Le gène de la réussite conjugale ? Mais c’est véridique !

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La sérotonine, un neurotransmetteur clé autorisant un véritable dialogue entre les neurones, est on peut dire recyclée au niveau des jonctions synaptiques par un transporteur, un peu comme une locomotive en fin de parcours est dirigée vers une plaque tournante pour repartir en sens inverse et effectuer un nouveau parcours. Cette opération de recyclage de la sérotonine est effectuée par ce transporteur partie intégrante de la membrane synaptique. Jusque là tout irait bien si le gène codant pour ce transporteur n’était pas l’objet de mutations, on appelle cela des polymorphismes, et s’il n’existait pas sous deux formes dans le chromosome 17 qui peuvent être « courtes » ou « longues » pour reprendre le langage parfois ésotérique des généticiens. Ce dont on s’est rendu compte en utilisant de nombreux moyens d’investigation (dont l’imagerie par résonance magnétique nucléaire fonctionnelle et l’émission de positons) est que l’expression de ce transporteur variait selon les personnes en raison de ce polymorphisme important et qu’il en résultait de nombreux effets psychotiques ou associés tels que la dépression, les désordres compulsifs, les phobies, l’anxiété et même l’hypertension. Dans ce dernier cas l’explication provient du fait que les plaquettes sanguines contiennent aussi ce transporteur et que la sérotonine est un vasoconstricteur. La sérotonine est aussi impliquée dans la perception du bonheur notamment le bonheur conjugal. Une étude réalisée par des biologistes de l’Université de Berkeley en collaboration avec la Nothwestern University sur 150 couples suivis depuis plus de vingt ans dans le cadre d’un programme d’études sur le comportement amoureux dans le couple a montré récemment grâce aux techniques de séquençage modernes de l’ADN que le polymorphisme du gène du transporteur de la sérotonine est indubitablement lié à l’harmonie conjugale. Avec deux allèles « courts » l’harmonie conjugale est instable avec des variations d’humeur permanentes conduisant à de la vaisselle cassée ou au contraire à une entente profonde et fusionnelle mais qui ne perdure pas. Au contraire, avec au moins un allèle « long » la félicité conjugale est plus soutenue quoique les épisodes passionnels soient plus modérés. En quelque sorte ce transporteur de la sérotonine « forme longue » jouerait un rôle d’apaisement et favoriserait donc une harmonie dans le couple plus durable et cette situation est encore plus évidente avec les « vieux » couples, car statistiquement au delà de vingt années de vie commune on est considéré comme un vieux couple stable, au moins aux USA. Ces résultats ne veulent pas dire qu’un homme et une femme ne possédant que des allèles « courts » du transporteur de la sérotonine feraient mieux de ne pas décider de former un couple car l’entente conjugale est naturellement le résultat d’une multitude d’autres facteurs qui n’ont rien à voir avec la sérotonine, encore que la sérotonine est directement impliquée dans la régulation de l’humeur et de l’agressivité en général. On peut imaginer qu’à plus ou moins brève échéance les candidats à une vie de couple réussie se feront séquencer leur ADN pour évaluer les chances de félicité conjugale durable et choisiront leur partenaire en conséquence afin de mettre toutes le chances de leur côté. Dans cette étude 17 % des femmes présentaient les deux allèles « courts » du gène 5-HTTLPR codant donc pour le transporteur de la sérotonine et toutes ont remarqué au cours de cette longue étude précédant le séquençage ultérieur de leur ADN qu’elles rencontraient des difficultés récurrentes dans leur vie de couple alors que les 83 % restantes avaient toujours déclaré être relativement satisfaites de leur vie commune car elles possèdent au moins un allèle « long ». Le Docteur Levenson, leader de cette étude, dit avec une point d’humour que « nous cherchons toujours une recette pour la réussite du couple, et l’émotion reste un ingrédient important dans cette réussite », et c’est là qu’intervient la sérotonine, le neurotransmetteur de la bonne humeur.

Crédit photo : UC Berkeley 

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