Dernières nouvelles du Japon

Japon: 1er déficit commercial depuis 31 ans en 2011, annus horribilis

Tokyo (awp/afp) – Le Japon a subi en 2011 son premier déficit commercial annuel depuis 1980, à cause des perturbations liées au séisme du 11 mars, d’une facture énergétique renchérie par l’accident de Fukushima et de la vigueur du yen.

Le déficit commercial de la troisième puissance économique mondiale a atteint 2492,7 milliards de yens (près de 25 milliards d’euros) sur l’ensemble de l’année, a annoncé mercredi le ministère des Finances.

Les importations ont bondi de 12,0%, à cause d’une facture énergétique renchérie par l’envolée des achats en valeur de pétrole (+21,3%) et de gaz naturel liquéfié (+37,5%).

Outre la hausse des tarifs, le Japon a dû importer du gaz comme jamais pour approvisionner ses centrales thermiques, afin de compenser l’effondrement de la production nucléaire d’électricité du pays après l’accident de Fukushima.

Depuis cette catastrophe, la pire du secteur depuis celle de Tchernobyl (Ukraine) en 1986, les réacteurs arrêtés pour maintenance régulière n’ont pas pu redémarrer en raison de l’obligation préalable d’effectuer des tests de résistance et d’obtenir l’approbation des autorités locales. Au 31 décembre, l’archipel ne disposait que de 6 unités en service sur un total de 54.

Le Japon a aussi élevé ses acquisitions de produits alimentaires, de 12,4% en valeur.

En 2011, les exportations se sont effritées pour leur part de 2,7% par rapport à celles de 2010, plombées par un recul des livraisons à l’étranger de semi-conducteurs (-14,2%) et de voitures (-12,1%).

La production des fabricants d’électronique et des constructeurs d’automobiles a été très perturbée par le séisme et le tsunami qui ont dévasté la région du Tohoku (nord-est) le 11 mars.

Usines endommagées, approvisionnement interrompu ou réduit pendant des semaines, ces puissants secteurs de l’économie nippone ont connu un printemps désastreux qui les a contraints à diminuer leurs ventes hors du Japon.

A l’automne, des inondations historiques en Thaïlande ont en outre perturbé les circuits habituels d’échanges de pièces détachées et produits finis, alors que la situation venait à peine de revenir à la normale au Japon.

Ces difficultés ont été aggravées par la vigueur historique du yen qui a renchéri leur production « made in Japan » et amoindri la valeur de leurs revenus encaissés à l’étranger. Considérée comme une devise refuge par temps économique incertain, la monnaie nippone a fait l’objet d’achats massifs d’investisseurs effrayés par les turbulences financières internationales.

En deuxième partie d’année, la dégradation de la conjoncture mondiale en lien avec la crise européenne d’endettement a de surcroît réduit les débouchés des firmes nippones.

Au sein de la région asiatique en croissance, le déficit commercial nippon vis-à-vis de la Chine, son premier partenaire commercial, a quintuplé et son excédent s’est notablement réduit envers la Corée du Sud et Taïwan.

Le bénéfice tiré de ses échanges de biens a diminué de 8,2% face aux Etats-Unis et de 31,3% vis-à-vis de l’Union européenne à l’économie chancelante.

« Le commerce japonais a été cette fois frappé des deux côtés », a résumé Satoshi Osanai, économiste à l’Institut de recherche Daiwa, rappelant que la chute des exportations observée en 2008, année du pic de la crise financière, n’avait pas été accompagnée d’une hausse des importations, à l’inverse de 2011.

Les économistes soulignent que les circonstances de l’année passée furent exceptionnellement négatives pour l’archipel, mais plusieurs facteurs pesant sur son commerce pourraient néanmoins perdurer.

Même si elle redémarre quelque peu, la production nucléaire du pays ne retrouvera sans doute pas ses niveaux d’antan, lorsqu’elle assurait quelque 30% de la production d’électricité locale, ce qui maintiendra la facture énergétique à des niveaux coûteux.

Le yen risque pour sa part de rester élevé en 2012 et de peser encore sur la compétitivité des produits fabriqués au Japon pour l’exportation, à moins d’une brusque éclaircie sur l’économie mondiale.

