Espagne, du bon et du mauvais …

Hier dimanche, comme à mon habitude chaque dimanche, je fais la grève de la faim parce que mes restaurants favoris sont fermés. Et comme je ne veux pas me frotter dans les restaurants médiocres et chers pour touristes par exemple autour du Charco, une lagune communiquant avec la mer, certes un lieu agréable, mais même si l’endroit est agréable, la promiscuité touristique me met dans un état de dégout tel que je ne peux viscéralement pas apprécier les mets bâclés par le chef qui doit être le genre d’amateur qui en est resté à réchauffer au micro-ondes des frites molles et imbibées de graisse pour agrémenter un steak vraiment nerveux passé directement du congélateur à la poêle pleine d’une huile végétale de qualité incertaine pour se retrouver dans une assiette froide avec ces frites dont je viens de parler et deux tranches de tomate (heureusement elles sont de belle couleur et parfumées), tout ça pour dix euros (un verre de rouge compris) ! Je me suis laissé piéger une fois et maintenant je jeûne ou je fais ramadan les dimanches et fêtes.
Les Espagnols du coin devraient en faire autant, et mes lecteurs vont comprendre pourquoi.
Ce matin lundi, je n’avais pas de petit compteur dans la main, en réalité il en aurait fallu deux, mais tout de même, en dix minutes, je me suis amusé à compter le nombre de femmes obèses qui passaient dans la rue et le nombre de femmes d’allure normale, en faisant semblant de faire mon mot croisé matinal. Que les lecteurs restent assis ou aillent tout de suite se servir un cordial genre Chartreuse, ils vont être surpris. J’ai compté 67 femmes et sur ces 67 représentantes de la gent féminine supposées attirer mon regard libidineux, j’ai dénombré 49 obèses dont certaines sur le point d’être monstrueuses, 6 femmes enceintes et, faites la soustraction, seulement 12 femmes présentant une silhouette acceptable selon mes critères objectifs d’observateur des passantes, soit 12/67 = 18 % et si je rajoute les femmes « embarrassées » qui n’étaient pas toutes obèses, encore que j’ai oublié de faire un classement secondaire pour cette catégorie, et donc j’élimine de mon étude statistique les femmes enceintes, j’arrive au pourcentage de 49 obèses sur 61 femmes, soit 80 % des Canariennes qui sont passées devant moi ce matin sont obèses.
C’était un jour normal, sans bateau de croisière au port, donc pratiquement sans touristes, et mon étude statistique doit être représentative des méfaits d’un régime alimentaire trop riche sur la santé.
Mon observation mérite une explication et pour être plus précis plusieurs explications.
Les Espagnols mangent cinq fois par jour, sans parler des cafés avec du lait condensé et les glaces quand il fait chaud : une première fois au petit lever, puis vers dix heures du matin pour la première pause café, seulement après une ou deux heures de travail (sandwich et café sucré) puis pour le déjeuner proprement dit vers trois heures de l’après-midi, puis de nouveau une petite collation vers 19 heures et enfin le dîner en famille vers 22 heures.
La nourriture est riche et contient des féculents et des hydrates de carbone sous toutes les formes et toutes les couleurs : pain, pâtes, riz, pois chiche, haricots blancs, rouges ou noirs, pommes de terre, patates douces, lentilles, … (je dois en oublier), le tout baignant dans de l’huile d’olive et pour les fritures, dans de l’huile végétale hydrogénée. Les Espagnols sont friands d’omelettes aux pommes de terre dégoulinantes d’huile, de salade russe baignant dans de la mayonnaise industrielle horrible, préparée avec de la lécithine de soja transgénique et de l’huile végétale hydrogénée contenant au moins 30 % d’huile de coton transgénique, l’ HORREUR !!!
Je suis de plus en plus persuadé que l’obésité provient d’un déséquilibre alimentaire et de l’ingurgitation sans discernement d’additifs en tous genres qui perturbent gravement les fonctions métaboliques de base. Dans une glace à la vanille, il y a au moins cinq additifs et soit-disant de la vanille naturelle (tout le monde sait que c’est de la vanilline synthétique fabriquée dans une usine proche d’une raffinerie de pétrole), des agents de texture, des émulsifiants et des conservateurs.
