Reuters, Laurance Copeland et sa vision de la crise européenne en regard des élections françaises

La victoire de Hollande devrait fatalement déstabiliser la zone euro.

Voilà le titre d’un billet écrit par Laurance Copeland sur le site de Reuters qu’il m’arrive de parcourir, toujours dans le but de me faire une idée de ce qui se passe en France.

Je reprend les termes de cette note :

« Je pense que le risque d’une panique des marchés financiers dans les trois ou quatre semaines à venir est extrêmement élevé. Où que l’on regarde, il y a des icebergs à l’horizon – des petits comme la Grèce, l’Irlande et le Portugal, des gros icebergs comme l’Espagne et l’Italie, et maintenant un encore plus menaçant, la France. »

J’ajouterai aussi les Pays-Bas qui traversent depuis hier une crise politique justement à propos du traité élaboré par Madame Merkel et Monsieur Sarkozy sur la stabilité, car en reprenant les mots de Copeland, les Pays-Bas seraient aussi un gros iceberg.

Plus bas, je traduis encore pour mes lecteurs :

« Si les sondages sont corrects, l’élection française marquera un tournant dans la crise de la zone euro. Pa seulement parce que le nouveau président adoptera une politique diamétralement opposée à celles de toutes les autres nations de la zone (accroissement des dépenses de l’Etat, diminution de l’age de départ à la retraite et de la semaine de travail, augmentation du salaire minimum plus que l’inflation et introduction de la tranche d’impôt à 75 %, toutes ces mesures entameront gravement la crédibilité de la France qui est déjà tellement basse que la France emprunte à 3 % sur les marchés alors que l’Allemagne emprunte à 1,75 % . »

Qu’en conclure ? Que durant la campagne électorale présidentielle, personne n’a vraiment exposé clairement aux Français quelle était la gravité de la situation. Les partis extrémistes, gauche comme droite, ont endormi les Français par des promesses inapplicables, mais plus inquiétant, les deux principaux candidats (selon les sondages) ont aussi renchéri dans le même sens démagogique pour attirer les électeurs grisés par les promesses insensées des partis extrémistes. Or, la France fait figure d’exception en Europe où tous les gouvernements sont de centre-gauche ou de centre-droite et où tous, sans exception, imposent des mesures d’austérité afin de sortir de la spirale infernale de la dette incontrôlable pour rembourser les intérêts de la dette. Le parti centriste français, celui de presque un seul homme, a averti les Français que les temps allaient être difficiles, mais endormis depuis des décennies par l’Etat-Providence, ces derniers n’aiment pas qu’on les dérangent dans leur confort douillet, alors pour ne pas parler de choses qui fâchent, on a parlé du cannabis, de la viande halal, des immigrés, de l’énergie nucléaire, des usines qui ferment, des accidents de la route, et même de la sécheresse pour occulter la crise, la vraie, celle qui va se déclencher au lendemain de l’élection du 6 mai prochain, j’allais oublier, les Grecs voteront aussi le même jour un nouveau parlement …

Ne revenons pas sur le cas de la Grèce qui a tout simplement fait défaut, le Portugal est sous perfusion comme l’Irlande, l’Espagne est en virtuelle banqueroute et ne tient encore, pour le moment, que grâce à la planche à billets de la banque centrale européenne, l’Italie doit faire face à une dette extravagante, mais quid de la France si Monsieur Hollande maintient son programme comme il l’a affirmé à de nombreuses reprises en dépit du danger d’effondrement de la zone euro que ce dernier pourrait entrainer ?

Il peut encore se passer beaucoup de choses pendant l’entre-deux tours à moins d’un événement international grave qui remettra tous les esprits en place.

