L’obscurantisme et la vaccination

A Malibu Beach et Pacific Palisades, des faubourgs huppés de Los Angeles, plus de la moitié des enfants des écoles maternelles ne sont pas vaccinés. Pourtant tout le monde (ou presque) sait que la vaccination protège les enfants contre des maladies pouvant parfois laisser des séquelles sérieuses. La Mayo Clinic a donc tiré la sonnette d’alarme en répondant fermement aux arguments infondés des « anti ».

A la première objection basée sur une rumeur infondée qui a été démentie à plusieurs reprises par le milieu médical, les vaccins sont l’une des causes de l’autisme, la Mayo Clinic est très claire, jamais aucune étude n’a pu démontrer que les vaccins, quels qu’ils soient, puissent être la cause de l’autisme, il s’agit de pures coïncidences.

Un autre argument des « anti » serait que l’immunité naturellement acquise est plus puissante que celle obtenue par la vaccination. Certes, cet argument se base sur les taux d’anticorps circulant après avoir contracté une maladie mais la vaccination permet d’atteindre un taux de ces anticorps suffisant pour justement ne pas être exposé à cette maladie. Mais il y a de sérieux désavantages que les « anti » veulent tout simplement ignorer. La varicelle, par exemple peut entrainer une pneumonie, une infection naturelle par le virus de la poliomyélite peut conduire à une paralysie lourdement handicapante, les oreillons peuvent rendre sourd et éventuellement endommager les testicules, l’Haemophilus influenza b peut provoquer des dommages cérébraux irréversibles, la diphtérie peut être mortelle tout comme le tétanos. Les « anti » ignorent tout simplement ces faits ou feingnent pour des raisons souvent obscures de les ignorer.

Les « anti » considèrent que les effets secondaires des vaccins sont tels que s’abstenir est une meilleure solution. En réalité, comme le rappelle la Mayo Clinic, les effets secondaires sont mineurs, fièvre sans gravité, douleur et inflammation légère au niveau du point d’inoculation du vaccin. Certains vaccins peuvent provoquer des maux de tête passagers ou encore quelque fatigue et éventuellement une perte d’appétit. En tous les cas ces symptomes sont négligeables en comparaison des maladies correspondantes.

Les « anti » considèrent qu’il est inutile d’administrer un vaccin à un nouveau-né surtout s’il est nourri au sein. Selon la Mayo Clinic il est effectivement reconnu que le lait maternel contient des anticorps provenant de la mère apportant une certaine protection à l’enfant mais ce n’est pas généralisable. Plus l’enfant est vacciné tôt après la naissance meilleure est la réponse immunitaire. De plus, selon de nombreuses études, l’entourage lui-même immunisé apporte une bonne garantie supplémentaire pour l’enfant mais le conseil est clair et sans appel, plus l’enfant est vacciné tôt meilleure est la protection.

Qu’en est-il des autres pays dans le monde ? Le lien ci-dessous est une bonne illustration de ce qu’il advient quand la vaccination n’est pas généralisée ou respectée. La poliomyélite fait encore des ravages, la rougeole mortelle pour les jeunes enfants dans les régions sub-tropicales pourrait être évitée, la coqueluche, certes non mortelle sévit particulièrement aux USA …

La poliomyélite est loin d’être éradiquée alors que le vaccin assure une protection parfaite (voir le lien). Hormis la coqueluche et la poliomyélite, les maladies indiquées sur cette carte pourraient être prévenues par vaccination systématique.

Pour les non anglophones : measles = rougeole, mumps = oreillons, rubella = rubéole, whooping cough = coqueluche.
Source Mayo Clinic

http://www.cfr.org/interactives/GH_Vaccine_Map/#

Billet d’humeur politique

L’Allemagne a finalement gagné la guerre !

