L’exception irlandaise

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Une intéressante visualisation des causes de mortalité provient de l’IHME, l’Institute for Health Metrics and Evaluation hébergé par l’Université de Washington à Seattle. Je parlais de l’ « exception française » à propos du resveratrol il y a quelques jours sur ce blog, mais selon les données disponibles sur le site de l’IHME, en comparant les principaux pays européens, on s’aperçoit qu’en réalité il existe une exception irlandaise et ce fait semble inexpliqué puisqu’il n’y a pas de vignes en Irlande.

Ce sont peut-être la bière et le whisky irlandais qui font la différence. Il suffit d’examiner l’illustration ci-dessus pour se rendre compte qu’effectivement on vit mieux en Irlande, une façon de parler, qu’ailleurs en Europe. Les résultats sont exprimés en DALY pour cent mille habitants, en d’autres termes en nombre d’années de vie ajustées à la morbidité, une méthode statistique permettant de comparer l’ensemble des causes de mortalité. Même si on ne comprend pas l’anglais l’interprétation de ces données est frappante. En Irlande on meurt beaucoup moins de cancers et de maladies cardio-vasculaires que dans le reste des pays européens cités. On voit qu’en Grande-Bretagne, en Allemagne, Grèce, Finlande et Portugal, l’incidence des maladies cardio-vasculaires est évidente. A ce niveau-là la France pourrait faire figure de bon élève. Pour les autres causes de mortalité, il n’y a pas de différences très significatives entre ces pays.

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Une autre illustration intéressante tirée du même site ( http://www.healthdata.org/ ) montre la différence des causes de mortalité entre 1900 et nos jours aux USA, mais le même type de représentation est globalement valable pour l’Europe. En 1900 plus de la moitié de la population, tous âges confondus, mourait de maladies infectieuses, en particulier de diphtérie, d’infections pulmonaires et de tuberculose. L’avènement de la vaccination puis des antibiotiques a pratiquement fait disparaître ces causes de mortalité, on le sait, et amplifié arithmétiquement les incidences des cancers et des maladies cardiaques car les candidats à ces causes de décès étaient déjà mort en 1900 de maladies infectieuses. Si on redistribue équitablement ces cas de décès (en 1900) sur toutes les autres affections non infectieuses de l’époque, on constate que le nombre de décès par AVC aurait diminué : (106,9 x 2) x (600/1100) = 116 contre 41,8 DALY de nos jours. Toujours avec la même approche dont on peut d’ailleurs contester la validité, les maladies cardiovasculaires ont par contre fortement augmenté : (137,4 x 2) x (600/1100) =150 contre 192,9 aujourd’hui. Il est enfin évident qu’en suivant ce raisonnement le nombre de cancers a significativement augmenté depuis 1900 de près de 70 %. Inutile de faire des périphrases, le développement de la chimie depuis le début des années 30 dans tous les domaines y est certainement pour quelque chose. La sénilité qu’on appelle aujourd’hui maladie d’Alzheimer ou encore de Parkinson, en suivant toujours ce même raisonnement, aurait plutôt diminué mais comme l’espérance de vie a parallèlement fortement augmenté, il n’y a pas trop de quoi se réjouir, ni pour la sénilité, donc, ni pour les maladies cardio-vasculaires, ni pour les cas de cancer car plus on vieillit plus l’organisme se fragilise et plus on s’expose à ces occurrences de mortalité. Rien de vraiment réjouissant sinon d’aller se retirer dans les vertes collines de Wicklow ou du Derrynasaggart … 

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