Réponse à Gérard Filoche (article de Marianne du 16 avril sur les Mario Draghi et Monti)

@ français patriote, la puritaine et Plume retrouvée.
Bravo pour vos commentaires lucides sur cet article plus que tendancieux d’un ancien fonctionnaire de gauche, communiste peut-être, qui a été nourri au râtelier de l’Etat pour faire respecter des lois du travail surannées mises en place par le conseil de la résistance en 1945 sous la pression scandaleuse du parti communiste qui détenait tous les pouvoirs. Ces lois, comme bien d’autres ordonnances n’ont plus aucune valeur de nos jours et ont contribué à bloquer l’ensemble de l’économie française (et d’autres pays européens qui se sont inspirés des lois sociales françaises) surtout quand on est maintenant dans l’ère connectée d’internet, une révolution que nombre de pays européens, dont la France, n’ont pas su tirer parti. Ce qui fait la force de l’économie américaine n’est pas le fait que le dollar soit la monnaie internationale, c’est simplement que les Américains travaillent plus que les Français, que les syndicats ont progressivement perdu leur pouvoir à la suite des crises informatique et des sub-primes alors qu’en France, les syndicats font de la politique, ne représentent que 8 % des travailleurs et surtout une population largement nantie puisque employée de l’Etat. Ces syndicats sont considérés comme les partenaires sociaux incontournables depuis 1945 parce que la parti communiste l’avait exigé !
Le mal français vient de l’idéologie marxisante rampante d’une large part de l’administration française qui s’est toujours opposée à une quelconque réforme en profondeur de la structure du marché du travail et de la défense des droits des fonctionnaires qu’elle a toujours rêvé de voir appliquée au secteur privé par les CDI qui constituent un non-sens dans l’époque moderne dans laquelle nous vivons, qui demande plus de flexibilité et d’adaptabilité aux changements rapides issus de l’internet et des technologies modernes. Les Français sont créatifs et veulent travailler et gagner de l’argent (il n’y a qu’à voir le succès de l’auto-entrepreneuriat) mais tout un ensemble de lois diverses et variées et souvent contradictoires freine ensuite le développement des micro-entreprises. La règle des 50 salariés freine l’embauche, pour ne citer qu’elle.
J’ajouterai un dernier point qui également décourage la création d’entreprise et donc la création d’emplois, le coût de la protection sociale exorbitant également mis en place par les ordonnances de 1945 et qui devrait être réformé aussi en profondeur, mais c’est une autre histoire que je ne verrai pas de mon vivant …

Nambagura (suite)

J’ai écrit ce livre qui mêle drogue, sexe et meurtre et je donne ici un court extrait d’une sorte d’introduction.
Après avoir séjourné dans la capitale de Fiji, j’arrive donc au Vanuatu …

Pourtant, si l’on compare Suva et Port-Vila, on est tout de suite frappés par les contrastes d’une ville industrieuse, avec une forte présence de ce style colonial anglais que l’on retrouve aussi à Saint-Kitts, par exemple, une ville organisée, une vraie ville avec des feux rouges, des marchés, des rues commerçantes, des bordels et des bars fréquentés par des filles faciles, des parcs, comme à Londres, selon la tradition britannique, formant des îlots de verdure pour rendre la ville plus humaine ainsi que des monuments à la mémoire d’illustres inconnus.
Port-Vila n’est rien de tout ça, il n’y a pas d’ordre, seulement une rue bordée de constructions disparates sans style, plutôt laides pour les plus anciennes et franchement laides pour les plus récentes. Par exemple, le bureau de poste de Port-Vila, le lieu le plus important puisque tout le monde y va au moins une fois par jour pour récupérer son courrier dans sa boîte postale, il n’y a pas de distribution du courrier au Vanuatu, ce bureau de poste est l’endroit où beaucoup de gens se rencontrent, même s’ils n’en ont pas envie, et peuvent ainsi se tenir informés des dernières rumeurs et des prochains évènements, et c’est un bâtiment odieusement laid, style béton des années soixante, dessiné par un architecte à la petite semaine qui disposait de peu de capitaux pour réaliser cette construction devenue presque le symbole de l’aspect hétéroclite de l’architecture de Port-Vila.
Le bureau de poste est donc un endroit important, situé juste à côté de la centrale électrique, elle-même en plein milieu de la ville si tant est qu’il y a un centre-ville dans cet endroit filiforme, le fil étant « Kumul Highway » la rue principale qui va de l’aéroport jusqu’au fond de la baie où l’on trouve des installations portuaires rudimentaires. On pourrait parler de centre-ville, près du bureau de poste, où il y a un semblant d’esplanade sur le front de mer avec quelques arbres chétifs plantés là à tort car ils ne supportent pas l’air marin et végéteront toujours. Je me suis longtemps demandé ce que signifiait Kumul… Le kumul semble être un oiseau de paradis que l’on trouve en Papouasie-Nouvelle Guinée, mais je n’en ai jamais vu au Vanuatu. Il s’agit peut-être aussi d’un mot bislama dont j’ignore encore la signification.

