Les battements d’aile du papillon

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Puisque mon billet sur l’influence prépondérante du soleil sur le climat de la Terre a suscité quelques remarques il m’a paru nécessaire d’apporter des précisions à mon argumentaire. D’abord la quantité d’énergie thermique (si ce terme est approprié) d’origine anthropique (humaine) produite, donc, sur la Terre est environ 1 / 10 000 e de l’énergie thermique solaire qui atteint la Terre. L’énergie thermique provenant du soleil veut dire dans les esprits infra-rouge, or le soleil irradie des gamma jusqu’aux ondes radio, faut-il le rappeler. On peut donc légitimement douter qu’une augmentation de 0,01 % de la teneur en CO2 dans l’atmosphère soit négligeable sur l’évolution du climat pour une raison très simple : une augmentation de l’activité solaire de 1 % aurait un effet 100 fois supérieur à celui de l’effet (hypothétique, car toujours pas prouvé) du CO2 sur les températures moyennes de la planète, n’importe quel élève de CM1 peut faire ce calcul si on lui fournit clairement les données malgré le classement PISA catastrophique de la France.

Le cycle 24 d’activité solaire mesurée par le nombre de taches solaires en voie d’achèvement (a culminé en 2012) s’est trouvé être inférieur de près de 50 % au précédent (cycle 23) lui-même inférieur au cycle 22 comme on peut le voir dans la figure ci-dessous (NASA).

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On peut donc s’attendre à un refroidissement de la planète surtout sensible aux latitudes comprises entre 30 et 65 degrés à moins d’un retournement de tendance pour le cycle 25 prévu culminer vers 2023. Malheureusement pour mes petits-enfants, je ne serai probablement plus de ce monde, mais les prévisions sur le long terme de l’activité solaire sont formelles, le cycle 25 risque de ressembler aux cycles du minimum de Maunder (1645-1715), triste perspective …

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La prévision de l’intensité des cycles solaires repose sur l’analyse de la migration des taches solaires des latitutes de 30 degrés nord et sud vers l’équateur solaire qui donne une bonne image de l’intensité du flux de ce que les astrophysiciens spécialistes du soleil appellent le « conveyor belt » une sorte de courant de matière dans les profondeurs du soleil qui vient « buller » à la surface en formant les taches solaires qui sont d’origine purement magnétique. Les observations sur le long terme des taches solaires permet donc de prévoir l’intensité du flux de ce courant, on doit dire des deux branches, nord et sud, et donc du nombre de taches solaires à venir et par voie de conséquence de l’activité globale du soleil (voir la représentation dite en ailes de papillon). Pas de chance donc, le présent cycle 24, le moins actif depuis le cycle 12 (années 1800, minimum de Dalton) qui vit une progression spectaculaire des glaciers alpins va être suivi d’un cycle 25 quasiment plat ! En effet, la vitesse des « conveyor belts » qui est évaluée à environ 1 mètre par seconde depuis la fin du XIXe siècle a récemment diminué il y a une dizaine d’années pour ne plus atteindre que 0,75 m/s dans l’hémisphère nord solaire et seulement 0,35 m/s dans l’hémisphère sud. C’est cette observation qui conduit les spécialistes du soleil à affirmer une telle prévision sur 20 ans qui fait froid dans le dos : on s’achemine vers un âge glaciaire dont la durée ne peut pas encore être précisée. Le physicien David Hathaway, spécialiste du soleil reconnu, résume le résultat de ses études en ces termes : « le ralentissement que l’on observe (de la vitesse des conveyor belts) en ce moment signifie que le cycle solaire 25, culminant aux alentours de 2022, pourrait être l’un des plus faibles depuis des siècles ». Si on est encore sceptique, Hathaway ajoute que « depuis les années 1890 l’analyse des diagrammes en ailes de papillon a permis de calculer la vitesse des « belts » (conveyor belts solaires) qui a ainsi permis une excellente prédiction de l’activité solaire à venir, et si la tendance se confirme, le cycle 25 en 2022 pourrait comme les « belts » être en dehors des graphiques ». En d’autres termes, selon ce spécialiste, ça risque d’être catastrophique pour le climat.