(AWP / 25.01.2012 06h31)


Mon commentaire: ceci corrobore les remarques que je faisais dans mon précédent post en relation avec le renchérissement du coût de l’énergie avec l’arrêt de 90 % des réacteurs nucléaires du pays …

Commentaire laissé ce jour sur Rue89

En réponse à l’article de Alissa Descotes-Toyosaki paru sur Rue89 et dont voici le lien :

http://blogs.rue89.com/alissa-descotes-toyosaki/2012/01/24/dans-le-campement-des-anti-nucleaire-kasumigaseki-226335#comment-2737427

Je voudrais faire quelques remarques à propos de ce reportage. Je suis allé à Tokyo quelques jours après le tremblement de terre suivi du tsunami qui a fait les dégâts que l’on sait. Je ne polémiquerai nullement sur le contenu de cet article mais je ferai seulement part de mes impressions du moment. A la fin du mois de mars dernier, tous les réacteurs nucléaires exploités par TEPCO étaient arrêtés pour des raisons de sécurité et les escalators des stations de métro ou de train étaient à l’arrêt pour économiser de l’énergie, seuls les ascenseurs étaient opérationnels pour les vieux et les femmes avec enfants. L’éclairage était largement diminué de moitié dans les couloirs du métro. Les citoyens avaient reçu pour consigne de faire le maximum d’économies d’électricité chez eux. Et cet élan citoyen a permis d’éviter un black-out dès la fin du mois de mars. Au courant de l’été, une directive applicable à toute l’agglomération de Tokyo, incluant Chiba et Yokohama a enjoint la population à réduire drastiquement l’usage des conditionneurs d’air tant au bureau qu’à la maison, ce que les Japonais ont fait dans l’ensemble. Il n’y a pas eu non plus de black-out pendant l’été, pourtant une des périodes les plus consommatrices en électricité.
Je suis revenu à Tokyo en décembre et même attitude générale de la population, restriction drastique du chauffage domestique (il faisait 7 degrés le matin dans la maison de mon fils et la même température le soir quand il rentrait chez lui : les Japonais arrêtent le chauffage la journée quand ils ne sont pas chez eux ainsi que la nuit, allez demander aux Français de faire la même chose !), encore que la plupart des postes de chauffage est alimentée par le gaz naturel d’importation.
Il n’y a pas eu de coupures d’électricité, mais tout ceci, malgré la discipline exemplaire du peuple japonais, a eu un coût que, certes, un pays comme le Japon peut supporter car son économie est toujours largement excédentaire mais qui se chiffre à environ 10 milliard d’euros de plus par mois si l’on compare en mois glissant sur l’année 2010. Ces 10 milliard d’euros (1 trillion de yens) ont été soustrait de l’économie japonaise, et pourtant l’énergie nucléaire ne représentait que 30 % de la production totale d’électricité avant le tsunami du 11 mars. Ces données qui peuvent être retrouvées facilement dans les revues économiques prouvent ceci avec clarté : dans un pays hautement industrialisé comme le Japon avec une population essentiellement urbaine de 125 millions d’habitants, un tiers de la production électrique avec des énergies fossiles importées (le Japon a quitté le protocole de Kyoto à la suite de l’accident de Fukushima) représente donc un coût de 10 milliard d’euros par mois. L’Allemagne dont le dynamisme industriel est comparable au Japon avec une population de 30 millions inférieure produit environ 25 % de son électricité à partir du nucléaire (probablement moins à ce jour mais les données sont difficiles à trouver). On peut établir une comparaison grossière entre la situation allemande qui veut (et a décidé sous la pression des écologistes) sortir du nucléaire dans les 10 ans et la situation actuelle du Japon qui a réduit de facto sa production électronucléaire de 80 %. Cependant la comparaison s’arrête là car le Japon doit importer 100 % de l’énergie fossile pour produire l’électricité dont il a besoin alors que l’Allemagne a choisi, apparemment avec l’accord des écologistes, de défigurer ses paysages, de détruire des villages entiers pour exploiter la lignite afin de produire de l’électricité de manière extrêmement polluante et d’ouvrir les vannes au gaz naturel russe.
Si un black-out survient soit sur l’île de Honshu ou celle de Kyushu, alors sera immédiatement remise en question la décision d’arrêter tous les réacteurs nucléaires. Ceux qui auront passé avec succès les tests de sureté seront certainement remis en marche quant aux plus anciens, à n’en pas douter, ils seront définitivement arrêtés.
Je rappelle, selon les données disponibles, que le surcoût financier pour produire seulement un tiers de l’électricité est de 120 milliard d’euros par an pour le Japon malgré la discipline citoyenne exemplaire, je le répète, de chaque individu …
La comparaison avec le Japon s’arrête donc là.

