Billet d’humeur énergétique

Le choc pétrolier de 1973 a marqué le déclin de la croissance à deux chiffres d’une grande partie des pays européens, les « trente glorieuses » ne furent plus qu’un souvenir à la fin des années soixante-dix. Cette période d’immense croissance économique était essentiellement basée sur un coût ridiculement faible de l’énergie, un baril de pétrole en moyenne à 3 dollars ! La France, s’équipant d’un parc électronucléaire dès 1973 (plan Mesmer décidé après le choc pétrolier), vit le coût de l’énergie électrique diminuer ensuite en valeur absolue mais dans le même temps, la construction d’un réseau d’autoroutes et la réfection jusqu’au modeste chemin vicinal de l’ensemble des voies de communication encouragea les Français à utiliser leur voiture pour le moindre déplacement. Ce tournant dans les habitudes quotidiennes eut pour conséquence une aggravation continue du déficit de la balance commerciale du pays en raison de l’importation d’hydrocarbures qui représentent environ 60 % de l’ensemble de l’énergie consommée dans le pays et 60 % du déficit commercial. L’énergie étant un intrant incontournable de l’industrie et de l’agriculture, l’enchérissement des hydrocarbures a pesé sur la croissance de manière globale et avec un baril de pétrole (Brent) qui reste depuis plusieurs années autour de 110 dollars, il est illusoire d’espérer une baisse du prix du pétrole, ce n’est pas le taux de change euro/dollar qui améliore la situation puisqu’un euro fort pénalise pour d’autres raisons l’économie, et l’économie de l’Europe risque de stagner. Bref, le retour à une croissance à deux chiffres est définitivement hors d’atteinte et une croissance de l’ordre de 1 % durant les dix prochaines années voire plus est une projection plus réaliste. Dans ces conditions, il est également illusoire d’assister à un assainissement des finances publiques dans la mesure où tout avait été organisé au cours de ces « trente glorieuses » qui virent cette forte croissance permettre par exemple de financer la protection sociale de manière presque satisfaisante. Depuis une quinzaine d’années le tournant vers les énergies renouvelables aggrave encore la situation car le coût de l’énergie croit arithmétiquement en fonction du financement de ces énergies dites « vertes » , vertes pour leurs promoteurs mais plus que sombres pour les utilisateurs que sont les industries et les ménages. Devant cette situation qui va devenir intenable, certains pays européens ont d’ors et déjà décidé de ne plus subventionner les énergies alternatives comme l’Espagne, le Danemark et plus récemment la Grande-Bretagne. Il est vrai que le Danemark et l’Espagne ont été les champions du « n’importe quoi » dans ce domaine, engloutissant en pure perte des dizaines de milliards d’euros (ou de couronnes) dans des projets éoliens ou photovoltaïques qui, contrairement à ce qu’espéraient les gouvernements, ou du moins les écologistes, n’ont jamais pu réduire même de quelques pour cent « l’empreinte carbone » pour reprendre une expression chère à ces derniers et qui ne veut strictement rien dire. Ce mix d’un pétrole (et d’un gaz naturel) durablement aux alentours de 110 dollars et d’un renchérissement domestique sous forme de taxes sur l’énergie ne sont pas de bonne augure pour l’économie européenne et en particulier pour celle de la France. La fermeture programmée de manière totalement démagogique et irréfléchie par Hollande, secondé par le faucheur d’OGM reconverti ministre de l’énergie, de la « plus vieille centrale nucléaire française », entendez par là la moins sûre, représentera un « trou » dans la production électronucléaire d’environ 3 %. Qu’à cela ne tienne, il suffit d’augmenter de 3 % (pardon 5%) le kWh et tout le monde est content, sauf que c’est d’abord le consommateur qui en subit les conséquences et ensuite, ce qui tout aussi grave voire plus, l’industriel et enfin le calcul est spécieux, une taxe ne remplace pas une production nette d’énergie, c’est-à-dire de richesse. Et comme il faut de toutes les façons financer des programmes délirants d’énergies alternatives, moulins à vent, panneaux solaires et même hydroliennes au fil de l’eau sur la Loire (bizarre, les écologistes n’ont pas encore manifesté contre ce projet totalement débile) on ponctionnera à nouveau les consommateurs et les entreprises avec deux augmentations du kWh en 2014, c’est déjà prévu ! Dans ces conditions il n’y a pas besoin d’être docteur en économie ou énarque pour comprendre que c’est une bonne récession que va traverser la France ou au mieux une croissance proche de zéro puisqu’on ne peut plus faire confiance aux statistiques gouvernementales … Les Anglais, voyant leur production pétrolière et gazière décliner ont résolument décidé de faire des trous pour extraire du gaz et peut-être du pétrole au Pays de Galles par fracturation hydraulique, les Polonais et les Suédois aussi et l’Espagne y songe de plus en plus sérieusement comme d’explorer en détail le plateau continental situé au large des Iles Canaries. En France, rien, le gouvernement préfère persévérer dans sa folie de taxation au détriment de l’économie et de la consommation. Quel bel avenir dans la douce France verdoyante …

