Nouvelles du Japon

Je n’ai pas trop écrit ces derniers jours sur mon blog, mais que les lecteurs occasionnels se rassurent, je ne les oublie pas.
Hier soir dimanche, en rentrant de Saipan vers Tokyo pour y retrouver la froidure et la ville (que j’aime beaucoup par ailleurs), en dehors de cet espèce d’abandon de la tropicalité que j’avais imposé à ma vie durant trois années au Vanuatu, j’ai subitement renoué avec l’actualité en dépliant le Japan Times daté du 25 décembre. On était en effet le 25 décembre et nous quittions le soleil pour retrouver l’hiver …
Et je suis tombé par hasard sur une lettre à l’éditeur du Japan Times écrite par un Autrichien nommé Andreas Kolbe. Il commentait un article paru dans le même quotidien au sujet de l’acteur de théâtre Taro Yamamoto. Ce dernier (voir les liens) a profité de « l’effet Fukushima » dont j’ai longuement parlé dans les lignes de ce blog pour disons, se faire valoir, en allant manifester par exemple avec les écologistes allemands contre le passage du train de déchets nucléaires provenant de l’usine de la Hague.
Et ça ne vous rappelle rien ? Je n’avais jamais entendu parler de Taro Yamamoto avant de lire ce courrier des lecteurs du Japan Times, le genre de quotidien que je ne lis pas particulièrement assidument puisqu’il est destiné aux Américains résidant au Japon et que les informations y sont distillées selon les opinions des journalistes, tous américains …
mais tout d’un coup, j’ai établi un parallèle troublant entre Yamamoto et Banon. Tristane Banon, avant l’incident du Sofitel de New-York, je ne connaissais pas cette personne et pour tout avouer, jamais je n’en aurais entendu parler sans cet incident new-yorkais qui s’est transformé par la suite en tsunami politique français, contrairement à Fukushima, conséquence bien et tristement réelle d’un vrai tsunami.
Voilà un bel exemple d’exploitation des évènements pour sa propre promotion…
C’est bien triste, et d’autant plus regrettable que j’assistais aujourd’hui, devant le siège de TEPCO à une manifestation des agriculteurs de la préfecture de Fukushima qui réclament au moins de quoi survivre, privés de leurs terres et de leurs maisons, et voués à l’oubli et à la mort non pas par l’effet des radiations (mais quelles radiations ?) mais par simple famine, car ils n’ont plus rien, comme des familles de Bophal qui avaient tout perdu après l’explosion d’isocyanate de méthyle …
Des victimes collatérales du progrès technologique, comme les mineurs chinois et les techniciens des plateformes pétrolières.

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Je me suis arrêté sur un article, ou plutôt une lettre à l’éditeur du Japan Times du dimanche 25 décembre écrite par Andreas Kolb (Vienne, Autriche) et intitulée « Ridiculous antinuclear claims » que je me suis donné la peine de traduire ci-après (sans dictionnaire … et si l’auteur se reconnaît qu’il me pardonne les erreurs de traduction).

Liens : http://www.japantimes.co.jp/text/rc20111225a3.html

(pour l’article relatif à l’action de Taro Yamamoto)

http://www.japantimes.co.jp/text/nn20111222a9.html

A propos de l’article de Kyodo du 22 décembre « Actor uses lessons learned overseas to fight nuclear energy », (en français les leçons tirées par l’acteur de l’étranger pour combattre l’énergie nucléaire), ce que l’acteur japonais Taro Yamamoto ignore est qu’en Allemagne, les enfants sont endoctrinés pour haïr l’énergie nucléaire. Les enfants allemands ne deviennent pas intéressés dès leur plus jeune âge par la politique, ils sont endoctrinés par leurs professeurs pour suivre le politiquement correcte du moment.
Les protestations antinucléaires après l’accident de Fukushima du 11 mars le prouvent. Même si quelque 200 000 personnes ont manifesté contre le nucléaire, les compteurs Geiger étaient devenus introuvables. Je doute qu’un quelconque de ces protestataires comprenne même de loin comment fonctionne une centrale nucléaire et ce qu’est une radiation.
La Chancelière allemande Angela Merkel a alors enfreint la loi en déclarant que le pays supprimerait l’énergie nucléaire. Il y a maintenant des procès se chiffrant en millions d’euros émanant des compagnies d’électricité allemandes contre cette décision.
Les politiciens ont utilisé cette catastrophe à des fins politiques. Le parti vert a même déclaré qu’un accident du type de Fukushima pouvait très bien arriver en Allemagne, et il a gagné sur de telles affirmations outrageuses.
Pire, une compagnie allemande qui s’était impliquée au Japon, après l’accident, pour le sauvetage des victimes, avait fui le pays craignant un imaginaire nuage radioactif mortel alors que d’autres missions de secours d’autres pays ont fait leur travail normalement. Un avion de ligne commerciale allemand n’a pas voulu voler jusqu’à Tokyo de peur des radiations. En comparaison, Air France-KLM a continué à assurer ses vols sur Tokyo et récemment un groupe de musiciens allemands a refusé d’embarquer pour le Japon toujours pour cette peur irrationnelle de quelque chose qu’ils ne comprennent pas.
Les médias allemands ont écrit les articles ridicules sur ce qui arrivait au Japon, y compris en prétendant que TEPCO obligeait les sans-abri, les étrangers et même des mineurs à aller travailler sur le site de Fukushima. Ces médias ont présenté le Japon comme un système féodal et inhumain, faisant réapparaître le mythe du « péril jaune ».
Ainsi, si Yamamoto essaie de prendre l’Allemagne pour exemple, il fera seulement de l’imitation. En tant qu’acteur, il fait preuve des mêmes vieilles émotivités et je doute qu’il connaisse quoi que ce soit de la physique nucléaire.
Voici ma proposition : Par quel autre moyen pourrions-nous produire de l’électricité ? L’éolien ? C’est incroyablement inefficace. Solaire ? Ce n’est absolument pas rentable. Et ces deux sources d’énergie sont dépendantes d’un système chaotique non linéaire, la météo !
Avec le solaire et l’éolien, le pays aurait besoin d’une refonte du réseau de distribution car ces deux sources d’énergie sont totalement incapables de répondre aux fluctuations de la demande. Et ceci aggraverait encore plus les énormes investissements auxquels sont confrontées compagnies d’électricité.
Le Japon est un pays idéal pour exploiter l’énergie géothermique, mais avant que cette alternative soit opérationnelle, le nucléaire est la voie à suivre et c’est pour cette raison que ce pays poursuit ses recherches sur la fusion et la filière thorium.
Ce que Yamamoto ignore probablement est que l’accident de Tchernobyl (Avril 1986) n’était pas le résultat d’une mauvaise conception du réacteur lui-même, mais d’une défaillance humaine au cours d’une expérience menée sur un équipement de technologie peu évoluée et de qualité médiocre qui se trouva hors de contrôle, ce qui provoqua l’accident. De plus à Tchernobyl, il n’y avait pas d’enceinte de confinement.
Quiconque compare Tchernobyl et Fukushima apporte la preuve qu’il ne connaît rien du tout au nucléaire …

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