Fin de la chronique de retour à Tenerife

Lorsque je suis arrivé hier soir à l’aéroport nord de Tenerife après plus de 30 heures de voyage, transit compris, j’ai choisi de prendre les transports en commun pour me rendre à Santa Cruz après avoir été échaudé à Roissy. J’ai pris mon temps pour, comme à mon habitude, monter parmi les derniers voyageurs, prenant la précaution de mettre ma valise dans le coffre à bagages de l’autobus tant bien que mal car les touristes et d’autres personnes non touristes mettent leur bagage n’importe comment sans se soucier un instant qu’il y a d’autres usagers potentiels du dit coffre. Bref, j’ai donc eu le temps de griller deux cigarettes coup sur coup sans me presser car la lenteur prévisible du processus m’autorisait à agir ainsi. Dans l’autobus, une Allemande aux yeux clairs et cheveux platine accusant un troisième âge accentué par des abus de bains de soleil accepta que je me positionne près d’elle. Elle avait occupé le siège du couloir, espérant ne pas être dérangée par un inconnu. Une fois assis elle me fit immédiatement remarquer que je sentais la cigarette (dans un anglais presque parfait) et que cela l’indisposait. Je ne pus que lui répondre que j’avais fumé 38 kilomètres de cigarettes en 53 ans et que je n’avais pas l’intention de mettre fin à mon vice. Elle enchérit en me demandant si je ne craignais pas pour ma santé. Je lui répondis qu’on finissait tous dans un trou ou une urne et que je n’y attachait aucune importance. Elle me demanda alors quel âge j’avais, où je vivais, ce que je faisais, si j’étais célibataire, si j’étais propriétaire … Malgré le fait qu’elle me paraissait encore (éventuellement) désirable et que l’idée de parties fines ou salaces en sa compagnie ne pouvaient pas être immédiatement exclue de ma pensée, je pris tout de même un temps pour lui répondre en la regardant droit dans ses yeux bleu clair au milieu d’un visage somme toute témoin d’une beauté passée qui transparaissait encore et d’un corps presque susceptible de satisfaire un mâle vieillissant endurant une abstinence de moins en moins supportable. Je suis capable en effet d’imaginer sans difficulté une femme dans la tenue d’Eve d’un simple regard.  Je lui répondis que j’étais célibataire et que je trouvais cette situation tout à fait confortable. Je n’entendis plus aucun mot sortir de sa bouche jusqu’à l’arrivée à la gare centrale des autobus de Santa-Cruz et je ne la saluais même pas quand elle se leva et partit. Conclusion, les femmes croient qu’elles sont indispensables aux hommes, elles se trompent …

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