Maladie de Parkinson : un espoir (encore lointain) de traitement …

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Les progrès constants de la médecine ont pour résultat un accroissement de l’espérance de vie et une diminution de la mortalité due aux cancers et aux maladies cardiovasculaires. Ces deux effets sont d’ailleurs à l’évidence liés. Mais l’autre conséquence est que, la population vieillissant, l’apparition de maladies neurodégénératives est en constante augmentation et c’est inévitable. C’est la raison pour laquelle la quête de nouveaux médicaments permettant de combattre les trois principales maladies qui affectent de plus en plus de personnes que sont les maladies de Parkinson, d’Alzheimer et de Huntington est une des préoccupations majeures des équipes de recherches privées et publiques. Si la maladie de Huntington est d’origine génétique, son évolution n’est pas sans rappeler les deux autres maladies neurodégénératives y compris au niveau de l’accumulation d’une protéine appelée huntingtine qui est anormalement exprimée et perturbe profondément le fonctionnement normal du cerveau. Le tableau cytologique de la maladie d’Alzheimer montre également une accumulation de fragments de la protéine beta-amyloïde résultant d’une conformation anormale de cette protéine ainsi qu’une modification de la protéine tau, deux composants essentiels de l’intégrité des neurones. Quant à la maladie de Parkinson, il y a également accumulation dans les neurones d’une protéine appelée alpha-synucléine. Cette dernière protéine, différente de la protéine beta-amyloïde de la maladie d’Alzheimer, a tendance a subir spontanément, au moins dans un tube à essai, une autolyse conduisant à divers fragments qui sont toxiques pour la cellule nerveuse et qui ont été retrouvés après étude post mortem du tissu nerveux de malades. Le rôle de l’alpha-synucléine est mal connu mais on sait cependant qu’elle est essentielle dans le maintien de la structure fonctionnelle du neurone, de son métabolisme énergétique et de la régulation de la sécrétion des neurotransmetteurs stockés dans des vésicules intracellulaires car l’alpha-synucléine interagit avec les membranes lipidiques des organites intracellulaires comme les mitochondries, les centrales énergétiques de la cellule, et l’appareil de Golgi, le lieu où s’effectuent les synthèses en particulier de ces neurotransmetteurs. Dans le développement de la maladie de Parkinson cette protéine s’accumule anormalement dans des inclusions appelées corps de Lewy mais encore une fois la cause de ces dérèglements est toujours inconnue. Ce que l’on sait par contre depuis une dizaine d’années, c’est que l’alpha-synucléine est toxique pour les levures car elle se lie aux membranes des mitochondries et perturbe profondément le métabolisme énergétique de ces organismes. C’est en mettant à profit cette observation qu’une équipe pluridisciplinaire du MIT a mis au point un test permettant d’effectuer un screening haute fréquence de plus de deux cent mille composés chimiques. Pour mettre au point un test rapide et simple le choix des levures comme « animal de laboratoire » n’a pas été fait par hasard car la levure est un microorganisme complexe dont les fonctions cellulaires sont presque identiques à celles de n’importe quelle cellule humaine, que ce soit le métabolisme énergétique ou celui des lipides. Les levures ont d’abord été modifiées génétiquement pour sur-exprimer l’alpha-synucléine, mais pas trop afin qu’elles ne meurent pas mais aient une croissance ralentie car la toxicité de l’alpha-synucléine perturbe, comme pour les neurones, le métabolisme. Le screening haute fréquence met le plus souvent en œuvre des boites de culture en polyéthylène constituées de 96 alvéoles et c’est sur une mesure rapide de la croissance des levures à l’aide d’appareils optiques simples que repose justement la rapidité du test. Si un composé chimique inhibe la production d’alpha-synucléine alors la levure se multiplie normalement puisque la toxicité de la protéine est supprimée. Un seul composé chimique a été identifié comme actif dans ce modèle très éloigné de la maladie de Parkinson elle-même. Il s’agit d’un aryl benzymidazole qui a ensuite été étudié plus en détail sur d’autres systèmes cellulaires en culture dont des neurones de nématode ou de rat utilisés comme modèle de la maladie de Parkinson. Plus probant encore, même si une telle molécule sera ou ne sera jamais un médicament car de nombreuses autres études devront être réalisées dans ce but, ces mêmes biologistes ont utilisé des cellules provenant de patients présentant une forme rare de maladie de Parkinson d’origine génétique et bien identifiée comme résultant d’une mutation du gène codant pour l’alpha-synucléine. Ces cellules, par exemple d’épithélium buccal, ont été rendues pluripotentes et redirigées pour générer des neurones avec parallèlement, comme contrôles, des cellules traitées de la même manière mais obtenues à partir d’un sujet sain. Comme on pouvait s’y attendre les neurones, ou plutôt les cellules nerveuses obtenues en culture présentaient les même symptômes, corps de Lewy et fragilité métabolique, que celle du patient dont elles étaient issues. L’aryl benzimidazole identifié par le test sur les levures s’est révélé actif sur ces neurones en culture en restaurant les fonctions cellulaires déficientes en raison de cette mutation. Il reste un long chemin à parcourir car l’alpha-synucléine n’est pas synthétisée par la cellule par hasard et interférer avec cette synthèse pourrait faire apparaître des effets adverses pires que le mal lui-même. Les recherches ultérieures devront montrer que la dégradation spontanée de l’alpha-synucléine peut être directement atteinte et éventuellement stoppée par cette molécule, un espoir tout de même dans le traitement de cette maladie pour laquelle il n’existe pour le moment aucun traitement de la cause primaire mais seulement des traitements partiels des effets et qui ne permettent en aucun cas ni de ralentir et encore moins de soigner la maladie.