Maintenant, pour répondre à Madame Alissa Descotes-Toyosaki, j’ai remarqué que sur l’une des photos on voyait en arrière plan l’hôtel Intercontinental sur Hibiya-dori, si je ne me trompe, effectivement tout près de la station de métro de Kazumigaseki (d’ailleurs le siège de TEPCO se trouve sur Kazumigaseki-dori). L’homme pris en photo est un clochard bien connu des salary-men travaillant dans le quartier, je l’ai moi-même vu à de nombreuses reprises trimbalant ses sacs variés. Il avait pour habitude de dormir sous la voie de chemin de fer qui se trouve tout près du siège de TEPCO avant le tsunami. J’émets donc de sérieux doute sur la véracité de ce reportage si je m’arrête à cette remarque purement anecdotique. Ce clochard (et pourtant il y en a très peu dans le quartier d’Hibiya contrairement à Shinjuku) a donc participé à une mise en scène propagandiste. Au début du mois de janvier, j’ai vu des paysans de la préfecture de Fukushima manifester devant le siège de TEPCO pour réclamer des indemnisations et c’est bien compréhensible, ils ont tout perdu en raison de la contamination par le césium 135. Mais je n’ai jamais vu ce clochard roder alentour alors que j’étais dans ce quartier tous les jours pour aller déjeuner avec mon fils qui se trouve par un hasard tout à fait favorable pour mon argumentaire travailler dans un building en face du siège de TEPCO.

Vous avez dit développement durable ?

vue aérienne en Sibérie-2

On parle de la déforestation en Malaisie, en Indonésie et au Brésil …
Voilà ce que l’on peut observer en survolant la Sibérie. La forêt sibérienne est la plus grande forêt boréale du monde. Il faut des centaines d’années pour que les arbres atteignent une taille respectable. La folie humaine est en train de dévaster ce joyau sans se poser de questions autres que l’appât du gain immédiat.
Chaque parcelle de forêt accessible est dévasté. A n’en pas douter, des routes seront créées au mépris de l’environnement pour continuer à exploiter cette immense forêt qui couvre onze fuseaux horaires, ce sera pire que les émissions de gaz carbonique pour la dégradation du climat.

vue aérienne en Sibérie-1

Réponse à Yann Kindo, blogueur de Mediapart à propos de son article « Désobéissez au gouvernement, devenez planteur volontaire d’OGM »

Je ne suis pas abonné à Mediapart mais je suis allé par hasard sur un lien qui m’a conduit à ce blog en lisant un article de Laurent Pinsolle dans Marianne.fr au sujet des OGM.
Il faudrait tout de même que le public ne soit pas sans arrêt contre-informé au sujet des OGM surtout quand les informations sont fragmentaires et le plus souvent orientées politiquement.
Aucun argument scientifique convaincant n’est jamais avancé ni développé pour se former une opinion sans parti pris et au contraire avec lucidité, une lucidité scientifique qui manque à l’évidence aux journalistes et aussi parfois à certains scientifiques qui apparemment ne savent pas de quoi ils parlent et je ne parlerai même pas des politiciens !
J’ai travaillé pendant plus de 12 ans dans le seul laboratoire privé français dont les objectifs de recherches étaient les plantes transgéniques et sans avoir jamais été un biologiste moléculaire puisque ma spécialité était l’enzymologie, je comprenais parfaitement comment on construisait une plante génétiquement modifiée et de mémoire, sans avoir besoin d’aller sur des sites encyclopédiques ou de lire des articles quels qu’ils soient, je peux expliquer clairement comment on arrive à créer en laboratoire une plante génétiquement modifiée.

