Réflexions sur l’aspect moral du changement climatique

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Admettons que les milliers d’experts du climat aient raison et que le gaz carbonique soit effectivement le catalyseur d’un changement climatique majeur et prévu par une multitude de modèles pour être catastrophique. Admettons la véracité des déclarations réitérées et angoissantes de l’IPCC. Il paraît donc évident que les premiers fauteurs de trouble (climatique) sont les compagnies pétrolières qui font des trous dans le sol pour en extraire le pétrole et le gaz qui sont par définition gratuitement mis à leur disposition par la nature et les compagnies minières qui extraient le charbon. En effet le véritable prix de l’énergie provient des coûts cumulés de la prospection, de l’extraction, du transport, du raffinage, du conditionnement et de la distribution de ces énergies fossiles disponibles gratuitement car il suffit de faire un trou pour les extraire. A ces divers coûts cumulés il ne faut pas oublier d’ajouter les profits réalisés par les Exxon, Shell et autres Gazprom et un peu de spéculation pour compléter le tableau. Les grandes compagnies pétrolières et gazières sont donc responsables du réchauffement climatique comme les compagnies minières.

Mais au fait, est-ce que les éleveurs sont responsables de notre penchant pour la viande rouge et donc d’une aggravation de la détérioration climatique en raison des énormes quantités de méthane répandues dans l’atmosphère par le bétail ? Pas tant que ça ! Ce ne sont pas les éleveurs ou les compagnies pétrolières qu’il faut accuser mais les consommateurs de viande rouge, les automobilistes et ces milliards de personnes qui ont choisi de ne plus vivre dans des grottes ou des huttes mais d’habiter dans de confortables maisons de banlieue chauffées et éclairées et d’aller travailler en voiture chaque matin. Ce sont donc les consommateurs qui sont responsables de tous les maux qui menacent la planète. Et il y a pire encore, la consommation énergétique (et de viande rouge) tend à stagner ou à diminuer dans les pays développés alors qu’elle augmente presque exponentiellement dans les pays en développement qui deviennent plus riches, ont tendance à consommer encore plus et dont la population a également tendance à s’urbaniser.

De quel droit les pays développés entraveraient le développement des pays pauvres avançant l’argument de la nécessité d’une diminution des émissions de carbone, conséquence directe de l’accroissement de richesses. Parce l’enjeu est de taille : pas loin de 5 milliards d’êtres humains aspirent à une amélioration de leurs conditions de vie.

Les Nations-Unies qui ont mis en place l’IPCC vont-elles décider de maintenir dans la misère ces 5 milliards de personnes à qui les grands groupes pétroliers se feront (et se font déjà) un plaisir de vendre tout le pétrole et tout le gaz dont ils auront besoin pour évoluer vers plus de richesse ?

Vu de l’Occident ne serait-il pas plus moral de freiner les ambitions de ces compagnies pétrolières afin que les pays pauvres et en voie de développement restent pauvres ou que leur développement cesse du jour au lendemain par manque d’énergie ? On comprend dès lors beaucoup mieux l’attitude des ONG qui soutiennent les énergies renouvelables, se battent pour la sauvegarde du climat et vont faire des démonstrations de propagande anti-énergies fossiles près des plate-formes de forage off-shore : parce que les compagnies pétrolières et gazières ont une attitude immorale ! Pour ces ONGs les consommateurs sont drogués par l’énergie à bon marché que leur fournit ad libitum les compagnies pétrolières. Au prix de 100-110 dollars le baril (Brent) le pétrole est encore abordable pour nous Occidentaux mais ce prix freine déjà le développement des pays dits pauvres. Puisque la consommation de pétrole et de gaz stagne dans les pays développés en particulier en raison d’une moindre voracité des véhicules automobiles modernes alors que les émissions de CO2 continuent à globalement augmenter ou bien on continue comme le font les ONG à incriminer les compagnies pétrolières pour leur « immoralité » ou alors les Etats font en sorte que les prix du pétrole et du gaz (et éventuellement du charbon) augmentent significativement et de manière autoritaire afin d’en freiner l’utilisation puisque ce sont les utilisateurs qui produisent du CO2 et non pas les compagnies pétrolières. Un grave dilemme que les ONG se sont bien gardé d’aborder. Il est en effet beaucoup plus facile et moralement supportable de culpabiliser les grandes compagnies pétrolières plutôt que ces 5 milliards de personnes qui rêvent légitimement de meilleures conditions de vie.

Ce concept d’immoralité des compagnies pétrolières a trouvé un autre champ d’application dans lequel les politiciens se sont engouffré, il s’agit du charbon. Il y a par exemple aux USA 280 centrales électriques brûlant du charbon à bas prix en provenance de Virginie de l’Ouest, du Wyoming et du Canada. Aucune de ces usines n’est équipée pour piéger le carbone et une grande majorité d’entre elles n’est même pas munie d’installations adéquates pour piéger les poussières, les oxydes d’azote ou de soufre, bref, le Président américain, « vert » de rage puisqu’il est comme chacun sait un fervent défenseur du climat, a décidé de mettre de l’ordre dans cette industrie gravement polluante en fixant un objectif de réduction des émissions de CO2 de 30 % à l’horizon 2030. Mais encore une fois la question se pose de savoir qui est moralement responsable des pollutions en tous genres dues au charbon sans parler des poussières qui sont radioactives, les compagnies minières, les « utilities », en d’autres termes les compagnies d’électricité, ou les consommateurs ?

Les nouveaux projets de régulation exigés par Obama se focalisent sur la technologie du captage du CO2 sur les sites de production d’électricité. Le problème est que le captage de ce vilain gaz à effet de serre (selon l’IPCC) est une technique coûteuse, qui n’est pour le moment en rien prouvée comme étant fiable et économiquement soutenable. Obama a débloqué il y a quelques jours des dollars tout neufs sortant des imprimeries de la FED à hauteur de 8 milliards pour financer le développement des techniques de captage et de séquestration du CO2. Un Etat comme la Virginie de l’Ouest, second producteur de charbon après le Wyoming a vu sa production houillère chuter de 40 % ces dernières années, le premier revenu de l’Etat, en raison du boom du gaz naturel non conventionnel y compris d’ailleurs dans cet Etat. Les mesures décidées par Obama, culpabilisant cette fois les compagnies d’électricité, pourraient porter un coup fatal à l’économie de la Virginie de l’Ouest qui est un exportateur net d’électricité et dont le Gouverneur est Démocrate. Il est en effet souvent préférable de brûler le charbon près des sites d’extraction afin de réduire les frais de transport. Une société comme Consol Energy impliquée dans l’extraction du charbon et la production d’électricité ne voit pas du tout d’un bon œil les orientations prises par le Président pour satisfaire le lobby des écologistes. Affaire à suivre.

Sources : US News and World Reports, Dailycallernews, Reuters

Illustration : mineurs en Virginie Occidentale

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