Il y a quelques jours je discutais avec mon amie Angela, une Canarienne qui compte encore en français, septante et huitante, nonante …, parce qu’elle a vécu son enfance en Suisse où elle a appris à lire, écrire et compter, fille d’émigrés politiques alors que Franco était au pouvoir. Et comme nous parlions d’Angela Merkel, ça tombait bien au niveau des prénoms, et du président français, ridicule chasseur de jupons, elle me déclara, suivant la sagesse terrienne issue du petit village de Tenerife d’où ses parents et grands-parents étaient natifs, sagesse probablement inscrite dans ses gènes : « l’Allemagne a gagné la troisième guerre mondiale, au moins en Europe ». De quelle guerre parlait-elle ? Naturellement de la guerre économique contre la France car l’Allemagne a depuis la création de l’euro gagné cette guerre. Le mark est devenu l’euro, l’Allemagne fédérale (RFA) a absorbé la RDA au prix d’immenses sacrifices consentis par la population entière et cette attitude a perduré après la réunification. Chaque citoyen, chaque syndicat, chaque ministère oeuvrent pour la prospérité du pays en se restreignant, en acceptant des emplois parfois précaires, en ayant accepté un départ à la retraite tardif, bref en jouant le jeu d’une économie libérale favorisant le développement d’un dense tissu de petites et moyennes entreprises créatrices d’emploi et innovantes. L’Allemagne, pour toutes ces raisons et également par pragmatisme a privilégié l’exportation mais a su aussi maintenir un marché intérieur dynamique. Enfin, l’Allemagne a sérieusement « dégraissé » son secteur public en laissant l’initiative au secteur privé pour prendre en charge autant que faire se peut ce que la France considère encore comme étant du ressort de l’Etat. L’Allemagne a donc abandonné le dirigisme centralisé très colbertien de la France après 1945 alors que la France s’est enferré dans une idéologie étatique figée par les ordonnances datant de la même époque. La décentralisation voulue par Deferre partait d’une bonne idée mais elle n’a jamais atteint le niveau de fédéralisme allemand car tout se décide encore à Paris comme du temps des rois de France.

Pour toutes ces raisons, l’Allemagne a donc bien pris sa revanche, c’est la France qui est vaincue, une France qui a tout simplement perdu 70 ans dans son évolution politique et sociale et ce temps perdu ne se rattrapera jamais, l’Hexagone est condamné aujourd’hui a rester à la traine de l’Allemagne. Voilà ce que les idéologues et l’administration gauchisante au pouvoir en France laisseront comme héritage à mes petits-enfants …

OGM et poissons d’élevage

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Rothamsted Research, peut-être le plus vieil institut de recherche agronomique du monde, fondé en 1843, a mis au point un « faux colza » (Camelina sativa) qui produit une huile enrichie en acides gras dits omega-3. Pourquoi un tel projet de longue haleine a-t-il été décidé, tout simplement pour produire une matière première susceptible d’être utilisée comme nourriture dans les fermes marines. On s’est en effet rendu compte que cette nourriture devait comporter ces acides gras particuliers afin d’obtenir une croissance optimale des poissons d’élevage. Or, pour supplémenter la nourriture en omega-3 il est impératif d’ajouter des poudres de poisson, et quand on sait que plus de la moitié des poissons pêchés est utilisée pour nourrir des poissons d’élevage, non seulement on est au devant d’une aberration économique mais cette pratique aboutira à brêve échéance à l’épuisement des ressources alyeutiques et à un déséquilibre durable de ces mêmes ressources.

C’est la raison pour laquelle la mise au point de cette plante génétiquement modifiée présente un immense intérêt non seulement économique mais également environnemental car les ressources alyeutiques doivent à tout prix être préservées. Rothamsted Research a débuté les travaux relatifs à la transgénèse de la Camelina il y a plus de dix ans et la tâche était plutôt ardue puisqu’il a été nécessaire d’introduire une série de gènes étrangers avec leurs promoteurs respectifs pour que la synthèse d’acides gras omega-3 puisse avoir lieu sans modifier par ailleurs la plante. Ce tour de force a finalement été couronné de succès en 2013 avec la stabilisation en serre de plusieurs lignées. Reste l’étape suivante consistant à éffectuer des essais dits de plein champ.

