Tenerife et autres choses, biscuit aux pommes, The Economist …

Depuis plusieurs jours je n’écris plus sur mon blog, mais ce n’est pas parce que je tiens soudainement mes lecteurs par le mépris, bien au contraire. Je suis parti en villégiature à Tenerife quelques jours et l’emploi du temps que m’ont imposé les amis avec lesquels je me trouve ne m’a pas permis ni de répondre aux commentaires que j’ai reçu, ni d’écrire de nouveaux billets relatifs à l’actualité ou à d’autres sujets.
Hier soir, la fille de notre hôtesse est venue nous apporter quelques plats cuisinés (elle tient un excellent restaurant dans la grande ville de Santa Cruz) et nous avons bavardé tous les quatre avec elle et ses deux enfants.
Quand j’ai demandé au petit-fils de notre hôtesse qu’on racontait que toutes les filles de son collège étaient amoureuses de lui, il m’a répondu d’un air un peu emprunté :
« Non, seulement la moitié ».
Et le ton de la conversation fut dans la même veine toute la soirée.
Son petit frère Ugo nous raconta une histoire qui résume le système de protection sociale espagnol. Alors qu’il s’exerçait (presque 6 ans mais très évolué pour son age) à trouver une signature, comme chaque enfant s’est livré à ce type d’exercice scriptural dès qu’il a appris à écrire, sa mère lui demandait ce qu’il était en train de faire. Il lui répondit avec aplomb qu’il faisait comme le docteur quand il griffonnait sa signature au bas d’une page de prescription pour bien faire comprendre qu’il voulait passer au client suivant.
Son frère aîné me raconta que sa cousine faisait n’importe quoi. Le questionnant pour me préciser ses propos peu délicats au sujet de cette jeune fille de 5 ans que j’ai rencontré un jour dans la grande ville, il me répondit enjoué (encore une fois) que sa tante lui mettait trois bracelets autour du poignet, un vert, un bleu et un rouge. Ce ne sont pas les couleurs du drapeau des Canaries, rassurez-vous. Le bracelet vert pour se souvenir qu’elle doit se plier aux habitudes de la famille pour le déjeuner et le dîner. Le bracelet bleu pour se laver les dents après les repas et le bracelet rouge pour se souvenir de ne pas faire pipi au lit. Et de rajouter avec un certain mépris dans son sourire, qu’elle fait toujours pipi au lit parce qu’elle a perdu le bracelet rouge.
Le soir même avec Pablo, un pur Hollandais de souche à qui les deux femmes (notre hôtesse et son amie savoyarde) avaient délégué leurs pouvoirs pour faire de la cuisine, nous avons découvert une autre manière d’apprécier la cuisson des spaghetti.
Nous avons vu Pablo extirper un spaghetti de la bassine bouillonnante avec une fourchette et le propulser d’un geste ample contre le carrelage du mur de la cuisine. Comme le gros vermicelle restait collé au mur il a déclaré que les spaghetti étaient prêts (»al dente » pour les italiens comme pour les français, mais pas pour les hollandais). Donc, projeter un spaghetti en cours de cuisson contre le mur : s’il reste collé au carrelage, il est cuit. S’il n’y a pas de carrelage, s’abstenir.

Enfin, la mère des deux adorables garçons, qui a un restaurant à Santa Cruz, je le rappelle, et donc également la fille de notre hôtesse, je le rappelle aussi, m’a confié cette recette de gâteau aux pommes qu’elle appelle « cinq-quatre-trois-deux-un » et que j’avais dégusté avec admiration quand je suis arrivé de Lanzarote.
Pour quatre personnes (doubler pour huit personnes) avec un moule carré ou un petit plat à gratin en verre par exemple de 25 centimètres de côté et 4 à 5 centimètres de profondeur :

5 cuillerées à soupe de farine,
4 cuillerées à soupe de sucre,
3 de lait,
2 d’huile d’olive,
1 œuf,

Une pincée de poudre à lever, une petite cuillère de crème fraîche.
Façonner la pâte.
Préparer presque les deux tiers du volume du moule de petits quartiers de pommes (le moule sert de mesure).
Remplir une partie du moule avec la pâte et commencer à disposer les morceaux de pommes autant qu’on peut en mettre, recouvrir du reste de pâte.
Première cuisson : 160 degrés, 30 minutes.
Pendant ce temps, mélanger 125 g de beurre, fondu au bain-marie, avec presque autant de sucre, ajouter ensuite un œuf et bien mélanger le tout.
Sortir la préparation précédente du four et rajouter ce mélange beurre-sucre-oeuf sur le gâteau précuit en le répartissant équitablement.
Remettre au four à 160 degrés pendant trente minutes.
Il en résulte le meilleur biscuit aux pommes que j’ai jamais mangé de ma vie.
J’ai été réconcilié avec les sucreries et l’art de cuisiner mais je n’ai pas dit que j’allais me remettre à cuisiner …
Donc, je n’ai pas parlé de politique mais j’ai tout de même lu The Economist ce soir et je suis tout à fait d’accord avec l’éditorial du jour …

http://www.economist.com/node/21551478

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