La création d’une plante transgénique ne se décide pas et ne se fait pas par hasard : on choisit au départ une modification du génome susceptible d’améliorer la plante dans un sens précis.
Il y a plusieurs directions possibles qui doivent naturellement être économiquement intéressantes tant pour la société privée qui entreprend ce genre de projet que pour l’utilisateur final de la dite plante, c’est-à-dire l’agriculteur. Laissons pour le moment de coté l’intérêt économique de la transgénèse pour la société (Monsanto, Bayer ou autre), j’y reviendrai plus loin.

Intéressons-nous à l’intérêt pour l’agriculteur de cultiver une plante génétiquement modifiée parce qu’une société comme Monsanto connait naturellement les besoins ou les désirs des agriculteurs mais ne fait pas non plus de philanthropie. Un agriculteur veut planter du soja et pour que la culture soit satisfaisante au point de vue du rendement, il doit d’abord nettoyer son champ des adventices indésirables (ce que l’on appelle les mauvaises herbes). Il a le choix entre herser son champ a plusieurs reprises jusqu’à presque complète inhibition de la croissance des dits adventices puis semer. Ou alors, comme cela prend du temps et coute cher, il peut aussi tuer tous les adventices avec un herbicide et semer en utilisant une semence génétiquement modifiée pour résister à l’herbicide qu’il a choisi d’utiliser. C’est le premier cas de figure utilisé par Monsanto avec le glyphosate (Round up). Le bénéfice pour la société est double : elle vend son herbicide et la semence résistante. L’agriculteur est satisfait, globalement, il n’a pas perdu d’argent puisqu’il a économisé sur le carburant, le temps d’utilisation de son parc de matériel et il est certain que sa culture aura atteint un bon rendement en l’absence d’adventices.

On peut tout de même se poser des questions sur la stratégie de la société semencière, en l’occurrence Monsanto, quand elle propose sur le marché une telle plante, mais si l’agriculteur y trouve son compte, je ne vois pas qui pourrait faire une objection à cette pratique commerciale.

Intéressons-nous maintenant à une plante modifiée pour résister à un ravageur, un lépidoptère ou un diptère par exemple. Je prendrai les cas du coton et du maïs. Ces deux plantes ont été modifiées avec succès en intégrant dans leur génome la séquence ADN codant pour la synthèse de la toxine sécrétée par le Bacillus Thuringiensis. Cette bactérie est naturellement présente de partout dans les sols, sur les tiges des plantes et leurs feuilles et n’est pas toxique ou pathogène pour l’homme. Cette bactérie peut par contre infecter naturellement des insectes comme des abeilles ou encore des vers à soie et cette infection est mortelle non pas par le développement de la bactérie mais en raison de la toxine sécrétée par la dite bactérie, disons pour rendre les choses un peu plus claires, un peu comme une boite de conserve mal préparée et infectée par le bacille du botulisme, ce n’est pas le bacille qui tue mais la toxine qu’il sécrète. Jusque là rien d’alarmant puisqu’on utilise dans les culture dites « bio » une soupe de Bacillus thuringiensis comme insecticide par pulvérisation. L’inconvénient de ce genre de traitement est qu’il est couteux et relativement peu efficace car la toxine est une protéine, qui comme toute protéine et je sais de quoi je parle puisque j’ai travaillé pendant des années sur les protéines est sensible entre autres aux ultraviolets du soleil. On ne va tout de même pas mettre son champ à l’ombre d’un filet de plastique pour que le traitement soit efficace ! Surtout que l’agriculteur « bio » doit investir des sommes non négligeables pour par exemple produire du maïs « bio » pour nourrir des chapons « bio » et garder ainsi son label « bio » pour son exploitation.
Monsanto, comme d’autres firmes européennes ou japonaises et maintenant chinoises et indiennes, ont logiquement choisi cette démarche qui est un réel succès pour le coton dont la culture intensive est très favorable à la pullulation de nombreux ravageurs (insectes) comme c’est le cas pour le maïs. Ces deux grandes cultures ayant été modifiées pour sécréter naturellement la toxine du bacille dont je viens de parler plus haut sont résistantes aux ravageurs. L’agriculteur se frotte les mains car il n’a plus besoin d’investir dans des insecticides dangereux et couteux et de plus délétères pour l’environnement car non sélectifs et il n’a plus besoin d’aller dans son champ. Au final le bilan économique est favorable à l’agriculteur même s’il a investi dans une semence plus couteuse au départ et qu’il doit, en raison des régulations de protection industrielle, réinvestir chaque année dans la semence.
Qui, honnêtement, peut présenter un argument convaincant contre l’utilisation du coton et du maïs ou du soja modifiés pour résister à l’attaque des ravageurs ?
La seule objection qui peut être formulée est la nécessité légale pour l’agriculteur de racheter chaque année la semence génétiquement modifiée car il lui est interdit par la loi (je ne sais pas dans quelle mesure elle est scrupuleusement appliquée) de garder pour l’année suivante un stock de la dite semence.
Les objections environnementales ne sont pas convaincantes. On a parlé de pollution des rivières par la toxine en question. Mais qu’en est-il de l’usage inconsidéré et à répétition des insecticides ? Tout le monde sait que l’agriculteur en rajoute toujours une louche pour être certain que son traitement sera efficace et les insecticides, tous des neurotoxines dangereuses pour l’homme, l’animal et naturellement les insectes, se retrouvent jusque dans l’océan Antarctique ! Sans parler des adjuvants de formulation qui sont loin d’être anodins…