L’arrivée à l’aéroport de Port-Vila est tout de suite agrémentée, si l’on peut dire, par l’attitude regardante, soupçonneuse et hautaine des employés de la police ou des douanes. Ces petits fonctionnaires se donnent une importance doublée d’arrogance insupportable pour justifier leur salaire de misère. Ils commencent par une revue de détail du passeport, longuement, avec des hésitations, des retours en arrière pour admirer des tampons inconnus, alimentant l’impatience des quelques paumés qui ont débarqué ici, comme moi, peut-être une douzaine de personnes, puis se décident à y apposer un coup de tampon après un bref questionnaire du genre :

Où comptez-vous vous installer ?
Je ne sais pas encore, probablement dans un hôtel pas trop cher, en attendant de m’organiser.
Vous avez de l’argent avec vous ?
Naturellement, j’ai des traveller’s-checks et je vais tout de suite aller en changer dans une banque.
Donc vous avez l’intention de vous installer ici ?
Je ne sais pas vraiment, cela va dépendre de beaucoup de choses.
Il faudra faire le nécessaire avec le bureau d’immigration situé en face du supermarché …

Petite et brève revue de presse (dette espagnole, Bill Gross, Pimco, îles Senkaku, Shintaro Ishihara, France Inter)

J’ai écouté par hasard aujourd’hui à 2 heures de l’après-midi, l’heure où on fait la sieste heureusement, la campagne électorale officielle sur France Inter.
Les candidats récitent un genre de pensum qui me rappelait les curés dans le confessionnal avec leur haleine fétide qui traversait le moucharabié, provoquant une nausée insupportable.
C’est exactement ce que j’ai ressenti en entendant Poutou et Joly puis j’ai mis un terme à ce supplice horrible. A croire que les radios financées par les contribuables ont pour devoir de dégouter les auditeurs de toute envie de politique …

Après j’ai vagabondé sur mes sites préférés (surtout anglo-saxons) et j’ai trouvé une perle, je devrais dire plutôt une alerte au tsunami financier qui se prépare : Bill Gross, l’un des fondateurs de Pimco déclare que les émissions d’obligations espagnoles (à des taux doubles de ceux qui prévalaient il y a encore un mois) sont un marché contrôlé artificiellement et que sans la BCE derrière les banques espagnoles Madrid n’aurait jamais trouvé d’investisseurs hors Espagne.
C’est rassurant pour la population espagnole !
Le CIO de Pimco a comparé la dette espagnole à une tumeur non cancéreuse qui finit par tuer le malade parce qu’elle dérègle le fonctionnement normal des autres organes sains. Je trouve la comparaison assez subtile.

Enfin j’ai été carrément scotché par cette nouvelle incroyable : Shintaro Ishihara, c’est le chef du gouvernement de Tokyo dont le palais ressemble à une monstrueuse cathédrale à la Notre-Dame de Paris, lui qui hait les Français, veut racheter les îles Senkaku pour mettre un terme selon lui à la querelle larvée de territorialité entre la Chine et le Japon.