Le gouvernement britannique, subissant la pression des écologistes, a interdit la culture des plantes transgéniques, or le Rothamsted Research est un organisme entièrement financé par des fonds publics et l’autorisation d’essais plein champ devrait normalement être très prochainement accordée par ces mêmes instances qui ont interdit la culture de plantes génétiquement modifiées. Malgré le fait que des plantes transgéniques aient été mises en culture depuis près de 20 ans en particulier aux USA et que jamais aucune évidence d’effets adverses n’aie pu être observée pour la santé tant animale qu’humaine, l’opposition irraisonnée des écologistes pourrait bien réduire à néant ce projet pourtant essentiel pour le simple maintien de l’ensemble des ressources marines.

L’issue de cette demande d’autorisation aura donc une valeur de test pour la crédibilité des organisations écologistes car elles seront confrontées à un choix évident : autoriser cette culture ou voir les ressources alyeutiques irrémédiablement amoindries.

Source : Thomson Reuters, illustration Wikipedia

La 3D dans la vie de tous les jours ? Pour bientôt !

Il y a plusieurs jours je suis allé au coin de ma rue confier une petite statuette un peu érotique sculptée par l’auteur de mes jours à un imprimeur. Pas n’importe quel imprimeur puisqu’il sévit dans trois dimensions. J’ai ainsi pu découvrir avec cet Anglais fort sympathique ce qu’est l’impression 3D, que ce soit la reproduction d’objet après scanning ou la création de novo de structures issues de l’imagination de celui qui sait utiliser un logiciel de création graphique en trois dimensions. Une technique tellement tributaire de l’informatique que sans le développement récent de la puissance de calcul des ordinateurs elle n’aurait pas pu voir le jour et envahir progressivement la vie quotidienne. On peur faire des photos en 3D, résultat surprenant basé sur l’épaisseur de la couche de matière plastique déposée qui filtre plus ou moins les rayons lumineux quand on visionne le résultat par transparence, tout simplement bluffant.

Le scanning de la petite statuette a créé beaucoup de problèmes en particulier de réflexion des rayons laser car cette statuette est en métal. Un peu de poudre et les réflexions parasites ont été éliminées mais le traitement ultime du fichier, une vingtaine de gigas tout de même, a fait apparaître d’autres bugs que le logiciel de retraitement ne pouvait pas prendre en compte en raison de la taille du fichier de scanning. Il a fallu tout recommencer à zéro pour obtenir un ensemble de données moins volumineux. Et c’est sur ce point qu’achoppe l’impression 3D car l’opérateur doit maîtriser l’ensemble de la technologie afin d’évaluer quels paramètres il doit introduire dans le logiciel pour arriver à un résultat satisfaisant en particulier quand l’objet à reproduire est complexe. Quant aux imprimantes elles-mêmes, elles demandent une surveillance de tous les instants, l’enceinte peut être trop chaude ou trop froide, des gouttes de plastique peuvent se déposer intempestivement là où il ne faut pas, tout l’ensemble peut subitement se bloquer pour une raison inconnue ? Je parle d’une petite imprimante à 2000 euros. Cet anglais débordant d’idées réalise aussi des répliques avec une imprimante sous vide partiel qui projette des goutelettes microscopiques de matière et le résultat est surprenant.

L’impression 3D a déjà envahi toutes sortes de domaines de l’industrie ou encore de la médecine. Dans ce dernier cas la machine est capable de projeter des cellules vivantes pour constituer une structure tridimensionnelle qui va reproduire un organe. Avec des résines et des micro-billes métalliques on peut reproduire une bielle ou un vilbrequin de moteur de voiture, ce n’est pas encore complètement au point mais il est certain qu’un jour prochain, quand on achètera une voiture, le manuel d’entretien comprendra des liens informatiques pour télécharger les dossiers permettant de reproduire les pièces d’un carburateur ou d’une pompe avec une imprimante située au coin de la rue.

