linéaire, en d’autres termes accumuler diabète et troubles cardio-vasculaires, par exemple, diminue l’espérance de vie de 7 années, toujours statistiquement. L’accumulation de la prise de médicaments joue également un rôle négatif sur la morbidité mais l’étude n’a fait qu’effleurer cet aspect qui de toute évidence devra être sérieusement étudié en détail lors d’un second volet d’investigation qui est en cours. Cette étude entre dans le cadre d’un vaste programme dont le but est de maîtriser les dépenses de santé et d’optimiser les traitements prescrits aux personnes du troisième âge et plus vieilles encore. En effet, 60 % des Américains de plus de 67 ans souffrent d’au moins trois maladies de longue durée selon ce qui ressort de l’étude et les progrès de la médecine ne peuvent apparemment plus s’adapter à cette situation car plus on vieillit plus le risque de souffrir de plusieurs maladies augmente. C’est encore un lapalissade mais il fallait le souligner avant que l’espérance de vie commence à diminuer dans ce pays. La situation est probablement similaire en Europe mais aucune étude précise n’a encore jamais été orientée en ce sens. On peut raisonnablement espérer que des pays comme l’Allemagne, la Suède et aussi la France procéderont à ce type d’analyse afin de réduire les coût inexorablement grandissants de la prise en charge des personnes âgées par la société. Il faut noter que dans cette étude les cas de cancer n’ont pas été pris en considération puisque par définition le cancer n’entre pas dans la catégorie des maladies chroniques.

Source : Johns Hopkins University

Je taxe, tu taxes, il taxe … c’est devenu une sorte de jeu !

J’ai été impressionné par un article du Contrarien, un de mes blogs préféré tenu par Charles Sannat (voir le lien), citant la taxe de 127 bolivars imposée à tous les voyageurs de l’aéroport de Caracas pour avoir le droit de respirer de l’air « pur » à la suite de l’installation d’un nouveau système d’air conditionné. Comprenez la signification de l’information : on paye pour respirer !

Dans la même veine collectiviste à forte connotation marxiste, du post-Chavez de très mauvaise facture en ce qui concerne le Venezuela, les socialo-écolo-marxistes au pouvoir en France ne sont pas en reste et ont émis l’hypothèse d’une taxe sur les cours d’eau. Je m’explique par un exemple : un de mes neveux habite dans une maison sise sur une parcelle de terrain en pente dont l’une des limites est un cours d’eau, un ruisselet au débit intermittent pour être plus précis. Les nouvelles dispositions précisent qu’il va devoir s’acquitter d’une taxe proportionnelle à la longueur de la rive de ce ruisseau dont il est de fait propriétaire, mais seulement de la rive car le ruisseau fait partie du domaine public.

Egalement dans la même veine tout aussi incongrue voire relevant du plus pur surréalisme, les propriétaires de leur logement devraient acquitter une taxe sur les économies de loyer qu’ils réalisent du fait justement qu’ils sont propriétaires de leur logement. Pour les crânes d’oeuf qui hantent les ministères, l’économie d’un loyer représente en effet un revenu supplémentaire, fictif certes, mais tout de même parfaitement taxable. Toujours dans le même registre de la taxation tous azimuts, une taxe sur les chiens a été progressivement réintroduite. Seuls les « petits » chiens de compagnie en sont encore exemptés. Quant aux poules, si vous habitez en lointaine banlieue d’une grande ville ou dans un environnement rural et que vous élevez quelques-unes de ces gentilles bestioles pour leurs oeufs et leur chair, élevés en pavillon de banlieue en plein air, celles-ci sont dûment dénombrées puisqu’il faut faire une déclaration officielle à la mairie concernant ces gallinacées depuis l’épidémie de grippe aviaire qui n’a d’ailleurs jamais eu lieu, mais disposant de toutes ces données il est quasiment certain que les mêmes crânes d’oeuf en profiteront prochainement pour taxer aussi les poules et pourquoi pas les lapins, les perroquets et les canaris !

