Au début de l’année 2012, la note de la France a été dégradée par une agence de notation (américaine faut-il le préciser) et pour faire bonne figure ou noyer le poisson, d’autres pays européens ont aussi vu leur note dégradée en mettant en avant le fait que ces pays n’avaient pas pris les bonnes décisions pour diminuer l’augmentation imparable de leur dette dans les années à venir.
Je suis allé voir sur plusieurs sites d’information quelles étaient les dettes des pays européens qui n’avaient pas été dégradés comme la France ou l’Autriche. On retrouve curieusement la Grande-Bretagne, les Pays-Bas, le Luxembourg et l’Allemagne.
J’admets que la vigueur de l’économie allemande, au prix de sacrifices consentis par tous les salariés allemands et dont on parle peu de ce côté-ci de la ligne bleue des Vosges, ait permis de sauver la note de ce pays malgré la dette souveraine qui est loin d’être négligeable puisqu’elle a été estimée fin 2011 à 2,4 trillions de dollars (désolé, ma source est américaine : 1 trillion = 1000 milliards) et représente 83 % du PNB du pays, soit 30 000 dollars par habitant. La dette souveraine de la France représente 1,76 trillion de dollars, 82 % du PIB et 27 000 dollars par habitant. On ne va pas chicaner sur les pourcentages et en gros, vu de New-York, ces dettes sont équivalentes en terme de pourcentage du PIB et de l’endettement virtuel de chaque citoyen. Pourtant la note de la France a été dégradée et pas celle de l’Allemagne. La raison est simple, on fait plus confiance au gouvernement allemand qu’au gouvernement français pour tenter (sans succès vraiment attendu en 2012 en raison de la récession très probable en Allemagne comme en France) de réduire cette dette ou au moins juguler son accroissement. Je ne vois pas d’autre raison de logique basique.
Venons-en aux trois autres pays qui n’ont pas vu leur note dégradée.
Très curieusement ces trois pays offrent des avantages fiscaux bien connus tant aux investisseurs qu’aux entreprises et aux spéculateurs. On ne peut pas affirmer que tout ce qui se trame dans les petits immeubles cossus de la principauté luxembourgeoise soit d’une netteté irréprochable, on ne peut pas non plus nier que non seulement la City est un paradis fiscal déguisé mais qu’en plus, les îles anglo-normandes, Gibraltar et les Bermudes ou les îles Vierges anglaises sont des succursales directes de la City. Enfin Amsterdam offre des conditions fiscales attrayantes aux grands groupes industriels ou commerciaux, lointain reste de la splendeur passée de cette ville qui fut le centre financier de l’Europe en son temps.
Il ne faut donc s’étonner de rien de la part de ces agences de notation qui, sous couvert de vouloir donner des leçons de bonne gouvernance, reconnaissent de facto le rôle toxique des trois pays que j’ai nommé plus haut et n’ont pas dégradé leur note puisqu’il jouent un « rôle essentiel » dans l’économie mondiale. Il fut un temps pas si éloigné où ces mêmes agences glorifiaient l’Irlande pour son dynamisme économique, lui aussi basé sur les avantages fiscaux accordés aux entreprises dont le siège se trouvait à Dublin ou Cork. On sait ce qui est arrivé à ce pays : une crise bancaire sans précédent qui n’est toujours pas résolue !
Conclusion : à quoi servent ces entités sinon à caresser dans le sens du poil les banksters qui ruinent l’économie européenne en recevant des ordres directement de la Maison Blanche …