Plus encore, dans le domaine de l’alimentation, l’impression 3D fait une entrée prometteuse ! Le fabricant italien de pâtes Barilla vient de créer une joint-venture avec la société néerlandaise TNO pour l’impression 3D de pâtes. Imaginez que vous arriviez avec votre petite amie dans un restaurant et vous donnez avec une clé USB le fichier contenant la forme des pâtes que vous voulez faire imprimer et que vous avez créé la veille sur votre ordinateur au lieu de vous abrutir devant la télévision, des petits cœurs et des marguerites, par exemple, en moins de dix minutes le chef viendra servir dans l’assiette de votre petite amie un assortiment de cœurs et de marguerites pour lui prouver votre grand amour le jour de la Saint-Valentin. C’est pas beau !

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Au dernier salon informatique de Las Vegas, une imprimante 3D spécialement modifiée dans ce but, était capable de produire des petits gâteaux aux formes aussi inattendues qu’alléchantes, un domaine où l’imagination est sans limites. En quelques minutes le tour est joué. Bientôt, il y aura dans certaines cuisines spécialisées des séries d’imprimantes produisant à des vitesses record des petits canapés et des petits fours, les cuisiniers dignes de ce nom ne serviront qu’à faire les préparations qu’ils introduiront dans des réservoirs et les machines feront le reste.

Peut-être qu’à l’heure qu’il est ma petite statuette a pu être reproduite éventuellement en plus grande taille, j’irai m’en enquérir ce soir.

Bons rêves

Source et illustration : itwire.com

A propos de la transition énergétique allemande

Le SPD, allié pour la (mauvaise) bonne cause à la CDU d’Angela Merkel, commence à faire des siennes en Allemagne et ce n’est qu’un début ! Au début de la semaine, le citais dans mon blog la position allemande en ce qui concerne les tarifs consentis aux industriels qui jusqu’à aujourd’hui bénéficiaient, au moins pour certains gros consommateurs d’électricité, de certaines exemptions de taxes sur le prix du kWh, taxes redirigées vers le développement des sources d’énergie alternatives. Comme par ailleurs beaucoup d’industriels produisent leur propre électricité en Allemagne, comme au Japon depuis le tremblement de terre de mars 2011, par exemple les raffineries de pétrole fonctionnent indépendamment du réseau, le SPD, qui doit compter parmi ses membres des crypto-écologistes, est monté au créneau pour défendre les élucubrations ridicules résultant de cette fameuse transition énergétique made in Germany.

Résultat, le ministre de l’économie allemand Sigmar Gabriel veut taxer aussi l’électricité produite sur les sites industriels et envisage de revoir les tarifs préférentiels consentis à certains secteurs gros consommateurs comme la sidérurgie, l’automobile, la chimie ou encore l’industrie du papier. De deux choses (l’une) le moindre mal pour l’industrie allemande : réduire les subventions allouées aux projets d’énergies alternatives afin de ne pas mettre en place ces nouvelles taxes qui ont fait l’effet d’une bombe dans le milieu industriel allemand mais aussi au sein du puissant parti écologiste allemand, ça on pouvait s’y attendre.

On peut parier que la Chancelière tranchera en faveur de l’industrie, pilier de la force économique allemande. Mais ce qu’il faut retenir de cet épisode de politique interne allemande est la progressive lucidité qui réapparait dans cette classe politique : la transition énergétique allemande vit ses derniers soubresauts car le constat final après plus de 150 milliards d’euros investis dans toutes sortes de projets aussi coûteux et peu rentables les uns que les autres est que les émissions de carbone ont augmenté dans le même temps sans pour autant réduire le prix du kWh bien au contraire, voilà en clair la stupidité des élucubrations écologistes.