Il ya de nombreuses autres directions intéressantes pour la transgénèse végétale, les arbres stériles qui ne fleurissent pas et dont la croissance et accélérée et dans ce cas c’est un bénéfice considérable quand on parle d’énergies renouvelables, les pommes de terres plus riches en amidon pour des applications industrielles, il semblerait aux dernières nouvelles que leur commercialisation sera abandonnée sous la pression des écologistes, les tomates résistantes aux attaques fongiques, je ne sais pas où en est ce projet, les bananes qui ne murissent pas, on a désactivé les gène commandant la production d’éthylène, je ne sais pas non plus où en est ce projet, ou encore des plantes qui produisent un excès d’amino-acides essentiels comme la lysine ou le tryptophane, mais je ne sais pas non plus où en sont ces projets.
Malheureusement, sous la pression de politiciens ignares, d’un public manipulé par ces politiciens et des journalistes encore plus ignorants et soucieux de sensationnel plutôt que de vérité scientifique, et aussi et surtout ce fameux principe de précaution qui tue toute initiative constructive dans l’oeuf, alors l’avenir des plantes transgéniques, au moins en Europe et en particulier en France est bien compromis et c’est bien désolant.
Enfin, pour en finir avec les plantes transgéniques, pour ne pas passer pour un horrible supporter de Monsanto, le seul argument valable contre la culture des dites plantes est la main-mise des grandes multinationales sur l’agriculture par le biais de leur propriété industrielle sur les semences. Sur ce dernier point qui me parait le plus préoccupant, je n’ai encore jamais entendu un quelconque politicien déclarer qu’il fallait modifier les lois de protection industrielle sur ce point précis. A ma connaissance, les brevets concernant le maïs Mon810. De mémoire ce maïs transgénique a été breveté au milieu des années 90, peu de temps avant que je quitte définitivement la recherche dans ce laboratoire où on produisait des plantes modifiées presque tous les jours. Dans quelques années il sera dans le domaine public et alors n’importe qui pourra cultiver ce maïs et ce coton. Merci pour les agriculteurs.

Enfin, pour terminer ce long argumentaire sur les plantes génétiquement modifiées, je voudrais apporter une précision de taille pour illustrer l’ignorance des anti-OGM. La technique utilisée en laboratoire, j’écris toujours de mémoire, consiste à introduire une construction de plusieurs séquences d’ADN par un procédé physique (bombardement avec des micro-billes de tungstène enrobées de la construction génétique) ou par transfert à l’aide d’une bactérie non pathogène pour la plante. Cette opération est effectuée sur des cellules végétales qui seront ensuite cultivées à l’aide de diverses hormones pour aboutir après de longues semaines à une plantule. Or chaque cellule végétale est capable de produire une plantule et pour sélectionner les seules plantules ayant intégré le gène d’intérêt, les chercheurs ont recours à un moyen très simple qui consiste à ajouter dans la construction d’ADN initiale une gène de résistance à un antibiotique. Un simple traitement initial par cet antibiotique permet de sélectionner les seules cellules ayant bien intégré dans leur génome la construction initiale. On utilise en général des gènes de résistance aux antibiotiques qui se trouvent partout naturellement dans le sol et qui en aucun cas ne peuvent interférer avec la santé animale ou humaine. Et il faut bien insister sur ce point car ce détail a servi d’argumentaire à des polémistes qui n’ont jamais mis les pieds dans un laboratoire de recherche.

