L’affaire Giboulot : du « séralinisme » d’un mauvais genre

Une fidèle lectrice de mon blog m’a proposé la lecture de la NewsLetter émanant d’une ONG domiciliée à Bruxelles, c’est là où ce type d’organisation peut le plus aisément distiller sa propagande douteuse auprès des politiciens, dénommée pompeusement «  Institut pour la Protection de la Santé Naturelle », tout un programme ! Ce pamphlet relate « l’affaire Giboulot » au sujet de laquelle j’avais disserté brièvement dans ce blog car l’absurdité de la réaction véhémente des écologistes avait dépassé les limites de l’acceptable ( https://jacqueshenry.wordpress.com/2014/02/24/lideologie-absurde-des-ecologistes/ ). Voici le brûlot de l’IPSN :

Chère amie, cher ami,

Aujourd’hui, je vous soumets une interview du Pr Henri Joyeux qui nous livre ses impressions à la suite de l’affaire Emmanuel Giboulot que vous avez suivie avec passion.

Augustin de Livois

Pesticides, OGM : les vrais risques pour votre santé

Le Pr Henri Joyeux est cancérologue, chercheur, nutritionniste, auteur de nombreux ouvrages dans le domaine de la santé et ancien président de Familles de France. Il est également membre du comité scientifique de l’IPSN.

Nous proposons cette interview à la suite du grand succès de la pétition de soutien à Emmanuel Giboulot, lancée par l’IPSN, qui a réuni plus de 500 000 signatures. Ce viticulteur de la Côte d’or (Bourgogne) a refusé d’épandre sur sa vigne un pesticide (le pyrèthre) imposé par la préfecture. Les autorités craignaient une extension de l’épidémie de flavescence dorée qui s’est déclarée dans le département voisin, la Saône-et-Loire. Emmanuel Giboulot, dont la vigne est cultivée en biodynamie depuis 40 ans, a refusé cette décision parce que sa vigne était située hors de la zone d’épidémie et que le produit proposé, bien que fabriqué à partir de produits naturels, est un produit toxique.

IPSN : Professeur, avez-vous été surpris par la mobilisation populaire et médiatique en faveur d’Emmanuel Giboulot ? 

HJ : Oui, j’ai été surpris par le nombre de signataires. Cela démontre que nous n’allons pas si mal en France, que le bon sens pour la nature au service de l’humain est bien en place. Ce bon sens rejoint notre santé, celle de chacun d’entre nous et de la société tout entière.

IPSN : Est-ce que selon vous ce soutien massif montre que le public est davantage conscient des enjeux de l’agriculture biologique ?

HJ : Oui, point besoin de longues études pour voir que les colonies d’abeilles sont décimées par l’agriculture productiviste, que notre terre se stérilise, que les pesticides font des ravages en matière de santé publique. Je rejoins à 100 % Pierre Rabhi et mes collègues Gilles-Eric Seralini et Jean-Marie Pelt. 

IPSN : Les pesticides sont-ils donc si dangereux ? 

HJ : Je viens de préfacer le livre de Fabien Rodhain qui est sous presse : « Des semences et des hommes ».

Savez vous que :

L’industrie agrosemencière a mis sur le marché des plantes hybrides qui ne sont pas réutilisables, car entraînant des chutes de rendements si elles sont ressemées une deuxième fois. Il faut donc en re-acheter… 


L’industrie agrochimique mondiale s’est emparée de la génétique pour modifier les plantes, pour obtenir des PGM (Plantes génétiquement modifiées) pour une agriculture productiviste intensive en faisant croire qu’elle est nécessaire pour nourrir la planète, ce qui est FAUX. 


Les PGM sont à plus de 99 % des plantes à pesticides que l’on retrouve dans l’alimentation du bétail et des humains. 


57 % des PGM sont tolérantes à un herbicide, ce qui veut dire que la plante peut se gorger de ROUNDUP sans mourir. 


16 % des PGM produisent elles-mêmes leurs insecticides. 


26 % des PGM peuvent produire plusieurs insecticides et être tolérantes à plusieurs herbicides (exemple MAÏS Smartstax = 6 gènes insecticides + 2 de tolérance à herbicides).


Les évaluations chez l’animal sont faites pour démontrer que tout va bien : consommation par de jeunes rats sur 3 mois et surtout pas vie entière, aucun bilan hormonal alors que tous les pesticides sont des perturbateurs endocriniens dont on commence à connaître les effets délétères sur les enfants (anomalies urogénitales : hypospadias, anomalies utérovaginales ; hypofécondité des hommes…) 


Les études toxicologiques sont réalisées par les producteurs eux-mêmes et sont déclarées « secret industriel » ou « propriété intellectuelle ». 


IPSN : N’avons-nous pas un seuil de tolérance ? 

HJ : Difficile de répondre, car extrapoler du seuil de tolérance d’un rat ou d’une souris à l’homme n’a aucune valeur scientifique, mais on s’en sert quand même pour nous faire avaler, respirer… des produits toxiques sous le prétexte qu’on va sauver l’humanité et le tiers-monde, ce qui est totalement faux.

IPSN : Voyez-vous les effets des pesticides sur la santé de vos patients ou faut-il plus d’années de recul ?

HJ : Oui, mais il s’agit de causes accumulées et il peut être difficile d’incriminer les seuls pesticides, quand il y a le tabac, le stress, les mauvaises habitudes alimentaires, les hormones exogènes et d’autres perturbateurs endocriniens. Les localisations cancéreuses les plus fréquemment observées sont au niveau des seins, de la prostate, du tube digestif et du système immunitaire avec les lymphomes.