Source et illustration : Whitehead Institute, MIT.

Preuve indirecte de l’effet pervers des statines !

Il y a quelques semaines, le 27 juillet précisément, je laissais dans mon blog ( https://jacqueshenry.wordpress.com/2013/07/27/parkinson-ou-cholesterol-il-faudra-choisir/ ) un billet qui décrivait la corrélation très probable entre la maladie de Parkinson et le déficit en testostérone, lien qui fut découvert fortuitement en étudiant des rats castrés comme modèle animal de cette maladie. Bien que n’étant ni médecin ni de surcroit neuropathologiste, je me suis arrêté sur un article qui aurait pu passer inaperçu si justement je n’avais écrit ce billet concernant en réalité l’usage abusif des statines pour maintenir le taux de cholestérol dans des limites « acceptables » selon les affirmations des laboratoires pharmaceutiques. Ce article paru dans l’International Journal of Clinical Practice du 15 octobre relate les travaux de médecins liés, et ils ne s’en cachent pas, à la firme Bayer … merci pour leur franchise ! Cet article relate l’effet de la testostérone sur les signes cliniques du syndrome métabolique souvent présent chez des patients souffrant d’hypogonadisme, c’est-à-dire dont les testicules sont pratiquement incapables d’effectuer les dernières étapes de la synthèse de la testostérone qui de ce fait se retrouve en très faible quantité dans le sang. Le syndrome métabolique englobe l’obésité ou plus pudiquement le surpoids, le diabète de type II ou insensibilité du foie à l’insuline et enfin des taux de cholestérol élevés (LDL cholestérol) et de l’hypertension. L’étude a suivi 255 hommes âgés de 33 à 69 ans (âge moyen 58 ans) pendant les 5 années durant lesquelles ils ont été traités avec de la testostérone exogène administrée par injection parentérale sous forme d’undécanoate (Bayer) à raison d’un gramme toutes les 12 semaines. Divers paramètres ont été étudiés dont le cholestérol total, le LDL chloestérol, les HDL, la glycémie, les transaminases hépatiques (alanine et aspartate), la tension artérielle ou encore la CRP, donc un ensemble de paramètres permettant de suivre de près les désordres métaboliques et leur évolution. Le traitement avec de la testostérone a permis, toutes choses égales par ailleurs, de mettre en évidence une chute significative du cholestérol total passant de 7,3 à 4,9 mmole/l, une chute concomitante des triglycérides de 3,1 à 2,1 mmole/l avec une augmentation discrète des HDL de 1,45 à 1,52 mmole/l. Parallèlement l’étude a montré que la pression sanguine diminuait, comme le taux de CRP ainsi que celui des transaminases. Quand on sait que les statines sont prescrites justement pour diminuer le cholestérol total et les HDL afin de prévenir les accidents cardiovasculaires et qu’on sait également que diminuer la disponibilité en cholestérol conduit inévitablement à une diminution de la synthèse de la testostérone au niveau des testicules, on peut naturellement se poser quelques questions quant aux effets potentiellement pervers de ce traitement, cette étude est là pour le prouver indirectement, un peu comme ces rats castrés servant de modèles de laboratoire pour la maladie de Parkinson. Et le doute est d’autant plus prégnant quand on rapproche de ces résultats les travaux du Docteur Michel de Lorgeril qui réfute un quelconque effet bénéfique des statines sur l’évolution des maladies cardiovasculaires dont la cause première serait (j’utilise à dessein le conditionnel) le cholestérol en excès http://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=Pt64YzmHlqg. La testostérone est un activateur du métabolisme général et c’est peut-être la raison qui peut être invoquée pour expliquer ses effets bénéfiques sur le syndrome métabolique que présentent les patients souffrant d’hypogonadisme, dans ces conditions les statines pourraient paradoxalement aggraver plutôt qu’améliorer la situation des malades dont on diagnostique à tort une hypercholestérolémie afin de faire vendre des statines coûte que coûte, surtout pour la sécurité sociale !

