A Zürich, il y a un « sex-drive in » … et ça roule !

Alors que le gouvernement français, toujours à court d’argent puisque l’Etat dépense chroniquement plus qu’il ne collecte d’impôts, envisage de taxer les clients des travailleuses du sexe, plus prosaïquement les péripatéticiennes, j’aime bien ce terme, les Suisses de la ville de Zürich ont interdit la prostitution dans le quartier « chaud » de Sihlquai, au centre ville après une votation du mois d’août. Comme ce business lucratif pour les travailleuses qui ne trouvent pas de job plus rentable devait être réorganisé, les Suisses étant comme chacun sait très libéraux, la municipalité a trouvé une solution élégante consistant à créer un « sex drive-in » dans un quartier périphérique afin d’assainir le centre ville, projet qui avait aussi été soumis à une votation en mars 2012 et dûment approuvé par plus de 52 % des Zürichois. C’est sûr que dans cette ville austère, vitrine industrielle de la Suisse, des ouvrières spécialisées trainant sur les trottoirs la nuit au lieu de sévir dans des ateliers d’usines ça faisait désordre. Le drive-in n’est accessible qu’en voiture, le client peut choisir l’ouvrière spécialisée comme il l’entend et des studios ( sex-boxes) sont mis à la disposition des travailleuses sous l’oeil vigilant de gardiens rétribués par la ville qui vérifient qu’il n’y a qu’un seul client dans les voitures qui entrent dans le drive-in protégé par une clôture supposée éloigner les faux clients comme des personnes affublées du nom d’un poisson dégusté en escabèche ou au vin blanc. Les ouvrières sans contre-maître ne s’en portent d’ailleurs que mieux et acquittent dans une sorte de parc-mètre un droit d’occupation de 5 francs suisses par nuit de travail. Il y a même une antenne médicale à leur disposition et un gros bouton poussoir rouge dans les sex-boxes pour éventuellement appeler le gardien en cas de dérèglement intempestif de la machine de travail, c’est-à-dire du client. Sur les 30 ouvrières de Sihlquai près de la moitié ont choisi ce nouvel atelier pour leur sécurité et de meilleures conditions de travail. Michael Herzig, en charge des services sociaux de la ville de Zürich se félicite du succès de cette opération. Qu’il est doux de vivre en Suisse où tout est si propre et si bien organisé … Source : Japan Times

Commentaire sur un article paru dans Forbes Magasine

En 1995 Karl Sagan, un astronome américain très populaire dans ses interventions médiatiques pour promouvoir la science déclarait : « En consultant nos boules de cristal et nos horoscopes presque religieusement, notre esprit critique décline et on glisse sans presque s’en rendre compte dans la superstition et l’obscurantisme ». Presque 20 ans plus tard force est de constater que la situation a empiré dans la direction que prédisait Sagan de par l’action permanente d’activistes très bien financés qui sèment la terreur dans le monde entier. Ces activistes radicaux exploitent l’ignorance de la science dans laquelle est tenu le peuple pour répandre une idéologie nouvelle orientée contre la technologie, contre le business et pour un retour à la nature primitive. La superstition et l’obscurantisme ont envahi de nombreux domaines des technologies et du progrès, que ce soient les vaccins, l’énergie nucléaire, les pesticides, les plantes génétiquement modifiées et les produits chimiques détectés dans les objets utilisés chaque jour. Certes, de tels mouvements d’opinion opposés aux progrès scientifiques et techniques ne datent pas d’aujourd’hui. A la fin du XVIIIe siècle déjà des voix s’élevèrent contre les essais de vaccination pour combattre la variole et de tels oppositions perdurent encore à ce jour alors que les vaccins modernes ont atteint un degré de sureté et d’efficacité jamais égalé auparavant. Hormis la sécurisation sanitaire de l’eau dans les villes, les vaccins n’ont jamais été surpassés en termes d’amélioration de la santé et de la longévité des êtres humains. Puisqu’on mentionne l’eau du robinet, l’addition systématique de fluor dans l’eau est l’une des dix améliorations les plus importantes pour la santé buccale qui ait été réalisée au cours de la fin du XXe siècle. De peur d’affronter ces activistes résolument opposés à tout progrès, de nombreuses entreprises s’adaptent préventivement. Par exemple au début de ce mois d’octobre, la firme de grande distribution nord-américaine Wal-Mart ne maintiendra plus en vente les produits susceptibles de contenir les dix « produits chimiques dangereux » ou déclarés comme tels par ces mêmes activistes. Dans cette liste on retrouvera le bisphenol-A (BPA) qui est la cible répétée de ces groupes opposés au progrès brandissant des arguments pseudo-scientifiques qu’on peut appeler de la science de caniveau (junk-science). D’autres firmes comme Procter & Gamble ou encore Johnson & Johnson ont également déclaré s’engager à éliminer certains produits dits dangereux même si aucun argument scientifique n’a pu le démontrer. L’ingénierie génétique constitue une autre cible favorite de ces activistes. Il y a plus de dix ans, deux des plus importantes firmes produisant de la nourriture pour enfants aux USA, Heinz et Gerber, se sont pliés aux intimidations de ces activistes en leur promettant de ne plus utiliser dans leurs recettes de produits issus de plantes génétiquement modifiées même si leurs approvisionnements risquaient d’être de moins bonne qualité ou étant pollués en raison d’une utilisation plus intensive de pesticides requise avec des plantes non modifiées génétiquement. Tout récemment McDonald’s a banni l’utilisation de pommes de terre Bt et Frito-Lay a exigé de ses fournisseurs de maïs de ne plus cultiver de variété Bt alors que justement l’avantage de ces maïs est de réduire considérablement l’utilisation de pesticides. Quand de telles grandes firmes capitulent devant le chantage et les manœuvres d’intimidation de ces activistes opposés à tout progrès, il n’y a pas de gagnants mais les perdants sont les consommateurs qui sont privés de produits de meilleur qualité et plus à même de protéger leur santé. Et tous les arguments avancés pour faire interdire telle ou telle plante génétiquement modifiée sont spécieux dans la mesure où ces plantes ont fait l’objet d’examens répétés de trois agences gouvernementales indépendantes (aux USA) qui ont conclu à diverses occasions que ces plantes ne présentaient strictement aucun danger pour la santé. Par exemple, le BPA utilisé depuis plus de 50 ans pour prévenir les phénomènes d’oxydation des aliments dans les boites de conserve a été prouvé comme étant totalement sans effet adverse sur la santé dans des conditions normales d’utilisation alors que les activistes rétrogrades prétendent que certaines études ont décrit des taux de BPA dans le sang inacceptables ce qu’on réfuté de toute leur force l’EPA (Environment Protection Agency) et la FDA (Food and Drug Administration) comme étant des résultats inventés de toute pièce dans un but strictement idéologique. Malheureusement, et c’est particulièrement lamentable de le constater, de nombreuses organisations – et même certains scientifiques – modifient des résultats à dessein et inventent des « évidences » imaginaires. Par exemple un manuscrit récemment soumis à publication par des biologistes de la Tufts University a été refusé après examen par des « pairs » car il prétendait que le BPA était cancérigène pour les rats. Une étude statistique plus détaillée des résultats montra en effet qu’il n’en était rien. Cet exemple rappelle quelque chose à mes lecteurs à propos de l’effet cancérigène du glyphosate. Trevor Butterworth, un statisticien qui a analysé les résultats présentés dans ce manuscrit a déclaré : « Il est difficile de ne pas voir la main lourde, dans le protocole de ce travail, de quelqu’un qui cherche à accuser le BPA quels que soient les résultats obtenus ».

