La biomasse, source d’énergie renouvelable ? Pas tant que ça !

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La biomasse, cette tarte à la crème si l’on peut parler ainsi de cette supposée source d’énergie considérée comme inépuisable, n’est pas aussi reluisante qu’on l’affirme en termes de rejets de CO2, ce gaz dangereux pour le climat dont on ne dit donc que du mal alors qu’il est aussi essentiel pour la photosynthèse que l’oxygène que l’on respire pour rester en vie. Inutile de faire encore un cours de biochimie. La biomasse, dans l’esprit des écologistes qui veulent à tout prix remplacer le pétrole, le charbon et l’uranium par du « renouvelable », c’est le bois, la paille, les fanes de maïs et de rutabaga, surtout le rutabaga puisqu’il n’y aura bientôt plus de maïs car celui-ci sert déjà de plus en plus à produire de l’éthanol pour faire rouler les voitures. En 2013 quarante pour cent du maïs nord-américain a été utilisé pour produire de l’éthanol, et donc on peut s’attendre à une aggravation mondiale du marché du maïs vers la hausse sachant que les USA produisent aussi 40 % du maïs mondial. Tout ça pour dire que les rutabagas ont un bel avenir devant eux ! Les rutabagas, alias topinambours me rappellent personnellement de mauvais souvenirs. Quand j’étais enfant, il m’arrivais de déterrer quelques tubercules de cette plante et de croquer avidement dans la chair blanche légèrement violacée et sucrée sachant pourtant que je souffrirais de violents maux de ventre quelques heures plus tard.

Les fanes de nombreuses cultures vivrières constituent donc une source d’éthanol moins immorale que le maïs, encore que … Imaginons que les Japonais produisent de l’éthanol avec leur riz qui est pour eux comme un dieu, imaginons les Français convertissant 80 % de la production de vin en alcool, tout ça pour remplir les réservoirs des voitures … mais comme c’est renouvelable, c’est politiquement correct de se lancer dans des projets de ce genre. La biomasse est un terme vague qui englobe le lisier de porc, les bouses de vache et le fumier, des trucs qui puent déjà au départ et avec lesquels on peut produire du méthane qui est chargé en produits soufrés et qu’il faut purifier soigneusement avant de l’utiliser. La biomasse c’est aussi les copeaux de bois ou la sciure avec les fanes des cultures, dont les rutabagas et la paille. Mais faire de l’éthanol avec ces déchets n’est pas du tout simple même si sur le papier la cellulose et la lignine sont constituées de sucres, mais mettez de la sciure de bois dans de l’eau, ajoutez des levures, il ne se passera rien, alors qu’avec de la farine de maïs ou de toute autre céréale, la même tentative aboutit à un jus alcoolisé exploitable facilement à peu de frais.

Les résidus ligneux doivent être convertis en sucres susceptibles d’être consommés par les levures pour produire de l’alcool. Ce processus dégage du CO2 – ça les écolos oublient d’en parler, c’est dérangeant – selon l’équation chimique ci-dessous qui schématise la fermentation alcoolique :

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Si on englobe l’énergie nécessaire pour hydrolyser les résidus ligneux avec de l’acide sulfurique, les traitements catalytiques et enzymatiques nécessaires pour rendre ensuite ces sucres fermentescibles, la note est plutôt douloureuse et de nombreuses études ont clairement montré que les biocarburants produits par cette filière émettent globalement, y compris la combustion finale de l’alcool par le moteur d’une voiture, 7 % de CO2 de plus que de l’essence traditionnelle obtenue à partir du pétrole. Ces 7 % sont obtenus dans la situation la plus optimiste consistant à produire de l’alcool à partir de biomasse dans une région de culture intensive, par exemple de maïs, afin de minimiser au mieux les coûts d’acheminement des fanes et des rafles. C’est un peu comme les sucreries qui se trouvent dans les régions productrices de betteraves et non pas à des centaines de kilomètres ou les distilleries dans les îles qui sont toutes situées au beau milieu des champs de cannes à sucre, ce qui est par exemple le cas aussi au Brésil, premier producteur d’éthanol du monde. Toutes les études réalisées sur le bilan carbone de l’utilisation de la biomasse (University of Nebraska-Lincoln, crédit photo de la même source) pour produire de l’éthanol sont défavorables mais rien n’arrêtera le mouvement puisqu’il en a été décidé ainsi pour épargner, soit dit en passant de manière totalement erronée, l’état de l’atmosphère. L’EPA (Environmental Protection Agency, USA) a édicté une contrainte qui stipule que la production de biocarburants à partir de biomasse agricole doit être de 60 % inférieure aux carburants issus du pétrole en terme de rejet global de CO2, combustion finale incluse. On est encore très loin de cet objectif !