 

 

 

https://jacqueshenry.wordpress.com/2013/07/27/parkinson-ou-cholesterol-il-faudra-choisir/

A Zürich, il y a un « sex-drive in » … et ça roule !

Alors que le gouvernement français, toujours à court d’argent puisque l’Etat dépense chroniquement plus qu’il ne collecte d’impôts, envisage de taxer les clients des travailleuses du sexe, plus prosaïquement les péripatéticiennes, j’aime bien ce terme, les Suisses de la ville de Zürich ont interdit la prostitution dans le quartier « chaud » de Sihlquai, au centre ville après une votation du mois d’août. Comme ce business lucratif pour les travailleuses qui ne trouvent pas de job plus rentable devait être réorganisé, les Suisses étant comme chacun sait très libéraux, la municipalité a trouvé une solution élégante consistant à créer un « sex drive-in » dans un quartier périphérique afin d’assainir le centre ville, projet qui avait aussi été soumis à une votation en mars 2012 et dûment approuvé par plus de 52 % des Zürichois. C’est sûr que dans cette ville austère, vitrine industrielle de la Suisse, des ouvrières spécialisées trainant sur les trottoirs la nuit au lieu de sévir dans des ateliers d’usines ça faisait désordre. Le drive-in n’est accessible qu’en voiture, le client peut choisir l’ouvrière spécialisée comme il l’entend et des studios ( sex-boxes) sont mis à la disposition des travailleuses sous l’oeil vigilant de gardiens rétribués par la ville qui vérifient qu’il n’y a qu’un seul client dans les voitures qui entrent dans le drive-in protégé par une clôture supposée éloigner les faux clients comme des personnes affublées du nom d’un poisson dégusté en escabèche ou au vin blanc. Les ouvrières sans contre-maître ne s’en portent d’ailleurs que mieux et acquittent dans une sorte de parc-mètre un droit d’occupation de 5 francs suisses par nuit de travail. Il y a même une antenne médicale à leur disposition et un gros bouton poussoir rouge dans les sex-boxes pour éventuellement appeler le gardien en cas de dérèglement intempestif de la machine de travail, c’est-à-dire du client. Sur les 30 ouvrières de Sihlquai près de la moitié ont choisi ce nouvel atelier pour leur sécurité et de meilleures conditions de travail. Michael Herzig, en charge des services sociaux de la ville de Zürich se félicite du succès de cette opération. Qu’il est doux de vivre en Suisse où tout est si propre et si bien organisé … Source : Japan Times