Finalement, quand des compagnies ne font plus la part entre risques et avantages et décident de rejeter une technologie pourtant utile sous la pression de ces activistes, ils exposent leurs clients à des alternatives qui sont moins avantageuses et plus risquées pour ces derniers. Pour ne citer qu’un exemple illustrant ce dernier point, les maïs « organique » utilisé par Gerber pour préparer des aliments pour bébés exposera plus probablement ces derniers à des toxines fongiques qui sont hautement toxiques pour le foie et sont connues pour être la cause de certains cancers de l’oesophage. Mais qu’à ce là ne tienne, comme pour le BPA qui prévient des oxydations indésirables et du risque d’intoxication mortelle comme le botulisme, le maïs organique est considéré sans aucune preuve scientifique avérée plus « sûr » que le maïs Bt. Il faut que tant les consommateurs que les industriels impliqués dans l’agro-alimentaire s’insurgent, avec le soutien des scientifiques contre cette pseudo-science truquée à dessein par des idéologues chaque fois que cela sera nécessaire pour préserver la santé des consommateurs car en définitive c’est la société toute entière qui sera perdante.

 

Il s’agit de la traduction presque complète d’un article paru dans Forbes ( http://www.forbes.com/sites/henrymiller/2013/10/23/junk-science-attacks-on-important-products-and-technologies-diminishes-us-all/ ). Il faut tout de même faire quelques remarques critiques sur ce document. Premier point : il ne faut pas mettre dans le même panier l’ensemble de l’industrie agro-alimentaire. Gerber ou Nestlé (en Europe) apportent à n’en pas douter le plus grand soin dans le contrôle de la qualité des produits utilisés pour la fabrication d’aliments pour bébés. Que les pratiques de McDonald’s soient contestables (voir mon billet sur les Chicken Nuggets) ne signifie pas que tout le secteur agro-alimentaire se comporte de manière purement mercantile, il y a des règles à respecter et elles le sont en général afin de respecter également le consommateur. Deuxième point intéressant : l’opposition systématique de la part des « activistes » comme aime à les nommer l’auteur de cet article (Henry I. Miller) aux OGM n’a jamais été justifiée scientifiquement. Il est tout à fait opportun de rappeler ici la désastreuse imposture de Séralini à propos du maïs « Round-Up ready » qui a non seulement décrédibilisé la recherche scientifique française mais également les « activistes » dont il est fait mention dans cet article. Il en est de même pour le soi-disant réchauffement climatique dont on ne parle presque plus depuis la publication du dernier rapport de l’IPCC. Les scientifiques dignes de ce nom qualifient ce genre de déviation de « junk-science » satisfaisant une idéologie et ignorante des faits avérés et prouvés à de nombreuses reprises.

Pour conclure, je partage l’avis de Karl Sagan, l’humanité, soumise à la pression de groupuscules réfractaires à tout progrès scientifique et technique, semble rétrograder dans l’obscurantisme le plus insupportable. 

