Malbouffe, désir sexuel, amour, ça se passe au même endroit dans le cerveau !!!

Malbouffe (suite)

J’avais laissé il y a peu un billet sur le centre cérébral du plaisir et de l’amour situé au niveau de l’insula, cette région du cerveau située derrière l’oreille interne.

https://jacqueshenry.wordpress.com/2012/06/21/lamour-cest-quoi-et-cest-ou/

Des chercheurs de l’University of Southern California, Keck School of Medicine, viennent de montrer en utilisant la même approche d’imagerie par résonance magnétique fonctionnelle que le même type de processus était mis en jeu dans la malbouffe.
Je m’explique, il ne faut pas confondre le sexe, l’amour et la malbouffe, et pourtant !
Tout se passe de la même manière dans le cerveau puisque les stimuli visuels d’une belle publicité pour des chips bien graisseuses (avec de l’huile hydrogénée et un peu de sucre, du fructose, pour édulcorer le goût) des chips fabriquées dans une énorme usine mais selon une recette traditionnelle (on croit rêver) ces chips induisent exactement l’excitation des même centres nerveux de l’insula car c’est dans cette zone du cerveau que réside le « centre de la récompense » aussi appellé « centre du plaisir » qu’il soit sexuel, gustatif ou encore auditif ou tactile. Le résultat est purement chimique, je le mentionnais dans mon précédent billet, avec la production de neuromédiateurs comme la dopamine et la sérotonine.
Quand une personne regarde une publicité pour des glaces, ce centre du plaisir est immédiatement excité et une sensation de faim apparaît car la consommation de glace est liée à la notion de récompense.
L’étude menée par le docteur Kathleen Page a montré clairement que cette stimulation contribue à l’obésité et a un impact important sur la santé publique. L’équipe de l’USC a fait son étude par imagerie fonctionnelle sur 13 jeunes filles d’origine hispaniques obèses car une étude préalable avait montré que ces jeunes filles étaient sensibles à la publicité sur la nourriture et que l’occurence de l’obésité et du diabète de type II est plus élevée dans cette population en Californie.
L’étude a consisté à montrer des photos de nourriture riche en calories, genre hamburgers dégoulinant de fromage et de ketchup ou des glaces de couleur (artificielle naturellement, et retouchée avec photoshop) alléchante, sans faire de jeu de mot, et à enregistrer l’activité cérébrale.
Puis dans une autre séquence, on ne montrait que des photos de fruits ou de légumes.
Au milieu de chaque séquence de photographies stimulantes, les participantes à l’étude devaient boire un verre d’eau glucosée ou un verre d’eau sucrée avec du fructose dans l’autre partie de l’étude.
Le résultat de l’ensemble de l’étude fut non pas surprenant mais pourtant très clair. Comme il fallait s’y attendre les centres nerveux du plaisir sont stimulés de manière significativement plus intense par les photos montrant de la malbouffe que celles montrant une branche de celeri, une carotte ou une tomate.
Mais le plus alarmant, et j’en parlais dans un précédent billet sur les sirops enrichis en fructose, le fructose augmente encore cette réponse aux stimuli visuels et beaucoup plus que le glucose utilisé dans cette étude comme témoin.
Et le docteur Page de conclure que l’addition de sucres tels que le fructose dans toute une série de plats industriels précuisinés dévie complètement la réponse du cerveau. La prochaine étape de ces recherches sera d’étudier par imagerie fonctionnelle les réponses du cerveau quand on aura mis à la diète pendant une journée les volontaires de l’étude …

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