Commentaire sur un article paru dans Forbes Magasine

En 1995 Karl Sagan, un astronome américain très populaire dans ses interventions médiatiques pour promouvoir la science déclarait : « En consultant nos boules de cristal et nos horoscopes presque religieusement, notre esprit critique décline et on glisse sans presque s’en rendre compte dans la superstition et l’obscurantisme ». Presque 20 ans plus tard force est de constater que la situation a empiré dans la direction que prédisait Sagan de par l’action permanente d’activistes très bien financés qui sèment la terreur dans le monde entier. Ces activistes radicaux exploitent l’ignorance de la science dans laquelle est tenu le peuple pour répandre une idéologie nouvelle orientée contre la technologie, contre le business et pour un retour à la nature primitive. La superstition et l’obscurantisme ont envahi de nombreux domaines des technologies et du progrès, que ce soient les vaccins, l’énergie nucléaire, les pesticides, les plantes génétiquement modifiées et les produits chimiques détectés dans les objets utilisés chaque jour. Certes, de tels mouvements d’opinion opposés aux progrès scientifiques et techniques ne datent pas d’aujourd’hui. A la fin du XVIIIe siècle déjà des voix s’élevèrent contre les essais de vaccination pour combattre la variole et de tels oppositions perdurent encore à ce jour alors que les vaccins modernes ont atteint un degré de sureté et d’efficacité jamais égalé auparavant. Hormis la sécurisation sanitaire de l’eau dans les villes, les vaccins n’ont jamais été surpassés en termes d’amélioration de la santé et de la longévité des êtres humains. Puisqu’on mentionne l’eau du robinet, l’addition systématique de fluor dans l’eau est l’une des dix améliorations les plus importantes pour la santé buccale qui ait été réalisée au cours de la fin du XXe siècle. De peur d’affronter ces activistes résolument opposés à tout progrès, de nombreuses entreprises s’adaptent préventivement. Par exemple au début de ce mois d’octobre, la firme de grande distribution nord-américaine Wal-Mart ne maintiendra plus en vente les produits susceptibles de contenir les dix « produits chimiques dangereux » ou déclarés comme tels par ces mêmes activistes. Dans cette liste on retrouvera le bisphenol-A (BPA) qui est la cible répétée de ces groupes opposés au progrès brandissant des arguments pseudo-scientifiques qu’on peut appeler de la science de caniveau (junk-science). D’autres firmes comme Procter & Gamble ou encore Johnson & Johnson ont également déclaré s’engager à éliminer certains produits dits dangereux même si aucun argument scientifique n’a pu le démontrer. L’ingénierie génétique constitue une autre cible favorite de ces activistes. Il y a plus de dix ans, deux des plus importantes firmes produisant de la nourriture pour enfants aux USA, Heinz et Gerber, se sont pliés aux intimidations de ces activistes en leur promettant de ne plus utiliser dans leurs recettes de produits issus de plantes génétiquement modifiées même si leurs approvisionnements risquaient d’être de moins bonne qualité ou étant pollués en raison d’une utilisation plus intensive de pesticides requise avec des plantes non modifiées génétiquement. Tout récemment McDonald’s a banni l’utilisation de pommes de terre Bt et Frito-Lay a exigé de ses fournisseurs de maïs de ne plus cultiver de variété Bt alors que justement l’avantage de ces maïs est de réduire considérablement l’utilisation de pesticides. Quand de telles grandes firmes capitulent devant le chantage et les manœuvres d’intimidation de ces activistes opposés à tout progrès, il n’y a pas de gagnants mais les perdants sont les consommateurs qui sont privés de produits de meilleur qualité et plus à même de protéger leur santé. Et tous les arguments avancés pour faire interdire telle ou telle plante génétiquement modifiée sont spécieux dans la mesure où ces plantes ont fait l’objet d’examens répétés de trois agences gouvernementales indépendantes (aux USA) qui ont conclu à diverses occasions que ces plantes ne présentaient strictement aucun danger pour la santé. Par exemple, le BPA utilisé depuis plus de 50 ans pour prévenir les phénomènes d’oxydation des aliments dans les boites de conserve a été prouvé comme étant totalement sans effet adverse sur la santé dans des conditions normales d’utilisation alors que les activistes rétrogrades prétendent que certaines études ont décrit des taux de BPA dans le sang inacceptables ce qu’on réfuté de toute leur force l’EPA (Environment Protection Agency) et la FDA (Food and Drug Administration) comme étant des résultats inventés de toute pièce dans un but strictement idéologique. Malheureusement, et c’est particulièrement lamentable de le constater, de nombreuses organisations – et même certains scientifiques – modifient des résultats à dessein et inventent des « évidences » imaginaires. Par exemple un manuscrit récemment soumis à publication par des biologistes de la Tufts University a été refusé après examen par des « pairs » car il prétendait que le BPA était cancérigène pour les rats. Une étude statistique plus détaillée des résultats montra en effet qu’il n’en était rien. Cet exemple rappelle quelque chose à mes lecteurs à propos de l’effet cancérigène du glyphosate. Trevor Butterworth, un statisticien qui a analysé les résultats présentés dans ce manuscrit a déclaré : « Il est difficile de ne pas voir la main lourde, dans le protocole de ce travail, de quelqu’un qui cherche à accuser le BPA quels que soient les résultats obtenus ».

Finalement, quand des compagnies ne font plus la part entre risques et avantages et décident de rejeter une technologie pourtant utile sous la pression de ces activistes, ils exposent leurs clients à des alternatives qui sont moins avantageuses et plus risquées pour ces derniers. Pour ne citer qu’un exemple illustrant ce dernier point, les maïs « organique » utilisé par Gerber pour préparer des aliments pour bébés exposera plus probablement ces derniers à des toxines fongiques qui sont hautement toxiques pour le foie et sont connues pour être la cause de certains cancers de l’oesophage. Mais qu’à ce là ne tienne, comme pour le BPA qui prévient des oxydations indésirables et du risque d’intoxication mortelle comme le botulisme, le maïs organique est considéré sans aucune preuve scientifique avérée plus « sûr » que le maïs Bt. Il faut que tant les consommateurs que les industriels impliqués dans l’agro-alimentaire s’insurgent, avec le soutien des scientifiques contre cette pseudo-science truquée à dessein par des idéologues chaque fois que cela sera nécessaire pour préserver la santé des consommateurs car en définitive c’est la société toute entière qui sera perdante.

