Le chômage a augmenté de 0,00184 % en mai !

Les statistiques du chômage pour le mois de mai sont enfin rendues publiques … le 26 juin, un record d’inertie pour l’INSEE et tous les services de l’Etat, à croire que les ponts et divers jours fériés du mois de mai ont donné lieu à des RTT à la Aubry une partie du mois de juin. Les données communiquées par le Figaro ce soir sont d’une extrême précision : 100 nouveaux demandeurs d’emploi sur un total de 5.418.400 ! J’en reste pantois, cinq chiffres après la virgule, du jamais vu dans les statistiques … Pour les sceptiques, je m’explique : 100/5418400 = 0,0000184 ou encore 0,00184 % de variation. On aurait pu espérer une aussi hilarante précision pour les données relatives à la croissance (ou la décroissance) de l’économie française au cours des trimestres passés. Mais non, on s’est contenté d’un +/- 0,1 %, une imprécision carrément grossière, « l’épaisseur du trait » comme l’avait déclaré un ministre, je ne me souviens plus lequel mais ça n’a aucune importance dans le cas précis du chômage puisqu’on est ici dans l’épaisseur d’un cheveu coupé en huit dans le sens de la longueur !

Mais on ne peut pas s’empêcher de renifler la grosse magouille dans les données statistiques, c’est tellement simple de transférer quelques poignées de chômeurs d’une catégorie à une autre pour (presque) donner raison au gouvernement et à son chef de la rue Saint-Honoré. Les chômeurs apprécieront …

Des bactéries qui produisent de l’essence, c’est presque fait !

On connait tous la bactérie Escherichia coli dont certaines souches peuvent être particulièrement pathogènes et entraîner des colites et des diarrhées douloureuses, d’où le nom de cette bactérie. Mais c’est aussi un animal de laboratoire utilisé dans le monde entier pour toutes sortes d’expériences qui sont devenues, avec le génie génétique, triviales au point d’utiliser cette bactérie pour produire des médicaments, des hormones, des vaccins, bref presque tout ce dont on pouvait encore rêver il y a seulement trente ans. Dans un autre registre cette bactérie est soumise à de lourdes manipulations génétiques pour produire de l’octane. Encore une fois, je ne m’attarderai pas sur le mot octane, tout le monde sait que c’est un constituant peu détonant de l’essence, on parle alors d’indice d’octane de l’essence. Les pétroliers cassent les hydrocarbures à longues chaines du pétrole pour enrichir les distillats en octane. Notre chère petite bactérie, enfant chéri des biologistes du monde entier, a aussi besoin d’acides gras à longues chaines carbonées pour former des membranes, des inclusions intracellulaires et bien d’autres métabolites car les acides gras ne sont pas l’apanage du jambon fumé mais un constituant essentiel de tout organisme vivant, y compris les bactéries aussi simple que E. coli. En augmentant l’expression de certaines voies métaboliques des acides gras et en en restreignant d’autres par diverses manipulations génétiques, une équipe de l’Université d’Harvard a pratiquement obtenu des bactéries qui produisent de l’octane à peu de frais, à condition naturellement qu’on leur donne quelque chose à manger, ce qui ne conduit pas encore à un bilan très positif mais l’opération est prometteuse et transposable à n’importe quel autre micro-organisme dont des algues qui puisent leur source de carbone directement dans l’atmosphère comme les plantes et leur énergie à partir du soleil. Le colibacille (E.coli) est donc une excellente plateforme pour développer une technologie performante de production d’hydrocarbures. En effet l’alcool produite par des levures à partir de sucre de canne, de betterave ou de maïs est un mauvais carburant et il faut dépenser presque autant d’énergie pour produire un gallon d’alcool que ce dernier en représente, une opération qui plait aux écologistes qui ne savent pas faire de règle de trois … Pour les bactéries et les algues modifiées génétiquement dans le but ultime de produire de l’octane qui leur est totalement inutile, l’approche est plus logique et économiquement (à terme) plus rentable.

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Source et crédit photo : Wyss Institute, Harvard University