Une autre horloge biologique : le virus de l’herpès

journal.pone.0076267.g004

Le virus de l’herpès par lequel nous sommes tous infectés parfois depuis notre naissance est une autre horloge biologique. J’ai exposé il y a deux jours l’horloge des télomères et des méthylations de l’ADN, le virus de l’herpès constitue une autre horloge qui permet de dater la divergence des souches du virus les unes par rapport aux autres. Comme d’habitude, il faut tenter d’expliquer simplement un résultat scientifique complexe. Le virus de l’herpès constitue une famille divisée en deux groupes principaux l’HSV-1, celui des boutons de fièvre et des kératites oculaires et l’HSV-2, l’herpès qui sévit au niveau des organes génitaux. Ce virus a tendance à devenir silencieux dans les terminaisons nerveuses puis réapparaître pour des raisons inconnues et provoquer des démangeaisons ou des boutons de fièvre autour de la bouche et parfois à l’intérieur de la bouche. Dans de très rares cas ce virus peut provoquer une encéphalite. L’ADN du virus de type 1 est constitué de 152000 bases et code pour une quarantaine de protéines, certaines étant des protéines de structure et d’autres des enzymes spécifiques du virus. Il y a de par le monde des centaines de souches différentes et le séquençage ultra-rapide et automatisé de l’ADN a permis de construire un arbre « généalogique » du virus de type 1, en biologie on parle d’arbre phylogénétique. Outre le fait que ce type d’étude aide à comprendre pourquoi certaines souches sont plus virulentes que d’autres, on s’est aperçu qu’en réalité l’ADN de ce virus était remarquablement stable et présentait des substitutions de bases (de l’ADN) avec une fréquence très faible, précisément de 0,138 chances sur un million par site de substitution et par an. Si on considère donc la taille de l’ADN (152000 bases) on peut en déduire très précisément quand une souche a divergé d’une autre souche. On parle alors de « distance » génétique entre les souches. Trente et une différentes séquences d’ADN du virus de type 1 disponibles au public sur le site du National Institute of Health (NCBI) ont été analysée afin de déterminer cette distance génétique entre elles ( http://www.plosone.org/article/info%3Adoi%2F10.1371%2Fjournal.pone.0076267#pone.0076267.s002 ) et connaissant la localisation géographique des prélèvements des virus, en Grande-Bretagne, aux USA, au Kenya, en Chine, en Corée du Sud ou encore au Japon, les biologistes qui se sont livré à cette intéressante investigation ont pu en quelque sorte remonter le temps. En premier lieu les types 1 et 2 ont divergé il y a environ 2 millions d’années, 2184000 ans plus précisément. Les diverses souches de virus de type 1 ont pu être regroupées en 7 familles phylogénétiques (clades) différentes, l’une comprenant l’Europe et l’Amérique du Nord, une autre regroupant des souches isolées en Asie du Sud-Est et une souche d’Amérique du Nord, et quatre clades de souches isolées au Kenya. Il en ressort que les souches de type 1 ont commencé à se répandre il y a précisément 50300 ans et les souches eurasiennes il y a 32800 ans et une souche nord-américaine a divergé des souches d’Asie du Sud-Est il y a 15760 ans. Il est alors très facile de rapprocher ces données strictement phylogénétiques issues d’une analyse fine des mutations ponctuelles de l’ADN du virus d’autres évènements parfaitement datés par des fossiles avec des techniques de datation complètement différentes essentiellement basées sur des analyses isotopiques. Deux millions d’années c’est l’apparition du genre Homo, soixante mille ans c’est l’homme « Out of Africa », pas le film mais le moment approximatif où l’homme a commencé à quitter l’Afrique pour conquérir la planète entière, entre 20 et 40 milliers d’années avant notre ère, l’homme apparaît en Asie du Sud-Est et entre 12 et 20000 an avant notre ère l’arrivée de l’homme en Amérique du Nord après avoir traversé probablement à pied le détroit de Behring ou le Pacifique Nord sur un radeau depuis l’Asie. Troublante exactitude ! Mais aussi incroyable confirmation de l’hypothèse maintenant admise de l’origine de l’homme en Afrique de l’Est et sa migration sur l’ensemble de la planète à partir de l’analyse d’un virus qu’on transporte avec nous depuis la nuit des temps, depuis que nous avons commencé à nous différencier du singe à partir de notre ancêtre commun. A n’en pas douter les analyses fines d’ADN réservent encore des surprises. Le séquençage haute rapidité de l’ADN et des ARN messagers constitue à mon humble avis la plus grande avancée de la biologie moderne avec naturellement l’aide de puissants ordinateurs pour interpréter les résultats qui sont tous dans le domaine public tant pour ce type d’étude que pour élucider les causes de maladies comme le cancer ou encore la disparition des abeilles …

