Quel que soit notre « genre » nous sommes à la merci de notre nez !

On suspectait que le nez était un récepteur de certaines molécules chimiques très spécifiques excrétées par l’urine ou le sperme ou encore la sueur qui avaient le pouvoir d’être le signal initiateur de l’attirance sexuelle. Mais comme la « théorie du genre » est venue semer le trouble, on ne sait plus trop où on en est avec les hétéro, les homo, les bi, les trans, bref, je n’ai pas suivi cette polémique qui frise le ridicule contrairement à des chercheurs chinois de l’Institut de Psychologie de l’Académie de Pékin. Ils ont imaginé un protocole très simple pour tester deux dérivés des hormones stéroïdes sexuelles sur la réactions de personnes de « genres » variés. Il s’agit de l’androstadienone (androsta-4,16,-dien-3-one) un métabolite apparaissant dans l’élimination de la testostérone, l’hormone sexuelle mâle, qui n’a aucune activité hormonale ni anabolisante et du côté de l’autre genre l’estratetraenol (estra-1,3,5(10),16-tetraen-3-ol) un métabolite apparaissant également dans l’élimination cette fois de l’estradiol, l’hormone sexuelle femelle (?) Non, de la femme. Il n’y a pas de « genre » pour les chimistes, les biochimistes et les biologistes, il y a, quand on parle de l’espèce humaine, des hommes et des femmes, comme il y a pour les animaux des mâles et des femelles.

Ces deux molécules ont une faible volatilité mais celle-ci est suffisante pour que le nez les reconnaisse et envoie un signal au cerveau. Si un homme approche son nez du sexe d’une femme, ça peut arriver, alors que l’urine de celle-ci contient de l’estratetraenol, sans qu’il s’en rende compte son cerveau recevra un message qui prendra la situation en charge d’une manière ou d’une autre, et on peut tout imaginer. Si une femme, dans le métro par exemple, se trouve en quelque sorte contrainte de renifler l’aisselle d’un homme s’agrippant à une poignée ou une barre parce son nez se trouve exactement à la bonne hauteur, elle va peut-être sentir le déodorant du mec en question mais son nez comprendra que la transpiration imperceptible du mâle proche d’elle émet de l’androstadienone dont elle ne perçoit aucune odeur et le signal sera transmis à son cerveau avec les conséquences éventuellement embarrassantes comme de mouiller sa petite culotte toute propre.

Ces deux molécules sont des phéromones et hommes et femmes y sont sensibles sans vraiment en être conscients et c’est ce que ces biologistes chinois ont voulu définitivement prouver.

Pour ce faire ils ont inventé un stratagème simple mais efficace consistant à montrer des silhouettes réduites à leur plus simple expression, des points lumineux schématisant la tête, les épaules, les coudes et les mains, le tronc et le bassin, etc se transformant progressivement en un autre « genre » au cours du test, il faut avoir de l’imagination mais ces phéromones sont justement là pour aider …

Capture d’écran 2014-05-03 à 20.44.15

Quand des « genres » variés, disons les cobayes, soumis à l’expérience regardaient ces images hautement suggestives, il faut se faire à cette idée, en les soumettant à l’un des deux composés cités plus haut, ils étaient supposés décrire ce qu’ils ressentaient dans le plus profond de leur intérieur – ou de leur extérieur, selon le « genre ». Et voilà ce que le test a livré tout cru :

Capture d’écran 2014-05-03 à 20.44.49

Inutile d’insister sur la perception du point d’égalité subjective (PSE) quand les sujets soumis au test étaient baignés d’effluves amplifiant de manière irrépressible leur penchant sexuel, c’est clairement décrit dans ce graphique qui résume toute l’expérience. Les hommes homosexuels sont excités par les phéromones mâles, on pouvait s’y attendre, ils sont habitués à coller les photos des pin-up de leur « genre » sur les murs en éjaculant véhémentement (référence au regretté Serge Gainsbard) et ça dégage pas mal d’androstadienone. Pour les femmes hétérosexuelles, la majorité dans mon imaginaire, normal je suis aussi du « genre » hétéro, elles répondent plutôt à la phéromone mâle avec une indécision totale quant à l’équivalent originaire du même « genre » contrairement aux femmes qui ne savent pas trop où elles en sont, homo ou bi, au beau milieu du panneau dans lequel elles sont tombé, triste condition !

Enfin pour les hommes du « genre » hétéro c’est clair, la figure parle d’elle-même ils ressentent tous un frétillement fort agréable quelque part au niveau du slip à la moindre effluve d’estratetraenol qu’on a pourtant de la peine à imaginer comme étant volatil. Cette dernière remarque montre à quel point le nez est sensible à ce type de produits, sans odeur véritablement démontrée, et que le rôle évident des terminaisons olfactives dont nous disposons est, comme cette étude le prouve, de faciliter ce que l’on préfère le plus en ce monde, baiser comme des bêtes (que nous sommes) et on se livre à ce passe-temps parce que nos sens, dont notre nez, nous y obligent !

Source : http://www.cell.com/current-biology/pdfExtended/S0960-9822(14)00327-3

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