Le Japon au banc des accusés

La cour de Justice Internationale, une émanation des Nations-Unies, ne s’occupe pas que d’affaires criminelles liées à des conflits armés ou des dictatures passées. Elle a été saisie par l’Australie avec la Nouvelle-Zélande en soutien pour poursuivre le Japon qui selon ces deux pays contrevient aux accords de 1985 interdisant la pêche à la baleine dans les eaux glacées de l’Océan Antarctique. Pudiquement, mais avec une certaine mauvaise foi, les Japonais ont toujours soutenu que les quelques milliers de baleines bleues chassées (ou pêchées) chaque années entraient dans le cadre d’un programme scientifique d’étude de la population des baleines. On pourrait plutôt dire de l’étude programmée par les baleiniers japonais de la disparition de cette population. La viande de baleine est de plus en plus boudée par les Japonais qui ont, on les comprend, mauvaise conscience et elle finit en granulés pour nourrir des animaux dont il ne vaut mieux pas connaître l’identité. Les Japonais s’appuient sur la Convention Internationale de 1946 sur la régulation de la chasse à la baleine qui, selon eux et également selon les Norvégiens, laisse aux gouvernements la libre appréciation du terme de recherche scientifique en ce qui concerne « tuer, capturer et traiter les baleines dans des buts scientifiques », j’ai simplement traduit le terme controversé de cette convention inique et toujours en vigueur. Pour une fois, ce n’est pas Greenpeace qui s’occupe des chasseurs de baleine japonais mais un gouvernement. La Cour de Justice doit statuer dans une dizaine de jours …

De la dangerosité du lait (et des yaourts)

J’ai passé deux jours avec deux charmantes dames « d’un âge » à qui j’ai fait visiter l’île de Tenerife. Mais la diversité de cet endroit est telle que deux jours sont bien insuffisants pour apprécier les petits villages perdus dans les montagnes ou les forêts primaires du massif d’Anaga, l’un de mes « coins » préférés. Bref, m’ayant vu boire un litre de lait entier pour mon petit déjeuner, ces deux dames me prirent presque à partie car elles considèrent, c’est leur médecin qui le leur a dit et répété, que le lait est un poison dangereux qu’il faut éviter à tout prix. Je suis resté perplexe puisque je survis de manière tout à fait satisfaisante à l’ingestion quotidienne d’un litre de lait (entier) depuis de nombreuses années. Je dois donc, selon les dires de ces deux dames, être un individu spécial, une sorte d’extra-terrestre déroutant par son régime alimentaire surprenant et digne d’attirer sérieusement l’attention de la faculté. Ce qui m’a conduit à prendre leur affolement à la légère était non pas leur peur du lait en tant que tel mais le fait qu’elles se délectaient en face de moi de yaourts aux fruits d’une marque bien connue puis d’un gros morceau de fromage de chèvre frais de l’île de la Gomera. Je ne fis pas de remarque sur le fromage que je n’apprécie pas trop car sa consistance tient plus du bloc de latex séché qu’on trouve en Thaïlande près des plantations d’hévéas que du bon fromage de chèvre d’Ardèche ou des Monts du Lyonnais. Pour les yaourts, je mis en garde ces deux charmantes dames sur le fait que leurs yaourts étaient fabriqués dans une usine située à quelques pas de la raffinerie de pétrole de Santa Cruz et peu éloignée de la station d’épuration des eaux usées de la même ville, dans un quartier industriel (normal, la fabrication des yaourts est un processus industriel) pas très fréquentable en raison des odeurs persistantes de mercaptans dans l’air ainsi que des fumées des chaufferies de la raffinerie et des odeurs plus que lourdes de la station d’épuration. Elles ne semblèrent pas convaincues par mes dires mais j’enfonçai le clou en leur expliquant que les yaourts étaient fabriqués avec du lait en poudre d’origine inconnue qui était reconstitué avec de l’eau locale et que les arômes « fruit » et les colorants les accompagnant pour donner un aspect attirant à la mixture étaient également d’origine plus ou moins connue, probablement synthétique, mais qu’en revanche, les morceaux de fruits étaient bel et bien des miettes de fruits lyophilisés ajoutés au yaourt après la fermentation, le mélange étant ensuite stabilisé par un extrait d’algue ad hoc pour faire bonne (contenance) consistance. Malgré mon alarmisme, ces deux dames persistèrent très sérieusement en me mettant en garde contre la consommation de lait susceptible d’endommager l’ensemble de mon organisme. Je me demande encore d’où vient cette information erronée de la dangerosité du lait, encore un oui-dire aussi stupide que la nocivité du papier d’aluminium, des ondes électromagnétiques ou pourquoi pas de la pleine lune qui était une super pleine lune ce week-end …

Tourisme de masse (suite et fin)

Quelques photos illustrent parfaitement ce qu’est le tourisme de masse, dans un endroit dédié exclusivement à cette activité lucrative …DSC_3315

La ville est conçue pour entasser les touristes

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Qui ressemblent pour beaucoup à ces jeunes filles

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Les filipinos et autres sud-américains employés des hôtels et des résidences s’entassent à dix dans des appartements glauques qu’ils louent très cher