Il n’y a pas besoin de déborder de pessimisme pour imaginer Chamonix et le Valais en Suisse sous la glace, pour prendre des exemples proches de nos contrées, ou encore la Seine, la Loire ou encore la Tamise prises par le gel de novembre à avril, le blé qui ne peut plus pousser en Ile-de-France, là ça deviendrait inquiétant et encore plus terrifiant qu’il n’y ait plus de vendanges au nord du 45e parallèle, imaginez un Nouvel An en 2030 ou même bien plus tôt sans champagne …

Le CO2 n’y est pour rien, ce n’est que le battement d’aile du papillon !

Source : NASA (puisqu’il faut dorénavant que les blogueurs citent leurs sources)

 

 

Une réflexion au sujet de « Les battements d’aile du papillon »

  1. Quelques remarques :

    – Vous dites « la quantité d’énergie thermique (si ce terme est approprié) d’origine anthropique (humaine) produite, donc, sur la Terre est environ 1 / 10 000 e de l’énergie thermique solaire qui atteint la Terre. »
    Oui, mais cela a peu d’importance. Vous savez qu’une partie de l’énergie solaire reçue par la terre est renvoyée dans l’espace. Heureusement, car si la terre accumulait toute l’énergie solaire reçue, on assisterait à une augmentation permanente et inéluctable de la température terrestre. Donc, il faut considérer la différence entre énergie reçue et énergie réémise. C’est ce « delta » qui est important pour l’évolution du climat, pas les valeurs absolues (d’où mon image de la balance). Si le delta (énergie reçue-énergie réémise) diminue, le climat se refroidira. S’il augmente, le climat se réchauffera. Notez bien que le delta peut être très petit par rapport aux valeurs des deux flux, et pourtant, c’est bien lui qui détermine l’évolution du climat.
    Le flux d’énergie reçu est directement lié à l’activité solaire, donc ce n’est pas lié à des phénomènes terrestre. Le flux réémis, en revanche, est lié à des phénomènes terrestre, dont l’effet de serre, mais pas seulement …

    – Je constate sur les graphiques que vous avez intégré à cet article -et pas seulement sur ceux-ci, car il s’agit d’une constatation consensuelle- que, depuis la fin des années soixante, le flux solaire a tendance à diminuer. Bien entendu, cela influence le climat dans le sens d’un refroidissement. Or, sur cette même période, le climat s’est réchauffé (http://skepticalscience.com/translation.php?a=18&l=12). L’exemple de la fin du 20ème siècle montre qu’on peut avoir une baisse de l’activité solaire et un réchauffement du climat. Cela signifie que la baisse du flux d’énergie reçu a été plus que compensée par une diminution de l’énergie réémise. Cette constatation nécessite une explication physique. Il se trouve que 97% des climatologues mondiaux expliquent ce phénomène par l’augmentation de l’effet de serre lié aux activités humaines. Bien entendu, je ne suis pas capable personnellement de me prononcer là-dessus.
    http://skepticalscience.com/global-warming-scientific-consensus-advanced.htm

    – La majorité des climatologues estiment que le 21ème siècle sera dans la continuité de la fin du 20ème : une augmentation de l’effet de serre qui compense la diminution de l’activité solaire.

    Bien entendu, si la diminution de l’activité solaire est très importante, alors, elle ne pourra pas être compensée par une diminution de l’énergie réémise et le climat se refroidira. C’est la thèse défendue par une minorité de climatologues, que vous relayez dans votre article. Ce n’est pas absurde du tout. C’est même parfaitement censé. Mais, il se trouve que ce n’est pas le scénario qui est estimé le plus probable par la majorité des climatologues. Personnellement, je ne peux pas me prononcer, donc j’ai tendance à faire davantage confiance, parmi les spécialistes du climat, aux plus nombreux (97%).

    Je sais bien qu’en science, c’est parfois une minorité qui a raison face à une majorité. Mais ceci n’est pas la règle, c’est plutôt l’exception.

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