La BPI vue par Ségolène …

J’ai entendu Madame Royal, prénom Ségolène, interpellée sur BFMTV ce soir à propos de la BPI, une usine à gaz qui risque de coûter cher aux contribuables dans la mesure où il y a des dissensions au sein de sa direction, un directeur pragmatique qui ne mâche pas ses mots et une politicienne qui ne connait rien aux affaires sinon d’avoir créé une SCI lucrative avec son ancien amant, l’actuel président des quelques rares gauchistes encore favorables à son action. Elle a déclaré tout de go que la BPI s’intéresserait entre autres projets fûmeux pouvant donner lieu à toutes sortes de corruptions locales dont les politiciens de gauche sont coûtumiers aux « énergies du futur » ! J’aurais été la journaliste de BFM j’aurais immédiatement demandé à la présidente fantoche du Poitou et de la Charente réunis de préciser son idée ou au moins sa conviction intime de ce que signifie pour elle l’énergie du futur. De mon point de vue d’humble ancien consultant auprès d’EDF (je le rappelle à mes lecteurs qui pourraient encore être incrédules) je vais résumer ce que pourrait avoir en tête la miss poitevine :

 

Production d’énergie électrique prouvée et rentable :

Nucléaire (uranium et thorium)

Hydroélectrique

Charbon

Gaz

 

Production d’énergie électrique de fiabilité non prouvée et/ou non rentable :

Eolien

Photovoltaïque

Biomasse

Fusion

Géothermique

Hydrolien

Marées

 

Ces cinq dernières rubriques préoccupent les « verts » et je vais brièvement les passer en revue.

L’éolien, de par l’intermittence imprévisible du vent, de sa direction et de son intensité, fait que cette source d’énergie ne présente qu’un facteur de charge dérisoire. Pour qu’un parc de moulins à vent puisse fonctionner correctement il faut qu’il soit obligatoirement couplé à un réseau alimenté et stabilisé par des centrales électriques de type classique (thermique classique ou nucléaire) mais l’incidence sur le bilan global de l’apport de l’éolien ne sera jamais supérieur à 10 % puisque le réseau de distribution requiert une stabilité minimale afin de fonctionner sans rupture. L’éolien est donc d’abord un gigantesque gouffre financier pour amuser la galerie et calmer les délires des écologistes.

Le photovoltaïque, même problème, le soleil ne brille qu’au mieux 50 % du temps et les panneaux solaires, quelle que soit leur configuration, ne peuvent raisonnablement fournir de l’énergie que durant un laps de temps limité, ce qui (comme pour l’éolien) induit l’existence de moyens de stockage adéquats.

La biomasse. En dehors de l’incinération à grande échelle des ordures ménagères et de certains déchêts industriels ou encore des boues d’égouts, la biomasse n’est pas adaptée à une production durable et fiable d’énergie électrique. Certains parlent de rationaliser l’exploitation des forêts, je veux bien mais quand on sait que sous le climat de la France et encore plus des pays plus au nord en Europe quand on coupe un arbre il faut en replanter cinq pour assurer une pérennité de la source d’énergie. L’exploitation des forêts est une vue de l’esprit tout simplement. D’autres ressources dites biomasse comme la valorisation des lisiers sont tout aussi irréalisables quant à l’alcool (maïs, canne à sucre, betterave) il faut choisir entre manger à sa faim ou faire rouler sa voiture, de toutes les façons produire de l’électricité avec du « biogaz » ou du « bio-éthanol » relève tout simplement de la chimère mensongère.

La fusion. Je l’ai déjà dit dans ce blog, la fusion nucléaire ne pourra jamais être maitrisée en terme de production de chaleur pour la simple raison qu’il n’existe pas de matériaux sur notre planète susceptibles de résister à des températures supérieures à deux mille degrés, et encore, je suis optimiste. Or la fusion met en jeu des millions de degrés. Une vue de l’esprit coûteuse qui tient franchement de la science fiction.

La géothermie. Peu ou pas de site en France métropolitaine, point. Une usine fonctionne malgré de gros problèmes de corrosion à Bouillante, une charmante commune de la Guadeloupe. Une solution pour développer l’énergie géothermique serait de procéder dans un premier temps à de la fracture hydraulique de grand ampleur en profondeur et injecter de l’eau pour récupérer en surface de la vapeur. Dans ces conditions inenvisageables puisque la fracture hydraulique est interdite (jusqu’à nouvel ordre) en France, cf. la controverse écolo sur les gaz de schiste, il paraît tenir encore une fois du rêve qu’on puisse imaginer une exploitation de la géothermie dans des régions favorables comme le Puy de Dôme ou le Cantal. Dans les autres régions de France et de Navarre il faudrait fracturer à plus de 5000 mètres de profondeur pour espérer récupérer une vapeur de qualité et non corrosive. Sur ce point, je rappèle que la vapeur qui fait tourner les turbines doit être d’une qualité parfaite tant thermique que chimique afin de ne pas détruire les ailettes des turbines.

Hydrolien. Le domaine est encore inconnu mais les investissements sont gigantesques en regard de la production escomptée au final. Il est prématuré de se faire une opinion aujourd’hui sur cette filière. Cependant les sites favorables à l’implantation de moulins à eau sous-marins sont limités. Prétendre qu’un jour on implantera des hydroliennes dans le détroit de Gibraltar est néanmoins plus réaliste que la fusion nucléaire !

Marées. Le site de la Rance est un des rares endroits favorables pour ce type d’application.

J’en reviens donc aux sources d’énergie électrique que l’on pourrait qualifier de traditionnelles, nucléaire, hydroélectrique, charbon et gaz. Comme il est mal vu, au moins en France mais pas en Allemagne ni en Pologne ni en Chine, de brûler du charbon ou du gaz (voir mon précédent billet à ce sujet) il reste le nucléaire et l’hydroélectrique. Le seul fleuve français susceptible d’être aménagé pour produire de l’électricité reste la Loire. Mais il n’y a jamais eu une compagnie nationale de la Loire comme ce fut le cas pour le Rhône et la raison est simple : la Loire est un fleuve capricieux peu propice à la récupération d’énergie. Il ne peut qu’être utilisé pour le refroidissement des centrales nucléaires installées le long de son cours.

J’ai disserté sur mon blog de la filière thorium que la France n’envisage pas pour le moment de développer, alors, je me pose la question après avoir entendu notre poitevine nationale, ex-ministre, présidente d’une région et que sais-je encore si elle n’avait pas une petite idée sur la filière thorium à fluorures fondus. Je doute très sérieusement que Madame Royal ait une opinion arrêtée sur cette technologie mais si la BPI décidait d’investir dans cette direction, ce serait un trop gros morceau. Pour conclure mon billet de ce jour, je rappèle à mes lecteurs que le parc nucléaire français a été intégralement financé avec les impôts des contribuables et que le démantèlement prématuré d’un réacteur quelconque pouvant encore fonctionner dix ans voire vingt (je pense à la centrale de Fessenheim) équivaudrait à brûler une partie des billets de 500 euros que chaque contribuable a donné à l’Etat. Aujourd’hui EDF gagne de l’argent grâce à cet effort consenti par ceux qui vont bientôt être à la retraite ou le sont déjà (comme moi) et il serait intolérable que le gouvernement actuel, sous la pression d’énergumènes irréalistes, décide de démanteler le parc nucléaire de la France pour s’assujettir aux livraisons de gaz de la Russie car il n’y a pas d’autre alternative, je viens de l’exposer brièvement dans mon billet que j’adresse à Madame Royal si elle a quelques minutes pour le lire.

 

 

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