Le virus du papillome humain revisité

4.0.4

Le nombre de types de virus du papillome humain (HPV) est de plus d’une centaine, 148 exactement, mais peu importe, ce qui est reconnu c’est que parmi cette population très variée du même virus quinze types sont carcinogènes. Le type 16, le plus agressif, provoque des cancers du col de l’utérus, de l’anus, du pénis, de la vulve et du pharynx. l’HPV est la première maladie sexuellement transmissible et une étude récente a montré que 69 % des adultes américains étaient porteurs d’un ou de plusieurs types de ce virus. Le cancer du larynx dont la principale cause était jusqu’à peu la cigarette est maintenant plus fréquemment d’origine virale (HPV type 16) et ceci qu’on soit fumeur ou non. Le Centre Médical Langone de l’Université de New-York a conduit une étude sur 103 hommes et femmes dont les ADN tissulaires sont publiquement disponibles. Seulement 4 sujets étaient porteurs des types 16 et 18. Comment arriver à prouver un tel résultat, tout simplement parce toutes les séquences d’ADN des divers HPV sont connues et que de puissants ordinateurs sont capables d’extraire ces séquences de l’ensemble de l’ADN du tissu d’un sujet donné.

Il est intéressant de décrire la technique de séquençage de l’ADN utilisée pour cette étude et qui fait appel au final à la puissance de calcul de très gros ordinateurs consiste à fragmenter au hasard la molécule d’ADN, de séquencer tous les petits morceaux puis de réaligner les séquences et enfin d’éliminer par le calcul toutes les séquences d’origine humaine. Cette technique est appelée shot-gun sequencing, une expression qui rappelle de loin l’image que l’on obtient en tirant une cartouche de petits plombs sur une cible : les points d’impact sont diversement éloignés du centre de la cible et l’étude, dans le cas des fragments d’ADN, constitue à retrouver la molécule d’ADN entière, un peu comme si en analysant l’impact de chaque plomb sur la cible on reconstituait la charge de la cartouche. Il n’est pas difficile d’imaginer la puissance de calcul nécessaire pour analyser des dizaines de millions de fragments que fournit le séquenceur automatique en moins de deux jours et le centre médical Langone dispose justement de ce type d’équipement et de logiciels spécialement développés dans ce but précis.

L’étude comprenait 748 prélèvements de tissus, peau, vagin, bouche et intestin. Les échantillons provenaient de volontaires en bonne santé âgés de 18 à 80 ans. Le fait que l’étude ait montré que le nombre de personnes porteuses de l’un ou l’autre (ou plusieurs) types d’HPV n’est pas en soi alarmant car ces virus peuvent rester dormants pendant toute une vie et la majorité d’entre eux ne présente pas de dangers. Le Docteur Pei, l’un des auteurs de l’étude précise cependant qu’il est préférable de se faire vacciner contre les types 16 et 18 puisque le vaccin existe et son efficacité est prouvée. L’étude a aussi montré qu’avec seulement 103 personnes étudiées, 109 des 148 types d’HPV ont été détectés. La plupart des participants avaient des infections au niveau de la peau (61%) caractérisées par des verrues, puis par ordre décroissant venait le vagin (41%), la bouche (30%) et enfin l’intestin (17%). Un seul organe était touché pour 59 % d’entre eux, deux organes pour 31 % et seulement 10 % avaient trois organes (peau, vagin, bouche ou intestin) touchés. La répartition par types d’HPV est encore plus intéressante : 80 types différents ont été retrouvés sur les échantillons de peau, 43 types au niveau du vagin avec 20 d’entre eux spécifiques de cet organe, 33 types dans la bouche dont 5 spécifiques de la muqueuse buccale et enfin seulement 6 types différents dans l’intestin également trouvés dans les autres organes analysés.

Ce qu’il faut enfin retenir de cette étude exhaustive c’est l’interrelation possible entre les divers types d’HPV et le fait que ces virus ne sont pas les seuls à coloniser la peau et les muqueuses buccale, vaginale ou rectale. La présence de bactéries joue aussi un rôle que l’on ne peut pas ignorer dans le pouvoir pathogène de ces virus tout en le minimisant.

Source : NYU Langone Medical Center

Revoir aussi sur ce blog :

https://jacqueshenry.wordpress.com/2013/11/12/hpv-virus-du-papillome-humain-a-vos-capotes/

https://jacqueshenry.wordpress.com/2014/04/17/a-propos-de-vaccins/

https://jacqueshenry.wordpress.com/2014/02/21/vers-un-traitement-des-verrues/

https://jacqueshenry.wordpress.com/2012/07/31/deux-virus-cooperent-pour-lapparition-du-cancer-de-la-prostate/

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s