J’espère que mes lecteurs sont restés assis et qu’ils commencent à se sentir envahis d’un dégout croissant, non pas à cause des 80 % d’Espagnoles obèses, mais en lisant ma description très parcellaire de la mal-bouffe délétère pour la santé.
Seul point positif ici, il y a du soleil et la mer est d’un bleu foncé parfaitement esthétique !

J’ai travaillé près de 13 ans dans un laboratoire de biotechnologie végétale et les objectifs de ce laboratoire étaient de « fabriquer » des plantes transgéniques résistant à des ravageurs, à la sécheresse, à des xénobiotiques, au sel marin …
J’ai également assisté à des colloques internationaux organisés par l’IAEA sur la mutagénèse à l’aide de radiations ionisantes (rayons gamma). De toutes ces années passées dans l’un des sanctuaires français de la trans-génèse je n’ai jamais eu l’impression que l’on se livrait à des pratiques dangereuses dans la mesure où tout était parfaitement contrôlé et connu.
Je voudrais connaître le nombre de journalistes ou d’agitateurs politiques qui connaissent réellement les techniques de la trans-génèse, y compris les politiciens qui décident en haut lieu de l’utilisation d’une plante génétiquement modifiée et de sa culture. Je suis étonné qu’on n’interdise pas par exemple l’hydrogénation des huiles végétales, ce qui constitue un non-sens pour un biologiste comme moi et un danger considérable pour la santé des populations.
La trans-génèse ne modifie en rien la qualité nutritive des plantes quelles qu’elles soient sinon que l’ADN de la plante renferme un ou plusieurs gènes étrangers comme la résistance à un antibiotique ou la toxine BT pour parler du maïs Mon810 ou du coton. Ces gènes ne peuvent en aucun cas être transmis à des plantes d’autres espèces et certainement pas à l’homme et s’il est avéré que des colzas transgéniques ont essaimé leurs caractères artificiels, je n’ai jamais entendu parler de problèmes de nutrition des cheptels bovins ou porcins avec de tels colzas.
Les plantes transgéniques constituent un alibi pour les ignorants avides de publicité ou de pouvoir.
Venons-en à deux cas précis.
1 – le coton transgénique (BT). Personne n’ignore que les graines de cotons sont un sous-produit fatal qui est valorisé sous forme d’huile et de tourteaux. L’huile de coton est consommée mélangée à d’autres huiles végétales jusqu’à hauteur de 30 %. Je n’ai jamais entendu parler de problèmes nutritionnels au sujet de cette huile outre le fait que les dites huiles végétales sont à tort hydrogénées comme je le précisais plus haut. L’huile de coton ou de colza transgénique est indiscernable chimiquement de celle des plantes homologues non modifiées.
2 – Cas des microorganismes génétiquement modifiés. Très curieusement les agitateurs professionnels ne parlent jamais des microorganismes génétiquement modifiés et je m’en suis étonné mais il y a une explication très claire et simple. Pour ne pas affoler les populations, on ne dira jamais ouvertement que la bière, les vitamines, les vaccins, et beaucoup d’antibiotiques et même pour partie les anticonceptionnels (la pilule) sont fabriqués à l’aide de bactéries, de levures et de champignons largement modifiés génétiquement …
En conclusion et pour en quelque sorte clore le débat puisqu’il y a maintenant officiellement 7 milliards d’humains sur la planète Terre, je ne peux pas concevoir que l’on ne fasse pas appel à la trans-génèse dans les années à venir pour nourrir, vêtir, abreuver et vacciner tout ce petit monde.
Si un scientifique a une autre alternative à présenter je suis preneur, comme pour l’énergie d’ailleurs, mais c’est un autre débat auquel je pourrai livrer mes idées en temps voulu.
(commentaire laissé sur le site fondationecologiedavenir.org)