 

Il s’agit de la traduction presque complète d’un article paru dans Forbes ( http://www.forbes.com/sites/henrymiller/2013/10/23/junk-science-attacks-on-important-products-and-technologies-diminishes-us-all/ ). Il faut tout de même faire quelques remarques critiques sur ce document. Premier point : il ne faut pas mettre dans le même panier l’ensemble de l’industrie agro-alimentaire. Gerber ou Nestlé (en Europe) apportent à n’en pas douter le plus grand soin dans le contrôle de la qualité des produits utilisés pour la fabrication d’aliments pour bébés. Que les pratiques de McDonald’s soient contestables (voir mon billet sur les Chicken Nuggets) ne signifie pas que tout le secteur agro-alimentaire se comporte de manière purement mercantile, il y a des règles à respecter et elles le sont en général afin de respecter également le consommateur. Deuxième point intéressant : l’opposition systématique de la part des « activistes » comme aime à les nommer l’auteur de cet article (Henry I. Miller) aux OGM n’a jamais été justifiée scientifiquement. Il est tout à fait opportun de rappeler ici la désastreuse imposture de Séralini à propos du maïs « Round-Up ready » qui a non seulement décrédibilisé la recherche scientifique française mais également les « activistes » dont il est fait mention dans cet article. Il en est de même pour le soi-disant réchauffement climatique dont on ne parle presque plus depuis la publication du dernier rapport de l’IPCC. Les scientifiques dignes de ce nom qualifient ce genre de déviation de « junk-science » satisfaisant une idéologie et ignorante des faits avérés et prouvés à de nombreuses reprises.

Pour conclure, je partage l’avis de Karl Sagan, l’humanité, soumise à la pression de groupuscules réfractaires à tout progrès scientifique et technique, semble rétrograder dans l’obscurantisme le plus insupportable. 