Les tours jumelles de Notre-Dame sur Shinjuku sont en arrière plan à gauche (photo prise dans le train (Sobu local ou Chuo après Nakano en direction de Mitaka).
Décidément Ishihara a la folie des grandeurs !

Notre-Dame sur Shinjuku

La réforme du marché du travail, premier objectif de Hollande s’il est élu, première embuche et non des moindres (Nicolas Doisy, Chevreux, Commission Européenne, Espagne, G8, G20, OTAN

J’ai lu un très intéressant document émanant de Chevreux (Corporate investment bank du Crédit Agricole) où l’auteur Nicolas Doisy nous livre une intelligente et intelligible analyse de ce qui attend réellement Hollande (ou Sarkozy s’il est réélu, ce qui n’est pas à exclure), une profonde réforme du marché du travail en France avec la suppression pure et simple des CDI qui sont une entrave à l’embauche ainsi que la suppression des modalités contraignantes de licenciement. Sans même envisager un instant un retour aux 35 heures ou à la retraite à 60 ans, pourtant des arguments électoraux en demi-teinte de Hollande, ce qui serait une pure folie, Nicolas Doisy considère que la France, en suivant l’exemple récent de l’Italie et de l’Espagne, doit définitivement libéraliser le marché du travail hexagonal au risque de s’enfoncer dans une récession et un chômage croissants et durables, j’insiste bien : récession et chômage. Les mesures préconisées, toujours en demi-teinte, par Hollande pour relancer la consommation par la dépense publique aboutiraient à une pénalisation de la France par les marchés aggravant le poids de la dette et donc privant l’Etat, à très court terme, de toute latitude de manœuvre, latitude qui est déjà très étroite. Nicolas Doisy considère qu’Hollande, fort de son expérience auprès de « tonton » en 83-85 quand il conseilla au président un virement de bord vers l’austérité, serait capable de présenter aux français, c’est-à-dire aux syndicats et à l’ensemble de la population active, l’urgence et la nécessité de réformer la structure du marché du travail français.

Aujourd’hui même, dans cette direction, la commission européenne des affaires sociales a rendu public un rapport sur le salaire minimum européen et une harmonie plus rapprochée sur la législation du travail entre les pays de l’Union, ce qui sous-entend donc une libéralisation de ce marché du travail (notamment les CDI à la française) alors qu’Hollande persiste dans l’erreur en déclarant qu’il s’opposera immédiatement après son élection au pacte européen de stabilité, durement négocié par Sarkozy et Merkel.

On voit donc que la rhétorique électorale de Hollande va se heurter à la commission européenne, d’une part, et aux marchés, d’autre part, car la France doit encore lever plus de 40 milliards d’euros avant la fin de cette année et si le locataire du Palais de l’Élysée n’entreprend pas immédiatement ces réformes structurelles fondamentales pour l’emploi, et à marche forcée en piétinant au passage les jérémiades de syndicats non représentatifs, alors lever des capitaux sur les marchés deviendra mission impossible.
Il ne faut pas oublier non plus que le Président français sera immédiatement soumis à rude épreuve dès son (sa) (ré)élection. En effet, il lui faudra, quel qu’il soit, défendre sa crédibilité et celle de la France au G8 de Camp David en juin puis la réunion de l’OTAN à Chicago dans la foulée et ensuite au G20 en juin au Mexique, dur dur pour un Hollande qui ne s’est jamais frotté aux grands de ce monde (contrairement à Sarkozy et son staff, dont Alain Juppé) et qui risque tout simplement d’être traité d’incapable surtout s’il commence à contester le pacte de stabilité européen puis annoncer le retrait des troupes françaises d’Afghanistan au mépris des accords signés avec les autres membres de l’OTAN.