Inutile de rappeler ici les velléités de taxation d’Amazon, Skype, Google Talk et bien d’autres services politiquement incorrects qui font du WEB une ignominie échappant au constructivisme rampant en versant dans le délit d’opinion permanent. Toutes ces dispositions taxatoires seront probablement déclarées illégales par les instances européennes, mais bon, essayer ne coûte rien, sauf pour les contribuables qui finiront par être complètement tondus …

http://us6.campaign-archive1.com/?u=54fb71744bca4f72b722cf925&id=7f0c1175df&e=2d37b2c2dc

Juste pour info de dernière minute !

Message reçu d’un correspondant fidèle résidant à Kawasaki :

Nous en sommes à plus de 20 grands banquiers de décédés depuis le début de l’année, et cette fois-ci, il s’agit d’un directeur général de la Goldman Sachs qui a été retrouvé flottant, accroché à un cerf-volant…

esmoutonsenrages.fr/2014/07/23/directeur-general-de-goldman-sachs-nicholas-valtz-retrouve-mort/

 

Le mélange de l’avion abattu et du bombardement de Gaza a donc créé le parfait rideau de fumée médiatique qui évite aux journaux télévisés DE MONTRER LA FILE DE PORTUGAIS DEVANT LES PORTES DE LA BANQUE DU SAINT ESPRIT, pour retirer leurs économies. Vous avez bien vu: aucune info d’ordre économique n’a été donnée… De notre lecteur Greco: « J’étais au Portugal il y a 10 jours, et j’ai vu de mes yeux le carnage de la banque Espirito Santo: des pauvres Portugais faisant la file devant la banque pour retirer les économies représentants les sacrifices d’une vie. Nous serons les prochains sur la liste« . Très pratique vraiment, les médias…

 

 

 

La chasse aux sorcières … en Inde

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Qui n’a pas vu au moins une fois le remarquable film « Le septième Sceau » dirigé en 1957 par Ingmar Bergman. L’une des scènes les plus poignantes est la rencontre avec une jeune fille à qui le vieux guerrier de retour de la croisade pose des questions sur la mort sachant que cette jeune fille accusée de sorcellerie va être brûlée sur un bûcher déjà prêt pour l’épreuve suprême. Le vieux croisé négocie en effet quelques jours de survie, l’enjeu d’une partie d’échec avec la Mort. L’histoire se passe au treizième siècle et pourtant 700 ans plus tard il y a toujours des sorcières qu’on massacre, non plus en Suède mais en Inde. Il semblerait que près de 250 femmes accusées de sorcellerie soient proprement mises à mort chaque année pour des faits souvent difficiles à prouver. Comme si d’ailleurs il y avait quelque chose à démontrer qui puisse accréditer la thèse d’une quelconque réalité de la sorcellerie.

En Inde les sorcières sont le plus souvent de pauvres femmes faisant partie de la caste des Intouchables et bien qu’il n’y ait aucune logique dans l’espèce de chasse aux sorcières pratiquée avec aveuglement dans les régions rurales de cet immense pays où prévalent encore des tribus avec leurs chamans, le moindre incident, par exemple un puits asséché, une mauvaise récolte de riz ou la mort inexpliquée d’un enfant, est l’occasion de rechercher un bouc-émissaire et ce sont ces femmes seules, pauvres, mendiantes le plus souvent, qui font l’objet de la vindicte des foules fanatisées par leur chaman. On les accuse de tous les maux, de se livrer à la prostitution, de n’être pas légalement propriétaires de l’infime lopin de terre qu’elles cultivent pour en obtenir quelques bols de riz quand tout va bien. Ces femmes, méprisées par la communauté, sont accusées de toutes sortes de délits qu’elles n’ont jamais commis et des histoires sans queue ni tête sont inventées de toute pièce pour en faire les victimes expiatoires désignées par des villageois rustres et peu éduqués comme par exemple dans l’Etat du Jharkhand, une région tribale montagneuse de l’est de l’Inde. Il n’existe aucune loi fédérale en Inde qui interdit le meurtre des sorcières ou supposées telles.