Une autre horloge biologique : le virus de l’herpès

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Le virus de l’herpès par lequel nous sommes tous infectés parfois depuis notre naissance est une autre horloge biologique. J’ai exposé il y a deux jours l’horloge des télomères et des méthylations de l’ADN, le virus de l’herpès constitue une autre horloge qui permet de dater la divergence des souches du virus les unes par rapport aux autres. Comme d’habitude, il faut tenter d’expliquer simplement un résultat scientifique complexe. Le virus de l’herpès constitue une famille divisée en deux groupes principaux l’HSV-1, celui des boutons de fièvre et des kératites oculaires et l’HSV-2, l’herpès qui sévit au niveau des organes génitaux. Ce virus a tendance à devenir silencieux dans les terminaisons nerveuses puis réapparaître pour des raisons inconnues et provoquer des démangeaisons ou des boutons de fièvre autour de la bouche et parfois à l’intérieur de la bouche. Dans de très rares cas ce virus peut provoquer une encéphalite. L’ADN du virus de type 1 est constitué de 152000 bases et code pour une quarantaine de protéines, certaines étant des protéines de structure et d’autres des enzymes spécifiques du virus. Il y a de par le monde des centaines de souches différentes et le séquençage ultra-rapide et automatisé de l’ADN a permis de construire un arbre « généalogique » du virus de type 1, en biologie on parle d’arbre phylogénétique. Outre le fait que ce type d’étude aide à comprendre pourquoi certaines souches sont plus virulentes que d’autres, on s’est aperçu qu’en réalité l’ADN de ce virus était remarquablement stable et présentait des substitutions de bases (de l’ADN) avec une fréquence très faible, précisément de 0,138 chances sur un million par site de substitution et par an. Si on considère donc la taille de l’ADN (152000 bases) on peut en déduire très précisément quand une souche a divergé d’une autre souche. On parle alors de « distance » génétique entre les souches. Trente et une différentes séquences d’ADN du virus de type 1 disponibles au public sur le site du National Institute of Health (NCBI) ont été analysée afin de déterminer cette distance génétique entre elles ( http://www.plosone.org/article/info%3Adoi%2F10.1371%2Fjournal.pone.0076267#pone.0076267.s002 ) et connaissant la localisation géographique des prélèvements des virus, en Grande-Bretagne, aux USA, au Kenya, en Chine, en Corée du Sud ou encore au Japon, les biologistes qui se sont livré à cette intéressante investigation ont pu en quelque sorte remonter le temps. En premier lieu les types 1 et 2 ont divergé il y a environ 2 millions d’années, 2184000 ans plus précisément. Les diverses souches de virus de type 1 ont pu être regroupées en 7 familles phylogénétiques (clades) différentes, l’une comprenant l’Europe et l’Amérique du Nord, une autre regroupant des souches isolées en Asie du Sud-Est et une souche d’Amérique du Nord, et quatre clades de souches isolées au Kenya. Il en ressort que les souches de type 1 ont commencé à se répandre il y a précisément 50300 ans et les souches eurasiennes il y a 32800 ans et une souche nord-américaine a divergé des souches d’Asie du Sud-Est il y a 15760 ans. Il est alors très facile de rapprocher ces données strictement phylogénétiques issues d’une analyse fine des mutations ponctuelles de l’ADN du virus d’autres évènements parfaitement datés par des fossiles avec des techniques de datation complètement différentes essentiellement basées sur des analyses isotopiques. Deux millions d’années c’est l’apparition du genre Homo, soixante mille ans c’est l’homme « Out of Africa », pas le film mais le moment approximatif où l’homme a commencé à quitter l’Afrique pour conquérir la planète entière, entre 20 et 40 milliers d’années avant notre ère, l’homme apparaît en Asie du Sud-Est et entre 12 et 20000 an avant notre ère l’arrivée de l’homme en Amérique du Nord après avoir traversé probablement à pied le détroit de Behring ou le Pacifique Nord sur un radeau depuis l’Asie. Troublante exactitude ! Mais aussi incroyable confirmation de l’hypothèse maintenant admise de l’origine de l’homme en Afrique de l’Est et sa migration sur l’ensemble de la planète à partir de l’analyse d’un virus qu’on transporte avec nous depuis la nuit des temps, depuis que nous avons commencé à nous différencier du singe à partir de notre ancêtre commun. A n’en pas douter les analyses fines d’ADN réservent encore des surprises. Le séquençage haute rapidité de l’ADN et des ARN messagers constitue à mon humble avis la plus grande avancée de la biologie moderne avec naturellement l’aide de puissants ordinateurs pour interpréter les résultats qui sont tous dans le domaine public tant pour ce type d’étude que pour élucider les causes de maladies comme le cancer ou encore la disparition des abeilles …

Dans la rubrique malbouffe : fructose et Chicken-Nuggets

Dans la rubrique malbouffe, on n’est jamais en manque d’informations d’autant plus que les problèmes sociétaux provenant de l’épidémie d’obésité amplifient la prise de conscience des décideurs comme par exemple l’Agence Européenne de la Sécurité Alimentaire (EFSA), un organisme typiquement indépendant qui décide de ce qui est bon ou mauvais pour la santé des citoyens européens sur lesquels elle veille comme une poule veille sur ses poussins. Las ! Les méchants lobbyistes des grosses firmes de l’agro-alimentaire sont là, dans les couloirs et les petites salles de réunion des institutions européennes de Bruxelles, pour rappeler à l’EFSA qu’il ne faut pas trop en faire en usant du chantage à l’emploi, l’argument massue pour convaincre ces bureaucrates que tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes de la santé. C’est grâce à l’EFSA qu’on peut se rassurer en lisant les étiquetages des denrées alimentaires d’origine industrielle les indications du genre « meilleur avant … voir la date sur le fond de la barquette » qui obligent les grandes et petites surfaces à jeter jusqu’à 40 % des produits alimentaires encore parfaitement comestibles et sans danger pour la santé. Bref, tout est organisé entre les industriels de la malbouffe et les bureaucrates de Bruxelles pour que le chaland soit rassuré et continue à s’intoxiquer les yeux fermés et en toute confiance. Le cas du fructose est typique de cet état de choses. Le fructose est un agent sucrant plus puissant que le sucre de table, lui-même composé d’une molécule de glucose liée à une molécule de fructose. Le fructose est produit industriellement à partir du jus sucré obtenu par hydrolyse de l’amidon de maïs, on appelle ça le sirop de maïs, le sale truc dont on recouvre les pâtisseries à grands coups de pinceaux pour qu’elles se conservent plus longtemps sans se dessécher. Et pour faire mieux encore, on rajoute du fructose purifié à ce sirop pour qu’il soit encore plus sucrant. Là où les choses se compliquent un peu (beaucoup) c’est que les diabétiques sont contents parce que le fructose n’a que peu d’effets sur la glycémie sanguine et sur le taux d’insuline. Mais c’est un leurre métabolique car ce fructose est péniblement dégradé pour une petite partie dans le foie pour aboutir à la production d’acides gras et en grande partie rejeté dans les selles et l’urine. C’est sur la base de cette observation incomplète que les grands groupes industriels de l’agro-alimentaire ont mis le fructose en avant pour une utilisation quasi généralisée dans une multitude de produits alimentaires. C’était ignorer que pour supporter des quantités artificiellement massives de fructose, il faut être en bonne santé, c’est-à-dire ni diabétique, ni obèse, ni sujet à des problèmes d’artères ou de cœur. Dans le cas contraire, en particulier pour les diabétiques, c’est une catastrophe car le fructose est alors beaucoup plus rapidement transformé en graisses dans le foie, aggravant la prise de poids et les problèmes coronariens pour ne citer que ceux-là. L’EFSA a donc autorisé l’enrichissement en fructose d’une multitude de produits industriels de manière criminelle, oui ! Ces bureaucrates de Bruxelles à la solde des grands groupes industriels sont des criminels qui ont pris des décisions basées sur des résultats scientifiques biaisés pourtant régulièrement remis en cause par de nombreux nutritionnistes et équipes de biologistes sans pour autant revoir leur copie favorable aux industriels … (Illustration : The Guardian)

