L’égalité homme-femme en question

Dans le feuilleton de la théorie du « genre » qui sévit en France et dont je n’ai toujours pas compris la finalité, peut-être est-il question de l’égalité hommes-femmes, l’obsession de la porte-parlote du gouvernement. Je me demande d’ailleurs si elle n’est pas aussi plus ou moins ministre de l’égalité des sexes, et pourtant, à moins de cacher sa vraie nature, elle est bel et bien une femme et donc possède deux copies du chromosome X alors que l’homme, par opposition aux femmes, n’en possède qu’une copie. Pour abonder dans l’égalité hommes-femmes, près de 75 % des informations génétiques de la deuxième copie du chromosome X sont « silencieuses », en d’autres termes, et arithmétiquement parlant, on peut dire que la femme dispose de 1,25 chromosome X et l’homme de 1 chromosome X et de son chromosome Y qui lui est unique. Donc, pour une élève de CM1 non endoctrinée par le corps enseignant largement socialo-écolo-marxiste et partisan de l’égalité hommes-femmes, le calcul est simple : l’homme est supérieur à la femme !

Chromosome_X_Etude_Inactivation_X

En réalité ce calcul est complètement spécieux et pour cause, l’homme est plutôt mal loti avec son chromosome Y qui ne code que pour 78 gènes alors que le chromosome X, le deuxième plus gros de la panoplie génétique humaine, code pour 2000 gènes, l’élève de CM1 dont je parlais aura vite fait le calcul : effectivement la femme est supérieure à l’homme en terme de gènes exprimés : 2500 contre 2078 pour l’homme en tenant compte des 500 gènes non silencieux du deuxième chromosome X. La porte-parlote du gouvernement se frottera les mains en apprenant ça et elle aura raison.

Malheureusement, dans la réalité, c’est bien le chromosome X qui explique pourquoi les femmes sont statistiquement plus petites que les hommes, je précise, plus petites en taille sous la toise. Encore fallait-il le prouver sans ambiguité, ce qui est maintenant chose faite. Un article paru dans PlosOne ce 6 février 2014 relate les travaux d’une équipe de généticiens de l’Université d’Helsinki qui a examiné la séquence de l’ADN du chromosome X de près de 25000 personnes essentiellement en Finlande et en Suède. Pourquoi effectuer un travail aussi aride, tout simplement pour détecter l’incidence des SNPs sur certaines informations médicales disponibles pour ces 25000 personnes étudiées comme l’indice pondéral corporel, la taille, la pression sanguine et les lipides du sang. Pour mes lecteurs pas vraiment férus de génétique, il faut préciser, comme on le voit dans la figure ci-dessus représentant un chromosome X (Wikipedia) ce qu’est un SNP, acronyme pour Single Nucleotide Polymorphism, prononcez snip : il s’agit du résultat phénotypique d’une mutation sur une seule paire de bases de l’ADN, en d’autres termes du résultat macroscopique de cette mutation. Ce résultat peut conduire à une maladie génétique incurable ou tout simplement légèrement modifier l’état de santé d’une personne voire être totalement sans effet et le but de l’étude entrant dans le cadre du GWAS (Whole Genome Association Study) a justement pour but d’associer certaines pathologies avec ces SNPs et a conduit cette équipe finlandaise à faire une découverte intéressante.

Les résultats de ce type d’étude plutôt complexe sont visualisés dans ce qu’on appelle un « Manhattan plot » (plot = graphique) qui permet de visualiser les SMP selon leur position le long d’un chromosome en fonction de leur incidence statistique. Désolé mais il fallait entrer dans les détails pour comprendre la figure tirée de l’article de PlosOne. Cette figure montre dans sa partie supérieure les Manhattan plots des SNP corrélés aux paramètres étudiés, dans l’ordre de la figure : TC : cholestérol total, LDL-C : cholestérol LDL (le mauvais), HDL-C : cholestérol HDL (le bon cholestérol), TG : triglycérides, insuline à jeun, glycémie à jeun, CRP, C-reactive protein, SBP : pression sanguine systolique, DBP : pression sanguine diastolique, taille, BMI : indice pondéral corporel et WHR : rapport tour de taille/tour de hanches.

journal.pgen.1004127.g001

Le Manhattan plot montre clairement l’occurrence de SNP associés à un gène appelé ITM2A situé dans le locus q21.1 (voir l’illustration du chromosome X tiré de Wikipedia) dont la fonction est impliquée dans le développement des cartilages. On pourrait objecter à ce résultat que ce fameux gène qui pourrait donc expliquer la plus petite taille des femmes statistiquement parlant par rapport aux hommes se retrouve aussi dans le chromosome X dont sont aussi porteurs les hommes. La différence entre hommes et femmes se situe au niveau de l’expression de ce gène qui chez l’homme est, disons, bien régulée alors que chez la femme, en raison du « silence » d’une grande partie du deuxième X, il n’y a pas de compensation de l’expression de ce gène ni à l’intérieur du même chromosome si on peut parler ainsi puisque chaque chromosome contient deux copies de chaque gène (allèles) ni avec le deuxième chromosome X silencieux au moins en partie. En d’autres termes le squelette arrive « plus vite » à maturité chez la femme et la croissance ralentit puis s’arrête.

Au cours de cette étude, comme le montre aussi la figure, il n’y a pas de différences notoires entre hommes et femmes en ce qui concerne les paramètres biochimiques ou la pression artérielle, à une petite exception près, les SNP liés au taux d’insuline à jeun (locus q23) qui ne sont pas encore pleinement élucidés. En conclusion les femmes sont bien différentes des hommes mais à de tels infimes détails près au moins en ce qui concerne leur taille sous la toise que la porte-parlote du gouvernement peut dormir sur ses deux oreilles.

Source : PlosOne, Wikipedia.

Lien : http://www.plosgenetics.org/article/info%3Adoi%2F10.1371%2Fjournal.pgen.1004127

Une réflexion au sujet de « L’égalité homme-femme en question »

  1. L’égalité doit être une égalité en Droit. La loi doit être égale pour tous les êtres humains.

    Mais il est évident que les femmes et les hommes ne sont pas égaux physiquement, la masse musculaire des hommes étant plus grande à celle des femmes, la résistance des femmes étant plus grande que celle des hommes (il a été démontré que le système cardiovasculaire d’un homme ne résisterait pas à la violence d’un accouchement.)

    Comme aucun être humain n’est égal à un autre être humain (il y en a des petits, des grands, des maigres, des musclés, des gros, des faibles, des forts, etc), il n’y a pas d’égalité entre êtres humains, cependant l’ÉGALITÉ EN DROIT est vitale pour une société juste.

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s