Grandeur et vicissitude des statistiques scientifiques et médicales.

Je viens de tomber sur un titre accrocheur de l’Express en ligne en faisant ma revue de presse matinale, titre qui sera à coup sûr repris dans d’autres journaux si ce n’est déjà fait, car il attire l’attention du lecteur confit de fausses ou de mauvaises nouvelles, c’est selon l’humeur du journaliste, et qui veut se faire peur pour oublier d’autres sujets bien plus préoccupants.

Je lis le titre : « Le virus du sida accroît de 50 % le risque d’infarctus ». Si on s’en tient au titre on comprendra que sur 100 séropositifs, la moitié ont déjà eu ou auront des problèmes cardiaques. Il n’y a pas besoin d’avoir fait de longues études inférieures ou supérieures pour en arriver à cette conclusion évidente. Pour étayer ce titre ronflant se trouve le texte suivant que j’ai retranscrit ici : « L’étude américaine, publiée ce lundi et menée sur plus de 82000 anciens militaires, indique que chez ceux âgés de 40 à 49 ans, le taux de crise cardiaque était de 2 pour mille chez les séropositifs, contre 1,5 pour mille chez les séronégatifs. »

Je n’invente rien, c’est écrit en toutes lettres (et chiffres) pour bien étayer le propos inquiétant du titre. Je ne suis pas allé lire l’article en question puisqu’il faut payer pour y avoir accès en ligne … Malgré tout, on est en droit de se poser de réelles questions sur l’honnêteté des journalistes et aussi et surtout de celle des scientifiques qui pondent des articles uniquement étayés par des statistiques manipulées pour faire ressortir une minuscule différence statistiquement significative en assénant le lecteur de déviations standard et autres régressions pour bien prouver que les résultats sont totalement fiables et doivent donc être divulgués largement dans la presse de qualité et pourquoi pas aussi dans la presse de caniveau. Le journaliste n’a probablement fait que des études « inférieures » puisque 0,5/1,5 aboutit, je dirai au mieux, à 33 %. L’erreur est tellement grossière que ce journaliste ne l’a même pas remarquée. Mais même cet énorme pourcentage inquiétant de 33 %, corrigé par mes soins, ne veut strictement rien dire puisque, en reprenant les chiffres aimablement communiqués en filigranne sous le titre alléchant, on arrive à un tout autre résultat. Et pas besoin d’avoir fait math sup pour comprendre. En réalité l’étude s’est focalisé sur l’extraordinaire différence de 5 cas de pathologies cardiovasculaires supplémentaires sur dix mille sujets étudiés en comparaison du groupe témoin (?), 15 cas pour l’échantillon de séronégatifs et 20 cas pour l’échantillon de séropositifs pour en arriver à cet extraordinaire et terrifique 50 % d’augmentation. Je veux bien qu’on prenne les autres pour des imbéciles mais pour ma part, j’ai de la peine à supporter une telle manipulation des données en appliquant dans les règles des principes mathématiques qui n’ont finalement plus aucune signification. Si on considère donc les données à peine esquissées il y aurait une augmentation des pathologies cardiaques (cardiovasculaires) par la séroposivité de 0,5 pour mille ! Entre 0,5 pour mille et 50 pour cent cela représente un facteur mille, rien que ça ! Cherchez l’erreur. Et depuis que les étudiants en chimie, biologie ou médecine utilisent des ordinateurs en lieu et place des tubes à essai, des boites de Pétri et des éprouvettes, on en arrive à ce genre d’imposture vite reprise par des journalistes qui n’y connaissent strictement rien pour en faire un événement qui deviendra in fine une vérité.

On est tombé bien bas …

 

Source : lexpress.com

Mortalité des abeilles, on en est encore au point zéro.

