Crise européenne et « effet Fukushima »

J’ai fait une revue des titres de Une des journaux du matin (vendredi 9 décembre) et partout j’ai noté qu’enfin (!!!) les chefs d’Etat européens étaient arrivés à un accord capital pour sauver l’euro après une nuit de négociations.
On est sauvés …
Pourtant, il n’y a pas besoin de lire entre les lignes pour se rendre compte que c’est encore une réunion pour rien, car rien de concret n’est sorti finalement de cet accord.

1 – Aucun pouvoir accru de la BCE pour financer les pays en difficulté, Italie et Espagne par exemple. L’Allemagne ne veut pas entendre parler d’euro-bonds et encore moins de planche à billets.

2 – Un nouvel instrument de financement a été évoqué (le MES, ce nom a du faire rire Cameron puisque « mess » en anglais veut dire merdier, pagaille …) et semble-t-il le FEFS est mort-né puisque les tiroirs caisse sont vides. Et pour se dédouaner de leur incompétence, les chefs de gouvernement (qui se sont auto-proclamé experts en économie) vont prêter au FMI qui prêtera aux pays européens indigents, pour ménager la susceptibilité de Madame Merkel qui ne veut pas entendre parler de bancarisation du FESF ou du MES, peu importe l’appellation de l’usine à gaz …

3 – Mario Draghi (BCE) n’a aucun pouvoir sinon d’assécher progressivement le système bancaire en rachetant en catimini des titres de dette souveraine arrivées à maturité et dont le remboursement par les états requiert de nouvelles dettes (un genre de Ponzi à la mode Madoff qui était un enfant de coeur), mais gelant immédiatement l’équivalent de ces montants rachetés en soustrayant de la masse monétaire autant d’euros qui ne circulent plus, si j’ai bien compris (que les lecteurs de mon blog me corrigent si mon interprétation est erronée).

4 – Cameron ne veut pas entendre parler d’une régulation des activités opaques de la City qui représentent 15 % du PIB de la Grande-Bretagne et pour une raison évidente : ce que les financiers américains ne peuvent plus faire légalement à Wall Street peuvent se livrer à leurs activités à la limite de l’escroquerie à Londres, sans être inquiétés. L’euroscepticisme des anglais et le coup de gueule de Cameron sont le reflet du pouvoir de la City, un point c’est tout. Pour exemple, et Cameron s’est bien gardé d’en faire la publicité, d’ailleurs il faut lire la presse ultra-spécialisée pour en être informé, la faillite de la branche européenne de MF Global fin octobre n’a pas fait la une des journaux français. Pourtant cet événement est révélateur des activités douteuses de la City télécommandées par Washington pour déstabiliser la zone euro de concert avec les agences de notation (Moody’s vient de dégrader aujourd’hui la note des banques françaises).

5 – Et cerise sur le gâteau, cet accord parle de sanction aux pays qui ne respecteraient pas les règles de rigueur budgétaire, sans plus préciser quelles seraient ces règles ni ces sanctions et comment les dits paieraient leur PV. Encore un écran de fumée.

Finalement, la montagne a accouché d’une souris mort-née.

Je viens d’entendre Monsieur Jacques Sapir déclarer au micro de France Culture :
« Cet accord n’est qu’un immense mensonge ».
Voilà qui est bien dit et qui résume ce que je viens d’écrire.

Alors, me direz-vous, et « l’effet Fukushima » dans tout ça ?

C’est très simple à expliquer mais naturellement mon propos présent n’a rien à voir avec la catastrophe nucléaire japonaise, mais plutôt avec ce qui attend la zone euro : un collapsus, un peu comme la fusion du cœur d’un réacteur nucléaire qui tombe au fond de la casserole !

Pour faire encore une fois bref, l’Europe s’enfonce inexorablement dans la dépression. A n’en pas douter, et je tiens le pari, plusieurs grandes banques européennes, même des TBTF, vont faire faillite dans les prochains mois, comme les liquidités vont aller en diminuant, en raison entre autres des plans de rigueur budgétaires, la récession sera inévitable, elle a d’ailleurs déjà commencé mais pudiquement personne n’en parle pour ne pas paniquer les citoyens.
Dès lors, on assistera à une « japonisation » de la zone euro : récession et déflation, ce que le Japon a vécu et vit encore en partie depuis la crise financière du début des années 80.
Seule différence de taille, les dettes souveraines des pays de l’euro-zone sont détenues par des non-résidents contrairement à la dette du Japon.
La récession annoncée de la zone euro entrainera une récession planétaire, cette zone étant la première économie mondiale, faut-il le rappeler, un géant sans tête aux pieds d’argile englués dans les malversations des financiers apatrides.
Bonne journée et bon week-end !

Note : TBTF = too big to fail

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