Le cas du Vermont

Vermont-Yankee-Nuclear-Power-Station

Le Vermont est un petit Etat du Nord-Est des USA frontalier du Québec. C’est le deuxième moins peuplé des Etats Américains avec seulement 600000 habitants. Depuis l’accident de la centrale nucléaire de Fukushima, conséquence du tsunami qui suivit le tremblement du 11 mars 2011, les habitants de cet Etat n’ont eu de cesse de manifester pour obtenir la fermeture du seul réacteur nucléaire de l’Etat qui produit 71 % de toute l’électricité produite dans l’Etat mais seulement 35 % de la consommation totale d’électricité. Le reste de la production est entièrement d’origine hydroélectrique avec quelques fermenteurs à méthane pour l’anecdote ce qui avec le réacteur nucléaire Yankee classe le Vermont comme le moins polluant en terme de rejets de gaz supposés à effet de serre. L’exploitant du réacteur d’une puissance de 620 MW électriques (BWR-4 General Electric) a été autorisé par la NRC (Nuclear Regulatory Commission) a prolonger son fonctionnement jusqu’en 2032. Le gouverneur de l’Etat, en dépit des recommandations de la NRC, a décidé la fermeture définitive de ce réacteur lors du prochain arrêt prévu pour changer le combustible fin 2014. Les arguments avancés pour justifier cette décision laissent rêveur. Abondance de gaz naturel bon marché issu du fracking, coût des investissements nécessaires pour mettre le réacteur aux normes « post-Fukushima » (alors qu’il l’est déjà) et enfin faibles coûts de l’électricité d’origine hydraulique qui rogne les profits espérés par l’exploitant de la centrale nucléaire. Le gouverneur du Vermont s’est par ailleurs engagé à remplacer la production du site de Yankee, la centrale nucléaire dont il est question, par des énergies renouvelables. Pour la réalisation d’un tel programme anti-économique, le Vermont est déjà l’un des Etats où le kWh est le plus élevé des 50 Etats contigus de l’Union (18 cents/kWh et bientôt 20 cents) alors que l’électricité acheté à Hydro-Québec revient à environ 6 cents/kWh et jusqu’à ce jour le kWh de la centrale nucléaire était vendu 5 cents à l’Etat du Vermont. Certes le prix de kWh est fixé sur la base d’une multitude de facteurs économiques et financiers mais la différence atteint un facteur 4, justement pour financer à l’avenir le « mix énergétique » tel qu’en a décidé le gouverneur. Juste pour préciser la situation, les estimations des coûts de production du kWh éolien et photovoltaïque sont respectivement évalués entre 25 et 40 cents sans tenir compte de la nécessité de disposer de sources d’électricité d’appoint comme des turbines à gaz. Mais pour le moment, mais seulement pour le moment afin de faire passer sa décision, le gouverneur du Vermont n’a pas pris en compte ce paramètre puisqu’il y a la proximité d’Hydro-Québec avec ses kW à bas prix ! Bref, un calcul totalement biaisé.

Depuis sa construction la centrale électrique Yankee a produit 200 milliards de kWh, n’a pas émis les 55 millions de tonnes de carbone, de soufre et d’oxydes d’azote qu’aurait émis une centrale au charbon d’une puissance électrique équivalente, rapporte 500 millions de dollars par an à l’Etat sous forme de taxes, emploie 600 personnes hautement qualifiées directement et maintient 1800 emplois indirects dans la région. Mais non, les idéologues anti-nucléaires locaux, à commencer par le gouverneur, n’ont pas l’air concernés par ces données. De plus l’arrêt de ce réacteur va déstabiliser le réseau de distribution électrique d’une grande partie de la Nouvelle-Angleterre et il est d’ors et déjà prévu la construction rapide de centrales électriques brûlant soit du pétrole soit du gaz. Il en résultera les rejets dans l’atmosphère de 4,7 millions de tonnes de CO2 supplémentaires par an. Pour bien montrer la stupidité d’une telle décision, il en coûtera aux habitants du Vermont la bagatelle de 200 millions de dollars par an pendant les 20 années à venir. Le gouverneur de l’Etat a pris cette décision pour satisfaire les écologistes mais aussi parce que le Vermont n’a jamais souffert de la récession qui a frappé l’ensemble des Etats-Unis à la suite de la crise des sub-primes et le gouverneur estime que l’Etat a les moyens de faire de tels sacrifices.

On peut estimer à la vue de ces données que pour la centrale de Fessenheim, en multipliant par trois, on a une bonne approximation du désastre attendu à la suite de la décision électoraliste et pseudo-écologique de Hollande de fermer cette installation, décision réaffirmée récemment par le faucheur d’OGM promu ministre de l’énergie et de l’environnement.

1800 personnels qualifiés à reconvertir dans le dé-commissionnement, 5400 autres emplois locaux menacés, 14 millions de tonnes de CO2 supplémentaires relâchés dans l’atmosphère chaque année, puisqu’il faudra bien remplacer l’énergie manquante par de nouvelles usines brûlant du gaz ou du pétrole, les éoliennes et les panneaux solaires n’y feront rien, coût pour l’Etat 460 millions d’euros par an soit pour dix ans, puisque l’ASN a autorisé EDF à poursuivre l’exploitation pour une durée supplémentaire de dix ans (éventuellement renouvelable), 4,6 milliards d’euros et ce ne sont que les revenus fiscaux dont seront privés l’Etat et le département, le manque à gagner d’EDF n’est pas pris en compte. Certes ma comparaison est basée sur les chiffres concernant la centrale Yankee du Vermont mais elle illustre ô combien clairement l’ineptie de la décision de Hollande de fermer une centrale comptant parmi l’une des plus sûres de France, bafouant au passage la décision de l’ASN.

Billet inspiré d’un article paru dans Forbes crédit photo inclus 

Une réflexion au sujet de « Le cas du Vermont »

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