Un « coup de foudre », ça s’explique comment ?

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Les réactions émotionnelles et les désirs qui apparaissent au début d’une rencontre romantique entre deux personnes de sexe opposé qui ne se connaissaient pas quelques minutes auparavant déterminent la nature de la relation potentielle qui peut subvenir par la suite.

La manière dont on réagit lors d’une première rencontre peut être l’objet d’une de ces «étincelles» nécessaires pour alimenter le désir sexuel et obtenir le privilège d’un deuxième rendez-vous. Cependant, les évènements ne se passent tout à fait à l’identique chez les femmes et chez les hommes. Et c’est cette différence qui a été précisée en détails par des spécialistes du comportement dans une étude réalisée conjointement à l’Université de Rochester, NY et à l’Université de Urbana-Champaign dans l’Illinois. La plupart des adultes, femmes ou hommes, recherchent comme partenaire celle (celui) qui est le plus sensible à leur aspirations et un tel partenaire peut éventuellement donner naissance au désir sexuel. Ce désir développe alors l’intimité entre deux personnes et constitue l’un des moyens de maîtriser ce que le poète appellerait « la fuite du temps ». Toutes les rencontres fortuites entre deux êtres de sexe opposé (l’étude n’a comporté que des situations hétérosexuelles) n’aboutissent pas systématiquement au « coup de foudre » car la réactivité des femmes est différente de celle des hommes dans la perception de l’autre.

Dans une première étude, les chercheurs ont examiné si cette réactivité est perçue comme étant féminine ou masculine et si les femmes ou les hommes détectaient la personne du sexe opposé comme étant sexuellement désirable. Les hommes qui avaient l’impression que leur partenaire était plus ouverte à leurs avances avaient tendance à les considérer comme plus féminines et plus attractives, voire plus belles, une association qui à l’inverse n’était que très peu retrouvée chez les femmes. Ces dernières, au contraire se sentaient plutôt marginalement voire même négativement impliquées dans ce même processus comportemental. Il semble donc que, chez l’homme, la perception de la réceptivité de la femme au développement d’une relation sexuelle soit associée à l’attrait physique en premier lieu alors que la femme se soucie plutôt du besoin de l’homme d’être protégé et en quelque sorte materné ou du moins traité avec douceur et tendresse.

Dans la deuxième partie de l’étude on demandait aux participants d’interagir avec des personnes du sexe opposé réceptives ou non et de regarder une photographie. La même photo était soumise à chaque participant, le même homme à chaque participante et vice-versa, et on leur demandait de discuter (virtuellement) en ligne avec cette personne d’un sujet concernant leur vie privée. La réactivité de l’interlocuteur virtuel était manipulée par les expérimentateurs avec des réponses comme par exemple : « Vous devez avoir eu des temps difficiles » comme réponse réactive positive ou au contraire « Ça n’a pas l’air si mal » comme réaction neutre ou négative. On demandait alors aux hommes d’évaluer la « qualité » de la réponse et s’ils considéraient que la femme était à l’écoute plutôt qu’indifférente, ils la considéraient comme sexuellement attractive et plus féminine que dans le cas d’une réactivité négative. Dans ce même test, les femmes se sont montré beaucoup plus circonspectes dans leur perception de l’attractivité que leur évoquait la réponse (virtuelle, avec un interlocuteur masculin virtuel) de l’homme, ce qui est révélateur de tendances conflictuelles chez les femmes, partagées entre le désir sexuel et l’amour romantique. Mais l’attractivité sexuelle chez la femme reflète plus généralement le projet d’une relation sur le long terme.

La dernière étude de ce volet d’investigation des motivations apparaissant lors d’un « premier rendez-vous » et décrite dans le journal Personality and Social Psychology Bulletin ( DOI: 10.1177/0146167214543879 ) concerne l’éventualité que la réactivité initiée par une rencontre fortuite peut activer des mécanismes de motivation chez les hommes les conduisant à envisager d’emblée une relation sexuelle sur le court terme ou à défaut sur le long terme. Mais dans tous les cas, il ressort que quand l’homme ressent la moindre motivation chez la femme en présence de laquelle il se trouve, il la trouve plus attractive et plus désirable et pour lui cela signifie immédiatement une éventuelle relation sexuelle qui n’exclut pas a priori une relation sur le long terme. Le Docteur Gurit Birnbaum, leader de l’étude, insiste sur le fait qu’un(e) partenaire réceptif(ve), en d’autres termes qui répond à des avances explicites, sera considéré(e) comme sexuellement désirable ou non dépendra du contexte et donc de l’interprétation que l’on fait de cette réaction et de la signification intrinsèque de celle-ci.

En définitive les résultats de cette étude indiquent que lors d’une rencontre fortuite (ou arrangée) la signification de la réaction de l’un ou l’autre des acteurs est liée en premier lieu à l’attirance sexuelle. Les femmes ne considèrent pas un homme peu attiré par elles comme moins viril mais néanmoins ne considèrent pas non plus un homme attiré par elles comme plus attractif.

L’étude contribue à expliquer pourquoi les hommes trouvent les femmes sensibles à leurs avances sexuellement attirantes, mais ne révèle pas pour autant le mécanisme qui sous-tend le désir des femmes pour une nouvelle relation. Selon le Professeur Birnbaum : « nous ne savons toujours pas pourquoi les femmes sont moins attirées sexuellement par les hommes inconnus et qui sont pourtant attirés par elles. Ça ne veut pas nécessairement dire qu’elles doivent être attractives. Les femmes peuvent très bien considérer un homme attiré par elles comme peu ou pas du tout désirable pour d’autres raisons ». Les femmes, d’une manière générale, toujours selon le Professeur Birnbaum, considèrent le plus souvent un inconnu comme séducteur, certes, mais manipulateur, c’est-à-dire tentant d’obtenir des faveurs à caractère sexuel, ou éventuellement, dans le pire des cas, tentant de plaire même désespérément et donc par voie de conséquence étant moins attractif sur le plan sexuel. Enfin, une femme peut tout aussi bien considérer un homme attiré par elle comme vulnérable et donc moins dominateur.

Tout ceci pour dire que peut-être que les hommes feraient mieux de réfréner leurs ardeurs lors d’un première rencontre avec une femme si leur seul but est de s’envoyer en l’air !!!

Source : Society for Personality and Social Psychology

Lien : http://www.spsp.org/news/

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