Comment les sorcières sont-elles identifiées, bonne question qui relève du plus pur surréalisme. Quelqu’un se sentant offensé par des actes de sorcellerie consulte un « docteur » spécialisé appelé « ojha » qui abusant d’herbes médicinales va après mûre réflexion identifier la personne du village pratiquant cette activité ténébreuse. Pour ce faire il inscrit les noms de toutes les personnes suspectées de sorcellerie sur les branches d’un sal, l’arbre sacré dédié à Vishnou, et la première branche qui frémira au premier souffle de vent désignera la coupable. D’autres spécialistes de la sorcellerie préparent des potions empoisonnées qu’ils font boire aux « accusées » et si elles en réchappent elles sont donc des sorcières. Mais cette pratique s’est retournée un jour contre un shaman qui intoxiqua une trentaine de femmes. Il fut accusé d’avoir abusé de certaines d’entre elles et fut arrêté par la police.

Quand une sorcière a été identifiée, on l’oblige à déambuler nue dans le village, puis on la mutile en lui coupant le bout des seins, en lui arrachant les dents et, moindre mal, en lui rasant la tête après avoir été offerte préalablement à tous ces supplices d’un autre temps à des bandes de jeunes célibataires. Avant le châtiment final la sorcière doit manger des excréments humains et boire du sang de poulet. La mise à mort est le plus souvent la lapidation.

 

Source et illustration Washington Post : Pusanidevi Manjhi fut déclarée sorcière en 2005 et torturée durant quatre jours par une riche famille de propriétaires terriens du village de Palani dans l’Etat du Jharkhand. L’histoire ne dit pas comment elle put échapper à la mort.

Parlons peu, parlons bien …

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Le langage est l’apanage de l’homme, une caractéristique que nos cousins les singes, en particulier les chimpanzés et les bonobos, ne partagent pas avec nous comme ils ne partagent d’ailleurs pas non plus le penchant guerrier des hommes qui, au lieu de se parler puisqu’ils possèdent ce don, préfèrent s’entretuer quitte à abattre des avions civils pour le plaisir ou pour d’obscures raisons politiques, mais c’est une autre histoire. Le cerveau des chimpanzés est muni comme le notre d’une aire dite de Broca localisée dans le lobe fronto-temporal du cerveau également appelée aire du langage. Broca, illustre médecin français fut le premier à localiser cette zone particulière du cerveau, normalement située dans l’hémisphère gauche du cerveau, en étudiant des patients qui présentaient une aphasie du langage appelée depuis aphasie de Broca car cette aire particulière du cerveau était endommagée. Chez le singe il semble que tout fonctionne parfaitement au niveau cérébral mais ce qui fait que les singes sont incapables de parler ne vient donc pas du cerveau mais de la structure musculaire du larynx et des cordes vocales.

Au cours de la première année de la vie l’enfant apprend vite à montrer du doigt un objet puis il accompagne ce geste rudimentaire par des sons tout aussi rudimentaires et apprend très vite, après avoir découvert ses capacités à moduler les sons, à répéter les mots qu’il entend, puis à progressivement construire des phrases, le langage est ainsi apparu. Le jeune singe, de la même manière que l’enfant, montre du doigt les objets qui l’entourent quand il veut en prendre possession mais il n’associera jamais ces gestes à un quelconque son modulé alors qu’il reconnaît très vite une centaine de mots dont il a associé une signification précise ainsi que des phrases courtes (voir le lien youtube). Pour le langage simiesque, rien, seulement des sons inarticulés, comme si le cerveau, l’aire de Broca, n’arrivait pas à transmettre les impulsions correctement aux muscles du larynx et à modifier les cordes vocales judicieusement.

Le film « L’Aube de la Planète des Singes » met en scène des singes « mutants » qui parlent anglais, ce qui est véritablement de la science-fiction car l’émergence du langage apparut probablement au même moment que la bipédie pour toutes sortes de raisons dont la nécessité de communiquer rapidement en cas de danger, bipédie chez les primates étant synonyme du genre « Homo ». De plus, les interconnexions entre différentes régions du cerveau sont chez le singe telles qu’il manque cruellement des capacités cognitives qui chez l’homme lui permettent très rapidement de communiquer avec un nombre limité de mots qui peuvent être combinés à l’infini pour former des phrases courtes. Même si le singe peut mémoriser une centaine de mots et même s’il pouvait parler comme nous il serait incapable de construire des phrases. En effet une autre différence notoire entre le singe et l’homme est la faculté d’abstraction pour inclure dans la réflexion des notions aussi simples que le passé ou le futur ou encore l’absence d’un objet ou d’une personne. La perception du passé et du futur est un processus qui apparaît chez l’enfant vers l’âge de deux ans lorsque la mémoire commence à se construire et s’organiser alors qu’au même âge, le petit du bonobo possède déjà un cerveau en grande partie figé et seul un apprentissage répétitif influera sur sa mémoire et non plus sur la densité de ces connexions intra-cérébrales qui différencient encore l’homme du singe.