Finalement, pour clore mon analyse, l’été sera très chaud en France et peut-être aussi en Europe, il faut s’attendre au pire car il ne faut pas exclure un risque majeur de déstabilisation de la zone euro en provenance de Madrid d’où les mauvaises nouvelles ne cessent de diffuser de manière très inquiétante (je ne parle pas de la hanche du roi) …
Au sujet de l’Espagne, juste une précision pour mes lecteurs sérieux et non polémistes, quelques données émanant de la banque centrale espagnole :
Exposition des banques espagnoles à des créances immobilières pourries : 200 milliards d’euros.
Autres créances (régions, municipalités, …) 1600 milliards d’euros !
D’après un analyste financier (Acting man) l’Espagne est déjà en banqueroute …

Que mes lecteurs non anglophones m’excusent, deux liens sont en anglais.

Liens :
http://www.marianne2.fr/Le-rapport-de-Bruxelles-sur-le-smic-peut-il-enflammer-la-presidentielle_a217013.html

http://www.lepoint.fr/monde/ou-va-le-monde-pierre-beylau/l-enfer-qui-attend-francois-hollande-si-18-04-2012-1452783_231.php

http://www.reporterre.net/IMG/pdf/Chevreux-Hollande.pdf

http://www.acting-man.com/

Réponse globale aux commentaires de mon billet sur l’effet Fukushima

Voici une copie d’un message envoyé à mon fils résidant à Tokyo au sujet des commentaires relatifs à mon billet du 12 avril 2012 sur ‘l’effet Fukushima ».

« D’abord, c’est de l’enfumage frisant le ridicule.
Je lis : 60 000 Bq/km2.
Je suppose que tu as lu comme moi, et ça fait 6 Bq pour 100 m2 ! soit moins que la radioactivité naturelle en Bretagne, encore que cette dernière radioactivité n’est pas due au césium, heureusement.
J’ai recalculé pour le césium 137 dont l’énergie des gamma est de 0,66 MeV ce que ça représente de Sieverts.
Je ne pense pas m’être trompé et je trouve : 0,06 micro sievert / 100 m2 (plus précisément avec des décimales 0,0634 microsievert/ 100 m2, soit par mètre carré 6,34 nano sievert à un instant t, ce qui veut dire que sur une année on se prend tout de même dans la gueule et le reste du corps 20 milli sieverts (mSv) et si on divise par la masse du corps, disons 70 kg, cela fait au final 0,28 mSv/kg/an. Pour rappel, un scanner du crâne correspond à 20 mSv en dix minutes soit grosso modo la dose à laquelle on est exposé dans les zones contaminées au nord de la centrale de Fukushima à chaque instant.

Mais que je sache ce sont des doses dangereuses dans des zones interdites tant qu’une décontamination ne sera pas effectuée au moins partiellement par le gouvernement ou TEPCO.

Pour information la dose admise pour un français moyen habitant n’importe où sur le territoire national hormis la Bretagne et le Massif Central est de 1 mSv/an.

Quant à l’iode 131, je n’arrive pas trop à comprendre que l’on en trouve encore à moins que ce soient les responsables de TEPCO, encore eux, qui taisent des rejets d’iode depuis les réacteurs 1 à 3. Il est très probable qu’ils ont installé des filtres pour piéger l’iode gazeux éventuellement relargué.
J’aimerais bien savoir d’où ces gens tiennent leurs informations car le refroidissement se fait avec en permanence des injections d’acide borique pour réduire au minimum les neutrons encore susceptibles de déclencher des fissions dans les assemblages endommagés, or l’iode est un produit de fission et il y aurait donc encore des fissions actives dans ces réacteurs, ce qui est tout à fait possible.
Les rejets massifs d’iode, après le 11 mars, étaient dus à l’iode emprisonné dans les gaines des assemblages avant que celui-çi ne se transforme en xénon stable et non radioactif.
Les rejets d’iode étaient d’ailleurs un signe que les assemblages étaient endommagés !