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Tourisme de masse

Los Christianos, en français Les Chrétiens. C’est un univers concentrationnaire au sud de Tenerife peuplé de vacanciers venus de l’Europe entière et pourquoi ? Parce que le massif du Teide protège cet endroit des nuages portés par les alizés et qu’il y a des plages de sable un peu gris mais tout de même accueillantes et une mer toujours calme car le front de mer est orienté plein sud et qu’il est rarissime que le vent arrive du secteur sud, faible à modéré avec des rafales pouvant atteindre 20 kilomètres heure pour paraphraser Desproges. Un endroit remodelé par l’activité humaine afin que tout soit organisé pour la consommation, le bonheur factice qu’apportent le soleil et la mer. De l’ancienne ville, il ne reste que quelques rues mais il serait vain de tenter de retrouver des vieilles maisons, seule une église modeste reste là pour prouver que tout cet ensemble dédié au tourisme et à rien d’autre doit son nom aux quelques pêcheurs installés là et qui en des temps anciens approvisionnaient les réales partant vers les Amériques. Aujourd’hui des dizaines de milliers de visages pâles débarquent par pleins avions, jour et nuit, des cohortes d »autobus avec l’air conditionné et la musique d’ambiance les déversent dans cet univers artificiel dont l’architecture disparate tente de donner un aspect coquet mais trop artificiel pour que l’on soit dupe. De la petite activité traditionnelle de la pêche, le village est devenu une immense usine à collecter des devises. Le port, autrefois modeste, est le point de départ des ferrys pour les îles du sud, seule réminiscence de ce qu’était le village, mais ces ferrys font aussi partie de l’industrie du tourisme de masse. Les moindre boutiques de faux luxe indiquent en six ou sept langues différentes ce que l’on peut y trouver car le shopping fait partie du rituel, au delà de la promenade le long de la plage, et la vie nocturne complète le tableau. J’ai éprouvé une sensation d’incrédulité mêlée de dégout en arrivant ici pour rejoindre des amis et partager avec eux quelques visites des environs. 

Alerte : les Chlamydia sont cancérigènes !

On s’en doutait un peu mais cette fois-ci c’est prouvé les Chlamydia sont bien des agents oncogènes. Ces petits micro-organismes, c’est un peu un pléonasme d’écrire ceci, mais les Chlamydia sont des petites bactéries qui sont, un peu comme les virus, des parasites obligatoires des cellules qu’elles infectent pour se multiplier puisqu’elle ne disposent pas de tout l’équipement nécessaire pour se reproduire par elles-mêmes. Pour situer le problème, les chlamydioses constituent la première maladie sexuellement transmissible dans le monde avec plus de 90 millions de nouveaux cas par an. Chez l’homme, le symptôme le plus commun est une sensation de brûlure de l’urètre au moment de la miction (en général l’homme va vite consulter un urologue) mais chez la femme l’infection est souvent indolore et inaperçue et donc ignorée jusqu’à ce que l’on découvre un cancer de l’utérus ou pire des ovaires bel et bien déclenché par les Chlamydia. Des biologistes du Max Planck Institute de Berlin ont en effet montré que ces parasites intracellulaires modifiaient l’ADN de la cellule hôte. Quand l’ADN d’une cellule est trop endommagé pour diverses raisons, si la réparation de ce dernier n’est pas possible, la cellule se suicide littéralement, ce que l’on appelle doctement l’apoptose. Lorsque les Chlamydia parasitent une cellule et se multiplient à l’intérieur de celle-ci elles induisent des dommages à l’ADN de la cellule hôte mais par un mécanisme encore mal connu, les Chlamydia prennent en charge la réparation de l’ADN de la cellule et c’est au cours de ce processus qu’une cellule peut tout d’un coup devenir cancéreuse parce que la réparation a été défectueuse. Un peu comme si le parasite finit par tuer la cellule mais pas trop vite tout de même pour pouvoir se multiplier aisément, d’où ces mécanismes de réparation ingénieux mais au final dangereux. La cellule hôte n’y comprend plus rien et devient alors cancéreuse au lieu de se suicider comme elle aurait dû le faire en cas de gros dégâts de son ADN. De même que l’on sait maintenant sans équivoque que certains cancers de l’estomac sont provoqués par la bactérie Helicobacter pilori également responsable de certaines formes d’ulcères de l’estomac et dont on sait se débarrasser à l’aide d’antibiotiques appropriés, de même que le virus du papillome (HPV) responsable des tumeurs du col de l’utérus peut être combattu par vaccination depuis peu, de même un dépistage des Chlamydia serait opportun pour réduire l’incidence des cancers de l’utérus et des ovaires car l’apparition des symptômes des cancers, en particulier de l’ovaire, est souvent tardive avec les conséquences que l’on connait sur les chances de survie. Dans le cliché ci-dessous, chaque petit grain vert est une Chlamydia …

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Chlamydia (green) sheltered inside a human host cell (red).

© MPI for Infection Biology/V. Brinkmann

Source et crédit photo : Max Plank Institute