Chronique tokyoïte # 3 (décalage horaire)

Entre la France et le Japon, le décalage horaire est de 8 heures en hiver et sept heures (seulement) en été. Malgré tous les efforts que l’on puisse imaginer, l’organisme ne s’adapte pas tout de suite et il lui faut environ une mauvaise journée et une aussi mauvaise nuit pour chaque heure à rattraper ou retarder, c’est selon, et dans mon cas, sans aide extérieure il faudra une semaine d’état second pour récupérer totalement le jet-lag. Le soir de mon arrivée à Tokyo, j’ai pris 10 mg de mélatonine une demi-heure avant de me coucher après avoir combattu la somnolence qui m’envahissait en fin d’après-midi et juste après le dîner. Deux jours après mon arrivée, je peux dire que je suis presque rétabli, encore qu’au retour de Shiodome cet après-midi, je me suis presque assoupi dans le train, la Chuo Line depuis Tokyo Station en direction d’Ogikubo. Je pense qu’encore deux jours de traitement et tout ira bien. La mélatonine ou N-acétyl-méthoxytryptamine est couramment appellée l’hormone du sommeil. Elle dérive de la sérotonine, un autre neurotransmetteur puisqu’en fait la mélatonine est aussi une sorte de neurotransmetteur sécrété par la glande pinéale qui se trouve au sommet du cerveau, quand il fait nuit. Et comme la mélatonine a aussi pour effet de réguler la sécrétion de toutes sortes d’autres hormones, on comprend que l’organisme se sente vraiment mal après un décalage horaire, on est complètement « à l’est », paumé et fatigué. D’ailleurs je me demande si toutes les douleurs musculaires et articulaires dont je souffre depuis deux jours ne sont pas tout simplement le résultat de ce décalage horaire.

Pourquoi ce produit n’est pas disponible à la vente en France, à croire que les Français sont le peuple le plus casanier du monde et ne prennent jamais de longs courriers !

Bon voyage !

Chronique tokyoïte # 2

Le Japon manque cruellement d’infirmières et d’aide-soignantes. Et l’assistance à la personne, à domicile, est aussi en grand déficit car traditionnellement les Japonais sont réticents quand il s’agit d’avoir du personnel domestique rémunéré. Ce qui n’est pas le cas en Espagne, pays où des dizaines de milliers de jeunes sud-américaines sont venues s’installer dans des familles pour s’occuper de la vieille aieule qui ne peut plus sortir dans la rue sans aide manuelle ou qui n’a plus la force de manger seule. Le Japon, depuis 2009, a favorisé l’arrivée de jeunes ressortissantes des Philippines et d’Indonésie pour devenir infirmières ou aides médicales à la condition d’avoir acquis plus que des rudiments de japonais. Or quand on sait que le japonais est avant tout une langue parlée, la lecture et l’écriture sont une toute autre affaire, surtout s’il s’agit de décrypter les milliers de caractères chinois (kanji). Pour favoriser l’intégration de ces étrangères en raison du manque cruel de personnel médical, les kanji on été remplacés par des hiragana (l’autre alphabet japonais si on peut employer le mot alphabet) et en leur donnant 30 % de temps supplémentaires pour terminer les épreuves de l’examer leur permettant d’exercer leur métier au Japon. Malgré ces facilités, depuis 2010 le nombre d’infirmières étrangères ayant intégré un poste hospitalier ou auprès d’une famille n’a pas dépassé 150 par an alors que les besoins sont immenses. Il y a plus de cent mille « vieux » japonais sous assistance médicale pour survivre et même si le ministre des finances du nouveau gouvernement a déclaré sans aucune gène qu’il fallait les « débrancher » car cette situation était très coûteuse pour le pays (sic), on se fait une petite idée du besoin en infirmières dans le pays du soleil levant – soleil qui est toujours très froid pour une fin de mois de mars, à mon goût.

D’autres nouvelles dans un prochain billet.