Dans la rubrique malbouffe : fructose et Chicken-Nuggets

Dans la rubrique malbouffe, on n’est jamais en manque d’informations d’autant plus que les problèmes sociétaux provenant de l’épidémie d’obésité amplifient la prise de conscience des décideurs comme par exemple l’Agence Européenne de la Sécurité Alimentaire (EFSA), un organisme typiquement indépendant qui décide de ce qui est bon ou mauvais pour la santé des citoyens européens sur lesquels elle veille comme une poule veille sur ses poussins. Las ! Les méchants lobbyistes des grosses firmes de l’agro-alimentaire sont là, dans les couloirs et les petites salles de réunion des institutions européennes de Bruxelles, pour rappeler à l’EFSA qu’il ne faut pas trop en faire en usant du chantage à l’emploi, l’argument massue pour convaincre ces bureaucrates que tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes de la santé. C’est grâce à l’EFSA qu’on peut se rassurer en lisant les étiquetages des denrées alimentaires d’origine industrielle les indications du genre « meilleur avant … voir la date sur le fond de la barquette » qui obligent les grandes et petites surfaces à jeter jusqu’à 40 % des produits alimentaires encore parfaitement comestibles et sans danger pour la santé. Bref, tout est organisé entre les industriels de la malbouffe et les bureaucrates de Bruxelles pour que le chaland soit rassuré et continue à s’intoxiquer les yeux fermés et en toute confiance. Le cas du fructose est typique de cet état de choses. Le fructose est un agent sucrant plus puissant que le sucre de table, lui-même composé d’une molécule de glucose liée à une molécule de fructose. Le fructose est produit industriellement à partir du jus sucré obtenu par hydrolyse de l’amidon de maïs, on appelle ça le sirop de maïs, le sale truc dont on recouvre les pâtisseries à grands coups de pinceaux pour qu’elles se conservent plus longtemps sans se dessécher. Et pour faire mieux encore, on rajoute du fructose purifié à ce sirop pour qu’il soit encore plus sucrant. Là où les choses se compliquent un peu (beaucoup) c’est que les diabétiques sont contents parce que le fructose n’a que peu d’effets sur la glycémie sanguine et sur le taux d’insuline. Mais c’est un leurre métabolique car ce fructose est péniblement dégradé pour une petite partie dans le foie pour aboutir à la production d’acides gras et en grande partie rejeté dans les selles et l’urine. C’est sur la base de cette observation incomplète que les grands groupes industriels de l’agro-alimentaire ont mis le fructose en avant pour une utilisation quasi généralisée dans une multitude de produits alimentaires. C’était ignorer que pour supporter des quantités artificiellement massives de fructose, il faut être en bonne santé, c’est-à-dire ni diabétique, ni obèse, ni sujet à des problèmes d’artères ou de cœur. Dans le cas contraire, en particulier pour les diabétiques, c’est une catastrophe car le fructose est alors beaucoup plus rapidement transformé en graisses dans le foie, aggravant la prise de poids et les problèmes coronariens pour ne citer que ceux-là. L’EFSA a donc autorisé l’enrichissement en fructose d’une multitude de produits industriels de manière criminelle, oui ! Ces bureaucrates de Bruxelles à la solde des grands groupes industriels sont des criminels qui ont pris des décisions basées sur des résultats scientifiques biaisés pourtant régulièrement remis en cause par de nombreux nutritionnistes et équipes de biologistes sans pour autant revoir leur copie favorable aux industriels … (Illustration : The Guardian)

Fructose Lustig

 

Venons-en au produit phare des fast-food, le « Chicken-Nugget », littéralement la pépite de poulet ! J’ai rencontré un jour un chercheur d’or dans l’out-back australien qui avait trouvé avec un vieux détecteur de métaux des surplus de l’armée une pépite d’or grosse comme mon pouce et qui avait payé une tournée de Four X Heavy à tous les consommateurs du bar du petit hôtel où je me trouvais ce jour-là. Je précise à mes lecteurs que la Four X Heavy est un genre de bière type Guinness revue et corrigée à la mode australienne et réservée exclusivement aux buveurs de bière avertis. Mais revenons aux « Chicken-Nuggets » si prisés des enfants et des adultes après les avoir enduit d’une sauce totalement industrielle dont je tairai les ingrédients car ce n’est pas l’objet de ce présent billet. Le Docteur Richard deShazo de l’Université du Mississippi a voulu en avoir le cœur net et a examiné en détail ces petits bouts garantis pur poulet « élevé au grand air et nourri exclusivement avec des produits bio », mais c’est bien sûr, plus la publicité est mensongère, plus les ventes augmentent. Ce professeur de médecine pédiatrique a autopsié des Chicken-Nuggets et mis des coupes de ces bouts de poulets sous son microscope et il a été plutôt horrifié (voir la photo, source Université du Mississippi) de constater qu’on trouve de tout et pas que de la viande, du muscle si on veut. Comment sont fabriqués (industriellement) les Chicken-Nuggets, telle est la question. Les poulets sont traités industriellement. Les parties du poulet qui ne nécessitent pas de valorisation, les cuisses, les ailes et les filets de « blanc » sont séparés du reste du poulet, traités avec des conservateurs, ensachés sous vide, congelés et expédiés aux grossistes. La carcasse est alors soumise à des traitements chimiques et enzymatiques pour qu’il ne reste en bout de chaine que des os d’un côté et un magma informe d’un autre côté qui va servir à préparer ces bouts de viande pompeusement appelés pépites. Ce magma contenant des bouts d’os, des résidus d’intestin, de viscères et de peau, mais dont la teneur en protéines musculaires n’atteint que rarement 40 % est retraité à l’aide d’adjuvants, du sel, du fructose (vous avez bien lu, ce n’est pas une faute de copié-collé) et du glutamate (mono-sodium-glutamate ou MSG) pour amplifier le goût et d’autres enzymes pour en faire un semblant de morceau de viande de poulet dont l’aspect sera soigneusement dissimulé à l’aide d’un enrobage de composition ultra-secrète pudiquement appelé panure en français pour être frit sans trop retenir d’huile afin de préserver la santé des consommateurs. Et le tour est joué. Il faut ajouter que le résidu de carcasse impropre à la consommation est mélangé aux plumes et transformé en granulés pour nourrir les poissons et les crevettes d’élevage.