Fructose Lustig

 

Venons-en au produit phare des fast-food, le « Chicken-Nugget », littéralement la pépite de poulet ! J’ai rencontré un jour un chercheur d’or dans l’out-back australien qui avait trouvé avec un vieux détecteur de métaux des surplus de l’armée une pépite d’or grosse comme mon pouce et qui avait payé une tournée de Four X Heavy à tous les consommateurs du bar du petit hôtel où je me trouvais ce jour-là. Je précise à mes lecteurs que la Four X Heavy est un genre de bière type Guinness revue et corrigée à la mode australienne et réservée exclusivement aux buveurs de bière avertis. Mais revenons aux « Chicken-Nuggets » si prisés des enfants et des adultes après les avoir enduit d’une sauce totalement industrielle dont je tairai les ingrédients car ce n’est pas l’objet de ce présent billet. Le Docteur Richard deShazo de l’Université du Mississippi a voulu en avoir le cœur net et a examiné en détail ces petits bouts garantis pur poulet « élevé au grand air et nourri exclusivement avec des produits bio », mais c’est bien sûr, plus la publicité est mensongère, plus les ventes augmentent. Ce professeur de médecine pédiatrique a autopsié des Chicken-Nuggets et mis des coupes de ces bouts de poulets sous son microscope et il a été plutôt horrifié (voir la photo, source Université du Mississippi) de constater qu’on trouve de tout et pas que de la viande, du muscle si on veut. Comment sont fabriqués (industriellement) les Chicken-Nuggets, telle est la question. Les poulets sont traités industriellement. Les parties du poulet qui ne nécessitent pas de valorisation, les cuisses, les ailes et les filets de « blanc » sont séparés du reste du poulet, traités avec des conservateurs, ensachés sous vide, congelés et expédiés aux grossistes. La carcasse est alors soumise à des traitements chimiques et enzymatiques pour qu’il ne reste en bout de chaine que des os d’un côté et un magma informe d’un autre côté qui va servir à préparer ces bouts de viande pompeusement appelés pépites. Ce magma contenant des bouts d’os, des résidus d’intestin, de viscères et de peau, mais dont la teneur en protéines musculaires n’atteint que rarement 40 % est retraité à l’aide d’adjuvants, du sel, du fructose (vous avez bien lu, ce n’est pas une faute de copié-collé) et du glutamate (mono-sodium-glutamate ou MSG) pour amplifier le goût et d’autres enzymes pour en faire un semblant de morceau de viande de poulet dont l’aspect sera soigneusement dissimulé à l’aide d’un enrobage de composition ultra-secrète pudiquement appelé panure en français pour être frit sans trop retenir d’huile afin de préserver la santé des consommateurs. Et le tour est joué. Il faut ajouter que le résidu de carcasse impropre à la consommation est mélangé aux plumes et transformé en granulés pour nourrir les poissons et les crevettes d’élevage.

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Comme aurait dit Lavoisier, rien ne se perd, tout se transforme. Pourquoi on appelle ces infâmes trucs dont les enfants raffolent des pépites, tout simplement parce qu’on réalise des profits mirobolants, sans aller perdre son temps avec un détecteur de métaux, avec de la merde qui contient au final dans votre barquette en carton, restez assis, 56 % de graisses, 25 % de sucres et 19 % de protéines, c’est une moyenne mais ça fait tout de même peur.

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Conclusion : Bon appétit …