Nouvelle chronique tokyoïte # 1

En arrivant à Narita dimanche vers 13 heures locales, je n’avais jamais vu le hall de l’immigration aussi peuplé d’Américains, de Canadiens, de Coréens (j’arrivais de Roissy via Séoul) et de Chinois. Les services étaient submergés et des milliers de voyageurs s’agglutinaient dans les mauvaises files d’attente car le personnel semblait totalement débordé. Bref, il me fallut près d’une heure trente pour mettre les deux index sur une sorte de cellule de reconnaissance des empreintes digitales et me faire tirer le portrait par une petite caméra. Dans le hall des bagages, un amoncellement de valises en souffrance fit que les douaniers furent particulièrement laxistes en n’inspectant aucun bagage afin de résorber cet afflux inattendu de voyageurs. Il faut dire que c’est hanami et que tous les cerisiers viennent de fleurir partout et la beauté printanière y est peut-être pour une grande part dans cet afflux inédit de voyageurs. J’ai depuis plusieurs années mes repaires et je vais d’abord fumer une cigarette à l’extérieur avec mon cendrier de poche près de la gare des bus que je n’ai jamais utilisé en raison du coût prohibitif du voyage vers le centre de Tokyo. Je recharge ma Suica (c’est l’équivalent du Navigo à Paris) et je prend la Keisei puis la Sobu locale en arrivant à Funabashi. En presque deux heures de train je me retrouve à Suginami, un quartier ouest de Tokyo, comme si j’avais quitté cet endroit quelques jours auparavant. C’était un dimanche mais la vie dans cet immense agglomération ne s’arrête jamais, il y a presque autant de trains que durant la semaine, ils sont à l’heure, et les voyageurs ressemblent à des voyageurs de tous les jours, des jeunes filles en uniforme de leur école, des messieurs sérieux avec une cravate et des vieilles dames en kimono qui vont boire le thé avec des amies. Les autoroutes urbaines aériennes sont encombrées mais la seule différence à peine notable est qu’il n’y a pas de petits camions de livraison dans les rues. Le Japon vit vingt quatre heures sur vingt quatre et le dimanche est un jour comme les autres puisque le pays ne s’encombre pas de repos dominical, ce jour prévu à l’origine pour aller à l’Eglise dans les pays européens, mais qui va encore à l’église le dimanche, les gens préfèrent aller au supermarché ou dans un magasin de bricolage et ici au Japon aller quelque fois au bureau le dimanche pour terminer un travail n’est pas chose incroyable alors que les heures supplémentaires ne sont pas rémunérées.

Note : Keisei et Sobu sont les noms de compagnies de train privées qui exploitent aussi des centres commerciaux construits au dessus des gares, ce qui est très pratique pour les usagers des trains qui ne sont pas obligés de prendre une voiture pour aller à des kilomètres dans des centres commerciaux déshumanisés perdus au milieu de nulle part.

Depuis le Japon : après le méthane, les terres rares …

Après la « première » de l’hydrate de méthane, les Japonais ne sont pas en reste, ce qui confirme la vigueur de l’économie nippone quoi qu’en disent les Européens, enferrés dans des joutes politiciennes à propos de Chypre alors qu’il y a urgence à relever la tête afin que toute l’Europe ne sombre dans un marasme durable. Il y a trois ans les Chinois ont unilatéralement gonflé les cours des terres rares (ou lanthanides) si recherchées dans les industries de pointe, que ce soit les smart-phones ou les voitures hybrides. Malgré leurs protestations, les Japonais ont tenté de trouver une solution au cas où la situation avec la Chine s’envenime, ce qui arriva d’aiileurs à propos des îles Senkaku, mais cet épisode n’était pas prévu … A moins que …

Bref, les Japonais, parallèlement à la récupération d’hydrates de méthane, ont également développé une technique permettant l’extraction sous-marine de dépôts riches en terres rares situés plusieurs mètres en dessous du fond marin à des profondeurs marines de l’ordre de 5000 mètres et bingo ! Il y a quelques jours, un navire d’exploration a remonté des boues extrèmement riches en ces terres rares ainsi qu’en manganèse et d’autres métaux. Il reste, comme pour le méthane, à passer au stade industriel mais il s’agit d’une question de mois. Le Japon, dénué de toutes ressources naturelles, continuera à nous étonner par son dynamisme et sa créativité, deux qualités qui sont cruellement absentes en Europe !  

Nouvelles du PMI (Markit) prospectif pour la France

Mes lecteurs sont habitués quand je reproduis sur mon blog les prévisions de Markit ou du Baltic Dry Index. Ce sont pourtant deux indices fiables de l’évolution de l’économie à terme. Pour la France, la situation empire comme la côte de confiance de Monsieur « Moi-je » qui, les semaines et les mois qui se succèdent le prouvent, s’est complètement trompé quant à ses capacités à diriger le pays.

Pour l’indice flash PMI de la France, voilà rien de rassurant :

Markit France 2012-03-21

Pour les analystes d’outre-Atlantique, la France est condamnée à une sévère dépression en raison de la politique absurde du gouvernement socialiste. Attendons d’apprendre les données catastrophiques du chômage, et là ni Montebourg ni ses sbires de la CGT n’y pourront quoi que ce soit. Alea jacta est …