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Quand nos ancêtres directs arrivèrent en Europe il y a environ 80000 ans, organisés, capables de construire des armes, non pas pour s’entretuer mais pour se défendre contre les bêtes sauvages et se procurer de la nourriture de qualité, riche en protéines et très utile pour leur développement cérébral, ils étaient très probablement capables de communiquer par la parole, car qui dit organisation d’un groupe humain sous-entend la maîtrise de la communication. Ils ont rencontré sur leur chemin des créatures qui leur ressemblaient, les hommes de Neandertal, qui étaient établis dans ces contrées depuis des centaines de milliers d’années. Naturellement il y eut une certaine mixité intime entre ces cousins très proches descendant paradoxalement des mêmes ancêtres d’origine africaine, mais qu’en était-il de la faculté des hommes de Neandertal à parler et par conséquent à communiquer avec l’Homo sapiens sapiens nouveau venu ? Mystère ! On n’a toujours pas pu apporter le moindre élément de preuve sur ce dernier point. Cette réflexion sur le langage fait penser, surtout pour un résident des Îles Canaries, que les habitants de l’île de la Gomera utilisent un langage particulier basé sur des sifflements modulés appelé « el silbo gomero ». Il est acquis que ce langage que l’on pourrait rapprocher de celui des dauphins provient des premiers habitants des Îles Canaries, des berbères venus du Magreb appelés Guanches, que les occupants espagnols ont adopté pour une raison très simple, cette île de forme arrondie, reste d’un puissant volcan, est parcourue par de profondes ravines et la communication entre les diverses hauteurs séparées par ces vallées escarpées accessibles qu’aux seules chèvres des nombreux bergers du cru n’était possible qu’à l’aide de ce type de langage. Imaginons que les Neandertaliens aient communiqué entre eux par des sifflements comme le silbo gomero, on peut aisément comprendre pourquoi nos ancêtres directs s’en sont débarrassé proprement comme les Espagnols ont exterminé les Guanches jusqu’au dernier. Tout ça pour une incompréhension et un manque de communication, comme quoi à des dizaines de milliers d’années d’intervalle la nature humaine n’a pas fondamentalement changé.

Inspiré d’un article du Max Planck Institute for Psycholinguistics (Nijmegen). Ile la Gomera, en arrière plan le volcan El Teide (Tenerife)

http://www.youtube.com/watch?v=2Dhc2zePJFE

La France emprunte à sept ans à des taux négatifs, du jamais vu !

 

Normalement quand on emprunte de l’argent, c’est le prêteur qui gagne puisqu’on doit acquitter des intérêts. Eh bien non, les temps ont changé, c’est l’inverse qui se produit maintenant.

Difficile de croire qu’un Etat souverain (plus vraiment puisqu’il doit tendre la main aux banquiers pour survivre même si cela leur coûte de l’argent) puisse s’offrir des intérêts négatifs sur le long terme. On se demande où les banquiers peuvent trouver l’argent nécessaire pour souscrire aux émissions de dette de l’Agence France Trésor, probablement de l’argent dont l’encre est encore toute fraîche, brute d’impression, mais on peut se demander aussi si le monde ne devient pas complètement fou quand les banquiers finissent par accepter de perdre de l’argent et pour des échéances à 7 ans ils prennent de très gros risques. Il doit bien y avoir quelque part des arrangements « entre amis » sinon ce type de transaction certainement gagnant-gagnant quelque part ne pourrait pas tenir la route.