Imposer par des mesures fiscales ou tarifaires les biocarburants a d’ors et déjà pour conséquence de voir une série de petites entreprises de raffinage de pétrole tout simplement mettre la clé sous la porte car l’adjonction d’un pourcentage (au moins 10 %, mais ce pourcentage varie selon les Etats américains) d’éthanol dans l’essence réduit à néant leur marge bénéficiaire déjà restreinte dans le meilleur des cas et ces raffineurs perdent chroniquement de l’argent. Tous les arguments idéologiques erronés des écologistes, en premier lieu Obama, ont conduit à la production massive d’éthanol à partir du maïs et les projections pour 2014 font frémir : les USA convertiront 5 milliards de boisseaux (35,2 litres soit 25,4 kg) de maïs, en termes compréhensibles 125 millions de tonnes, pour produire 13 milliards de gallons (3,78 litres) d’éthanol soit environ 50 millions de mètres cube (les puristes pourraient convertir en barils soit 315 millions de barils d’éthanol), ce qui ne représentera QUE 12 % de tout le carburant utilisé sur le territoire américain. Mais les conséquences sur le marché mondial du maïs seront gigantesques pour peu que se greffe une mauvaise récolte dont la cause sera naturellement attribuée immédiatement au changement climatique. Il faut se souvenir que les cours du maïs fixent aussi ceux du lait, du fromage, des œufs, de la viande, des sirops de sucre et des autres céréales, or les réserves mondiales de céréales couvraient au début de ce mois d’avril 2014 à peine deux mois de consommation, le plus bas niveau depuis 30 ans.

Puisque les écologistes sont si soucieux de l’environnement, ils devraient admettre que la culture du maïs orientée vers l’éthanol, et qui est lourdement subventionnée par l’administration Obama, a aussi pour effet de fragiliser les sols et de détruire en grande partie les haies qui avaient été à grand peine reconstituées pour réduire l’érosion afin d’augmenter la production. Mais au Brésil, c’est bien pire. L’appât du gain a eu pour résultat la destruction pure et simple de millions d’hectares de forêt pour planter de la canne à sucre et du soja dans le but de produire des agrocarburants. Une étude réalisée à l’Université de Sao Paulo a montré que l’effet sur l’empreinte carbone globale était catastrophique : tout l’éthanol produit après la destruction des forêts émet globalement 50 % de carbone de plus dans l’atmosphère que les carburants classiques dérivés du pétrole. Qu’à cela ne tienne, le Brésil, à la recherche de cash, exporte de l’éthanol, tant pis pour la forêt amazonienne !

Que ce soient le maïs ou la canne à sucre qui produisent facilement un éthanol à un prix abordable ou l’utilisation des déchets agricoles et forestiers qui constituent une aberration économique, ces choix ont été fait dans la précipitation, une conséquence de la peur du réchauffement climatique profondément ancrée dans la tête des politiciens par les experts de l’IPCC, une précipitation injustifiée en terme de préservation de l’environnement alors que l’arrivée au stade industriel d’algues et de bactéries génétiquement modifiées permettra, dans un très proche avenir et à moindre coût et surtout sans monopoliser des terres noblement destinées à l’alimentation humaine et animale, de produire un biodiesel satisfaisant. Mais encore une fois ce sont les pays dont les ressources agricoles sont limitées, en particulier les pays pauvres, qui subiront les contre-coups de plein fouet de ces politiques absurdes et criminelles.

Sources : University of Nebraska-Lincoln et Forbes Magazine

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