Sources : Reuters, Bloomberg et AFP 

Le lait et la sélection naturelle …

Le lait constitue le premier aliment du nouveau-né et apporte tous les nutriments nécessaires à la croissance y compris des vitamines, des acides gras et des sucres.

En Europe du nord, la consommation de produits lactés incluant du lait cru, pasteurisé ou stérilisé à haute température, fait que la population est porteuse du gène codant pour la lactase, l’enzyme qui coupe le lactose, le sucre du lait, en galactose et glucose. Par exemple, en Suède plus de 70 % de la population est capable de « digérer » le lactose sans aucun problème. Par contre, en Sicile ou en Espagne, la proportion est inversée puisqu’à peine 10 % de la population est capable de digérer le lait sans souffrir de ce qu’on appelle l’intolérance au lactose qui est une source d’ennuis digestifs désagréables comme des flatulences, pétulences, douleurs abdominales et autres diarrhées. Puisque le lait contient des quantités appréciables de vitamine D nécessaire à l’assimilation du calcium requis pour la croissance osseuse et que le lait contient des quantités également phénoménales de calcium, les biologistes en étaient arrivés à formuler l’hypothèse de l’assimilation du calcium à propos du lait. La persistance de la lactase, dont l’expression diminue après le sevrage dès la plus jeune enfance, était en faveur de cette hypothèse qui expliquait également la nécessité pour les habitants des pays nordiques, déficitaires une partie de l’année en soleil de boire du lait afin de pallier à cette carence (les UVB sont nécessaires pour la production par la peau de la vitamine D, voir un précédent billet de ce blog : https://jacqueshenry.wordpress.com/2014/01/15/charles-darwin-et-la-melanine/). Tous les arguments semblaient donc concourir pour confirmer cette hypothèse. Et le fait que les habitants du sud de l’Europe soient plus longtemps exposés au soleil et n’exprimant plus la lactase venait corroborer cette hypothèse qui peut être formulé ainsi : « du soleil, donc moins de lait » car les fermentations bactériennes utilisées pour produire des yaourts ou des fromages conduisent à des produits lactés quasiment exempts de lactose et il est bien connu qu’en Grèce ou d’autres pays du sud de l’Europe on boit du lait fermenté plus volontiers que du lait frais ou pasteurisé.

Or des travaux réalisés récemment à l’Université d’Uppsala en Suède viennent battre en brêche cette hypothèse. En réalité le gène de la lactase cessait d’être opérationel après le sevrage chez nos lointains ancêtres de l’Age de Pierre et sa persistance est apparue il y a seulement une dizaine de milliers d’années. A l’échelle de l’évolution, il s’agit d’une évolution génétique très rapide. On peut comprendre que dans des communautés pastorales, la persistance de la lactase puisse aisément se concevoir, mais pourquoi cette persistance constituait-elle un avantage pour nos ancêtres ? En Europe du Nord, on peut le comprendre, mais en Espagne par exemple, qu’en était-il il y a 5 à 10000 ans ?

Les biologistes de l’Université d’Uppsala ont trouvé un début d’explication en procédant à l’analyse de l’ADN de huit fermiers ibériques du néolithique datant d’une dizaine de milliers d’années selon la datation au carbone 14. Et ils ont eu la surprise de constater que le gène LCT codant pour la lactase était bien présent dans son intégrité puisqu’ils n’ont pas pu trouver la mutation C–>T située très précisément 13910 bases avant le codon initiateur de la lactase. L’évolution de l’expression de la lactase dans le monde est en effet l’une des mieux documentées et a permis d’établir une sorte de carte génétique des populations. Par exemple, en Afrique et certains pays d’Asie-Pacifique, moins de 10 % de la population exprime la lactase et on retrouve systématiquement cette mutation sur la même base.