Conclusion sur les termes de cet extrait de la dépêche de l’agence AWP, les dés sont pipés et comme tous les pays européens vont devoir remettre au pot pour sauver le Portugal dont l’ensemble de l’économie risque bien de s’effondrer comme un château de cartes avec la faillite de la holding Espiritu Santo qui contrôle près de 40 % de l’économie du pays, ça promet …

Mais ça n’intéresse pas les médias main-stream français subventionnés alors que la vraie crise, la vraie de vrai, pourrait bien prendre naissance au Portugal comme je le mentionnais déja le cinq février dernier dans un billet de ce blog :

https://jacqueshenry.wordpress.com/2014/02/05/et-si-tout-partait-du-portugal-ou-de-la-france/

« Enfin, l’Agence France Trésor, chargée de placer la dette française sur les marchés, a levé 350 millions d’euros d’obligations indexées sur l’inflation française à échéance 7 ans (juillet 2021), au taux négatif de -0,38% contre 0,24% lors de la dernière opération de même type le 20 mars. »

(AWP / 21.07.2014 13h20)

 

L’amour ? C’est dans le regard

 

« L’amour est dans le regard », c’est le titre (« Love Is in the Gaze ») d’un article très sérieux paru dans le dernier numéro du périodique scientifique Psychological Science. Lire dans les yeux des autres est en quelque sorte une compétence précieuse pour explorer une interaction interpersonnelle. Quand on a rendez-vous avec quelqu’un qu’on connaît à peine ou pas du tout, une situation qui m’est arrivé il y a de nombreuses années quand je m’étais inscrit dans une agence matrimoniale pour tenter de retrouver une compagne que je n’ai d’ailleurs jamais trouvé, comment évalue-t-on par un simple regard les intentions de cette personne en termes de relation durable ou de courte durée ? Les belles envolées verbales romantiques pour séduire l’autre sont un classique d’une banalité affligeante quand une femme et un homme se rencontrent pour la première fois car il est tellement facile de dissimuler ses intentions ou de prendre le contrôle de l’autre dans la conversation que le jeu est faussé d’avance. Nous disposons de plusieurs sens nous permettant de communiquer avec l’environnement humain comme dans le cas d’un rendez-vous (galant ou non) et c’est surtout le regard qui importe, le toucher et l’odorat interviendront plus tard.

Quelques études ont montré une différence entre l’amour et le désir sexuel et cette distinction est en tout premier lieu effectuée par le regard, parfois un « cliché » n’ayant souvent duré qu’une fraction de seconde, enregistré dans le cerveau qui va effectuer le classement entre ces deux catégories d’approches entre deux individus, classement consistant à différencier l’ « amour romantique » du simple et parfois banal « désir sexuel ».

Il faut préciser que l’étude réalisée à l’Université de Chicago sous la direction du Docteur Stephanie Cacioppo comprenait 20 volontaires, 13 femmes et 7 hommes, tous hétérosexuels, d’une moyenne d’age de 22 ans, 18 droitiers et 2 gauchers pour plus de précisions, qui se sont pliés à l’observation de photographies sur un écran d’ordinateur dans des conditions expérimentales telles qu’un système électronique permettait de calculer et enregistrer la direction précise de leur regard spontanément orienté vers ces photographies. L’étude a abouti à quelques précisions intéressantes. Toutes les analyses statistiques du mouvement des yeux ultérieures aux tests ont permis de confirmer quel était le regard porté sur ces illustrations codifiées selon un protocole bien précis utilisé dans les études psychologiques (voir le lien en fin de billet) classé en trois catégories, le premier coup d’oeil, durant parfois moins d’une seconde, sa durée, donc, et la durée totale de tous les parcours et fixations du regard sur les images présentées aux sujets participant à l’étude de personnes inconnues de ces derniers et issues d’une banque de données de photoss variées. Dans la première partie de l’étude les stimuli consistaient en 120 images de couples hétérosexuels présentés dans diverses attitudes à l’exclusion de toute image explicite de nu ou à caractère érotique. On demandait aux participants de déterminer aussi vite que possible, tout en regardant les images, s’ils classaient ces dernières dans la catégorie érotique ou sexuelle ou au contraire dans la catégorie de l’amour romantique. Dans la deuxième partie de l’étude les stimuli visuels étaient constitués de 80 prises de vues de visages ou de silhouettes d’hommes ou de femmes photographiés individuellement. Les femmes devaient regarder des photos d’hommes et vice versa.

