Et si tout partait du Portugal (ou de la France) ?

Je ne suis pas du tout un économiste et je ne possède pas le don de prédire l’avenir dans le marc de café ou en regardant une boule de cristal, je laisse ce genre d’exercice aux journalistes en mal d’inspiration quand ils prétendent qu’à partir de 2017, par exemple, les USA perdront chaque année 2 millions d’emplois ou que la France aura réduit sa dette et ses dépenses pour se retrouver à moins de 3 % de déficit. Et souvent ces journalistes confondent un peu tout et racontent n’importe quoi. Bref, les faits sont les faits et ils sont indéniables. Par exemple, la France va devoir rembourser entre 2014 et 2015 380 milliards d’euros de dette arrivant à maturité soit environ 23 % de son PIB prévu pour 2014, prévu pour être sensiblement le même qu’en 2013, et même réparti sur deux ans (190 milliards par an) on se demande comment le gouvernement y parviendra sinon en empruntant encore plus puisqu’il n’est toujours pas décidé à faire des économies en raison d’une multitude de blocages notamment des syndicats et également en raison des échéances électorales à répétition. On ne décide pas de mesures douloureuses au risque de perdre la moitié de son électorat, c’est bien connu.

Pour bien faire, le gouvernement français devrait réaliser 190 milliards de réduction budgétaire en 2014, économies reconduites en 2015 du même montant, pour ne plus devoir emprunter uniquement pour rembourser la dette arrivant à maturité. Et je ne parle pas des intérêts de la dette en cours à payer aux créanciers qui s’élèvent à environ 80 milliards d’euros par an, en gros ce que la France emprunte en deux mois et demi puisque, faut-il le rappeler, le budget est en déficit chronique, et il faut aussi emprunter sur les marchés pour pouvoir payer ces intérêts. Ce sont des faits, mais il est illusoire de trouver une telle description de l’état de délabrement de la situation financière de la France dans les médias car il est politiquement incorrect d’en parler ! Ces données tirées des divers tableaux d’un rapport publié par un cabinet financier américain (voir le lien) en arrivent à l’invraisemblable volume du poids global de la dette de l’Etat français de 13,5 % du budget de l’Etat si mes calculs sont exacts. Or dans une tendance déflationniste dans laquelle il semble que l’Europe entre il est impossible pour la France de faire face durablement à ce fardeau qui pénalise l’ensemble de l’économie du pays.

Pourquoi alors ce titre de mon billet me direz-vous puisque je ne disserte que sur la France. Tout simplement parce qu’on retrouve pour la France ces données, les faits dont je parlais plus haut, dans un rapport de Tortus Capital à propos de l’insoutenable dette du Portugal. Sans vouloir jouer le rôle de l’avocat du diable on constate que ce qui mine le budget du Portugal est son incroyable secteur de protection sociale et de transferts sociaux avec les privilèges presque obscènes des fonctionnaires et du monde politique du pays. Ca rappelle quelque chose si on revient en deçà des Pyrénées. Le gouvernement portugais a tenté de faire des économies sur ces divers postes. Huit propositions d’économies budgétaires ont été jugées contraires à la Constitution ! Par exemple l’homogénéisation des régimes de retraite public/privé a été rejetée, la réforme du marché du travail : rejetée, la suppression des treizième et quatorzième mois (primes) des employés et retraités du secteur public : rejetée, la réduction des allocations chômage et invalidité : rejetée. On se croirait en France malgré les nombreuses réformes que le gouvernement portugais a été obligé de faire sous la tutelle du FMI, mais la France n’est pas (encore) sous la tutelle du FMI et ne fait rien. On peut comprendre sans difficulté, à la vue des données présentées plus haut pour la France que ces « ajustements » budgétaires devront à un moment ou à un autre être envisagés par le gouvernement et le Président Hollande à grands coups de forceps car à la moindre remontée des taux d’intérêt il faudra bien que la France envisage des mesures drastiques d’économies budgétaires sinon ce sera la banqueroute car cette fois le FMI et l’Europe n’auront pas assez de moyens pour aider le pays, la France, en volume, ce n’est ni la Grèce, ni le Portugal ni l’Irlande ni Chypre.

Un défaut de la France signifierait à n’en pas douter la fin de l’union monétaire européenne et personne ne veut en entendre parler, pour l’instant du moins. Il restera alors la dernière solution, la mise à contribution du secteur financier privé (PSI) selon un scénario à la grecque ou à la chypriote qui inclura non seulement les établissements financiers (hair-cut, en français tonsure), les banques pour l’homme de la rue et aussi les assureurs et certains fonds de pension (mais si, il y en a en France y compris dans la fonction publique), mais aussi les particuliers qu’ils soient fonctionnaires, retraités ou actifs du secteur privé avec une confiscation pure et simple de leur épargne. Triste perspective mais ce sera le prix à payer pour ne pas précipiter l’ensemble de la population dans la misère. En définitive ce sont bien les générations actuelles qui finiront par payer cette dette et non pas les générations futures comme se plaisent à le dire les économistes et les journalistes.

Mon analyse vaut ce qu’elle vaut mais je me suis seulement inspiré de la lecture de ce rapport.

Ce qui est tout aussi alarmant est la situation des USA qui vont arithmétiquement atteindre le plafond légal de la dette fédérale ce vendredi 7 février 2014. Comme un vote du Congrès dans les temps pour relever ce plafond est improbable, la Maison Blanche a déjà décidé de suspendre toute émission de dette destinée aux Etats et aux municipalités dès ce vendredi afin d’éviter un défaut. Si de telles dispositions législatives existaient en France, il y a bien longtemps que le pays serait dirigé par des spécialistes et non plus par des politiciens totalement éloignés de la réalité, notoirement incompétents et englués dans des idéologies qui sont totalement dépassées. Comme se plait à le dire H16, ce pays (la France) est foutu !

Via globaleconomicanalysis

Pour ceux de mes lecteurs qui liront ce document très instructif, PSI signifie Private Sector Initiative par opposition à OSI, Official Sector Initiative (http://en.wikipedia.org/wiki/Private_sector_involvement).

Lien : http://rehabilitatingportugal.com/presentation.html

Une réflexion au sujet de « Et si tout partait du Portugal (ou de la France) ? »

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