IPSN : Que faudrait-il changer, selon vous, pour que l’agriculture soit plus respectueuse de la santé des consommateurs ?

HJ : Il faut exiger un étiquetage honnête et non manipulé. Si sur le marché vous avez à choisir entre tomates OGM et tomates nature plein champ de Provence, que choisirez vous ? Mon choix est évident. 

Voici un exemple tout récent dans mon service de chirurgie. Une de nos infirmières a sur sa table une bouteille de Coca… Je lui fais remarquer que ce n’est pas bon pour sa santé, qu’il y a de l’aspartame, édulcorant éminemment toxique. Elle me répond que c’est du Zéro ! Je lui demande quel Zéro ? Elle me dit « pas d’aspartame ». Il m’a fallu une loupe pour lui démontrer qu’elle était trompée. Son coca est passé à la poubelle.

Institut pour la Protection de la Santé Naturelle

Association sans but lucratif

Rue du vieux Marché au grain, 48 1000 BRUXELLES

Je suis allé sur le site PubMed et je n’ai pas trouvé la moindre publication de cet individu. S’il est chercheur, médecin, pourquoi pas académicien, ses publications, s’il y en a, ont paru dans des journaux cryptiques qui ne sont pas référencées sur ce site qui fait pourtant autorité en la matière : http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/ . Première mauvaise impression !

D’emblée, ce triste sire cite Séralini, on est donc rassuré, il fait partie de la bande d’escrocs dilapidant les fonds publics sortis de la poche des contribuables pour brasser du vent et s’auto-satisfaire dans des travaux obscurs même pas reconnus par la communauté scientifique car ils sont justement contraires aux principes de base de la bonne pratique de laboratoire. Donc, deuxième mauvaise impression ! J’ai failli arrêter ma lecture mais comme je suis objectif dans mes critiques, j’ai poursuivi ce pensum. On entre rapidement dans le délire idéologique car apparemment ce monsieur ignore ce qu’est un hybride F1, il n’en a probablement jamais entendu parler et les agriculteurs qu’il a approché, il faut espérer qu’il a au moins fait cette démarche, lui ont précisé que sans hybrides F1 produits par les semenciers, les chutes de rendements sont telles, OGM ou pas, que l’agriculteur en question n’a qu’à tirer le rideau et s’inscrire à Paul Empois sans beaucoup d’espoir de retrouver du travail.

A propos des essais sur les rats, on peut faire dire ce qu’on veut et « séraliniser » tous les jours, même les jours fériés, ces rats ne sont pas adaptés pour des études sur le long terme et ce genre d’étude est caduque dans la mesure où les plantes transgéniques sont cultivées depuis plus de 25 ans et que jamais aucun effet indésirable n’a été décrit ni sur la santé animale ni sur la santé humaine. Quant aux abeilles il s’agit d’un autre débat plus complexe qu’on ne peut pas, comme le fait cet individu peu recommandable, survoler en trois mots, j’en ai souvent parlé dans mon blog.

Affirmer que les plantes transgéniques résistantes au glyphosate (maïs MON810 par exemple) sont gorgées de pesticides, c’est non seulement une contre-vérité scientifique, mais ça vient probablement de sortir du cerveau de ces activistes pour effrayer les foules d’ignorants prêts à gober n’importe quelle rumeur pourvu que ce soit bien orienté idéologiquement et politiquement !

La fin de cet entretien surréaliste, on pourrait dire « la chute », rapproche des tomates transgéniques, c’est curieux d’en parler car elles sont interdites en Europe, avec l’aspartame du Coca-Cola Zéro qui n’est pas interdit et pour cause, l’aspartame est utilisé dans le monde entier et jamais aucun effet délétère de cet agent sucrant n’a été décrit si ce n’est son action de leurre sur le pancréas via le cerveau qui interprète l’aspartame comme un sucre et prépare alors le pancréas et le foie à la prise en charge de ce dernier pour rien.

Donc Henri Joyeux est un escroc, et l’IPSN dont il est conseiller scientifique est une association sans but lucratif, certes, mais une association d’escrocs qui répand des rumeurs totalement infondées. S’il existe des gogos ( 500000 paraît-il ) prêts à financer de telles organisations cela prouve que le sens critique est devenu de nos jours une denrée rare.

Pour en terminer, j’ai laissé un message à cette lectrice en lui précisant que j’avais fait partie d’une infime minorité de scientifiques français ayant travaillé plus de 12 ans dans un des rares laboratoires de France impliqué dans la transgénèse végétale – il n’existe plus aujourd’hui – et qu’ainsi quand je parle de plantes transgéniques je sais de quoi je parle, ce qui de toute évidence n’a pas l’air d’être le cas de ce professeur dont on se demande bien quelle matière il peut enseigner quand il est capable de se commettre en tenant des propos aussi ridicules …

Une réflexion au sujet de « L’affaire Giboulot : du « séralinisme » d’un mauvais genre »

  1. Pour info, le MON810 n’est pas une « plantes transgéniques résistantes au glyphosate », mais un maïs BT. Aussi, on parle plutôt de tolérance à un herbicide, plutôt que de résistance.

    Tout cela ne change rien au fond de votre article, qui est complètement pertinent. Ces alter-scientifiques méprisent la science.

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