Pour le lien que tu m’as communiqué à propos des mesures faites sur les aliments, je ne vois pas en quoi il y aurait danger sachant pour mémoire que le corps humain contient naturellement du potassium 40 qui se transforme en argon et calcium en émettant des rayons gamma plus énergétiques que le césium 137 (lors de sa désactivation spontanée) à raison de 4500 désintégrations par secondes (ou becquerels), ce qui signifie que les autorités japonaises savent au moins cette fois de quoi elles parlent.

Il n’y a donc pas de quoi fouetter un chat.

Dernière remarque : la prose des commentateurs n’a rien de scientifique et de très loin, ils ont l’air de parler de choses qu’ils ignorent. Si tu veux leur répondre, rappelles leur simplement mon billet sur les contaminations comparées de Dirty Harry, Tchernobyl et Fukushima (début février environ, liens ci-dessous), je pense, même si j’en doute, car leurs remarques sont plus idéologiques que scientifiques, que cela les fera réfléchir. »

Je rappelle aux contestataires de mon billet le lien suivant d’autres billets parus dans mon blog en février de cette année :

https://jacqueshenry.wordpress.com/2012/02/02/dirty-harry-et-fukushima/

et

https://jacqueshenry.wordpress.com/2012/02/06/suite-de-mon-billet-sur-dirty-harry/

J’insiste sur le fait que la polémique doit être justifiée par des faits avérés et non des rumeurs infondées. De plus, il faut autant que faire se peut argumenter honnêtement comme je l’ai fait par exemple à propos des OGM ou des pesticides dans mon présent blog qui a soulevé d’autres débats.
Quant aux remarques insultantes, ces dernières sont le reflet le plus souvent de l’ignorance. Je voudrais simplement demander à ceux qui m’ont insulté s’ils connaissent l’effet Doppler neutronique dans les réacteurs nucléaires, ce qu’est un barn ou encore, plus trivialement, ce que signifie le deuxième principe de la thermodynamique …
Il est plus correct de parler et de débattre de ce que l’on connait plutôt que d’amalgamer des informations souvent sans aucun lien entre elles.

Odile Damour et la régénération des cornées

Je voudrais manifester mon immense admiration à celle qui fut et est encore une amie et qui m’a souvent accompagné dans des situations difficiles. Il s’agit d’Odile Damour, chercheuse en biologie dans l’ombre (pour le Figaro) mais finalement reconnue par Atlantico.fr pour ses résultats stupéfiants sur la régénération de la cornée. Il fallait tout le génie de cette chercheuse en biologie, infatigable, complètement passionnée par son travail sur la régénération de la peau pour sauver les grands brûlés et puis maintenant sur la cornée. Elle a magistralement contourné les gros problèmes de greffes avec tous les incidents difficiles à maîtriser dont des rejets pouvant conduire à une cécité irréversible. Odile Damour a génialement résolu ce qui limitait les greffes de cornée, reconstituer celle-ci à partir de cellules de l’épithélium buccal qui est en perpétuelle régénération. Elle a su avec audace et perspicacité réorienter les cellules de cet épithélium pour en faire un tapis cellulaire translucide qui, une fois appliqué sur l’iris (je ne m’aventurerai pas sur les détails opératoires) permet au patient devenu aveugle par opacification de sa cornée de recouvrer une vision satisfaisante.
Je me souviens de cette soirée passée chez mon fils à Tokyo il y a deux ans ou presque alors qu’elle séjournait à Tokyo dans le cadre de son travail sur les cornées qu’elle a développé avec un laboratoire japonais, je me souviens de son humilité et de sa gentillesse auprès de mon fils et de ma belle-fille, mon fils qu’elle avait porté dans ses bras quand il était un tout jeune enfant …
Un grand bravo à Odile Damour pour ses prestigieux résultats enfin reconnus !

