L’amour, c’est quoi et c’est où ?

Récemment, une amie de longue date avec qui je n’ai jamais gardé les cochons, vous comprendrez ce que je veux dire, me disait avec assurance que pour elle l’amour devait prééxister pour qu’il y ait apparition d’un désir sexuel conduisant naturellement à l’acte. Je mis en doute sa position pourtant étayée par ses propres expériences en arguant du fait que l’amour nait du désir et qu’on ne peut aimer que s’il y a désir et attraction physique, un postulat que j’ai établi tout au long de ma carrière de séducteur, bien évanescente aujourd’hui, je l’avoue.
Je rajoutais que pire encore, le désir était une pure affaire de chimie décidée par le cerveau à la suite de stimuli visuels, olfactifs, épidermiques, auditifs voire même gustatifs, faisant donc appel aux cinq sens. Et puis le cerveau agrège ces stimuli et déclenche une cascade de signaux dictés essentiellement par l’attente d’une récompense, exactement comme un enfant décide de faire ce que lui a demandé sa mère car il sera finalement récompensé pour sa sage attitude avec un sucre d’orge. Il en est de même avec le dressage des animaux de cirque, que ce soient des otaries ou des éléphants. L’otarie sait que si elle éxécute son numéro avec un ballon, elle aura droit à une sardine et l’éléphant à une brassée de tiges de maïs bien vertes et bien craquantes.
Pour le désir sexuel, la récompense est naturellement le plaisr procuré par l’orgasme. C’est sur ce point que cette amie était en désaccord avec moi, pensant que j’étais trop sexe-orienté et pas assez sentimental. D’ailleurs beaucoup de femmes, presque toutes les femmes, sont en désaccord avec les hommes sur ce point précis : l’amour d’abord, le sexe ensuite. C’est assez compréhensible si l’on se souvient qu’un fin connaisseur des choses du sexe comme Georges Brassens a chanté haut et fort que 99 % du temps les femmes s’emmerdent en baisant, elles n’ont donc pas la même perception du concept de récompense qui est à la base de la sexualité.
Mais je m’égare, et pourtant une très sérieuse étude réalisée par des chercheurs de l’Université Concordia à Montréal et parue dans le Journal of Sexual Medicine du mois d’avril de cette année démontre par imagerie fonctionnelle par résonance magnétique que les centres cérébraux neuronaux du désir et de l’amour sont intimement liés sinon confondus dans une région particulière du cortex appellée insula considérée comme le siège central des émotions et peut-être de la conscience, en particulier de la notion de récompense dont je parlais plus haut.
Donc cette amie avait et a encore tout faux …
Mais alors, si le désir sexuel et la conscience se trouvent associés dans la même région temporale du cerveau, ça se passe en gros au dessus de l’oreille, pourquoi l’homme s’aventure dans des activités hasardeuses consistant à séparer 55 grammes de nylon de 55 kilos de chaire fraiche (référence à Nougaro) pour satisfaire cet espoir de récompense qu’il ne peut maîtriser, pourquoi sa conscience ne lui dit pas que c’est un jeu dangereux parce qu’une femme bien baisée devient durablement amoureuse et alors là c’est une toute autre histoire ! ce qui contredit encore l’opinion de cette amie.

Lien (en anglais) :
http://www.concordia.ca/now/what-we-do/research/20120619/i-want-to-know-where-love-is.php

Une réflexion au sujet de « L’amour, c’est quoi et c’est où ? »

  1. Ping : Malbouffe, désir sexuel, amour, ça se passe au même endroit dans le cerveau !!! | jacqueshenry

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