Screen Shot 2013-10-21 at 10.14.47 AM

Comme aurait dit Lavoisier, rien ne se perd, tout se transforme. Pourquoi on appelle ces infâmes trucs dont les enfants raffolent des pépites, tout simplement parce qu’on réalise des profits mirobolants, sans aller perdre son temps avec un détecteur de métaux, avec de la merde qui contient au final dans votre barquette en carton, restez assis, 56 % de graisses, 25 % de sucres et 19 % de protéines, c’est une moyenne mais ça fait tout de même peur.

Screen Shot 2013-10-21 at 10.16.53 AM

 

Conclusion : Bon appétit …   

Décidément les journalistes du Monde sont nuls !

La NSA espionne la France et les Français, la belle affaire immédiatement montée en épingle par le Monde, journal inféodé au pouvoir en place comme chacun sait. Comme si les services d’espionnage français se privaient de leur côté de toute forme d’espionnage. C’est presque à mourir de rire tant la stupidité de l’information relatée par le Monde (que je n’ai pas lu) ressemble à un nouvel écran de fumée pour divertir les Français des vrais problèmes qui les préoccupent. L’affaire (que je n’ai pas suivi) de la petite Kosovare a fait pschitt pour reprendre une fameuse expression de Chirac, il fallait donc que les journalistes gauchistes du Monde trouvent un autre scoop pour occuper les folliculaires des veaux français (qualificatif gaullien). Cet épisode n’a pas manqué de créer l’hilarité des journaux nord-américains comme on pouvait s’y attendre. Ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit. Je ne suis pas un sous-marin de la NSA ni un inconditionnel des USA, loin s’en faut, mais je trouve tout à fait ridicules ces gesticulations des journalistes ressemblant aux simagrées d’une vierge effarouchée. Oui la France espionne, oui les Chinois espionnent tout comme les Américains, les Russes, les Brésiliens, les Anglais et les Allemands, et les Japonais. Tout le monde espionne tout le monde, il n’y a pas de quoi offusquer un journaleux en manque de scoop. C’est ridicule ! Vous voulez que je vous raconte une anecdote (que j’ai d’ailleurs peut-être déjà relaté dans mon blog) qui s’est passée réellement dans la somptueuse résidence de l’Ambassadeur de France à Port-Vila au Vanuatu. Quand j’ai commencé à me présenter un soir à l’Ambassadeur et à son épouse qui m’avaient convié avec un ami pour dîner puis jouer au bridge, il m’a arrêté d’un geste de la main en me déclarant sans suffisance mais avec respect qu’il savait tout de moi. Le limiers de l’Ambassade avaient fait leur travail. J’étais sans le savoir espionné … La conversation a pris tout d’un coup un côté très relax car je n’avais strictement rien à cacher ! Je suis d’ailleurs resté en très bons termes avec l’Ambassadeur et le Consul qui était un frère de Georges Descrières récemment décédé …  

Ai-je l’âge de mes artères ?

On a coutume de dire qu’ « on a l’âge de ses artères ». C’est conclure un peu vite car l’extrait de naissance reste la meilleure preuve de notre âge. Et pourtant il n’en est rien dans notre corps et les biologistes et les généticiens s’accordent pour affirmer que notre âge biologique est bien corrélé avec la longueur de nos télomères. Mes lecteurs vont encore aller surfer sur d’autres sites puisque j’emploies des termes qu’ils ne comprennent pas et si je veux expliquer aussi clairement que possible ce qu’est un télomère, à coup sûr je serai amené à introduire d’autres termes plus compliqués et au final ce sera un abime d’incompréhension. Pour faire simple, les chromosomes sont porteurs des informations génétiques qui font que nous ne sommes pas des méduses ou des abeilles, il y en a 23 paires dont une paire dite chromosomes sexuels, soit un total de 46 dans chaque cellule. Et quand une cellule se divise, il faut tout de même qu’un certain ordre soit respecté pour ne pas créer une gigantesque pagaille et c’est pourquoi chaque chromosome est protégé à chacune de ses extrémités par un petit bout d’ADN spécial pour ne pas aller fusionner avec un autre chromosome, un peu comme les deux bouts de ficelle qui se trouvent aux extrémités d’un saucisson (voir l’illustration tirée de Wikipedia où les petits points blancs représentent les télomères repérés à l’aide de marqueurs fluorescents).