En conclusion, je suis d’accord avec Yann Kindo de Mediapart, il faut planter du maïs transgénique en dépit des interdictions du gouvernement et le lobbying des grandes multinationales n’a rien à voir avec son appel à désobéir !!!
J’espère que Yann Kindo me lira parce que je n’ai pas la possibilité de le contacter …

Va-t-on vers une nouvelle bulle informatique ?

J’ai lu dans Wikipedia l’histoire du crack « informatique » de 2001-2002. Tout a apparemment commencé avec la faillite d’Enron … Mais il y avait une spéculation boursière effrénée sur les valeurs informatiques cotées au NASDAQ et la faillite d’Enron n’a été que l’étincelle qui a mis le feu à la paille.
Ne va-t-on pas assister au même film, cette fois-çi en relief ( ! ) avec les capitalisations extravagantes qu’on peut relever aujourd’hui.

Je cite (source Zonebourse) par ordre décroissant en milliards de dollars, en précisant que les données ne datent pas toutes du même jour et qu’il y a une incertitude.

Apple : 391
Microsoft : 249
IBM : 222
Google : 189
Oracle : 144
CISCO : 107
Facebook 100 (prévision à l’introduction en bourse)
Amazon : 90
Dell : 56
HP : 55
Sony : 17 (NASDAQ, source Les Echos)
Canon : 45 milliard de yens (Tokyo)

Et je dois en oublier, notamment des firmes coréennes ou chinoises.

Mais si l’on se concentre sur les sept géants, tous nord-américains, qui produisent de la richesse effective, hormis Google et Facebook (non encore coté au NASDAQ), on remarque tout de suite que seuls Apple, IBM et CISCO produisent de la richesse sous forme de produits matériels alors que les trois autres sociétés, Microsoft, Google et Oracle ne produisent que des produits immatériels (logiciels) encore que l’activité de Google dans ce domaine ne soit reconnue que par ses moteurs de recherche.
Le total de la capitalisation boursière des 6 premières compagnies est équivalent au PIB de l’Australie !
De toute évidence, cette bulle informatique bis va éclater.
Je serais intéressé par l’avis d’économistes pour corroborer ma remarque …

Pétrole, gaz, charbon …

Je suis tombé par hasard sur un très intéressant article aujourd’hui, en allant fouiner comme c’est mon habitude dans les recoins du site du Guardian.
Tant pis pour ceux qui ne comprennent pas l’anglais mais je ne peux pas m’empêcher de vous communiquer le lien :

http://www.guardian.co.uk/environment/datablog/2012/jan/18/fossil-fuel-subsidy

De quoi s’agit-il en réalité ? Des subventions déguisées pour que le prix des hydrocarbures, gaz liquéfiés, kérosène, gasoil et essence, ne soit pas trop élevé malgré les taxes qui obèrent ces dits produits. Il faut tout d’abord expliquer quelle est la raison de ces subventions aux produits pétroliers. Comme les Français le savent maintenant avec la faillite de la société suisse Petroplus le raffinage n’est pas une activité industrielle rentable puisque les marges sont extrêmement faibles. La société Total se désengage progressivement de cette activité sur le territoire français car elle perd de l’argent.
Pourquoi ? Parce que toute augmentation du prix du pétrole brut amenuise les marges des raffineurs. Une raffinerie n’est pas une usine qui fonctionne sans coût. Il faut brûler in situ près de 15 % du pétrole brut entrant pour chauffer, refroidir, produire de l’électricité en interne. Il faut entretenir les pompes, les compresseurs, les chaudières, les groupes frigorifiques, remplacer les catalyseurs, etc, etc … Et tout cela a un coût que les marges ne peuvent pas couvrir parce que les hydrocarbures raffinés sont vendus en dessous de leur coût par décision politique.

