HPV (virus du papillome humain) : à vos capotes !!!

On sait maintenant que le virus du papillome humain (HPV) est responsable d’un certain nombre de cancers dont les plus répandus se situent dans la sphère uro-génitale, en particulier les cancers du col de l’utérus, du pénis et de l’anus. Plus de 120 types de ce virus ont été décrit et une quinzaine d’entre eux sont responsables de ces cancers. Le type 16 a même fait dire à Michael Douglas que le sexe oral était déconseillé puisqu’il est responsable du cancer du col de l’utérus mais également du cancer de l’oro-pharynx (comme l’EBV, voir un précédent billet sur ce dernier virus).

HPV_tree_1

Le génome du virus HPV est connu et code pour deux protéines appelées E6 et E7 qui sont exprimées très tôt au cours de l’infection. Ces deux protéines inactivent les protéines de la cellule hôte appelées protéines de suppression de tumeur, respectivement les protéines p53 et pRb. L’effet oncogène de l’HPV était donc reconnu, point à la ligne. En réalité l’action de ces deux protéines virales E6 et E7 ne suffisait pas pour expliquer la transformation des cellules infectées en cellules tumorales. En effet ces deux éléments n’interagissent pas directement avec l’ADN cellulaire et il était donc difficile d’expliquer par quel mécanisme le virus HPV finissait par devenir oncogène. C’est en séquençant entièrement l’ADN de cellules cancéreuses qu’une équipe de l’Université de l’Etat de l’Ohio a finalement trouvé l’explication. Comme beaucoup de virus l’HPV intègre son ADN dans celui de la cellule hôte. Pour une verrue au doigt par exemple (due à l’infection par l’HPV de type 2) il n’y a pas de gros problèmes sinon que le tissu épidermique croit plus vite que la normale. Ce n’est pas un cancer mais déjà des cellules un peu transformées … Dans le cas du cancer du col de l’utérus, l’ADN du virus s’intègre dans une multitude d’endroits et endommage l’ADN hôte et les chromosomes en favorisant toutes sortes de réarrangements, d’erreurs de copies (lorsque la cellule se divise) ou plus radicalement la suppression pure et simple de certains gènes cruciaux pour que la cellule infectée ne devienne pas cancéreuse et c’est justement ce qui arrive. Comme tout est perturbé les cellules se mettent à exprimer ces fameuses protéines E6 et E7 en grande quantité et deviennent alors tumorales. Parmi les six cent mille cas de cancers dus à l’HPV dans le monde, les cancers du col de l’utérus sont pratiquement à 100 % dus à ce virus. Pour réaliser cette étude 12 génomes de cellules cancéreuses ont été entièrement séquencés. Les analyses des résultats ont montré une parfaite corrélation entre les sites d’intégration de l’ADN du virus et les amplifications, délétions et translocations générées sur l’ADN de la cellule hôte sur tous les chromosomes sans préférence aucune. David Symer, l’un des coauteur de l’étude, décrit en ces termes l’effet du virus : « l’HPV agit comme un ouragan attaquant l’ADN de la cellule de toutes parts induisant de tels dommages qu’il favorise finalement l’apparition de cancers ».

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Source : Ohio State University, Maura Gillison, co-auteure de l’étude, illustration Wikipedia

 

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