BDI, CRB, obligations, LTRO, pas vraiment d’optimisme en vue …

Bonne nouvelle, le Baltic Dry Index frémit à la hausse, tous tonnages confondus, mais reste bien faiblard, ce qui traduit une très poussive reprise du transport maritime.
Par contre, l’indice CRB est réorienté à la baisse et pourrait atteindre les plus bas de 2008-2009 …
Va-t-on assister et subir une nouvelle crise accompagnée d’une récession aussi brutale qu’il y a 4 ans ?
Tous les éléments sont réunis pour un tel scénario : tension et volatilité sur les matières premières, pétrole, soja, riz, métaux, tension extrême sur les taux des obligations d’Etat (voir l’Espagne aujourd’hui), mais aussi tensions politiques à venir en Europe à propos d’une éventuelle réforme du statut de la banque centrale européenne, Sarkozy ayant repris la suggestion de Hollande d’attribuer à la BCE la mission de prêteur aux Etats de la zone euro sans que ceux-ci fassent appel aux marchés, mais un point dont Madame Merkel ne veut pas entendre parler. J’ai lu quelque part un commentaire assez intéressant sur les bénéfices que réalisent les banques en empruntant à court terme dans le cadre des LTRO (1000 milliards d’euros de la BCE) et en prêtant aux Etats (dont l’Espagne) à 6 %, le différentiel les aidant à éponger tous les titres pourris que ces banques détiennent. Mais au final cette création monétaire masquée va aboutir à un affaiblissement de l’euro et donc à un surenchérissement de la facture énergétique (entre autres) de tous les pays de la zone comme je le mentionnais dans un précédent billet.
Reprenant les analyses faites outre-atlantique, une nouvelle crise bien plus profonde que celle de 2008 se profile et cette fois elle viendra de l’Europe et non pas des sub-primes US. Aucun pays n’y échappera.
Serrons dès maintenant nos ceintures pour ne pas être pris dans la tourmente par surprise.

Le roi d’Espagne chasse l’éléphant quand ses sujets sont au chômage !

Même les sujets de sa gracieuse majesté la reine elizabeth II sont chocking !
On voit dans le Guardian le roi Juan-Carlos posant fièrement devant un éléphant abattu froidement par le roi.
Allez voir, ça vaut le détour !

http://www.guardian.co.uk/world/2012/apr/15/spain-king-juan-carlos-hunting

L’Espagne patauge dans un indescriptible marasme économique dont personne ne peut prédire la fin prochaine, je parle du marasme, mais pour la fin tout court des analystes nord-américains, pas toujours bien intentionnés en ce qui concerne les affaires européennes, prédisent un défaut imminent du pays, une chute brutale de l’euro par rapport au dollar dès l’élection de Hollande s’il est élu conformément aux sondages le donnant gagnant largement devant Sarkozy, un renchérissement tout aussi brutal de l’or et du dollar.
Si ces analystes prédisent le vrai, ça promet pour la reprise de la croissance car un affaiblissement de l’euro renchérira la facture énergétique de tous les pays de la zone euro et effacera une timide reprise économique pouvant être induite par la chute de l’euro favorisant les exportations.
On a tout de même le droit de rêver à des jours meilleurs, mais j’appelle ce genre d’attitude le rêve les yeux ouverts.

Pendant ce temps là le roi d’Espagne méprise carrément ses sujets, c’est d’une désinvolture navrante.
Je peux prédire que demain, quand j’irai faire mes petites emplettes au supermarché du coin de la rue, il n’y aura presque personne, les porte-monnaie des Espagnols sont vides au milieu du mois. Et pendant ce temps-là le roi chasse l’éléphant au Botswana …
Mais une question me tourneboule : le roi va-t-il ramener la viande de l’éléphant abattu pour nourrir les plus démunis de ses sujets ?

Cruiser (Syngenta), Fludioxonil (Syngenta), Iprodione (Bayer Crop Science Suisse), armes de destruction massive !