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Le docteur Sverrisdottir, principal auteur de cette étude, n’arrive pas à expliquer clairement pourquoi la sélection naturelle a conduit à cette disparition aussi rapide de l’expression de la lactase dans des régions où le manque de vitamine D dans les aliments est compensé par l’ensoleillement. L’explication logique qui peut abonder dans le sens de l’hypothèse de l’assimilation du calcium serait en réalité les périodes de famine qui devaient sévir périodiquement après de mauvaises récoltes dans des contrées à dominance vivrière pastorale comme par exemple en Suède et en Irlande où on trouve la plus forte proportion de persistence en lactase. Dans des conditions de famine, l’intolérance au lactose devait représenter un puissant facteur de sélection. Après avoir épuisé les réserves de produits lactés fermentés et donc pauvres en lactose, il ne devait rester que des denrées riches en ce sucre, y compris le lait frais, et seuls survivaient ceux qui exprimaient la lactase. Au contraire dans les pays du sud de l’Europe la persistance de la lactase n’étant plus nécessaire après le sevrage, l’évolution a revêtu dans ces régions une rapidité surprenante qui pourrait vouloir dire qu’en réalité l’homme évolue beaucoup plus rapidement qu’on ne l’envisageait il y a encore quelques années, avant que ces puissantes technologies d’investigation génétique soient devenues opérationnelles. 

L’obscurantisme a toujours droit de cité

Dans la presse de caniveau réservée (surtout) aux femmes où on trouve toutes sortes de recommandations culinaires, des recettes (pas du tout culinaires) pour rester jeune et mince, des conseils élaborés pour atteindre le bonheur conjugal ou sexuel, il existe une rubrique qui fait état d’un relation « évidente » entre les groupes sanguins et les régimes alimentaires que l’organisme peut accepter sans créer de troubles ou de maladies. Mais c’est vrai ! Selon que le groupe sanguin (découverte de Karl Landsteiner) est A, AB, B ou O il ne faut pas se nourrir de la même façon parce que certains, en fait pratiquement tous les aliments contiennent des lectines qui peuvent selon l’illuminé nommé D’Adamo (ne pas confondre avec le chanteur) interférer avec les antigènes de surface des hématies. Il s’agit d’une théorie aussi fumeuse que la théorie de l’effet de serre qui a permis à cet individu de réaliser de confortables profits en vendant ses opuscules à l’usage des personnes soucieuses de leur santé. Un récent article paru dans PlosOne démontre, preuves scientifiques à l’appui que cette théorie du groupe sanguin dans l’alimentation est une vaste fumisterie. Une étude réalisé par l’Université de Toronto sur 1455 personnes n’a pas réussi à mettre en évidence des différences, selon l’alimentation, entre les divers groupes sanguins après une analyse de nombreux paramètres liés aux risques « cardiométaboliques », en d’autres termes les triglycérides bons et mauvais, les LDL, le cholestérol bon et mauvais, le sucre, la pression artérielle, l’indice de masse corporelle, etc.

Rien, aucune corrélation claire n’a pu être dégagée de cette étude.

Dans la même veine, ce genre de fumisterie existe dans un registre un peu différent au Japon. La théorie du ketsueki-gata dit que le groupe sanguin influe sur la personnalité, le tempérament et l’esprit social de l’individu. Sans entrer dans les détails, cette théorie est apparue au Japon, alors pays colonisateur de la Corée et d’une partie de la Chine, quand les médecins se sont rendus compte que les continentaux, par opposition aux Japonais insulaires, étaient plus souvent de groupe O. Si aucune preuve scientifique de ces allégations à caractère raciste n’a pu être apportée, il n’en reste pas moins que le ketsueki-gata fait encore partie des mythes japonais.

L’obscurantisme est donc toujours de mise dans un monde connecté où toutes les informations sont disponibles en temps réel …