Telomere_caps

On s’est aperçu que plus on vieillissait (nos cellules ou en tous les cas celles qui se multiplient comme les cellules du foie, du sang ou des muscles) plus la longueur de ces télomères diminuait. Mesurer la longueur des télomères revient donc à déterminer l’âge cellulaire : plus ils sont courts plus on est « vieux ». Mais c’est vite dit puisque certaines cellules cancéreuses immortelles ont pourtant des télomères courts par comparaison avec des cellules normales et elles devraient mourir plutôt que se multiplier indéfiniment. Elles ont trouvé un moyen de protection contre la mort en exprimant une activité enzymatique qui régénère en permanence ces restes étriqués de télomères pour justement vivre plus longtemps. Mais les biologistes ne sont pas tout à fait satisfaits de cette méthode de calcul de l’âge cellulaire et le sont de moins en moins depuis la découverte de l’épigénétique dont j’ai parlé dans certains billets de mon blog ( https://jacqueshenry.wordpress.com/2013/07/06/epigenetique-un-degre-de-complexite-cerebrale-supplementaire/ ) qui est une modification a posteriori des parties non codantes de l’ADN afin de modifier l’expression des gènes. L’épigénétique consiste en l’addition d’un groupement méthyle sur une cytidine de l’ADN précédant immédiatement une guanine et ce processus va modifier la reconnaissance de l’ADN par le promoteur du gène suivant cette séquence non codante. Même en essayant de faire simple tout paraît finalement compliqué ! Prenons un exemple, une fermeture Eclair dont l’une des dents est faussée ou manquante. Lorsqu’on voudra la fermer, la glissière va s’arrêter sur la dent faussée, elle pourra continuer si la dent est manquante, mais alors la fermeture Eclair risque de s’ouvrir toute seule. L’épigénétique, c’est exactement le même processus. La fermeture Eclair symbolise l’ADN et une dent faussée ou manquante une des bases de l’ADN, en l’occurrence une cytidine, méthylée. Le promoteur, la glissière dans cette comparaison, s’arrête et empêche l’expression du gène, l’ADN ne peut pas être transcrit en ARN messager qui devait coder pour la synthèse d’une protéine. Le fonctionnement de la cellule s’en trouve alors modifié. Ce processus de méthylation s’accumule au cours du temps grâce à un équipement particulier de la cellule appelé système de maintenance épigénétique qui contrôle en fait le degré de méthylation de l’ADN, ni trop ni trop peu en quelque sorte. Le Docteur Steve Horvath de la UCLA School of Medicine s’est intéressé de très près à ces méthylations de l’ADN en compilant 8000 échantillons provenant de 82 sources de séquences d’ADN méthylé concernant 51 tissus sains et en parallèle 6000 échantillons de cancers depuis 32 sources disparates correspondant à 20 types de cancers différents. Un travail de bénédictin en d’autres temps mais réalisé avec un ordinateur suffisamment puissant qui a permis d’établir une corrélation entre « l’âge des cellules » et le degré de méthylation de l’ADN en se focalisant sur 353 sites CpG différents de méthylation. Et les résultats sont sans appel à quelques détails près. Pour les cellules embryonnaires le degré de méthylation est proche de zéro comme dans le cas des cellules souches dites pluripotentes avec lesquelles on arrive maintenant à reconstituer un organe. Par contre, et c’est un résultat plutôt surprenant et contre intuitif, certaines cellules cancéreuses sont plus « vieilles » que le reste de l’organisme jusqu’à en moyenne 36 ans théoriques de plus. Par exemple dans les cancers du sein les mutations affectant les récepteurs des hormones stéroïdes augmentent considérablement l’âge apparent du tissu en termes de méthylations de l’ADN. Ce résultat qui se retrouve également pour d’autres types de cancers n’est pas corrélé avec les mutations somatiques qu’on accuserait donc à tort d’être la cause de certains cancers. Pour cet auteur, l’équilibre fragile entre déficit et surcroit de méthylations peut être considéré comme l’une des principales causes de l’apparition de cancers avec l’âge notamment le cancer colorectal, le glioblastome et la leucémie myéloïde aiguë car dans ces derniers cas l’hyper-méthylation de l’ADN peut être maintenant considérée comme un marqueur moléculaire. En conclusion, outre l’horloge des télomères, il faut maintenant considérer l’horloge des méthylations de l’ADN. Il est très probable que ces résultats feront l’objet d’application dans de nombreux domaines de la biologie et de la médecine, en particulier une avancée dans l’étude des causes des cancers mais aussi dans la clarification des processus complexes du vieillissement en tentant de comprendre pourquoi, par exemple, les cellules cardiaques « vieillissent » plus lentement que celles des artères, d’où la question : Ai-je l’âge de mes artères ou celui de mon cœur ?

Screen-Shot-2013-10-20-at-5.54.34-PM1

Source : http://genomebiology.com/2013/14/10/R115, illustration de Steve Horvath

Saumon transgénique : belle bataille en perspective !!!