Je viens d’être accroché par un article du Point au sujet du Cruiser de Syngenta et dont je mettrai le lien en fin de billet.
Pour mémoire, le Cruiser est un neurotoxique de la famille des néonicotinoïdes. C’est un produit systémique, c’est-à-dire qu’il se répand dans toute la plante quand la semence est traitée avant de semer, protocole de plus en plus adopté par les compagnies chimiques quand elles font la promotion d’un pesticide systémique.
Voilà pour les rappels succints.
De nombreuses études ont été effectuées par divers laboratoires indépendants sur les effets du Cruiser sur les abeilles notamment car la disparition de ces butineuses devient alarmante.
Syngenta prétend que le Cruiser n’a aucun effet sur les abeilles et autres insectes, comme ça, sans jamais avoir effectué d’études de toxicité correctes et détaillées. Syngenta est une puissante multinationale suisse basée à Bâle, dispose d’une armée d’avocats à sa solde, et toute entrave à la réalisation de bénéfices sur la vente de ses produits phytosanitaires se solde par un échec.
Il y a quelques années déjà, alors que j’étudiais le mode d’action de l’iprodione, un produit originellement issu des laboratoires de Rhône-Poulenc, maintenant propriété de Bayer Crop Science Suisse j’ai découvert qu’un produit de Syngenta était un puissant diabétogène potentiel compte tenu de son mode d’action que Syngenta a immédiatement nié alors que je les avais mis en garde personnellement après avoir démissionné du CNRS, mise en garde si je me souviens bien un peu menaçante dans la mesure où j’étais disposé à publier mes travaux dans une revue à comité de lecture*. Encore aujourd’hui, le mode d’action de ce produit dont le nom « company » est le fluodioxonil est considéré comme il est dit dans le « Pesticide Manual », la bible des poisons vendus par les compagnies chimiques, comme inhibant une activité enzymatique qui n’a strictement rien à voir avec son réel mode d’action, l’interférence avec le métabolisme du glucose (comme l’iprodione) et dont la potentielle induction de diabète de type II.

Voici le commentaire que j’ai laissé à propos de l’article du Point :

Et le fludioxonil de la même société, laconiquement prétendu inhiber une protéine kinase alors que c’est un puissant diabétogène potentiel, c’est renversant quand on sait que les diabètes de type II sont en permanente progression !

La rédaction du Point a omis le titre de mon commentaire qui était :
« Syngenta = Assassins » et je la comprend compte tenu de ce que j’ai dit plus haut.
Ces assassins sont prêts à tout pour museler qui que ce soit qui pourrait nuire à leur course au profit en dépit des mises en garde répétées d’une centaine de laboratoires de par le monde.
C’est un véritable scandale qui doit être dénoncé haut et fort car la vie de l’ensemble de l’humanité est mise en danger. C’est bien pire que les essais nucléaires atmosphériques des années 50 et 60 car c’est l’ensemble du monde vivant, depuis les baleines, les humains et les abeilles jusqu’au plancton qui se fait intoxiquer par des xénobiotiques dont les grandes compagnies ont menti et mentent encore à propos de leurs modes d’action uniquement pour réaliser des profits extravagants.
Les entomologistes s’inquiètent du déclin des abeilles, à juste titre d’ailleurs puisque c’est un insecte essentiel pour la pérennité de nombreuses cultures vivrières, les compagnies chimiques du monde entier, quelles qu’elles soient s’intéressent uniquement à leurs profits au mépris de l’ensemble de la planète, C’est à gerber !

* Quand j’ai tenté de publier l’article relatant mes travaux sur l’iprodione, mon manuscrit a été naturellement refusé et l’un des référés du comité de lecture était de toute évidence un des chercheurs de Syngenta, mais cela est une trop longue histoire à détailler dans ce billet …

http://www.lepoint.fr/science/syngenta-conteste-les-conclusions-d-une-etude-sur-son-pesticide-cruiser-osr-30-03-2012-1446740_25.php