Depuis le Japon : après le méthane, les terres rares …

Après la « première » de l’hydrate de méthane, les Japonais ne sont pas en reste, ce qui confirme la vigueur de l’économie nippone quoi qu’en disent les Européens, enferrés dans des joutes politiciennes à propos de Chypre alors qu’il y a urgence à relever la tête afin que toute l’Europe ne sombre dans un marasme durable. Il y a trois ans les Chinois ont unilatéralement gonflé les cours des terres rares (ou lanthanides) si recherchées dans les industries de pointe, que ce soit les smart-phones ou les voitures hybrides. Malgré leurs protestations, les Japonais ont tenté de trouver une solution au cas où la situation avec la Chine s’envenime, ce qui arriva d’aiileurs à propos des îles Senkaku, mais cet épisode n’était pas prévu … A moins que …

Bref, les Japonais, parallèlement à la récupération d’hydrates de méthane, ont également développé une technique permettant l’extraction sous-marine de dépôts riches en terres rares situés plusieurs mètres en dessous du fond marin à des profondeurs marines de l’ordre de 5000 mètres et bingo ! Il y a quelques jours, un navire d’exploration a remonté des boues extrèmement riches en ces terres rares ainsi qu’en manganèse et d’autres métaux. Il reste, comme pour le méthane, à passer au stade industriel mais il s’agit d’une question de mois. Le Japon, dénué de toutes ressources naturelles, continuera à nous étonner par son dynamisme et sa créativité, deux qualités qui sont cruellement absentes en Europe !  

2 réflexions au sujet de « Depuis le Japon : après le méthane, les terres rares … »

  1. Effectivement cela pourrait être une bonne nouvelle, mais je pense qu’il serait préférable de modérer l’enthousiasme de l’article basée sur des affirmations « unilatérales ».
    En effet vous expliquez en préambule que les chinois ont gonflé artificiellement les coûts des terres rares, changeant du coup, les données des industries hors-Chine utilisant ces éléments. Un peu d’historique permet de comprendre que la situation n’est pas aussi limpide. Il y a 20 ans et plus les États-Unis étaient les producteurs principaux de ces minéraux et la demande était faible. Les chinois ont augmenté progressivement leur production avec des prix très compétitifs et, petit à petit sont devenus pratiquement les seuls producteurs, les entreprises américaines ayant fermé. Ceci s’est fait , comme souvent en Chine, sans tenir compte de la pollution énorme générée. La prise de conscience tardive mais salutaire a provoqué le demande de fermeture de beaucoup de mines considérées comme illégales et de celles ne respectant pas les nouvelles normes exigées par le gouvernement chinois. Ceci a réduit la production et fait augmenter les prix.
    Pour ce qui est des boues riches en terres rares à 5000m de profondeur, leur « extraction » , même si elle était réalisable, tout en étant techniquement très difficile, ne résoudra pour autant pas le problème japonais. Les terres rares sont présentes partout dans le monde, mais c’est leur traitement et séparation qui est difficile et hautement polluants. Les terres rares sont toujours accompagnées d’éléments radioactif comme l’uranium et le thorium . C’est la raison pour laquelle aujourd’hui la Société Australienne Lynas ne peut traiter son minerai en Australie et l’envoie, en Malaisie (Kuantan) malgré les protestations des populations locales craignant au plus haut point la pollution radioactive.
    En conclusion, même avec les meilleurs techniciens, la phobie des japonais vis-à-vis du nucléaire devrait sinon interdire, du moins retarder énormément le développement de cette nouvelle ressource.

    • En direct de Tokyo
      D’abord les récentes élections au Japon ont montré clairement que l’électorat a accordé une confortable majorité au parti de Shinzo Abe qui durant la campagne n’a jamais remis en question la nécessité d’un package énergétique comprenant une part de nucléaire non négligeable dans la production d’électricité. De plus, à l’issue de ces élections, le parti « vert » a été balayé de la scène politique et quoiqu’en pensent les médias européens, l’accident regrettable de Fukushima-Daiichi, conséquence directe du tsunami, n’a pas infléchi l’opinion de la grande majorité de la population du pays. Il est donc inapproprié de parler de phobie du nucléaire au Japon, les résultats des élections illustrant le contraire. Depuis l’Europe, on a tendance à raconter n’importe quoi sur la situation soit-disant catastrophique du Japon en mettant en avant, par exemple, le fait que la population vieillit dangereusement, mais il faut aussi remarquer dans ce registre le vieillissement des populations d’autres pays en particulier en Europe. Je ne citerai que l’Allemagne, le Danemark et la Russie qui se trouvent dans une situation démographique bien plus catastrophique que le Japon.
      Pour en venir enfin aux terres rares, je vous rappelle que dans les années 70 le leader mondial dans ce domaine était Rhône-Poulenc et la technologie était maîtrisée même si seules quelques lanthanides étaient purifiés. Je ferai également une dernière remarque à propos de la présence de thorium et d’uranium dans les minerais riches en terres rares qui peut être un problème si le traitement des effluents n’est pas correctement mis en oeuvre. Je n’ai pas pu retrouver de données sur la présence de ces deux métaux (faiblement radioactifs d’ailleurs) dans les boues benthiques susceptibles de constituer cette nouvelle source de terres rares. L’avenir le dira mais je suis intimement convaincu que le Japon pourra devenir presque autosuffisant et que les problèmes technologiques seront rapidement résolus.

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