salmon_2707460b

Après 18 années de patientes mises au point, le saumon génétiquement modifié pour grossir deux fois plus vite que naturellement va très probablement être autorisé à la vente par la FDA dans les prochains jours. Sur 150 millions de tonnes de poissons consommés chaque année dans le monde plus de 60 millions proviennent de l’aquaculture, l’un des secteurs agricoles dont la croissance est la plus rapide. A l’aquaculture en eau douce et en mer de poissons, il faut également ajouter les fermes de crevettes, une activité très lucrative. En dehors de l’Alaska et de quelques rivières d’Ecosse et d’Irlande, le saumon est essentiellement élevé dans des fermes marines. Cette véritable industrie génératrice de devises est d’ailleurs bénéfique puisque le saumon sauvage remontant les rivières pour aller frayer est en fin de vie et sa chair de mauvaise qualité. Enfin la pêche sportive au saumon sauvage est préjudiciable à la survie de l’espèce puisque les femelles prêtes à pondre ne sont pas relâchées comme le voudrait un code de bonne conduite du pêcheur mais gardées pour en déguster la chair et les œufs. En élevage captif le saumon atteint une taille commercialisable au bout de trois années et c’est la raison pour laquelle ce poisson, même d’élevage, reste encore couteux. Et c’est aussi pour cette raison que la société AquaBounty basée dans le Massachusetts a développé un saumon génétiquement modifié pour sur-exprimer l’hormone de croissance. Il ne s’agit pas d’un saumon capable de se reproduire mais d’un hybride issu du croisement d’un mâle sauvage et d’une femelle  génétiquement modifiée triploïde dont la descendance est stérile. C’est un peu le cas de figure du maïs transgénique hybride F1 dont j’ai parlé dans quelques-uns de mes billets. Comme pour le maïs, le saumon génétiquement modifié pour grossir plus rapidement, en dix-huit mois et non trois années, se reproduit donc très mal et il ne présente pas les performances musculaires nécessaires pour remonter jusqu’aux frayères au bout des rivières car il n’a pas passé la majeure partie de sa vie en eau océanique salée. Le saumon transgénique sur-exprime l’hormone de croissance de l’espèce de saumon appelé Chinook dont le gène a été introduit avec un promoteur correspondant isolé d’une anguille. Le génome du saumon de près de 40000 gènes a donc été modifié sur le promoteur d’un seul gène. Pas vraiment de quoi fouetter un chat ! Et pourtant les associations d’écologistes sont à l’affut de la décision de la FDA qui devrait donc statuer dans les prochains jours sur la commercialisation de ce saumon qu’on retrouvera sur l’étal des supermarchés avec une étiquette précisant qu’il a été génétiquement modifié, que ça peut être mauvais pour la santé, que la chair risque de ne pas avoir le même goût, qu’on peut attraper un cancer en le dégustant ou devenir sourd ou changer de sexe ou avoir une poitrine pousser si on est un homme et si on est une femme avoir la barbe qui pousse et l’apparition d’un pénis à la place du clitoris, qu’on peut voir des écailles (de saumon) pousser sur la peau, qu’on peut avoir une nageoire qui se met à pousser au milieu de la raie des fesses, que sais-je encore … Les associations écologistes en tous genres fourbissent leurs armes grotesques puisque l’introduction de ce saumon dans le commerce serait une première : le premier animal génétiquement modifié destiné à la consommation humaine. Or, en dix-huit années d’étude et dix générations de saumon transgénique, toutes les études réalisées prouvent que la chair de ce saumon est indiscernable de celle du saumon de l’Atlantique élevé dans des fermes marines. Afin de prévenir toute prolifération (improbable) de ce saumon et son croisement avec un saumon sauvage, l’aquaculture sera strictement effectuée dans des bassins aménagés sur la terre ferme sans communication directe avec l’océan ou une quelconque rivière, selon une exigence sine qua non de la FDA. Mais ce n’est pas suffisant pour les écologistes qui considèrent que ce saumon génétiquement modifié portera atteinte à la santé humaine et sur ce point il est intéressant d’établir un parallèle entre les tourteaux de soja (transgénique) importés des USA pour nourrir le bétail européen et une tranche de saumon (génétiquement modifié) dans son assiette. En vingt ans de retour d’expérience, on n’a pas été capable de détecter le moindre effet adverse sur le bétail nourri avec des tourteaux de soja génétiquement modifié, et pourtant on mange du bœuf nourri avec ces tourteaux, même en France, pays sauvagement opposé aux plantes génétiquement modifiées (on sait que le ministre actuel de l’environnement et de l’énergie a gaspillé son énergie personnelle pendant des années pour faucher des plantes transgéniques) … Il est raisonnable de penser que pour le saumon, et bientôt la truite et d’autres poissons, il en sera de même pour la santé humaine, une innocuité totale. Mais une belle bataille se prépare contre ce saumon et aussi contre le bon sens le plus élémentaire.

Source et crédit photo : The Telegraph

Malbouffe : une manne pour les gouvernements !

Au Mexique, le pays champion du monde de l’obésité (32,8 % d’obèses) si on néglige Nauru et les Samoa, pays où l’obésité est d’origine génétique, le gouvernement a décidé de taxer lourdement la malbouffe : toute nourriture ou boisson apportant plus de 275 calories par 100 grammes sera taxée jusqu’à 16 % du prix actuel de vente taxes déjà existantes comprises. Outre le fait que ces taxes rapporteront la modique somme de 20 milliards de dollars par an à l’Etat, la diminution espérée de l’épidémie d’obésité engendrera également de substantielles économies pour le système de santé car les pathologies liées au diabète de type II, lui-même conséquence de la malbouffe, constituent le poste le plus important des dépenses de santé. La société OxxO, pendant du Seven/Eleven, qui possède 10000 points de vente dans la seule mégapole de Mexico City et grand pourvoyeur de malbouffe se sent directement concernée par cette mesure qui devrait être votée dans les prochains jours. L’un de ses dirigeants estime que les pertes engendrées par cette loi pourraient être catastrophiques, le chiffre d’affaire de ces petites supérettes de quartier ouvertes jour et nuit reposant majoritairement sur la vente de boissons sucrées, de barres chocolatées, de cornets de glace, de portions de frites et de sandwichs ressemblant à des hamburgers. Les détracteurs de ces nouvelles taxes indiquent que l’augmentation des taxes sur les cigarettes n’a pas entrainé de diminution des ventes. Et comme si cela ne suffisait pas, le gouvernement a également décidé de taxer à hauteur de 16 % les aliments pour animaux de compagnie, chiens et chats, ainsi que toutes les importations depuis les USA de malbouffe dans les villes frontalières. Quand on se souvient qu’il y a encore peu d’années l’un des plus grands problèmes du gouvernement mexicain était la malnutrition !

