Le curcuma et les infections bactériennes (curcumine, cathelicidines, vitamine D)

L’apparition de bactéries résistantes à tous les antibiotiques fait resurgir les grandes peurs des siècles passés qui ont vu des populations entières décimées par la peste, le typhus ou le choléra. L’organisme des mammifères dispose pourtant de tout un arsenal pour combattre les agressions microbiennes et il est évident que les êtres humains ont survécu pendant des millénaires à ces agressions car chacune d’entre elles éduquait le système immunitaire pour réagir immédiatement à une nouvelle infection par la même bactérie. C’est ainsi que le lait maternel transmet partiellement à l’enfant l’immunité acquise de sa mère par l’intermédiaire des anticorps présents dans le lait et peu ou pas détruits par la digestion. Les anticorps sont produits par des cellules sanguines dites compétentes qui ont été en contact avec une bactérie portant des antigènes, protéines ou des polymères de sucres étrangers à l’organisme hôte. Je simplifie mais sans m’éloigner de la réalité. Au cours de la vie, l’exposition à toutes sortes de bactéries résulte donc en un arsenal sophistiqué d’anticorps qui devrait nous permettre de combattre efficacement les attaques bactériennes. Malheureusement les bactéries qui se reproduisent à très grande vitesse ont l’inconvénient de se modifier légèrement et de rendre inefficace la machinerie immunitaire. C’est ce qui a poussé la recherche sur les antibiotiques au cours de la seconde guerre mondiale avec l’apparition des sulfamides puis des dérivés de la pénicilline car il fallait éviter que les armées ne succombent de maladie comme ce fut le cas du temps des croisades.
Outre les anticorps, les lymphocytes (en particulier les macrophages) disposent aussi d’une arme discrète et peu connue les cathelicidines, des petites protéines de taille variable qui dès la naissance permettent au nouveau-né, encore peu armé, de se défendre seul contre les agressions bactériennes. Ces petites protéines sembleraient stopper l’activité d’enzymes protéolytiques des bactéries, freinant les dégats causés aux tissus par ces dernières. On sait que la production de ces cathelicidines est très dépendante de la vitamine D, autrement appellée calciférol car cette vitamine a aussi pour rôle de maintenir une balance correcte du calcium dans l’organisme.
Comme la recherche sur de nouveaux antibiotiques patine lamentablement puisqu’il n’y a pas beaucoup de profits à l’horizon (j’en ai déjà dit un mot dans un précédent billet) alors on épluche les vieilles recettes des médecines traditionnelles puisqu’il est acquis que certaines sont efficaces.
On vient ainsi de découvrir qu’une substance présente dans les rhizomes de curcuma (turmeric en anglais) ou Curcuma longa qui donne la couleur jaune vif caractéristique des racines de cette plante apparentée au gingembre augmente d’un facteur trois la production de cathelicidines par les macrophages et les polynucléaires du sang. Le curcuma est depuis des millénaires utilisé en médecine Ayurvédique comme, justement, antibactérien.

Des chercheurs de l’Université de l’Orégon à Corvallis ont pu déterminer sans ambiguité le mode d’action de la curcumine comme agent antibactérien non pas directement mais en accélérant la synthèse de cathelicidines.
Je vais vite aller acheter un pot de poudre de curcuma dans mon magasin nature favori au cas où …

Lien : http://oregonstate.edu/ua/ncs/archives/2012/may/curry-new-biological-role-identified-compound-used-ancient-medicine

Ceci ne veut pas dire qu’on peut se passer de vitamine D !!!

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