Réflexion sur la théorie du Big Bang

Hier soir, en regardant le ciel de la banlieue parisienne pour une fois (qui n’est pas coutûme) dégagé, j’ai remarqué que Jupiter poursuivait sa lente progression vers l’ouest et avait nettement dépassé Aldébaran, la principale étoile de la constellation du Taureau. Et je me suis surpris dans une profonde réflexion sur le Big Bang car j’avais lu la veille un article sur les résultats des observations du satellite Planck. Je suis loin, très loin de comprendre quoi que ce soit en astrophysique qui, en dehors des observations satellitaires ou au sol, curieusement pas ou peu intégrées aux théories actuelles tentant d’expliquer l’origine de l’univers ou tout simplement de la matière, est tout simplement une discipline scientifique qui relève de l’ésotérie. Il y a eu la découverte récente du boson de Higgs qui serait la particule expliquant la masse ou étant à l’origine de la masse des autres particules sub-atomiques, mais ça n’explique rien, en tous les cas de mon humble point de vue de biologiste à la retraite. Mais, comme toute ma carrière a été basée sur l’observation, quand je vois une belle image fournie par le site de Hubble, par exemple le Deep Field (champ profond en français) où se trouvent des milliers de galaxies situées à des distances variées de la Terre, notre bout de caillou négligeable dans notre galaxie tout à fait banale dans l’immensité de l’univers, la Terre comme notre galaxie, et que je lis en commentaire que cette image est celle de l’univers tel qu’il se présentait deux milliards d’années après le Big Bang malgré le fait que la lumière émise par le plus lointain objet a mis douze milliards d’années pour parvenir jusqu’à nous, alors là j’ai comme un doute, un très gros doute. Cette théorie, heureusement que ce n’est qu’une théorie, du Big Bang me paraît pour le moins inexplicable logiquement puisqu’on rapproche dans la même phrase deux affirmations contradictoires. Et puisque l’univers est en permanente expansion, si on voit ces objets tels qu’ils se trouvaient les uns par rapport aux autres il y a, disons, douze milliards d’années, soit un milliard d’années après le Big Bang, où se trouvent-ls aujourd’hui puisque leur signal lumineux a parcouru douze milliards d’années-lumière pour nous parvenir. J’ai comme l’impression de me répéter car en fait c’est un peu l’histoire du serpent qui se mord la queue. Cette théorie du Big Bang, formulée pour expliquer le rayonnement micro-onde cosmique de fond ou fossile, ne serait-elle pas une absurdité qui n’a plus rien à voir avec les observations. Un enfant de cinq ans à qui on expliquerait que d’un côté de la voute céleste, il y a des galaxies situées à douze milliards d’années et qu’il en est de même de l’autre côté de la même voute céleste et qu’un observateur situé au confin de l’univers d’un côté de celui-çi pourrait voir un objet situé à douze + douze, soit 24 milliards d’années-lumière de l’autre côté de l’univers, si l’on peut parler ainsi, puisque la probabilité de l’existence d’êtres intelligents autres que les hommes de la planète Terre est non nulle, cet enfant de cinq ans comprendrait tout de suite sans se poser plus de questions. Les astrophysiciens tentent de tout expliquer et même ce dernier paradoxe en considérant que l’univers « gonfle » dans tous les sens, affirmation qui nécessite encore des équations mathématiques de plus en plus tarabiscotées pour être décrite de manière satisfaisante. Dans cette science, il y a les astronomes qui observent et les astrophysiciens qui écrivent des équations mathématiques que quelques personnes seulement dans le monde arrivent à comprendre pour expliquer les observations. Et comme ils s’enfoncent dans la complexité de leurs équations, il faut de nouvelles équations et de nouvelles théories pour tenter de tout expliquer, ou plutôt, devrais-je dire, pour tenter d’expliquer l’inexplicable puisque la théorie du Big Bang est peut-être tout simplement fausse. Et il en est de même de la matière noire ou de l’énergie noire (ou sombre, plutôt inexpliquée c’est plus approprié), c’est à ne plus y rien comprendre et sans faire de jeu de môts, les astrophysiciens nagent dans le noir ! Pour compliquer le problème, s’il y en a un, le satellite Planck a clairement montré que l’univers n’était pas homogène, on dit qu’il y a une anisotropie en terme scientifique, et encore une fois un enfant de cinq ans aurait de la peine à admettre que le Big Bang ait pu privilégier certaines parties de l’univers et pas d’autres à la suite de l’explosion primordiale théorique qui aurait rayonné en tous sens avec la même intensité. Encore une fois les astrophysiciens se mettent à faire des calculs frisant l’ésotérie mystique pour expliquer en termes totalement incompréhensibles pourquoi l’univers est anisotrope, comme je l’ai dit, le serpent qui se mord la queue. Quant à l’ « âge » de l’univers, il est passé d’une dizaine de milliards d’années à maintenant 13,82 milliards d’années et quand le grand réseau de radiotéléscopes qui vient d’être inauguré quelque part dans les montagnes du Chili commencera à collecter des observations, peut-être que l’âge de l’univers sera de 15 voire 20 milliards d’années et à n’en pas douter de nouvelles équations arriveront à expliquer pourquoi on était dans l’erreur …

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Crédit photo : ESA 

Humour !

Pour faire des économies, le Canton de Genève a décidé que chaque fonctionnaire devrait dorénavant nettoyer lui-même son bureau, comme quoi la crise n’existe pas qu’à Chypre. Je n’épiloguerai pas au sujet de la fonction publique française… (crédit La Tribune de Genève et le dessinateur Herrmann) :

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