Junk food tax in Mexico

Source : Los Angeles Times

La France vue d’outre-Manche et d’outre-Atlantique

Pour s’informer sur l’état de la maison France, mieux vaut éteindre sa télévision, je n’en ai pas, je n’ai donc pas besoin de faire ce geste que beaucoup considèrent comme une privation de jouissance, ne plus lire les journaux français en ligne, tous inféodés au pouvoir en place, et plutôt se concentrer sur les blogs anglo-saxons parfois édifiants. Par exemple, les mesures récentes décidées par le gouvernement socialo-écolo-marxiste en place font la risée des Américains, que ce soit la nouvelle politique du logement locatif qui spolie les propriétaires (ces sales capitalistes), la main-mise annoncée sur les retraites par capitalisation privées mais rien sur les retraites complémentaires du secteur public, les lois à venir sur la prostitution avec une taxation des clients, l’augmentation de la taxe sur les bénéfices non réinvestis des entreprises et encore cette disposition en trompe-l’oeil supposée libéraliser le marché du travail et qui en réalité conduit à tout le contraire de ce que la presse (et la télévision) en ont dit, bref, des lois, des mesures fiscales en tous sens qui alimentent une joviale critique de la France. Ajoutons enfin les lois rétrogrades sur la taxation de Paypal, d’Amazon ou pour bientôt de Skype et de Google Talk. Passons également sur les agissements délictueux des syndicats à propos de Sephora ou autres Bricorama qui paraissent totalement surréalistes pour des pays où tous les commerces sont ouverts sept jours sur sept et dans bien des cas 24 heures sur 24. Pour les blogueurs anglo-saxons, je ne lis malheureusement pas l’allemand mais je suppose que les réactions sont identiques, la France s’enfonce inexorablement dans un totalitarisme totalement inadapté au monde moderne. Tous ces commentateurs concluent leurs analyses en constatant que la France est devenue l’homme malade de l’Europe, bien avant l’Italie ou l’Espagne et que cette situation constitue le pire danger pour l’Union Européenne, sous-entendant d’ailleurs que le Front National devance, avec son programme mentionnant explicitement une sortie de la France de la zone euro, ce qui va inévitablement arriver, une faillite du pays suivie d’un éclatement de la zone euro, l’intervention du FMI pour tenter de sauver la France n’étant pas à l’ordre du jour car irréalisable, la France ce n’est ni Chypre, ni le Portugal ni l’Irlande … Hollande a donc encore de beaux jours devant lui pour soviétiser le pays.

La science n’est plus ce qu’elle était !!!

brain washing system

Le 28 juin dernier, je laissais ce billet sur mon blog ( https://jacqueshenry.wordpress.com/2013/06/28/comment-le-cerveau-se-debarrasse-de-ses-dechets/ ) et je constate que les médias se sont emparé aujourd’hui d’un sensationnel article scientifique paru dans le journal Science hier sur le sommeil et l’élimination des déchets accumulés par le cerveau au cours de la période d’éveil, ce qui expliquerait pourquoi on a besoin de sommeil. En injectant à des souris du bromure de tétraméthylammonium, une équipe de biologistes de l’Université de Rochester a pu montrer que le mécanisme de « nettoyage » du cerveau était plus de deux fois plus actif durant le sommeil et que c’était (peut-être, ajout de ma part) la première explication « moléculaire » du besoin de sommeil. En effet, en utilisant ce que l’on appelle la fluorescence « deux photons » ( http://en.wikipedia.org/wiki/Two-photon_absorption ) ces chercheurs ont montré de manière non ambigüe que le bromure de tétraméthylammonium fluorescent dans le bleu après excitation à l’aide d’impulsions ultra brèves d’une lumière laser de haute énergie ressortait du tissu cérébral plus vite pendant le sommeil. Mais tout ce travail illustré de belles photos n’explique pas pourquoi le cerveau a besoin de sommeil. J’ai moi-même fait la douloureuse expérience du recalage du cycle jour-nuit à mon retour du Japon il y a une semaine. Malgré les pilules de mélatonine, il m’a fallu six jours pour arriver à me resituer par rapport au jour et à la nuit et une amie médecin rencontrée ce matin m’a fait remarquer que j’avais l’air fatigué et je l’ai rassurée en attribuant cette fatigue au jet-lag avec de surcroit une petite crise de paludisme pour aider. J’en profite pour expliquer à mes lecteurs pourquoi il m’arrive d’avoir une crise de paludisme après avoir pris l’avion, pas toujours mais souvent. Mon hypothèse serait que le foie, au cours d’un long voyage (12 heures de vol) en avion, se dilaterait en raison de la pressurisation de la cabine qui correspond à une altitude d’environ 2000 mètres. Cette dilatation libérerait des larves de Plasmodium vivax dans le sang conduisant à une petite crise que mon système immunitaire a appris à combattre presque efficacement depuis 15 ans. En conséquence, ne dormant pas très bien et titillé par le paludisme, mon cerveau a eu un surcroit de travail pour éliminer ses déchets ce qui ne m’empêche nullement de continuer à écrire sur mon blog. Bref, comme pour valider leurs résultats ces même biologistes de l’Université de Rochester ont fait une digression sur le besoin en sommeil et la taille du cerveau qui me paraît spécieuse. Les éléphants qui ont un gros cerveau et une immense mémoire comme chacun sait – ils se souviennent même de l’endroit où ils iront mourir, c’est dire – n’ont besoin que de 4 heures de sommeil par jour. A l’inverse les chauve-souris dorment 20 heures par jour pour justement éliminer leurs déchets. Et les linottes ? Conclusion, moins on a d’éléments scientifiques à prouver, plus on utilise des techniques d’investigation sophistiquées pour bien montrer qu’on a effectué un beau travail (comme le montre la photo) voilà la science contemporaine !