Vous avez bien compris ! Les états maintiennent artificiellement des prix bas, malgré les taxes internes, pour les produits raffinés mais plus incroyable encore, les grandes sociétés pétrolières, Exxon, BP, Shell ou Total pour n’en citer que quatre, sont de connivence avec les gouvernements des pays producteurs pour maintenir les prix artificiellement bas, ce qui semble surréaliste compte tenu du fait que l’Agence Internationale de l’Energie a depuis plusieurs années alerté le monde entier sur le fait que le pic pétrolier était dépassé depuis 2006. Il faut rappeler qu’en 2003 le baril de pétrole était coté à environ 25 dollars. Après le pic spéculatif ( ? ) de juillet 2008 à 145 dollars, le cours est aujourd’hui à environ 100 dollars avec une tendance baissière en raison de la récession annoncée. Que signifient ces données ? Normalement, si l’AIE a dit vrai, les cours du pétrole brut devraient au moins atteindre aujourd’hui 200 dollars voire plus puisque la valeur du dollar diminue continuellement.
Donc tout va bien …
Et on peut en rajouter une couche quand on sait que les grandes compagnies pétrolières s’arrangent (Exxon, Total par exemple) pour ne payer aucun impôt sur les bénéfices en jouant sur de subtiles failles dans les codes de fiscalité de leurs pays et en ne se privant pas pour placer leurs profits dans des hedge funds localisés dans des paradis fiscaux genre Iles Vierges, Bermudes ou Guernesey. Cette petite île anglo-normande se trouve dans la banlieue de la City, et les îles Caïman ne sont pas très loin de Wall Street, comprenne qui pourra !
Voila la situation et le candidat corrézien prétend qu’il va encore diminuer le prix à la pompe en modulant la taxe interne sur les carburants ou au moins bloquer les prix pour un temps. On pourrait appeler ça de la complicité d’escroquerie.
Mais j’espère que je me trompe !

Chronique électorale (suite naturellement)

En réaction à cet article de l’Expansion :

Bayrou prescrit une cure de rigueur drastique aux Français
L’Expansion.com – publié le 19/01/2012 à 18:56

C’est avec conviction que je réagis à cet article d’autant plus que j’ai fait un commentaire sur mon blog ce jour avant de lire cet article … Pour résumer ma pensée, je pense que François Bayrou est le seul candidat crédible car il n’a pas peur du sens des mots. Quand il dit que la TVA sera augmentée de deux points, c’est une déclaration crédible car incontournable, alors que le président sortant parle de TVA sociale pour enfumer les électeurs.
J’ai appris que Hollande voulait geler le prix de l’essence, une basse manoeuvre électoraliste (il y a 35 millions de véhicules automobiles en France = 35 % de la consommation énergétique primaire) alors qu’on sait que Fabius a supprimé la taxe dite vignette sur les véhicules ! Alors qu’Hollande est lié par des accords scélérats avec les écologistes et alors que le prix du baril de pétrole a augmenté de 50 cents aujourd’hui … C’est hallucinant ! Et ces mêmes politiciens ignorants se félicitent que le Japon ne dispose plus que de 5 réacteurs nucléaires sur un parc initial de 54 et réussissent avec succès leur sortie du nucléaire ! C’est en ignorant que le Japon, pour faire face à cette situation de crise, doit importer massivement du gaz, du pétrole et du charbon, ce qui induit un surcoût mensuel de près de 10 milliard d’euros, certes équilibré par les exportations, mais cela pourra durer combien d’années ?
Alors Hollande n’ose pas trop énerver les électeurs et les caresser dans le sens du poil mais ce n’est que mensonge et démagogie !
Au moins François Bayrou a le mérite de la franchise : les temps vont être difficiles, il n’y aura pas de création de postes à l’éducation nationale, c’est quoi cette mascarade ? Monsieur Bayrou a le courage de dire aux Français qu’il est temps de ne plus vivre comme si on était en 1970 quand la croissance était à deux chiffres et que les acquis sociaux si chers aux syndicats (totalement non représentatifs) doivent être revus à la baisse dans tous les domaines.
Confrontés à une crise sans précédent depuis 1929 seul François Bayrou reste lucide et ne cesse de marteler que les erreurs passées doivent être corrigées dans la douleur.
Belle leçon d’honnêteté !