Des pneus avec des pissenlits

Gummi aus Löwenzahn

Durant la seconde guerre mondiale, l’accès aux plantations d’hévéa d’Asie du Sud-Est fut compromise par l’occupant japonais. Afin de pallier à la pénurie de caoutchouc dont les armées étaient de fortes consommatrices de nombreux pays développèrent la culture d’une variété de dandelion ou pissenlit originaire du Kazakhstan particulièrement riche en latex, le Taraxacum kok-saghyz. Les USA arrivèrent à produire jusqu’à 120 kilos de gomme par hectare durant la guerre et de nombreux agriculteurs furent mis à contribution pour cette culture disons, de temps de guerre. Puis à la fin du conflit, les plantations d’hévéa furent à nouveau accessibles et les grandes sociétés productrices de pneumatiques investirent massivement dans des pays comme la Thaïlande pour disposer de leurs propres sources d’approvisionnement. L’hévéa soufre aujourd’hui mondialement d’une maladie due à un champignon, les arbres perdent leurs feuilles et les rendements de production de latex sont décroissants malgré l’usage massif d’arsenic pour tenter de juguler cette maladie. Les expériences réalisées au cours de la seconde guerre mondiale ont donc incité diverses compagnies impliquées dans la production de pneumatiques à s’intéresser à nouveau au pissenlit en mettant à profit les technologies modernes d’extraction du latex à partir des racines et une valorisation des déchets engendrés par cette culture industrielle d’un genre nouveau. La culture du pissenlit russe pour produire du caoutchouc présente de multiples avantages. C’est une plante annuelle et la récolte mécanisée des racines ne pose pas de problèmes techniques majeurs, c’est une plante résistante aux ravageurs en raison de la présence du latex qui repousse la plupart des insectes suceurs, et enfin elle peut être cultivée sur des sols abandonnées à la jachère car peu exploitables pour d’autres cultures. Sans oublier la proximité de la production, une usine de production de caoutchouc pouvant être implantée près des zones de culture ce qui n’est pas le cas pour l’hévéa. Bref, que des avantages ! C’est ce qui a conduit la société Continental, connue en France pour d’autres raisons, à investir dans ce projet en Allemagne conjointement avec le Fraunhofer Institute of Molecular Biology de Münster. Le pari est de produire des pneumatiques de qualité satisfaisante et économiquement dans les cinq années à venir. Ce projet a tout pour plaire aux écologistes d’Outre-Fessenheim car à n’en pas douter, le pissenlit producteur de caoutchouc est certainement un excellent piège à CO2 tout comme l’hévéa …

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