 

En appliquant des méthodes éprouvées d’épidémiologie appliquées en santé humaine ou animale, des entomologistes de l’Université de Caroline du Nord à Raleigh ont mis en évidence une maladie indépendante des virus qui déciment les abeilles et également du Varroa. Il s’agit du syndrome idiopathique de la maladie du couvain (en anglais Idiopathic brood disease syndrome, IBDS) au cours duquel les larves semblent avoir fondu au fond des alvéoles ou s’être desséchées et ce syndrome est aussi associé à un « événement » concernant la survie de la reine qui devient incapable de pondre correctement et finit par mourir, mettant en danger la colonie. Indépendamment des affections virales, ce syndrome conduit à la mort de la colonie puisque la population d’abeilles, ouvrières et butineuses, n’est plus normalement renouvelée  Les colonies étudiées mouraient avant le pic d’infestation par le Varroa (septembre-octobre) et n’ont pas pu être corréllées avec les viroses courantes et bien connues des apiculteurs. Il s’agit donc bien d’un syndrome sans lien avec ces derniers facteurs de disparition des ruchers (virus et Varroa) directement lié à la mortalité de la reine, ce dernier cas étant normalement pris en charge par les ouvrières pour obtenir une nouvelle reine aussi rapidement que possible.

Comme je ne suis pas apiculteur ni entomologiste de formation, je ne peux pas aller plus avant dans mon billet et je laisse à mes lecteurs (apiculteurs) le soin de lire l’article cité en référence. Cependant cette étude ouvre une porte vers la compréhension du phénomène multifactoriel de la disparition des abeilles qui contribuent à la pollinisation de 35 % des cultures vivrières dans le monde en appliquant les règles strictes d’une approche épidémiologique classique. Reste maintenant à déterminer les causes primaires de l’IBDS, si par exemple certains pesticides en seraient la cause directe ou indirecte.

Source : http://www.cals.ncsu.edu/entomology/apiculture/pdfs/vanEngelsdorp_et.al.2012b%20copy.pdf

Christine Lagarde sous-marin du sénateur Placé et des ministres Batho et Duflot ?

Au dernier forum de Davos, madame Lagarde, la chef du FMI, avant c’était DSK, s’est brusquement convertie à l’écologie pure et dure en déclarant, je cite :

« Ainsi, nous avons besoin de croissance, mais aussi de croissance verte qui respecte la durabilité environnementale. Une bonne écologie c’est une bonne économie. C’est une raison importante pour déterminer un prix juste pour le carbone et aussi pour cesser les subventions consacrées aux énergies fossiles. »

 

Déjà il faut se tenir aux poignées et aux barres pour ne pas chavirer dans un délire d’hilarité car Madame Lagarde parle d’un coté de croissance, ce que Hollande cherche désespérément, mais veut aussi remettre en cause les subventions (occultes) accordées aux grandes compagnies pétrolières pour maintenir un prix du pétrole et du gaz naturel et surtout des produits raffinés aussi bas que possible tout en permettant aux spéculateurs de faire quelques profits (voir mon billet du 20 juillet 2012) : https://jacqueshenry.wordpress.com/2012/07/20/petrole-prix-manipules-la-grosse-arnaque-planetaire-libor-hedge-funds-speculation/

et celui-ci sur les produits raffinés du 20 janvier 2012 : https://jacqueshenry.wordpress.com/2012/01/20/petrole-gaz-charbon/ 

et dans ce dernier cas, c’est la récession assurée si les produits raffinés sont commercialisés à leur juste prix disons pour faire court et réaliste 3 euros le litre d’essence. Madame Lagarde ne comprend donc pas très bien la situation et là je suis modéré dans mes propos.

Je continue à citer Madame Lagarde :

« A moins d’agir rapidement les générations futures seront roties, transformées en toasts, frites et grillées. »

Là ça fait un peu beaucoup d’imagination parcequ’avant d’être roties (les générations futures), toute vie terrestre aura pratiquement disparu de la planète.

Mais on rêve tout de même en lisant ce genre de propos de la bouche de Madame Lagarde et non pas d’un quelconque dirigeant de Greenpeace ou d’un(une) élu(e) d’EELV du genre Placé, l’homme aux mégots de cigarette ou Batho, l’ahurie anti-Fessenheim et anti-feux de cheminée. A n’en pas douter un seul instant, le board des directeurs du FMI est inflitré par Greenpeace ou le lobby pétrolier ou les deux en même temps, ce qui ne m’étonnerait pas outre mesure, pour tenir de tels propos totalement stupides. Encore une conséquence néfaste des fausses prévisions alarmistes et tonitruantes du GIEC, ce « machin » inutile, comme l’aurait certainement qualifié le Général De Gaulle, lui qui a impulsé en visionnaire l’énergie nucléaire civile française.

