Effet pervers des énergies « vertes »

 

Dust-storm-Texas-1935

Aux USA, la première utilisation du maïs est la production d’éthanol puisque la loi oblige les compagnies distributrices de carburant destiné aux automobiles à ajouter cet éthanol au carburant d’origine pétrolière. Ce fut le cas de 2010 à 2012 et cette année 2013 a revu l’utilisation « normale » du maïs redevenir très légèrement majoritaire. Ces dispositions législatives ont eu pour conséquence de maintenir un cours élevé pour le maïs pour la plus grande satisfaction des fermiers et des semenciers, on ne peut pas en douter et on ne peut pas non plus les blâmer. Le maïs contribue donc à un allègement de la facture pétrolière américaine, les statistiques du Département du Commerce le prouvent sans ambiguité. Tout le monde est content, y compris les écologistes.

Il n’est pas difficile d’imaginer ce qui s’est passé en trois ans dans des Etats comme le Dakota du Sud ou le Nebraska qui sont traditionnellement des régions d’élevage extensif, c’est-à-dire de troupeaux auxquels est offert l’immensité des prairies naturelles en pâture. Or les fermiers, attirés par les revenus substantiels que leur procure le maïs destiné à l’éthanol (un peu plus de 1200 dollars par hectare) ont transformé en trois ans environ 500 000 hectares de prairies en culture de maïs. Certes, ils gagnent plus d’argent puisque les cours du maïs sont maintenus artificiellement attractifs, mais pour l’environnement c’est catastrophique. Dans un premier temps, la mise en culture de ces prairies d’herbes hautes libère d’énormes quantités de carbone immobilisé sous forme d’herbages, y compris les racines, les biotopes sont complètement détruits et les risques d’érosion considérablement amplifiés sans parler d’une disparition des plantes natives et de la vie sauvage. Une catastrophe qui conduit à un bilan « carbone » bien pire que ce que pourtant le législateur espérait ou avait imaginé dans son bureau feutré du Département de l’Energie à Washington.

Depuis l’élection d’Obama dont l’administration a rendu obligatoire l’utilisation d’éthanol pour les voitures, ce sont plus de 2 millions d’hectares de prairies qui ont disparu, normal puisque le prix du maïs a doublé entre 2007 et 2008. Les fermiers nord-américains s’exposent de nouveau au risque d’un nouveau « dust bowl » consécutif à l’agriculture extensive dans les grandes plaines du Texas au Nebraska dans la seconde moitié des années trente particulièrement humides suivies juste après la grande dépression de plusieurs années consécutives de sécheresse jusqu’en 1935, variations climatiques obligent. Près de trois millions d’agriculteurs se retrouvèrent complètement ruinés, ils avaient littéralement perdu leur terre grignotée sur les prairies et emportée par le vent jusqu’à la cote est.

C’est ce genre de scénario apocalyptique que les écologistes réservent à ceux qui les écoutent béatement pour réaliser quelques profits à court terme. Bienvenue dans un monde meilleur où tout est vert et écolo-compatible !

Source: Associated Press, illustration Wikipedia

Une réflexion au sujet de « Effet pervers des énergies « vertes » »

  1. Illustration du proverbe : l’enfer est pavé de bonnes intentions !
    Mais je ne suis même pas sur de la pureté des intentions de nos écologistes politiques .

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