Au cours de l’étude 1 les sujets passaient plus de temps à regarder le visage plutôt que le reste du corps quand on leur demandait s’ils ressentaient un désir sexuel plutôt qu’un amour romantique en regardant ces photos de couples et les zones scrutées étaient très précises, essentiellement le visage et en particulier les bouches comme dans le cas d’un couple échangeant un baiser :

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Si l’image était classée comme entrant dans la catégorie de l’amour romantique le regard se portait presque exclusivement vers les visages, alors qu’avec la même photographie classée dans la rubrique désir sexuel par un des participants à l’étude le regard se répartissait entre visage et reste du corps. De plus la durée de fixation du regard sur un point donné des photographies était près de trois fois plus longue pour les clichés classés « amour romantique » que pour ceux classés « désir sexuel » comme si l’évocation d’un amour romantique requérait l’accumulation d’une plus large information et d’une interprétation plus complexe, donc plus lente, par le cerveau.

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Dans la partie 2 de l’étude, aucune différence ne put être décelée de manière significative entre les « genres », c’est-à-dire les sexes, parlons concrètement, et la plupart des sujets, hommes ou femmes, dispersaient leur regard autant sur le visage que sur le reste du corps sans pouvoir décider de manière significative s’ils penchaient pour un amour romantique ou un simple désir sexuel.

Il ressort de cette étude que contrairement à ce qu’affirmait la chanteuse de soul Betty Everett : « si vous voulez savoir s’il vous aime, c’est avec ses baisers » ( http://www.youtube.com/watch?v=B4KN6TFhy2I ) c’est plutôt le premier regard qui est déterminant dans l’évaluation d’une relation amoureuse éventuellement durable ou au contraire d’une relation sexuelle spontanée et fugitive. La science de l’amour ou du désir naissant au premier regard était inconnue jusqu’à cette étude qui a le mérite de préciser le mécanisme visuel transmettant au cerveau les informations qui sont d’ailleurs traitées très rapidement dans des régions distinctes du cortex, que ce soient les perceptions érotiques et sexuelles ou celles relatives à l’amour romantique. Ce résultat a été précisé par ailleurs par les mêmes auteurs de la présente étude par imagerie fonctionnelle. La classification visuelle « amour romantique » se concentre donc sur les visages et les lèvres alors que le même processus de classification dans le registre « désir sexuel » se disperse en partie sur le reste du corps. Il faut rappeler qu’il s’agit de réactions visuelles rapides durant souvent moins d’une seconde. On peut constater avec ces résultats, résumés par les deux illustrations tirées de l’article, que le désir sexuel est évoqué très rapidement puisqu’il entre dans une boucle de stimuli hormonaux eux-mêmes très rapides. A contrario formuler que le cliché d’un couple évoque un amour romantique est plus complexe et plus abstrait car le processus de récompense au niveau du cerveau est alors plus aléatoire à atteindre. Les études relatives aux mécanismes de mise en place de l’amour, le coup de foudre par exemple, sont très limitées. Ce que l’on a pu prouver par le type d’étude relatée dans cet article est que l’échange de regards entre un homme et une femme, même très rapide, est suffisant comme élément déclenchant un coup de foudre et le début d’un amour romantique. Le regard que l’on porte sur l’autre est indubitablement analytique et effectue un classement en deux catégories de personnes dont les frontières ne sont pas clairement définies, car qui dit amour sous-entend sexe et la réciproque ne peut être exclue.

Notre perception de l’autre semble donc en grande partie inconsciente et nous classons tout aussi inconsciemment dans les catégories amour éventuellement durable ou relation sexuelle fugitive et éphémère (un « quicky » comme disent les Australiens) les personnes que nous rencontrons fortuitement. L’amour est le résultat d’une chimie très sophistiquée que nous ne pouvons pas contrôler et le désir sexuel entre dans une catégorie du comportement sur laquelle nous avons encore moins d’emprise consciente. En définitive nous sommes soumis à des processus complexe qui nous échappent totalement et qui sont initiés par la vision.

Sources : University of Chicago et DOI: 10.1177/0956797614539706

Article aimablement transmis par le Docteur Stephanie Cacioppo.

Lien : http://dx.doi.org/10.7910/ DVN/26134, Harvard Dataverse Network