Source : theglobeandmail.com et Contrepoints

 

 

Il n’y a pas que les Français (Froggies en anglais) qui mangent des grenouilles !

 

Les Français mangent 80 millions de grenouilles (des paires de cuisses) par an, on comprend donc qu’il n’y en ait plus une seule dans les étangs de Brière, des Dombes ou du marais Poitevin. D’ailleurs la capture de grenouilles à des fins commerciales est interdite en France depuis 1980 car on s’est rendu compte que l’appauvrissement d’un biotope en grenouilles voyait une prolifération d’insectes et d’autres créatures semi-aquatiques souvent nuisibles. Qu’à cela ne tienne, pour assouvir leur soif de grenouilles, les Français les importent d’autres pays, ce fut en son temps la Hongrie qui exportait ces charmants batraciens vers l’Hexagone, puis quand la population fut décimée, on se tourna vers l’Inde, puis le Bangladesh, mais même causes mêmes effets, rapide disparition des grenouilles et perturbation de l’environnement, surtout dans les rizières. C’est maintenant l’Indonésie qui a pris le relais, un pays où la religion n’interdit pas complètement la grenouille comme aliment « haram » c’est-à-dire interdit de consommation selon le Coran. En fait c’est surtout la minorité locale d’origine chinoise qui se délecte des cuisses du batracien.

Et aujourd’hui, l’Indonésie est le premier exportateur de grenouilles du monde, essentiellement vers l’Europe, ou plutôt la France et le business est lucratif, très lucratif. Si l’on compare le revenu d’un pêcheur de grenouilles de la région de Bogor, jusqu’à un demi million de roupies par jour, soit une quarantaine d’euros, cela représente plus de six fois le salaire minimum pratiqué à Jakarta. Les pêcheurs de grenouilles ne se plaignent pas, du moins pour le moment, car comme en France, en Hongrie, en Inde et au Bangladesh, dans peu d’années, la raréfaction des grenouilles se fera sentir, les sangsues proliféreront ainsi que les tiques et toutes sortes de vers parasites, les rizières deviendront alors dangereuses voire impraticables, la capture des batraciens sera interdite et il faudra que les importateurs français trouvent un autre pays pour approvisionner les restaurants de luxe de Paris car au rythme actuel des captures, il n’y en plus pour très longtemps. Les écolos, en mal d’inspiration, pourraient décider d’interdire la consommation de grenouilles en France pour ne pas menacer les biotopes aquatiques d’Indonésie, mais c’est certainement trop leur demander.

Source : AFP

 

 

 

 

 

 

Réchauffement climatique, suite …

 

Une équipe de scientifiques de l’Université de Boulder, Colorado, a montré (par simulation) que le réchauffement climatique attendu entre 2000 et 2010 et qui n’a pas eu lieu a été masqué par l’activité volcanique de la planète durant cette période. Les émissions d’anhydride sulfureux dans la stratosphère conduisant à la formation de particules d’acide sulfurique réfléchissant la lumière solaire entrainent un refroidissement de la planète qui a de ce fait, si l’on peut parler ainsi, ralenti le réchauffement attendu. Ce n’est pas pour cela qu’on va nier la réalité de l’augmentation de la teneur en gaz carbonique dans l’atmosphère, mais il est évident que les prévisions tant du GIEC que d’autres scientifiques sont pour le moins à prendre avec précaution. Il faut ajouter que les études relatées ici sont également fondées sur des simulations sur des super-ordinateurs. Mais ce qui ressort de cette étude est clair, les simulations ne suffisent pas pour déterminer un changement climatique futur car le caractère aléatoire des éruptions volcaniques majeures telles que celle du Pinatubo en 1991 rend tout aussi aléatoire une quelconque prévision. On en est donc arrivé à un point où l’humilité devrait être une règle pour les scientifiques comme pour les décideurs, je pense notamment à la taxe dite « carbone ».

 

Source : colorado.edu