Imposition des œuvres d’art : le gouvernement a instauré un faux débat.

Je me souviens avoir souvent dîné chez mon patron quand j’étais à UCLA et sa maison ressemblait à une galerie d’art avec deux Rouault, un Utrillo, une céramique de Picasso (dans les toilettes), un petit Cézanne et un Gauguin de facture assez naïve mais très attachant, si l’on peut utiliser ce genre d’adjectif pour un tableau.
Mon patron, dont je tairai le nom ici, a dû tout léguer au musée de Los Angeles puisque les droits de succession sur les œuvres d’art sont exorbitants en Californie, comme la cession d’actifs industriels à l’un de ses enfants, plus de 90 %, ce qui oblige les détenteurs d’oeuvres d’art à les céder aux musées de leur Etat n’ayant en contre partie qu’une belle plaque en laiton au bas du tableau (ou de la statue) rappellant le nom du légateur.
A l’Assemblée Nationale, il a été question d’inclure dans le patrimoine pour le calcul de l’assiète de l’ISF les œuvres d’art de plus de 50 000 euros.
Je veux bien qu’un gouvernement résolument socialo-marxiste se comporte en prédateur vis-à-vis des riches et des industriels, après tout c’est démagogique et électoraliste et donc de bonne guerre, mais qu’il ose inclure les œuvres d’art comme faisant partie du patrimoine imposable est un non-sens car la cession par héritage de ces dernières devrait comme en Californie faire l’objet d’une taxation sévère, ce qui permettrait aux musées d’acquérir à bas coût ces dernières et redonnerait une certaine jeunesse à leur commerce, à condition toutefois que les plus-values réalisées sur leur vente soit taxée comme il se doit, n’en déplaise à Laurent Fabius qui en son temps avait supprimé cette taxe. Or comme toute œuvre d’art peut constituer un placement aléatoire, je ne parle pas de Picasso, Rouault ou Utrillo, mais d’un illustre inconnu qui devient subitement célèbre et dont le cours de ses premières croutes devient astronomique, alors il est normal de taxer la plus-value réalisée, d’instituer un droit de succession très élevé et on ne parlera plus du problème !
Encore un mauvais lièvre levé par un député socialiste … Mais ce qui est tout de même étonnant est que tant à gauche qu’à droite la taxation des œuvres d’art est loin de faire l’unanimité. Y aurait-il donc tellement de députés possesseurs d’oeuvres d’art ? Il faut dire qu’avec leurs salaires mirifiques, ils peuvent se permettre d’investir dans le non-productif pour la communauté, mais productif pour leur porte-feuille.
Tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes politiques.

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